(représentant quelque 130 000 militants) qui avaient obtenu qui s'est réuni du 18 au 23 janvier à Huampani, près de Lima, révolutionnaire, dont nos camarades du Parti révolutionnaire
PEROU
Congrès de la gauche unie
AVEC 3 145 DELEGUES enregistrés, sur les 3 590 le droit d'y participer, le 1er congrès de la Gauche unie (IU), est la plus importante des réunions politiques qui se sont tenues au Pérou ces dernières années.
Les principaux partis qui constituent l'IU sont le Parti communiste péruvien (PCP), l'Union nationale de la gauche révolutionnaire (UNIR, d'origine maoïste) et le Parti unifié mariatéguiste (PUM).
Fondé fin 1984, le PUM, qui avait 600 délégués au congrès d'IU, réunit plusieurs organisations de la gauche des travailleurs (PRT), section péruvienne de la IVe
Internationale, qui s'y sont intégrés en 1985.
Amauta, l'organe du PUM, tire le bilan de ce congrès.
AMAUTA
A COALITION de la Gauche unie, forte de sept partis principaux et de multiples formations, était arrivée en deuxième place,
23% des voix, lors des élections de
1985, et c'est sans doute le front de gauche le plus important du sous-continent
Le congrès a élu Jorge del Prado, secrétaire général du PC depuis vingt ans, comme premier président de la direction collective d'iu, collectif de huit présidents qui occuperont, à tour de rôle, la direction du Comité national.
L'IU s'est ainsi vu consacrée comme la force la plus démocratique et la plus représentative du pays. Parmi les participants, on comptait 1518 délégués provinciaux, élus par les congrès de base et représentant 48% de l'assemblée plénière, 692 délégués pour
Lima, soit 22%, et 842 délégués qui formaient une représentation directe des partis, il y avait également 54 membres de la direction et des commissions d'IU.
Maturité politique
Malgré des limites, surtout sur le thème des définitions tactiques, Le niveau du débat et les motions adoptées, témoignent de la maturation politique d'IU et de la fin de l'étape de diplomatie et d'occultation des divergences. La direction élue l'a été massivement par le congrès et jouit d'un large consensus, ce qui gêne les réformistes impénitents. Dans cette direction, les trois principaux partis, le PUM, l'UNIR et le PCP ont chacun deux membres. Le Parti d'unification mariatéguiste a délégué son secrétaire gé néral, Eduardo Caceres, et Javier Diez
La Gauche unie se trouve à un moment clé de son histoire. Une réelle progression en direction de l'objectif de construction d'un front révolutionnaire de masse, dépendra de l'effort de sa direction nationale, de ses comités de base et de ses militants. Les masses sont en pleine lutte, et résistent à la politique économique et répressive du gouvernement de l'Alliance populaire révolutionnaire américaine
(APRA) d'Alan Garcia. Les luttes en cours, que cela soit la grève paysanne qui a commencé avec les mobilisations de la province de l'Est, ou les luttes de diverses catégories de travailleurs, dont celle des
travailleurs de la Banque de la nation, ou encore la nouvelle phase du conflit dans les mines, et bien d'autres, exigent une direction politique révolutionnaire et unie. Ainsi, le succès du congrès sera couronné par la victoire du peuple et le progrès en direction de la révolution.
L'un des mérites majeurs du congrès est d'avoir su préserver l'unité d'IU Après une intense confrontation politique, les tendances droitières qui visaient à une rupture avec la gauche, à l'image des partisans de Barrantes (ancien maire de Lima, et se voyant fort bien candidat indépendant pour les prochaines présidentielles), ou des militants du Parti communiste révolutionnaire (ex-maoïste) et d'autres courants réformistes, ont vu leurs tentatives rejetées par les délégués qui, au-delà de leurs divergences, tenaient surtout à préserver l'unité du congrès et d'IU
Traité par certains d ''insurrectionnaliste" et d"ennemi de la démocratie", le PUM a défendu avec fermeté ses propres positions politiques, lors du con-
Les propositions
Le PUM veut garantir une issue démocratique, populaire et nationale à la crise, ce qui implique de faire face, avec toute la décision nécessaire, au désordre et à la crise politique, en se fondant sur le développement et la centralisation du mouvement de masse. Une offensive réactionnaire qui a pour but d'arriver à la décapitation du mouvement populaire et à sa défaite préventive est en cours. Cela s'exprime dans l'approfondissement de la militarisation, dans les actions des groupes para-militaires et dans les manœuvres destinées à obtenir le remplacement du gouvernement en pleine crise. La voie employée peut être un coup d'état à "blanc", assorti d'un cabinet civil et militaire (ce qui est le plus probable aujourd'hui) ou bien un putsch militaire ouvert.
Dans cette situation, nous devons lancer un plan d'action qui articule le renforcement des embryons d'auto-gouvernement et d'auto-défense populaires, avec une solution politique nationale. Cela implique de s'opposer à quiconque veut piétiner le droit du peuple à gouverner, d'exiger la démission du gouvernement et la convocation d'élections anticipées. De cette façon, nous fermerons le chemin à ceux qui, comme la droite ou le sendérisme (1), cherchent à précipiter une confrontation politico-militaire dans des conditions désavantageuses pour la vague de grève
La Gauche unie doit promouvoir la centralisation de la vague de grèves à la campagne et en ville, avec comme objectif de créer les conditions d'une grève nationale qui puisse imposer des modifications substantielles à la politique économique suivie par le gouvernement, avec l'aval de la direction des partis les plus réactionnaires
Défaire l'offensive du gouvernement et de la droite, en préservant les conquêtes démocratiques, et imposer les revendications du peuple face à la crise, telle est la seule marche à suivre. Cependant, s'orienter vers la construction, à l'échelle de masse, d'une expérience d'auto-gouvernement, de pouvoir populaire et de conquête du gouvernement par IU, suppose de répondre dès aujourd'hui, et non après, à la situation dramatique du pays. Il ne peut y avoir aucun doute sur l'urgence de nous affronter à l'injustice, à la violence et à l'arriération qui viennent frapper les classes populaires. C'est pourquoi, le PUM pro-congrès national d'IU, autorité majeure des organisations de base de toute la Gauche unie, d'adopter un programme de lutte immé1) Faire face à la crise avec la proposition d'un programme démocratique, antiimpérialiste, dont l'axe sera de souligner que seul un gouvernement d'IU, qui exprime la plus large unité des forces démocratiques, populaires et patriotiques, sera capable de sortir le pays de la crise dans laquelle il se trouve. Les mesures d'urgence face à la crise, doivent être présentées comme faisant partie d'une alternative de gouvernement. 2) Faire échouer le plan de mesures libérales et les paquets de réformes appliqués par le gouvernement, en construisant un regroupement national qui fournisse une solution à la crise et impose les revendications des travailleurs et des peuples du Pérou par la lutte et la
3) Arrêter la progression et les prétentions de la droite néo-libérale, regroupée dans le Fredemo, qui veut se légitimer comme carte de rechange, et qui gagne du terrain, tout en se félicitant, à voix basse, de la brutalité avec laquelle la crise frappe le peuple.
4) Affirmer et préserver les libertés civiques et les conquêtes démocratiques, en garantissant une issue démocratique, nationale et populaire à la crise, en luttant contre la répression, l'impunité dans les violations des droits de l'Homme, la militarisation et les menaces de coup d'Etat.
5) Gagner des positions dans la lutte pour la pacification par la justice sociale, en combattant aussi bien la terreur de l'Etat et celle des bandes para-militaires, que la stratégie sendériste qui mène à la militarisation, au putschisme et à la destruction des forces populaires
6) Conquérir la régionalisation immédiate et l'élection des gouvernements régionaux en 1989, en utilisant cette lutte pour gagner les élections municipales afin, en particulier, d'ouvrir un espace à la présence populaire de la Gauche unie dans les zones secouées par la guerre, et préparer le triomphe en 1990.
7) Renforcer les organisations de masse, la Confédération générale des travailleurs péruviens (CGTP) et ses fédérations ; les organisations d'habitants ; et les tronts régionaux, en impulsant leur centralisation et leur participation directe aux expériences de gestion populaire face à la crise, tout en affirmant et en généralisant l'exercice de l'auto-défense. Réorienter l'Assemblée nationale populaire (ANP), organisme de coordination des divers regroupements de masse, pour en faire une véritable instance d'articulation des forces populaires et sociales.
Relancer la Gauche unie
Avec cette offensive politique et sociale, nous nous proposons de relancer la Gauche unie, de la porter à la tête d'un ample regroupement populaire et national face à la crise, de défendre les espaces de démocratie, d'imposer les revendications du peuple et de préparer les forces des masses pour qu'elles obtiennent une victoire aux élections municipales de 1989 et dans la lutte pour un gouvernement de la Gauche unie.
Amauta 26 Janvier 1989
1) De Sendero luminoso : Sentier lumineux, organisation de guérilla d'ins-piration maoïste qui a recours à des méthodes terroristes, y compris contre d'autres courants du mouvement paysan et ouvrier.