Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

PALESTINE

Les forces sociales des territoires

· Inprecor n° 282, 20 février 1989 · p. 17 · 554 mots

Palestine et Israël

ES FOYERS principaux de l'intifada sont les camps où se concentre, avec une forte densité, près du quart de la population totale de Cisjordanie et de Gaza (près de la moitié dans ce dernier territoire). Si nous y ajoutons les réfugiés [de 1948] habitant les quartiers populaires des villes, l'ensemble des réfugiés représente plus de la moitié de la population totale... Ils appartiennent en majorité à la classe ouvrière ou à la petite bourgeoisie pauvre...

"Similaires aux camps, sont les quartiers pauvres des grandes villes, dont les habitants appartiennent aux classes populaires : ouvriers, petits employés et petits bourgeois... sième milieu de l'intifada est dans les villages, habités par une majorité de paysans pauvres. Ici, l'occupation israélienne s'était emparée de la terre... et avait transformé des dizaines de milliers [de paysans] en ouvriers exploités et humiliés, travaillant dans les colonies même ou dans l'Etat sioniste... Au centre de ces trois cercles se tiennent les jeunes, notamment l'intelligentsia révolutionnaire [les étudiants et diplômés]... fils des camps, des quartiers populaires et des villages pauvres, qui sont le nert de l'intifada et ses dirigeants de terrain au

Les grands commerçants

"Face au front du soulèvement populaire, se tient une minorité appartenant à des couches sociales qui, soit sont liées par intérêt à l'occupation israélienne, soit oscillent entre l'occupation et l'intifada. Ce sont, d'abord, les courtiers en terrains... les courtiers en main-d'œuvre... les patrons d'industries sous-traitantes [catégories liées par intérêt aux colonies ou à l'économie israélienne]. Il y a aussi les grands commerçants accapareurs... De toutes ces couches, celle des grands commerçants est la plus dangereuse l'intifada... Car :

1) elle dispose des cadres organisationnels légaux que sont les diverses chambres de commerce, restées à l'abri des coups des autorités d'oc-

2) cette couche a créé au cours de l'intifada des 'comités patriotiques de commerçants' qui jouissent de l'aval de la Direction unifiée de l'intifada à l'intérieur et de l'OLP à l'extérieur ;

3) cette couche compradore oscille (c'est le plus important) entre deux bornes : la première est... son propre intérêt dans l'établissement d'une quelconque entité palestinienne par suite de l'intifada ; la seconde est la possibilité de mettre en danger ses intérêts immédiats...

"Cette couche commerciale entremetteuse a exprimé, et exprime en core, sa disposition à "négocier" la cause nationale et à jouer le rôle d'un "intermédiaire" entre le soulèvement populaire et ses ennemis sionistes et impérialistes... Elle se concentre, ainsi que ses agents idéologiques (1), dans la région de Jérusalem. Elle a une grande influence, qu'elle partage avec l'OLP, dans nombre d'institutions "légales" : journaux et revues, administration de l'université de BirZeit, Société des études arabes (2), Centre palestinien des études de non-violence, bureaux de presse et centres de recherche et de documentation locaux.." Khaled Ayed, marxiste palestinien, chercheur à l'Institut des études palestiniennes. Lignes tirées de l'extrait d'un ouvrage à paraître, publié dans le quotidien libanais As-Safir, le 14 novembre 1988.

1) L'auteur cite, à titre d'exemple, les noms de Hanna Al-Siniora, Fayez Abou-Rahmeh, Fayçal Al-Husseini et Sari Nousseibeh.

2) Le directeur de la Société, Fayçal Al-Husseini, fils d'une grande famille de notables, a récemment été libéré, avec grand tapage des médias, après plusieurs mois de "détention administrative" intermittente. Il avait eu des discussions, peu avant d'être relâché, avec un représentant du ministre israélien de la Défense, Itzhak Rabin.

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