Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

NICARAGUA

Entre base et pouvoir

· Inprecor n° 286, 17 avril 1989 · p. 24-26 · 3 126 mots

Nicaragua Économie mondiale Femmes Syndicalisme

Après le défi de la contra, auquel la révolution a répondu victorieusement -mais en payant un lourd tribut — se présente, avec une acuité extrême, celui de la survie économique, alors que l'intervention de l'Etat est réduite et que la participation "commune" du secteur privé et des masses populaires à "l'effort productif" se profile sous forme de point d'interrogation.

Les élections présidentielles sont avancées à février 1990, au lieu de novembre. Un nouvel affrontement politiDANS L'ARTICLE que nous publions ci-dessous, Luis Serra, sociologue, professeur à l'Université centraméricaine de Managua, analyse ces différents problèmes à partir d'une enquête réalisée durant les mois de juillet et août 1988. Cet article a été publié dans la revue Pensamiento proprio de décembre 1988. Luis SERRA

A CAPACITE des organisations populaires (OP) de satisfaire les intérêts de leurs membres (voir encadré page suivante) dépend d'une série de facteurs internes, tels que la participation de ces organismes à la définition d'un plan de travail, l'efficacité même de l'organisation, les ressources disponibles, la formulation et l'exécution d'une stratégie cohérente. Mais d'autre part, cette participation dépend de facteurs externes tels que les rapports de forces sociaux dans le pays, la capacité des organisations d'influencer les décisions de l'Etat et du Parti (FSLN), ainsi que des conditions économiques et politiques nationales.

Subordination aux intérêts généraux

Au plan interne, en général, les organisations populaires ont été capables d'exprimer les revendications des secteurs sociaux qu'elles représentent. De même, elles ont suggéré des possibilités de solutions et participé activement à la mise en place de quelques-unes d'entre elles. Néanmoins, la subordination des revendications particulières de leurs membres aux objectifs généraux décidés par le Parti et le Gouvernement — entre autres, l'unité nationale, la défense et la production — a sans cesse limité leurs activités.

Cette subordination est certes explicable à partir de la perspective globale de survie du projet révolutionnaire sandique entre le FSLN et une opposition divisée, et peu capable de polariser des forces au plan politique, s'annonce.

Après dix ans de processus révolutionnaire, le rôle des organisations populaires (OP) et leur rapport avec les institutions étatiques sont un thème de débat crucial dans la société nicaraguayenne. Ils le seront encore plus, à l'avenir, lorsque les contradictions entre les attentes populaires et la politique économique s'aiguiseront.

10 mars 1989

Entre base

et pouvoir

niste, placé dans une très difficile situation de guerre et de crise économique. Mais elle n'a pas été facilement acceptée par les membres de ces organisations, qui ont sérieusement souffert de ces multiples difficultés.

Contradictions

Cette contradiction a affecté la légitimité des organisations populaires, spécialement lorsque les tâches qu'elles devaient assumer, à partir des objectifs gouvernementaux, entraient en contradiction avec les intérêts immédiats de leurs membres. Par exemple : les licenciements qui s'inscrivaient dans l'exécution de la politique d'ajustement économique et qui étaient appuyés par les syndicats sandinistes ; le recrutement appuyé par les Comités de défense sandiniste (CDS) ; au Service militaire patriotique, ou dans les rangs des réservistes de l'armée, face aux attaques de la Contra ; la vente de la production agricole à des prix bas à l'entreprise de distribution et de commercialisation gouvernementale (ENABAS), mesures appuyées par l'Union nationale des agriculteurs et éleveurs (UNAG) ; les limitations imposées aux revendications ouvrières d'un salaire qui assure un revenu familial de base suffisant.

Au plan extérieur, les revendications de la base de ces organisations ont souvent reçu une réponse satisfaisante. A partir de la victoire révolutionnaire de juillet 1979, les rapports de forces étaient évidemment favorables aux travailleurs et aux paysans, et il existait une réceptivité aux revendications, aussi bien dans l'appareil d'Etat, qu'au sein du FSLN. Néanmoins, le caractère de l'économie mixte - qui attribue un poids économique considérable à la bourgeoisie et à la petite-bourgeoisie, et son correspondant au plan politique (l'unité nationale et le pluralisme) imposèrent une limite très claire aux revendications populaires en faveur d'une redistribution plus juste des revenus et des ressources.

D'un côté, les organisations populaires défendent le gouvernement révolutionnaire face à la contre-révolution et à l'opposition. De l'autre, elles critiquent ses déformations bureaucratiques et luttent pour obtenir une part plus importante des ressources étatiques par rapport aux autres secteurs sociaux. ll existe de multiples instances de l'Etat où ces organisations participent à l'élaboration de la politique et des projets concernant leurs propres secteurs. Néanmoins, cette participation est généralement, par nature, seulement consultative, et elles ne disposent que d'une position minoritaire face aux délégués du gouvernement.

L'étroite dépendance de certains organismes de base des OP face aux institutions gouvernementales, a conduit certains analystes à les qualifier de para-étatiques. Un exemple débattu concerne les coopératives agricoles et d'élevage, considérées par l'UNAG comme un de ses éléments constituants. Mais, ces coopératives, surtout celles qui sont dites prioritaires, reçoivent une assistance technique importante directe, qui est contrôlée par les institutions étatiques et le FSLN. Cela limite évidemment leur autonomie et le type d'adhésion.

L'interférence des partis

La participation directe des représentants des OP dans le pouvoir législatif, comme elle existait dans le Conseil d'Etat jusqu'en 1984, se modifia par la participation au pouvoir législatif selon le critère d'appartenance à un parti politique, suite à l'élection de l'Assemblée législative. Il découle de ce changement que les intérêts particuliers des secteurs sociaux sont subordonnés à la force des partis politiques. Certes, le FSLN a permis la légalisation d'aspects fondamentaux pour la société, au travers de la constitution de lois électorales permet-

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distinction de sexe, de religion ou d'Idéologle politique, à l'exception des

Ilens avec le somozisme. Cette ouverture a été rédulte, dans la pratique, par une Interprétation ambigué de la dernlère clause et Il y a eu des cas où le désaccord avec la FSLN a été considéré comme une ralson

L'afflilation formelle est estimée entre 40 et 50% de la population totale, selon les différents secteurs sociaux. Pour TUNAG, on compte

125 000 affilles, pour un total de 280 000 paysans. Pour la CST, 120 000 affillés pour un total de 214 000 ouvrlers Industriels et agro-Industriels.

Pour l'ATC, 50 000 membres pour un total de 70 000 ouvriers agricoles permanents et 70 000 temporalres. En falt, la participation réelle à ces

On estime qu'il existe quelque 16 000 femmes assoclées à l'UNAG sur un total de 125 000. Dans le secteur des coopératives rurales (2 745 en

1986), seuls 7,3% des 60 000 coopérateurs sont des femmes et celles qui occupent des postes de direction sont peu nombreuses. Une étude sur les organisations existantes, dans trois régions rurales, montre que les femmes représentent 37% des membres et seulement 19% des directions; elles concentrent leur participation dans des organisations de

De plus, on a estimé que 30% des affiliés à l'ATC sont des femmes et qu'Il existe un pourcentage équivalent de dirigeantes syndicales. Lors de la troisième assemblée nationale de l'ATC, des progrès Importants ont été soulignés dans les domaines de l'égalité salariale, d'une Indemnité pré- et post-maternité, et du respect des normes de production, fixant la

Journée de travail entre 8 et 10 heures. Les problèmes les plus ressentis étalent les bas salalres, le manque de crèches, le manque de moyens concernant la santé et l'hyglène sur le lleu de travail, le manque de fortant l'existence des partis, des municipalités et des organes législatifs. Néanmoins, il a laissé de côté des revendications sectorielles, telles que la revendication ouvrière de réformer le code du travail, ou la demande des producteurs paysans de pénaliser sévèrement les mauvais traitements ou la violation des lois.

Parallèlement, se sont mis en place de nouveaux mécanismes de participation et de communication entre les secteurs sociaux et les OP. Il s'agit d'instruments essentiels pour créer une liaison directe entre les autorités gouvernementales et ces couches populaires. Ces tentatives de communication directe incluent divers canaux tels que les rencontres télévisées ou radiophoniques en direct avec le président de le République. On les appelle De Cara al Pueblo, Cabilldos abiertos ou Linea directa.

Les assemblées sont une autre forme de discussion publique où s'établit un échange entre les autorités et les secteurs populaires. Mais elles servent plus de moyen d'éducation et d'expression que d'instrument pour résoudre les problèmes collectifs. La faiblesse essentielle de ces assemblées réside dans le fait qu'il n'est pas donné suite aux accords dans leur incapacité à en finir avec les causes réelles des problèmes qui y sont présentés. De plus, il faut ajouter l'inefficacité des responsables intermédiaires, le bureaucratisme, le degré d'autogestion très variable, la crise économique et la guerre.

Promouvoir la participation populaire

Les OP reconnaissent le FSLN comme une avant-garde, dans la mesure où il a joué un rôle décisif dans la lutte contre la dictature de Somoza et contre l'impérialisme. Le FSLN a impulsé les OP avec un triple objectif : promouvoir la participation populaire dans la résolution des problèmes qu'affronte chaque secteur social ; développer une pépinière de responsables, et mobiliser la population dans la défense du projet révolutionnaire.

Cette relation présente des aspects plus que problématiques par le simple fait qu'une grande partie des dirigeants des OP sont membres ou candidats au FSLN, ce qui implique une double fonction, dont la délimitation est claire en théorie, mais fort obscure dans la pratique. L'analyse du contenu des discours de la majorité de ces dirigeants révèle la confusion entre le rôle du militant de parti et de dirigeant de secteurs sociaux. Cela affecte le développement supposé et le pluralisme des OP et, comme telles, leur capacité d'attirer des secteurs non-sandinistes.

Le centralisme et le "verticalisme" (système de direction de haut en bas), reconnus par le FSLN, se reflètent nécessairement dans les organisations populaires, en liant de façon indissoluble le problème de la participation aux deux types d'organismes (FSLN et OP). De plus, la hiérarchie et la discipline de parti prennent le pas sur le rôle des OP. Dès lors, les tâches et les orientations spécifiques des cadres du Parti prennent le dessus par rapport à celles qu'ils devraient assumer dans les OP. Les comités du Front (au sein des OP) assument, dans beaucoup de cas, le rôle de lieu de discussion et de décision qui aurait dû être théoriquement du ressort des organes des OP, ce qui diminue leur possibilité de développement. D'autre part, on a pu fréquemment observer le déplacement vers d'autres tâches de membres du Front travaillant dans les OP, sans tenir compte de l'opinion des membres des organismes de base, et de l'affaiblissement que cela pouvait susciter.

Revendications et directives

Le problème de l'autonomie des OP s'affirme ouvertement lorsque surgit une contradiction entre les revendications spécifiques d'un secteur social et les orientations générales du FSLN. Ne serait-ce que parce qu'il n'est pas toujours possible d'harmoniser une revendication sectorielle avec une orientation nationale. A plusieurs reprises, se sont produits des heurts entre les revendications ouvrières pour améliorer les revenus ou les conditions de travail, et les décisions sociales, de classes, et ayant pour but d'assurer la production. En 1988, alors que les nouvelles mesures économiques donnaient la priorité à la rentabilité

Les Organisations populalres (OP) d'exclusion. organismes est bien Inférieure, entre 40 et 50% du total des membres. type éducatif, culturel ot rellgieux. mation technique et d'éducation sexuelle.

des entreprises, et laissaient toute liberté à la loi de l'offre et de la demande, dans un contexte d'inflation galopante, les syndicats se devaient d'être plus combatifs pour la défense des postes de travail et du niveau des salaires.

La CST a proposé, sans succès, un salaire qui augmente automatiquement en lien avec l'inflation et qui permettrait de couvrir 50% des ressources de base d'une famille (calculées sur la base de 27 produits), considérant que dans chaque famille il y avait une moyenne de deux salarié(e)s. L'Association des travailleurs de la campagne (ATC) s'est profilée en luttant pour un salaire permettant l'achat de cinq produits de base suffisants pour une famille. Pour cela, l'ATC a suscité des mobilisations. Par contre, les entrepreneurs ont cherché à utiliser les revendications ouvrières pour accroître les facilités de crédits bancaires qui leur sont accordées. Quelques dirigeants du FSLN se sont opposés ouvertement à l'ATC, mais la lutte a continué et les critiques aux positions du FSLN se sont multipliées, jusqu'à celle qui l'accuse "de chercher à concilier des classes antagonistes".

Dans cette conjoncture, le commandant Luis Carrion, membre de la direction nationale du FSLN et ministre de l'Economie, déclara que le rôle du syndicat "ne devait pas être celui de défenseur de revendications immédiates, parce qu'elles obscurcissent la conscience du travailleur et le séparent de son identité collective". Ce dirigeant considère donc que la première tâche des syndicats réLes statute des organisations populalres assurent la libre-adhésion sans

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side dans l'appropriation par les travailleurs de la réalité de leur entreprise et dans l'acquisition d'une conscience de la façon particulière dont ils peuvent participer à son développement, "dans le grand effort de défense de l'économie".

La situation de guerre prolongée a acquis une logique propre qui impliquait une définition particulière des relations sociales et du monde symbolique, modifiant ainsi sensiblement, dans la pratique, le projet démocratique et socialiste, bien au-delà de la volonté politique de la direction.

Les forces armées se développent rapidement dans une société qui vit en situation de guerre. Cela signifie que l'encadrement d'une grande partie de la population acquiert une "structure militaire" qui se caractérise universellement par sa nature hiérarchique.

Le phénomène de la guerre

Ces répercussions s'observent au sein des OP dans la mesure où cette situation de belligérance attribue une priorité aux tâches de guerre par rapport à la défense des intérêts des affiliés des OP. Les méthodes organisationnelles sont imbibées par une logique militaire. L'utilisation de ressources pour la guerre, signifie de même, l'incapacité de satisfaire de manière adéquate les besoins matériels de la population, plus spécifiquement ceux des groupes disposant des revenus les plus bas. Cette pénurie s'ajoute à l'effort réclamé dans le travail et aboutit à une attitude de rejet du conflit militaire. Dès lors, s'affirme une opposition entre la nécessité d'impulser l'appui des OP à l'effort de guerre, et celle qui devrait maintenir le caractère de libre adhésion de ces organisations, ou encore leur rôle d'instrument devant répondre aux intérêts immédiats de leurs membres.

La guerre implique la suppression des rapports normaux, pacifiques, de lutte et de négociation entre les groupes sociaux qui s'affrontent. La polarisation politique s'aiguise à tel point que, pour les secteurs en conflit, l'alternative est simplifiée : être pour ou contre. La critique effectuée à un des belligérants est interprétée comme une contribution à l'apologie de l'ennemi. Dans un contexte de guerre, l'espace pour des projets politiques alternatifs se resserre. Les contradictions sociales secondaires sont reléguées à plus tard, pour être abordées quand sera résolue la contradiction principale entre "l'empire" (Etats-Unis) et la nation (Nicaragua). Ceci peut aboutir à un affaiblissement de la capacité d'attraction du projet d'indépendan-ce nationale, pour des secteurs sociaux qui ne trouvent aucune réponse à des problèmes qu'ils considèrent comme étant les principaux pour eux.

Dans les guerres de libération nationale, on constate la nécessité d'établir un front ample, anti-impérialiste, aussi bien pour des raisons internes (additionner toutes les forces contre l'ennemi extérieur) que pour des raisons de politique internationale (obtenir une solidarité et un appui). Néanmoins, la détérioration de la situation économique pour les secteurs les plus défavorisés, conduit à mettre en question cette large unité dans la perspective de répartir de façon plus équitable la pénurie des biens existants. Eviter les contradictions objectives en-tre classes antagonistes au travers d'une orientation politique qui donne la priorité à une large unité nationale, est un défi très difficile à relever.

Arrière-goût du passé

Si le système antérieur à 1979, reposait sur la cœrcition (dictature de Somoza), il existait aussi une hégémonie des classes dominantes qui se matérialisait à travers un tissu de relations sociales de caractère "clientéliste", ou propre à un système paternaliste de "grands propriétaires". Ces relations de subordination, spécifiques aux sociétés rurales, s'établissent, entre les secteurs dominants et les secteurs dominés, au travers d'une série de normes concernant les droits et devoirs réciproques qui se matérialisent à travers l'échange de biens matériels et symboliques. La domination, dans ces relations, est occultée par des liens personnels et affectifs, parrainage, protections diverses, etc., qui sont intériorisés dans le modèle culturel traditionnel qui prédomine, aussi bien dans les secteurs ruraux, qu'urbains. Ces relations propres aux liens entre propriétaires et fermiers se sont étendues à divers milieux sociaux, tels que les rapports entre entrepreneurs et politiques et citoyens, adultes et enfants, hommes et femmes, métis et indigènes, religieux et fidèles, maîtres et élèves.

Le fondement de ces relations inégales réside dans l'accès différencié au pouvoir, c'est-à-dire économiques, politiques et symboliques. L'essence de cette relation est la subordination des classes populaires au bénéfice des classes minoritaires et dominantes. Une révolution est un processus prolongé, dans lequel la prise de l'appareil d'Etat par les représentants des secteurs populaires est un pas intransformer les structures du passe. La dispensable, mais insuffisant, construction d'un nouveau projet social doit nécessairement se faire avec les groupes sociaux existant qui drainent avec eux l'idéologie et les pratiques antiques, bien au-delà de leur conscience immédiate et de leur volonté.

Les relations sociales possèdent une force d'inertie profonde qui tend à ce qu'elles se reproduisent sous de nouvelles formes, tant que ne se modifie pas leur fondement structurel. Les relations paternalistes ou clientélistes perdurent, tant qu'existe un accès différencié aux ressources matérielles, éducatives et politiques.

Dans divers milieux de la société politique et civile, variant dans ce cas, se répètent les arguments sur la nécessité d'une telle subordination : quelques dirigeants politiques considèrent qu'eux seuls possèdent "l'idéologie révolutionnaire" et la capacité de diriger ; d'autres, bourgeois ou petits-bourgeois, croient qu'ils détiennent eux seuls la capacité de gestion des entreprises, pour développer les forces productives du pays.

Un énorme progrès

Il est certes erroné de voir la reproduction de ces relations comme étant le résultat conscient et planifié des groupes dominants. Les attitudes de passivité, de paresse, de "qu'est-ce que j'en sais", des secteurs populaires, associées à une sous-estimation de leur propre capacité et à leur conception fataliste et magique de la réalité sociale, sont aussi des facteurs de reproduction de ces relations de subordination.

Durant la première décennie révolutionnaire, avec des hauts et des bas et des limites, les OP ont fourni des canaux importants d'expression démocratique des intérêts des masses et de résolution des problèmes les plus aigus malgré le contexte défavorable imposé par la guerre, la crise économique et l'héritage

Il n'y a pas de doute sur l'énorme progrès de participation politique des secteurs populaires en comparaison avec la situation antérieure à 1979, comme il est évident qu'il reste un grand chemin à parcourir pour instaurer, à tous les niveaux, des relations sociales caractérisées par la participation égalitaire de tous les acteurs aux décisions qui les concernent.

Décembre 1988 Pensamiento proprio (traduction La Brèche)

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