ELVIRA NOVIKOVA, est docteur en histoire, membre du Centre occupe, depuis 1987, le poste de vice-présidente du Comité soviétique, et elle est l'une des 198 femmes candidates à la proposées par les organisations sociales (880 candidatures
A cette occasion, Les Nouvelles de Moscou l'ont interrogée
"La politique, ce n'est pas pour les femmes...."
scientifique du Conseil central des syndicats soviétique, et d'experts de l'ONU pour la suppression de la discrimination envers les femmes.
Ses recherches portent sur la condition de la femme députation au Congrès des députés du peuple de l'URSS, pour 750 mandats).
sur la participation des femmes dans la vie sociale.
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L'HEURE ACTUELLE, il est dif-
A ficile de juger du potentiel réel des femmes soviétiques, car tout en travaillant à l'égal des hommes, elles ne bénéficient d'aucune égalité, ni dans la société, ni au travail, ni en politique, estime Elvira Novikova.
les femmes
Auparavant, constituaient un tiers des députés du Soviet suprême de l'URSS (33%), alors qu'a présent, avec la nouvelle formule des élections, leur part risque de diminuer.
Novikova le confirme : la situation en ce sens n'est guère idéale : 198 candidates sur les 880 candidats des organisations sociales, c'est-à-dire 22,5%. Il est fort possible que les femmes n'obtiennent pas le tiers traditionnel des mandats dans l'organe supérieur du pouvoir. || faut avouer, en même temps, qu'avec l'ancienne formule des élections, on ne pouvait pas non plus espérer l'accroissement de l'influence féminine sur la société.
Les femmes-députés
Les quotas pour les mandats accordés aux femmes n'avaient pour but que d'assurer une représentation proportionnelle des ouvriers et des paysans, autrement dit, les femmes-députés représentaient non pas les intérêts de l'élec-torat féminin, mais ceux de tel ou tel secteur de production industrielle et agricole. En outre, c'est au détriment des femmes
outre, c'est au détriment des femmes qu'était assurée la "rotation" des députés, alors que les députés hommes, occupant déjà des postes responsables, étaient pratiquement "inamovibles".
A l'heure actuelle, le faible nombre de femmes proposées pour la députation confirme le fait que, dans la conscience publique, s'est ancrée l'idée que la politique n'est pas une occupation pour elles La situation est particulièrement regrettable dans le Komsomol, dont les jeunes filles constituent plus de la moitié des effectifs, alors que parmi les candidats à la députation de cette organisation, elles sont en nette minorité. Or, tous les espoirs de progrès dans ce sens sont placés dans les jeunes femmes.
Quant aux sources de l'opinion très répandue, selon laquelle, la politique ne serait pas une occupation féminine, Novikova pense que les origines de ce problème, comme pour de nombreux autres, remontent à l'époque stalinienne. Vers la fin des années 20, on clôtura la question féminine, tout comme la NEP, considérant que le problème était réglé. En 1932, Staline supprima au Comité central, la commission chargée des affaires féminines. Dans son socialisme de caserne, elles étaient vouées aux rôles auxiliaires, et les noms des quelques femmes célèbres des années 30 — ouvrières, paysannes et aviatrices - n'étaient qu'une exception confirmant la règle. Après la guerre, les femmes ayant œuvré pour la victoire, à l'égal des hommes, ont commencé à accéder, semble-t-il, à des postes dignes de leur intelligence, de leur courage et de leur talent, mais à la fin des années 60, elles furent entièrement évincées par l"équipe masculine"
La phallocratie
Novikova estime que dans notre pays, les progrès dans la vie sociale ont toujours été accompagnés de l'essor du mouvement féminin. Dans les années 20, grâce à l'idée léniniste, selon laquelle la cause du socialisme ne peut être renforcée et promue qu'avec le concours des femmes, et grâce à leur conscience et leur intelligence, fut élaborée une brillante théorie du problème féminin (avec Kroupskaïa, Armand, Kollontai) et cette théorie fut confirmée dans les faits.
A l'époque du dégel Krouchtchévien, on a vu apparaître parmi ceux qui sont aux postes de décision, de nouveaux noms féminins, et notamment celui d'Ekatérina Fourtséva, la première (et pour le moment l'unique) femme ayant accédé au poste de ministre fédéral. La démocratisation en cours compte, elle aussi, des femmes parmi ses dirigeants, mais celles-ci ne participent pas autant qu'il le faudrait à la prise des décisions.
Novikova en voit la raison dans la phallocratie, trait typique du système directiviste qu'ignorent, on ne sait pas pourquoi, les chercheurs analysant le système. Durant une très longue période, notre société a été dirigée presque exclusivement par des hommes séniles. La phallocratie est incompatible avec la démocratie, car elle ne tient pas compte de l'opinion des femmes et des jeunes, qui constituent la majeure partie de la population.
A l'heure actuelle, le parti appelle les femmes à participer le plus largement possible à la vie de la société. Malheureusement, il ne fournit pas lui-même d'exemples de cette participation. Alors que 30% des membres du parti sont des femmes, on n'en compte que 6% aux postes électifs dans le parti. La proposition de candidatures féminines porte un caractère fortuit, non systématique. Les rares exemples de femmes ayant accédé à de hautes responsabilités, ne sont qu'une sorte d'alibi pour les hommes.
Retour au foyer ?
Novikova trouve que la campagne actuelle dans la presse sur le thème "la femme doit-elle se consacrer à son foyer?", est une nouvelle tentative de faire colmater par les femmes, les brèches de la politique sociale. A ce propos, l'afflux le plus important des femmes dans la production sociale s'est non pas pendant la guerre, comme beaucoup le croient, mais dans les années 60, lorsqu'a été amorcée, pour s'enliser aussitôt, la réforme économique. La main-d'œuvre féminine a alors permis d'user de méthodes extensives de travail. Dans notre pays, on utilise toujours très largement le travail féminin non qualifié. Les femmes travaillent dans des industries insalubres, ce que la loi interdisait déjà dans les années 20. Dans les années 60, on est parvenu, grâce à la main-d'œuvre féminine, à redresser la production industrielle et à présent, on cherche à résoudre les problèmes du secteur tertiaire de la même
Le programme de la candidate à la députation Elvira Novikova, contient plusieurs points dont la mise en œuvre s'impose de longue date et dont l'essentiel peut se résumer ainsi :
- assurer la priorité de la mère et de l'enfant dans la société et la renforcer sur les plans matériel et moral. C'est sur leurs intérêts que la société doit se guider en dressant ses plans et c'est alors seulement que nous commencerons à progresser vers une société authentiquement civilisée. La femme doit avoir le
: travailler, aussi longtemps qu'elle le souhaite et comme elle le veut, ou alors, ne pas travailler du tout. Elle doit le décider en fonction de ce qu'elle considère comme le plus important : le foyer, le travail ou l'un et l'autre en même
Les Nouvelles de Moscou
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