Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

COLOMBIE

La répression s'accentue

· Inprecor n° 285, 3 avril 1989 · p. 17-19 · 3 232 mots

Syndicalisme Femmes Économie mondiale

UNE DIZAINE de massacres ont eu lieu au cours des derniers mois de 1988. Les groupes para-militaires arrivent dans les villages et assassinent impunément les gens qui y vivent, sans qu'ils puissent se défendre. La moyenne est de 40 à 50 morts par massacre. En dehors de cela, pratiquement 5 assassinats politiques ont lieu par jour, selon Amnesty International et les organismes internationaux des droits de l'Homme. On pratique la torture et l'assassinat sélectif des militants et des dirigeants de gauche. René GONZALEZ

L ES MASSACRES ONT principale-

ment lieu dans les zones rurales. Le prétexte invoqué est qu'il s'agit de zones de guérilla. L'armée est directement complice. Lors du dernier massacre, celui de Segovia, dans le département d'Antioquia, les para-militaires ont dû traverser une zone totalement contrôlée par l'armée. La police locale prétendit que lorsque les coups de feu ont éclaté, elle a cru qu'il s'agissait d'une attaque de la guérilla. Mais même les autorités civiles n'ont pas accepté un tel prétexte. En réalité, la police s'est enfermée dans sa caserne et a laissé les assassins agir librement. Dans la dernière période, l'association avec le trafic de drogue a joué un rôle décisif pour la bourgeoisie colombienne. Le "blanchiement" de l'argent du trafic de drogue lui a permis de payer la dette extérieure et de maintenir une situation économique plus ou moins acceptable (compte tenu du contexte économique préoccupant de l'Amérique latine), mais qui entraîne une érosion très importante des valeurs et des institutions juridiques de l'Etat. De plus, les mafiosi achètent de vastes étendues de terres. Il y a donc association entre propriétaires terriens et mafiosi pour expulser les paysans de leurs terres. Ils y forment des écoles de mercenaires et organisent les massacres avec la complicité de l'armée. Cela s'explique par l'absence de prolétarisation, au sens d'achat et de vente de la force de travail, et par le besoin d'étendre davantage ces domaines. Dans le pays, le poids de la propriété de la terre est très important pour les prébendes et le pouvoir que cela donne sur l'appareil politique.

Les plans de la mafia

Les plans de la mafia combinent la mainmise sur des zones où elle cherche à exproprier la paysannerie et à la chasser, avec la perspective de transformer ces terres en entreprises agricoles de production à court et à moyen termes, et des zones où existe un prolétariat agricole, comme dans la zone des plantations de bananes, où il y a aussi association entre le capital de la mafia et les planteurs de bananes. Il s'agit notamment de la région de Uraba, département d'Antioquia, où se sont produits 5 massacres ces derniers temps, qui ont pour but d'empêcher le développement du puissant syndicat du secteur agricole de la région. Le but est également de maintenir les bas salaires, la surexploitation, et le contrôle de la production, en association directe avec les propriétaires de plantation.

La mafia possède d'ailleurs ses propres groupes armés. On estime que les clans Ochoa et Escobar, qui sont d'Antioquia, ont près de 10 000 hommes en armes. Pour donner un point de comparaison, les effectifs de l'armée nationale s'élèvent, au total, à environ 120 000

La mafia est donc directement impliquée dans les massacres. Certains secteurs civils du gouvernement insistent d'ailleurs lourdement, sur les responsabilités de la mafia, afin de tenter de cacher les responsabilités du gouvernement lui-même. Le Procureur général de la nation a reconnu ouvertement la responsabilité de la mafia dans ces massacres, et leurs liens avec le pouvoir ainsi acquis sur la propriété de la terre. Mais à l'heure qu'il est, malgré ces déclarations, ni les sicarios, ni leurs commanditaires ne sont en prison. Ces groupes jouissent d'une impunité totale

La réaction du gouvernement face à la situation est par ailleurs assez édifiante. Par exemple, le massacre de Segovia lui a servi de prétexte pour s'endetter davantage, en achetant armes, avions, hélicoptères et fusils, et pour renforcer le régime réactionnaire légal : désormais, tout suspect peut être arrêté, sans aucune garantie juridique. Autrement dit, face à chaque attaque militariste des groupes armés, le gouvernement opte pour un comportement militariste, qui vise le mouvement ouvrier et populaire, sous prétexte de s'en prendre aux para-militaires.

Dans les villes, en revanche, les assassinats sont plus sélectifs, car si la gauche est forte à la campagne, elle reste encore très faible dans le milieu urbain, où elle est moins à même d'influencer la base sociale et les mobilisations. En Colombie, le mouvement ouvrier n'agit pas à travers des syndicats d'industrie mais sous la chape de plomb d'une législation qui le rend profondément corporatiste, et économiste. Le développement de véritables syndicats est ainsi entravé depuis les années 40. Il faut y ajouter le fait que, la crise économique n'ayant pas encore atteint son maximum, les couches urbaines intermédiaires ne se sont pas polarisées entre la révolution et la contre-révolution. Elles gardent une attitude de neutralité et l'illusion que les problèmes individuels pourront être résolus dans le contexte du capitalisme dépendant. Les ceintures de misère qui entourent les villes, sont pourtant de plus en plus importantes, à cause de l'exode rural (en 1960, 70% de la population colombienne vivait à la campagne, contre 30% dans les centres urbains, aujourd'hui, le taux s'est inversé). Même s'il s'agit d'une couche très pauvre, qui reste marquée par les habitudes et valeurs rurales, un processus de prolétarisation graduelle et d'urbanisation du pays s'est néanmoins pro-

La ville et la campagne

Il est clair qu'en Colombie, la transformation du rapport de forces face au régime, à partir des campagnes est impossible. Il est donc évident qu'il faut le faire à partir des villes. L'une des grandes discussions qui se déroulent actuellement dans la gauche colombienne, porte précisément sur la manière de dépasser cette inégalité entre la campagne et la ville. Il ne faut pas oublier que le mouvement ouvrier urbain est encore très arriéré et n'a connu, ces dernières années, ni luttes politiques, ni actions de solidarité importantes, ni luttes sectorielles d'envergure, qui auraient pu lui donner une vision qui lui soit propre, à l'échelle nationale. Il reste cantonné dans ses problèmes d'entreprise et très polarisé par les revendications corporatistes.

Un phénomène très préoccupant se greffe là-dessus. A savoir, des secteurs de travailleurs, relativement mieux payés, et qui ont, dans une certaine mesure, la possibilité de négocier, ainsi que les cadres et canaux légaux nécessai-

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res pour une telle négociation, se séparent progressivement du reste de la population, beaucoup plus pauvre, et dont la situation s'aggrave sous le poids de la crise économique, de la dette extérieure et du processus de paupérisation en œuvre en

Colombie, comme dans toute l'Amérique latine. Il est donc vital de trouver un moyen pour éviter que ne se créée une telle brèche sociale.

à ce

Les discussions sujet se sont exacerbées, après le récent échec de la grève générale pour le droit à la vie, à de meilleures conditions de salaire et de sécurité sociale : à peine 10% des travailleurs syndiqués ont suivi le mot d'ordre de grève.

C'est particulièrement grave, car depuis novembre 1986, il s'était produit un processus d'unification qui a abouti à la formation de la Confédération unifiée des travailleurs (CUT), englobant 80% du mouvement syndical colombien : les secteurs dirigés par le

Parti communiste (PCC), A Luchar, les syndicats indépendants (maoïstes), la vieille Confédération des syndicats des travailleurs de Colombie (CSTC, ancienne confédération du PC), ainsi qu'une frange de la bureaucratie jaune.

L'unification syndicale

Certes, cette unification n'a pas encore totalement transformé les structures du mouvement syndical, car la législation syndicale et le régime maintiennent une pression très forte sur les syndicats de base, pour empêcher, dans la mesure du possible, la formation de syndicats par industries. C'est là une des plus grandes préoccupations de la bourgeoisie colombienne depuis trois décennies. Malgré des processus d'unification de syndicats d'un seul secteur, comme par exemple les électriciens, ou les employés de banque, le régime refuse de négocier et de signer des accords avec ceux-là. Pour que les syndicats d'industrie puissent agir en Colombie, il faudrait parvenir à un changement dans les rapports de forces.

La CUT n'a pas pu changer cette réalité, mais avec la formation d'une confédération regroupant 80% du mouvement syndical, dans un pays où les gens vivent dans la misère, où les droits de l'Homme sont bafoués en permanence, à tel point que la vie humaine n'a plus aucune valeur, et où, face à cette situation, existe une réelle indignation chez les travailleurs, on pouvait s'attendre à ce que la grève générale soit un succès.

Or, il n'en a rien été.

Le gouvernement a répondu par une déclaration de guerre : il a annoncé qu'il considérait les grévistes comme étant le bras syndical de la guérilla. Durant les jours précédant la grève, il a brutalement militarisé les villes, emprisonné et assassiné des dirigeants syndicaux. L'armée est notamment intervenue contre le syndicat des électriciens de Carthagène, et a emmené entre 200 et 300 ouvriers. Elle a monté une opération de propagande idéologique pour terroriser la population, et a réussi à toucher les couches moyennes, ainsi que des secteurs indécis du mouvement syndical.

Quant à la guérilla, un de ses secteurs envisage de renouer avec le gouvernement, pour entamer un dialogue qui permettrait de gagner une certaine marge de manœuvre et une certaine pause dans l'offensive militariste de la "guerre sale", afin d'en profiter pour essayer d'augmenter l'audience de la guérilla dans le mouvement de masse. D'autres secteurs, au contraire, sont davantage disposés à une offensive militaire, pour essayer de changer, de cette façon, les rapports de forces dans les villes. Ces discussions ont éclaté malgré la stabilité dans l'action, du front uni du mouvement armé, durant ces dernières années. C'est la Coordination Simon Bolivar qui est le cadre commun de l'unité d'action de tout le mouvement armé de Colombie.

Liquider la gauche

Le régime, de son côté n'insiste pas trop sur la question du dialogue. Tranquillisé par l'absence de progrès des forces populaires dans les villes, il suit d'un œil complice les massacres et les assassinats, les considérant comme une manière de continuer à liquider la gauche. Le régime a relancé cette idée de dialogue, il y a trois mois, dans des conditions absolument intolérables et inacceptables, qui ne permettaient en aucun cas de mettre sur pied un réel mécanisme de dialogue. Il a ainsi montré le peu de cas qu'il faisait du succès de ce projet. Ce que proposait le gouvernement était en fait un cation pure et simple de la guérilla, en échange d'une amnistie. Pas un mot sur les bandes para-militaires, ni sur la collusion entre ceux-là et la mafia, rien non plus sur la violation des droits de l'Homme, alors que même les porte-parole du régime reconnaissent publiquement qu'il s'agit là des raisons En dépit de toutes les difficultés, il est cependant très important de faire de la politique à visage découvert, tout en maintenant, bien sûr, les règles de la clandestinité, afin d'exprimer les divers projets politiques, pour que pays sache quelles sont les différences, par exemple entre une force comme A Luchar, et d'autres courants comme le Parti communiste ou les partis bourgeois, etc.

Des projets politiques différents

Un autre problème dont il faut tenir compte est l'absence de culture politique dans le pays. Traditionnellement, la Colombie a été dominée sur le plan électoral, par des méthodes très arriérées, avec trafic des voix et des consciences, au travers de l'octroi de postes dans l'appareil d'Etat, de la corruption, du clientélisme, le poids du militarisme et d'un puissant cléricalisme qui prône la résignation, etc. La recherche de mécanismes de dialogue et de l'utilisation des moyens de communication pour en exprimer la volonté, reste donc très importante. Ce n'est pas la misère des gens, ni l'approfondissement de la crise économique qui vont, à eux seuls, produire le changement et une évolution suffisante dans la mentalité des gens, pour qu'ils puissent accéder à d'autres types de projets politiques. Evidemment, tout cela se fera dans un contexte d'énormes difficultés, mais il n'y a pas d'autre alternative.

Pour l'instant, chaque secteur de la gauche agit séparément, même si, devant la gravité de la situation, une discussion sur la nécessité d'unifier davantage la gauche a enfin commencé. Mais le problème actuel, est que chaque organisation a des tactiques différentes. Le PC, par exemple, privilégie l'aspect électoral et parlementaire, et l'accumulation lente d'espaces institutionnels. Depuis le début de la trêve, sous le précédent gouvernement de Belisario Betancur, jusqu'à aujourd'hui, le PC a eu près de 700 militants assassinés. Son comportement n'est cependant pas une riposte

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FUMANOS DIRITT! agressive, ni la recherche d'une mobilisation. Lors des dernières élections, il a passé des accords avec les franges les plus corrompues des partis traditionnels, libéral et conservateur, sous prétexte que cela lui permettrait d'obtenir plus de sièges dans les organismes provinciaux et au Parlement national, ainsi qu'une plus large couverture civique et institutionnelle, face à la guerre sale.

La critique du PC

Il est clair que c'est une politique désastreuse. Le problème n'est pas seulement qu'il y a un nombre croissant de militants et de partisans de la gauche qui sont assassinés chaque jour, mais qu'en plus, cette stratégie ne fait nullement progresser la conscience et la mobilisation des masses. Par ailleurs, le PC sert d'alibi au gouvernement, lorsque des organisations comme Amnesty International l'apostrophent sur les assassinats de militants de gauche et du PC. Le gouvernement se permet de leur répliquer qu'il s'agit de règlements de comptes dans la mafia, et se dégage de toute responsabilité, en invoquant notamment les alliances avec le PC. Cela rend donc difficile la délimitation avec le camp de la bourgeoisie et la réalisation du front unique, car même dans les grèves, l'attitude du PC le pousse à s'abriter derrière la bureaucratie syndicale et à lui faire de

Il est cependant clair qu'il ne suffit pas de critiquer le PC, en lui opposant une phraséologie d'extrême-gauche qui serait totalement stérile face à sa base et devant l'ensemble de la population. Il faut donc formuler des mots d'ordre concrets, qui permettent l'unité d'action et qui démontrent à la base du PC que sa direction se trompe. A Luchar qui est l'organisation d'extrême-gauche qu'ont rejointe les militants de la IVe Internationale, a commencé à discuter sur les moyens d'y arriver. L'entrée des militants de la IVe Internationale dans ses rangs, a servi à approfondir cette discussion.

Les cadres d'A Luchar sont certes marqués par certaines traditions autoritaires propres au pays: en fait, la Colombie est un pays dont la culture politique est axée sur l'autoritarisme, et sur une tradition machiste millénaire, que tout tend à justifier en permanence : la famille, les institutions, l'école, la presse, etc. Ces traditions se répercutent donc également dans les organisations de gauche et de masse. Mais le stalinisme et sa conception de parti monolithique sont absentes. Le programme d'A Luchar se réfère notamment de façon explicite au pluralisme politique dans l'Etat à construire, et souligne la nécessité de la démocratie de masse. La majorité des militants de ce parti pense que le modèle stalinien n'est pas démocratique et que même celui de Gorbatchev ne s'oppose pas réel-

Il faut également compter avec le phénomène du christianisme radical en Colombie. Les chrétiens vont, eux aussi, jouer un rôle décisif dans la révolution colombienne. Ils ont tenu une assemblée il y a deux mois, à Bogota, à laquelle assistèrent 4 000 dirigeants chrétiens, dont beaucoup étaient venus de différents pays d'Amérique latine. Ils ont discuté du problème de l'utilisation des enseignements de la Bible face à la guerre sale. Puisque "la vie de l'homme est le bien le plus précieux", les chrétiens radicaux critiquent la guerre sale sur cette base, et démontrent la nécessité de la réforme agraire en se référant à la tradition juive de distribution de terres à la population. Ils montrent qu'il y a une continuité dans le christianisme, avec un aspect révolutionnaire omniprésent, ce qu'Engels appelait la théologie libertaire, anti-monarchique et anti-féodale, de la période de la pré-renaissance.

La place des femmes

Le rôle et la place croissante des femmes dans les luttes doivent également être soulignés. La direction de la CUT a voulu organiser, l'année dernière, un congrès des femmes de la CUT. Le seul but était de faire une démonstration des capacités de la CUT de mobiliser les femmes. Cependant, la dynamique prise par ce congrès a été très différente de celle escomptée. D'abord, par le nombre de déléguées : au lieu des 500 attendues, il en vint 3 000 ! Ensuite, par le contenu des exposés faits par ces femmes : ils étaient principalement centrés sur les effets de la dette extérieure et la façon dont elle aggrave la condition des femmes, à la maison, dans la société, face à l'Etat. Les femmes expliquèrent comment le discours sur le retour au foyer, parallèle à la montée du chômage, est fonction de la dette. Alors qu'il faut en général des dizaines de discours sur le dette, pour en faire comprendre les effets, les femmes, elles, en ont immédiatement compris les mécanismes, à partir de leur propre vécu quotidien. En Colombie il existe de bonnes conditions pour accompagner la lutte sociale des femmes et les éduquer sur leurs problèmes particuliers en tant que sexe opprimé C'est par la voie de l'articulation avec les problèmes sociaux que le féminisme aura le plus de résultats en Colombie. Mais, bien sûr, cela ne se fera pas d'une façon mécanique et le rôle d'une direction révolutionnaire est très important dans ce domaine.

Une nécessaire solidarité

La gauche colombienne et le mouvement populaire sont très isolés sur le plan international, alors que la bourgeoisie colombienne est loin de l'être. Malgré les assassinats perpétrés chaque jour, dont aucun des responsables n'est d'ailleurs arrêté ni condamné par le gouvernement, celui-ci continue de porter le label démocratique aux yeux de l'opinion publique mondiale et dans les médias : on dit que la Colombie n'est pas le Chili de Pinochet. Le fait qu'il y ait un Parlement, un gouvernement civil, des élections, etc., permet au gouvernement de sauvegarder une certaine image et d'obtenir ainsi, une légitimité internationale.

En revanche, les luttes populaires à l'intérieur du pays ne sont pas répercutées à l'extérieur. Même si des organismes comme Amnesty International publient des dénonciations, c'est-à-dire, constatent la situation, il n'existe aucun mécanisme qui puisse permettre d'aboutir à un résultat concret, et à des pressions internationales sur le gouverne-

La couverture de la situation en Colombie dans la presse mondiale est très faible. Par exemple, des massacres aussi impressionnants que celui de Segovia n'ont eu aucune répercussion dans la presse française. Seul le journal El Pais, publié à Madrid, a publié une petite brève sur une colonne. La presse européenne, même celle de gauche, et même celle des organisations d'extrême-gauche, n'accorde pas au problème colombien (et à ces massacres) la place qu'il mériterait. Pourtant, la situation en Colombie est particulièrement dramatique. Si ce qui s'y passe réellement, le rôle de la mafia, des para-militaires, des des entreprises privées, la crise institutionnelle, la quantité de morts par jour, les tortures, les assassinats sélectifs, etc., étaient systématiquement dénoncés et portés à la connaissance de l'opinion publique internationale, si celle-ci jouait son rôle, il est clair que la situation interne serait un peu plus favorable à la gauche. La solidarité internationale devrait donc être plus active et plus présente : pour la gauche colombienne, c'est une question de vie

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