NOUS PUBLIONS ci-dessous la dernière offre de dialogue faite février 1989, qui proposait le report des élections au 30 avril
Les dernières propositions du FMLN par le FMLN en réponse à la proposition de Duarte du 26 et un cessez-le-feu jusqu'au 1er juin 1989.
Cette dernière proposition du FMLN a été rejetée par le régime, qui a décidé de maintenir la date initialement fixée pour les élections. Le FMLN a, dès lors, décrété une grève illimitée des transports, à partir du 16 mars, de manière à appuyer son appel au boycott.
Par ailleurs, la Convergence démocratique a maintenu ses candidats, mais n'est pas en mesure de constituer une alternative crédible.
DOCUMENT
E FRONT Farabundo Marti de libération nationale (FMLN) considère comme positive la disposition exprimée par Duarte, en faveur de la convocation d'une réunion entre le gouvernement, notre Front et les partis politiques, et manifeste sa totale disponibilité pour qu'elle ait lieu dans le plus court délai possible.
C'est pourquoi, nous pensons que, de la même façon qu'il a été procédé pour l'accord avec les partis, notre proposition de paix doit être considérée dans son ensemble. Cette réunion devrait se tenir avec un ordre du jour ouvert, permettant la discussion de tous les problèmes que l'autre partie voudra soumettre.
Conditions
Nous estimons donc nécessaire de demander et de souligner :
1) Que le gouvernement explicite publiquement si, lors de cette réunion, il sera discuté du recul de la date des élections jusqu'au 15 septembre, et si leur déroulement, les militaires restant dans leurs casernes, s'accompagnera de la fin de la répression, d'un système électoral faisant le consensus, de la restructuration du Conseil électoral central, de la formation d'un organisme de contrôle et d'une proposition sur la façon de voter des Salvadoriens résidant à l'étranger.
2) Que soit négocié un accord de cessez-le-feu définitif, conformément à notre offre, ce qui implique des mécanismes concrets de jugement des crimes commis par des membres des forces armées, la réduction de l'armée à
12 000 hommes, le démantèlement des corps de sécurité, et la formation d'un nouveau corps de sécurité civile.
3) Que la réunion se tienne à San Salvador. Pour ce faire, nous considérons comme nécessaire un cessez-le-feu unilatéral de chaque côté et la fin immédiate de la répression, afin de créer les conditions propices à la réunion.
S'il y a cessez-le-feu, nous ne voyons aucune raison pour que la réunion se tienne à l'extérieur. La capitale est le meilleur endroit pour la concertation nationale de paix, parmi et devant tous les Salvadoriens. Cela favoriserait la participation de Duarte lui-même.
Tenir cette réunion à l'étranger serait reculer sur ce que le peuple a déjà obtenu lors de toutes les rencontres anté-
4) Pour notre part, nous répétons notre disposition à discuter tous les points que le gouvernement proposera
5) Nous considérons que la réunion doit avoir le caractère d'une négociation ayant pour pour but d'aboutir à des accords effectifs, et non pas à de simples
En conséquence, notre délégation aura, à sa tête, deux membres de notre
Etablir la paix
Nous considérons qu'il faut que les partis politiques, le gouvernement, les Forces armées, les députés désignés par l'Assemblée législative et le FMLN, participent activement à cette réunion, pour donner une suite à l'esprit et au contenu de la rencontre de Mexico.
Nous considérons comme hautement positif le mécanisme de la concertation entre les trois pouvoirs de l'Etat, et nous croyons que si par le passé, ce mécanisme a permis d'abolir une constitution et d'en faire adopter une autre, elle pourrait, aujourd'hui, être utilisée pour établir la paix, en éliminant tous les obstacles constitutionnels.
En ce sens, il est clair qu'il n'existe plus d'obstacles au report des élections, le temps qu'il sera nécessaire, et ce mécanisme doit fonctionner immédiatement pour permettre de les reculer au delà du 19 mars.
Nous lançons un appel aux partis, pour qu'ils retirent leurs candidats, afin de rendre possible une solution au problème constitutionnel.
La Démocratie chrétienne devrait être la première à donner l'exemple.
Notre Commandement général est prêt à ordonner un cessez-le-feu unilatéral pour que se tienne la réunion.
Nous proposons qu'elle ait lieu les samedi 4 et dimanche 5 mars, à la Nonciature apostolique ou à l'Archevêché de San Salvador.
Nous restons dans l'attente de la réponse de Duarte à nos propositions.
Inquiétudes
Nous donnons ainsi une réponse positive à ce qu'a proposé Duarte. Cependant, nous voulons manifester notre inquiétude sur le fait que le contenu de certaines de ses propositions ne favorisent pas le cours positif que les événements avaient pris jusqu'à présent.
En ce sens, nous signalons :
1) Sa claire intention, également remarquée par les partis, de favoriser électoralement le Parti démocrate-chrétien (PDC). On compte, à ce sujet, sur l'appui des Forces armées.
La date du 30 avril, qui a déjà été proposé, et refusée à l'unanimité lors de la rencontre de Mexico, ne favorise que le PDC, facilitant les possibilités de fraude
2) Le manque de sérieux implicite dans le projet de cessez-le-feu unilatéral
Nous ne voyons pas pourquoi, s'il y a disposition en ce sens, il ne pourrait y avoir accord et possibilité de négocier un cessez-le-feu définitif.
Il reste ainsi un doute sur la réalité de la volonté de concrétiser un véritable cessez-le-feu qui nous engage, tous, devant le peuple et le monde entier.
3) Dans la proposition de Duarte, on perçoit sa prétention inchangée à obtenir notre reddition. Or, il a déjà été démontré que c'est irréaliste, illogique et
Cette prétention est tout à fait manifeste, dans la proposition d'un ordre du jour fermé qui ne tient pas compte de nos propositions.
El Salvador, 27 février 1989. Le Commandement général du FMLN Commandants : Salvador Sanchez Ceren Francisco Jovel Shafick Jorge Handal Eduardo Sancho Joaquin Villalobos