Inprecor 1974–2004

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IVe INTERNATIONALE

Les réformes en URSS

· Inprecor n° 283, 6 mars 1989 · p. 13-15 · 3 170 mots

URSS et Russie IVe Internationale Stalinisme

adopté la ligne générale de la résolution suivante, comme

IVe INTERNATIONALE

Les réformes en URSS

REUNI AU MOIS de décembre 1988, le Comité exécutif international (CEI) de la IVe Internationale a discuté et première étape de la discussion pour le Congrès mondial.

Le débat se poursuit. Des contributions seront faites, notamment sur la question nationale et la politique extérieure.

DOCUMENT

1 - Cadre général

1 - Les bouleversements qui s'opèrent aujourd'hui en URSS sont un des événements majeurs de la seconde moitié du XXème siècle : crise sans précédent de la domination bureaucratique tant en URSS que dans les pays du glacis et dans leurs rapports réciproques ;

nouvelle expression de la politique de coexistence pacifique aux effets contrastés dans les pays dépendants et transformant l'image de l'URSS. (Voir par exemple le retournement de l'opinion publique dans les pays capitalistes déve-

2 - L'aspect cumulatif d'échecs économiques est évidemment un élément majeur de la crise que traverse l'Union Soviétique, mais ce qui en fait la profondeur, c'est la crise de légitimité sans précédent que connaît le régime.

Ses conséquences sont encore difficile-

3 - Dans un climat de mécontentement de toute la société, les sources du bouleversement actuel combinent une pression sociale croissante de couches de la nouvelle génération de la bureaucratie et de l'intelligentsia pour un mieux être matériel et culturel - voir moral - avec la prise de conscience du sommet de l'appareil bureaucratique que laisser les choses en l'état mènerait au chaos.

Ce sommet n'a pas — et ne peut avoir — de vision cohérente sur la société à restructurer ni sur les moyens à employer

(Cf. ses divisions internes sur ce dernier point). Pour l'instant, il s'appuie sur une alliance de fait entre ceux qui veulent une extension du marché et considèrent la démocratie comme un pis aller et ceux qui veulent la démocratie et voient le marché comme un mal nécessaire :

ces derniers pensent à la lumière des expériences précédentes que c'est le seul moyen non volontariste (non bureaucratique) de lutter contre la bureaucratie. S'il n'y a aucun doute que les réformes proposées (et même impo-

ЛЕНИН sées) par en haut ont pour but de maintenir l'essentiel : les privilèges (redéfinis) d'une bureaucratie (restructurée), il faut aussi comprendre la dynami-

4 — dans la situation de crise présente, les effets pratiques des réformes entreprises par Gorbatchev sont tout autres : pour la première fois depuis les années trente — si l'on excepte la Deuxième Guerre mondiale — on assiste au début d'une mobilisation en profondeur des masses soviétiques. Prémices encore dans la classe ouvrière, réalité dans l'intelligentsia et dans certaines nationalités. Quelle que soit l'issue à court terme des batailles en Union soviétique, une situation nouvelle est créée qui exclut tout retour au statu quo ante. Il - Les enjeux.

1 - La faillite des anciens mécanismes de planification et particulièrement celle des stimulants administrativement distribués (matériels et idéologiques) est manifeste. L'intéressement des producteurs apparaît donc comme la seule solution radicale. Pour des raisons sociales et politiques évidentes, cet intéressement est essentiellement conçu par les réformateurs officiels sous l'angle le plus étroit : il s'agit de lier "naturellement" les revenus des travailleurs à la production qui est effectivement réalisée et écoulée par l'entreprise. Quelles que soient les précautions de langage, la logique de la réforme veut que ce soient les prix et les salaires, libérés de la tutelle administrative et déterminés par le jeu de réforme ne se distingue pas de celle des années 60 ; elle reste d'ailleurs encore dans une large mesure sur

2 — Les résistances à la réforme combinent : a) l'opposition en pratique de millions de bureaucrates "conservateurs" dont la position ne permet pas d'avoir la hauteur de vue d'un Gorbatchev, et qui n'ont évidemment rien à gagner au mot d'ordre " the right man at the right place" mais aucune alternative à opposer avec, b) l'expectative du gros de la classe ouvrière qui constate que la vie quotidienne matérielle est toujours aussi (si ce n'est plus) difficile et s'inquiète des menaces sur l'intensification du travail et sur l'emploi.sb

3 - Le projet actuel se distingue des réformes des années 60 par sa dimension politique. L'équipe Gorbatchev a compris, au vu des obstacles qui s'ac cumulaient, que pour gagner il fallait à la fois rabattre la puissance des conservateurs de l'appareil et mobiliser une certaine base. D'où l'importance accordée en haut lieu à la glasnost, à certaines vérités historiques, au mot d'ordre d'autogestion - essentiellement réduit à l'élection des directeurs -et à la "revitalisation" contrôlée des

4 - La politique internationale de Gorbatchev continue à être régie par le principe de "ce qui est bon pour le Kremlin (ou paraît l'être), est bon pour le monde". Ce qui a changé, c'est l'échelle de préférence. Pressée d'obtenir des résultats immédiats, la diplomatie soviétique s'est fixée pour objectifs : a) de créer des conditions pour réduire les dépenses d'armements, b) d'obtenir des Occidentaux des technologies et des crédits. Le désengagement afghan, les déclarations officielles allant jusqu'à dire qu'une bonne image de l'URSS est plus efficace pour sa défense que ses fusées, la libéralisation en URSS même, sont évidemment des points globalement positifs : l'administration américaine est en position politique plus défavorable pour la Guerre des Etoiles, par

Dans les autres pays du "glacis", l'idée prévaut qu'une intervention soviétique est aujourd'hui politiquement plus difficile que jamais, ce qui va contraindre les oppositions à redéfinir leur stratégie. Dans l'immédiat, la nouvelle politique pourra redonner du crédit aux "réformateurs", mais élargit globalement les marges d'initiatives d'en-bas.

Dans les pays sous-développés, l'affairisme pragmatique de la diplomatie soviétique, aujourd'hui dépouillé de toute phraséologie "socialiste" rend plus évidente la fragilité de l'"'aide" soviétique. C'est maintenant en Amérique centrale que se manifeste le plus le cynisme bureaucratique prêt à sacrifier tout soutien aux luttes anti-impérialistes sur

5 - Débureaucratiser la bureaucratie, et pour ce faire, mobiliser une partie des forces qui lui sont extérieures tout en dominant le processus : telle est la quadrature du cercle qu'essaye empiriquement de résoudre l'équipe Gorbatchev. Pour éviter de jouer à l'apprenti-sorcier comme le fit Dubcek en son temps, Gorbatchev doit faire en sorte que le Parti soit l'instrument essentiel de la restructuration ; ce dernier doit, à

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cette fin, lui-même être restructuré et épuré de sa "bureaucratie criminelle", la mafia. L'Etat de Droit vise simultanément à garantir —et limiter - l'initiative privée, protéger le citoyen de l'arbitraire bureaucratique et protéger en retour les bureaucrates des initiatives "incontrôlées".

6 - Mais dans la situation partiellement chaotique que connaît l'Union soviétique, bien des forces libérées ont acquis leur propre autonomie ; des individus de la nomenklatura ou même des institutions entières du Parti ou de l'Etat peuvent - provisoirement ou pas -basculer. Comprendre l'importance politique considérable de tels clivages ne signifie aucunement nourrir des illusions sur la réformabilité du système : l'établissement d'une démocratie socialiste suppose la révolution. III - "le trotskysme"

1 - Le réexamen du rôle de Trotsky est maintenant inévitable. Ce réexamen est pour la bureaucratie beaucoup plus déchirant que celui des autres dirigeants bolcheviks : derrière Trotsky, il y a la lutte de l'opposition de gauche puis de la IVème Internationale, interdisant par là l'excuse qu'en ces temps difficiles tout le monde s'était trompé ou avait capitulé. La dernière ligne de bataille officielle sera donc de distinguer l'homme, qui sera lavé des accusations les plus grotesques, de son activité politique. Après avoir toujours assimilé Trotsky et trotskysme, on va maintenant en montrer la différence. Le paradoxe est même qu'après avoir été condamné pour son opposition à Staline, Trotsky se soit vu maintenant reprocher d'avoir eu en fait la même orientation.

La lutte pour le rétablissement de la vérité sur Trotsky est donc un combat politique important : il touche aux racines même du stalinisme, il est la condition de sa critique radicale. Ce combat, beaucoup de Soviétiques le mèneront pour des raisons de salubrité morale (au-delà d'un accord avec des idées qui sont encore peu connues) : Léon Trotsky incarnant la seule filiation historique avec la Révolution d'octobre et la lutte intransigeante contre le stalinisme.

Aussi, beaucoup d'attaques contre Trotsky n'émaneront plus tant de nostalgiques du stalinisme, que de ceux qui ne pouvant - tactiquement encore - attaquer Lénine de front, remettront en cause la révolution d'Octobre. Chaque fois davantage, la défense de l'une ne pourra se faire que par la défense de l'autre. Voilà pourquoi le réexamen du programme de l'Opposition de gauche sera un point de passage obligé pour ceux qui veulent continuer à défendre le socialisme en URSS.

3 - Mais le "trotskysme" n'est pas principalement la défense d'un homme assassiné ou de ses écrits. Par notre existence d'organisation impliquée nous avons pu tirer des leçons de l'histoire du mouvement ouvrier ; nous avons suivi en particulier toutes les convulsions liées à la "dé-stalinisation". Ceci représente un capital réel, pas une vérité qu'il nous importerait de révéler en URSS. Il y a des débats réellement existants en URSS, nous devons nous y intégrer pour, à la fois, y apprendre et y apporter, les deux se conditionnant.

4 - A la lumière de ce que nous avons appris du passé et de ce que l'expérience peut enseigner aujourd'hui aux travailleurs soviétiques nous devons aider à sortir du choix truqué : rafistolage de l'ancien système ou fuite en avant vers le développement du marché (ou toute combinaison bizarre entre les deux). Nous défendrons donc les points suivants: IV - Notre rôle La perestroika

1 - Comme l'impasse de Solidarité en Pologne l'a bien mis en valeur, la conception d'ensemble de la société à construire qu'avance l'opposition, est une question beaucoup plus brûlante que dans les pays capitalistes où la production sociale est de toute façon décidée par le marché. Mais il y a plus : les choix qui doivent être faits aujourd'hui, au-delà de leurs implications futures, conditionnent tout de suite les possibilités de mobilisation sociale.

2 - En effet, l'extension significative du marché en URSS signifierait en pratique une monté colossale des prix, une intensification du travail et la menace du chômage sans pour autant apporter au plus grand nombre d'amélioration significative de l'approvisionnement. Les expériences prudentes faites en ce sens jusqu'à présent choquent le sentiment de justice des travailleurs : ils se voient pénalisés pour des ratés de production en amont dont ils ne sont pas responsables. Inversement, pour des conditions de marché dont ils ne sont pas non plus responsables, des producteurs de biens finis ou de services peuvent se procurer des revenus sans aucune commune mesure avec la quantité de travail fourni : sous bien des aspects il s'agit de la légalisation des combines et des spéculations déjà existantes. (Voir "le succès" très contradictoire des premières coopératives). Les travailleurs ne peuvent se sentir concernés par

C'est pour cette raison que la perestroika qui se réclame sans cesse de la démocratie, introduit ses réformes autoritairement, par le haut (même si le prétexte invoqué en est la résistance des bureaucrates de bas niveau). Les développements ultérieurs révèleront sans cesse davantage la naïveté de l'identification du marché à la démocratie.

3 - Le marché comme antidote "naturel" à la bureaucratie n'est donc convaincant que pour ceux qui ne comprennent pas la nécessité de la mobilisation ouvrière, seule force capable de briser le pouvoir de la bureaucratie. Malgré les apparences, c'est à l'heure actuelle une réponse abstraite aux problèmes actuels de la lutte antibureaucratique.

Quant aux solutions à plus long terme, l'expérience yougoslave prouve que le marché change les caractéristiques de la bureaucratie, mais ne la supprime pas. Il a fini par vider l'autogestion ouvrière de sa substance

Dans les Etats ouvriers bureaucratisés qui ont pour l'essentiel aboli la loi du marché, les revendications démocratiques acquièrent vite une dynamique révolutionnaire : politique et économie sont intimement mêlées. Un des espoirs des réformateurs officiels est que l'extension des rapports marchands émousse et atomise les conflits. En bref, dans la situation de crise actuelle, le marché constitue davantage une bouée de sauvetage pour la bureaucra-tie

4 - Cette opposition à l'extension des rapports marchands en tant que solution à la crise de la planification actuelle ne devra pas pouvoir être assimilée à une quelconque idéalisation de la planification stalinienne qui a abouti au gâchis actuel. Elle n'est pas non plus le refus pur et simple de l'utilisation de catégories et de mécanismes marchands

You même d'initiatives privées, notamment dans le commerce de détail et certains services. Elle doit être à chaque fois argumentée de façon concrète. 5 - Trois grands domaines permettent, à partir de thèmes centraux des réformes actuelles, d'illustrer une démarche à la fois anti-bureaucratique et anti-marché : a) Les questions de l'emploi : le plein-emploi produit par la planification bureaucratique n'est ni le bon emploi, ni un

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travail désaliéné, responsable et qualifié. Remplacer ce plein-emploi là, par le chômage est évidemment une détérioration de la situation des travailleurs concernés et contrairement aux affirmations des "experts", cela n'implique pas pour autant une amélioration de la productivité et de l'efficacité d'ensemble du système.

Une logique solidaire implique :

1) un jugement sur l'efficacité des productions existantes qui ne soit pas seulement local et à court terme, et qui prenne explicitement en compte le jugement direct des producteurs et utilisateurs concernés (le rendement optimal social n'est pas la somme des rentabilités locales mesurées par le profit) ;

2) des mécanismes de reconversion qui assurent un autre poste de travail après requalification, avec contrôle par des syndicats et soviets démocrab) L'écologie : la protection de l'environnement - et de l'avenir - impose des formes de contrôle social qui mobilisent à la fois les savoir-faire paysans, les chercheurs scientifiques et les populations. Ce nécessaire contrôle s'oppose autant à la logique bureaucratique qu'à celle du profit. En URSS, il interfère immédiatement avec la question des rapports entre républiques et centre dans la prise de décision et le contrôle c) Les services publics : la santé et l'éducation gratuites, les logements et les transports bon marché assurés par la planification bureaucratique ne signifient pas des services en quantité et qualité suffisantes. Leur distribution se fait donc sur la base de privilèges de fonction et/ou de "bakchichs". La privatisation des services remplacerait (ou doublerait seulement) ces anciens privilèges par ceux, légalisés, de l'argent — le minimum assuré par les services publics restant par ailleurs toujours d'aussi mau-

Il est possible de s'opposer à cette

1) en demandant un débat national sur les grandes priorités d'investissements publics ;

2) en développant là aussi le rôle des soviets aux différents niveaux du territoire et l'auto-organisation des producteurs et utilisateurs concernés - en premier lieu des femmes subissant les premières l'état actuel déplorable de la santé et des services sociaux. Le contrôle public de la qualité des services produits et de leur mode de distribution s'opposera frontalement aussi bien au bureaucratisme qu'à une étroite logique de rentabilité marchande inappropriée et

6 - En bref, à la fois contre les tenants du marché qui se parent des vertus du radicalisme et les conservateurs qui prétendent maintenir les acquis sociaux, nous opposerons la voie non encore empruntée en URSS du socialisme, celle qui combine la démocratie politi-

•OPTAMETAN AKL que et économique : celle de l'électrification plus le pouvoir des soviets. La glasnost

7 - Pour la première fois depuis des décennies, l'activité politique est devenue un phénomène de masse en URSS. La nouveauté des conditions ouvertes par les réformes, la rapidité de leur évolution et la spécificité de l'URSS par rapport aux voisins de l'Est signifie aussi un manque d'accumulation d'expériences et de recul qui doit rendre prudent sur bien des questions politiques — a fortiori tactiques.

a) A l'expérience, la lutte anti-bureaucratique combine des mots d'ordre de remise en cause de certaines institutions existantes, de démocratisation radicale pour d'autres et de création de formes d'auto-organisation. Se joindre aux batailles quand elles sont réellement menées pour la démocratisation d'institutions existantes, n'implique nullement qu'on se fasse des illusions sur leur parachèvement : dans bien des cas ces institutions exploseront. Mais ce peut être une étape de prise de conscience nécessaire.

La nécessité de syndicats défendant les travailleurs deviendra d'une actualité brûlante avec l'application de la réforme. Les mots d'ordre officiels de démocratisation des organisations de masse et de revitalisation des soviets visent à canaliser les mouvements d'en-bas - mais ils peuvent aussi les favoriser : les Fronts populaires nationaux en sont un témoignage.

La démocratisation des organismes de masse pose nécessairement la question du pluralisme des choix —notamment du pluralisme de partis et de leur fonction. Elle débouchera sur l'exigence 1) d'une séparation du/des partis et de l'Etat ; 2) la démocratisation du PCUS lui-même dont la logique est son éclatement; et 3) le droit de création d'autres organisations politiques.

b) Les relations entre nationalités.

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C'est à l'évidence une des questions les plus explosives. C'est aussi une des questions les plus complexes où la réflexion marxiste-révolutionnaire en reste à un niveau beaucoup trop général.

Le centralisme stalinien a eu besoin d'une russification de l'URSS - mais dans un contexte de résistances nationales puissantes à un tel processus, la bureaucratie a su également s'appuyer sur des relais "nationaux " corrompus

Nous soutenons sans restriction les droits démocratiques d'autodétermination jusqu'au droit de séparation — ce qui ne signifie pas qu'un mot d'ordre séparatiste soit actuellement à l'ordre du jour ou qu'il nous paraisse opportun. Il peut le devenir si le cadre soviétique évoluait trop lentement par rapport à la dynamique de démocratisation dans les républiques. La question doit être analysée dans son contexte historique et politique, et en se demandant quel mot d'ordre favorise le plus leurs luttes contre l'oppression nationale et sociale.

Les réformes actuelles stimulent pour l'instant une dynamique prédominante d'autonomie au sein de la Fédération - du moins tant que les perspectives de démocratisation apparaissent crédibles localement et à l'échelle de

Les relations entre républiques soviétiques, de même que celles entre Etats "frères" du COMECON, imposent à nouveau qu'on rejette l'alternative bureaucratie/marché : les formes démocratiques de relations planifiées peuvent reposer sur des solidarités et des interdépendances acceptées. Elles impliquent une transparence des choix faits en commun et un contrôle public par les

La confiance réciproque entre nationalités implique un retour critique transparent sur l'histoire — et une renégociation du Pacte de Varsovie. Le préalable en est évidemment le retrait de ses troupes de Tchécoslovaquie.

8 - La lutte pour une démocratie socialiste en URSS passe par le développement de courants marxistes-révolutionnaires, donnant à la lutte anti-bureaucratique sa pleine portée émancipatrice et assurant sa liaison politique avec tous ceux qui, dans le reste du monde, luttent contre l'exploitation et l'oppression. Ainsi, ces courants enrichir les luttes anticapitalistes de leur expérience antibureaucratique en même temps qu'ils pourront recevoir de l'extérieur une vision internationale qu'il est difficile, mais indispensable, de se forger à l'intérieur même des frontières de l'URSS. Ils devront aussi se lier à leurs camarades qui dans les dites "démocraties populaires" poursuivent le même combat; par leur prise de position antigrand-russe, ils aideront à combattre les tendances nationalistes réactionnaires.

Paris, le 20 décembre 1988

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