Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

BRESIL

Métallo président ?

· Inprecor n° 286, 17 avril 1989 · p. 20 · 387 mots

Brésil

la monnaie, ont fait faillite et l'inflation repart de plus belle, continue de peser sur les exploités. Comme dans les autres répressifs se sont repliés en bon ordre dans leurs quartiers,

BRESIL

Métallo président ?

LES ELECTIONS présidentielles brésiliennes auront lieu en novembre prochain. Délicate échéance pour les classes dirigeantes : les plans cruzados, de rétablissement de la question agraire reste explosive, le fardeau de la dette pays issus d'une dictature, l'ouverture démocratique, loin d'être consolidée demeure en sursis, l'armée et les corps sans être remis en cause aussi vigoureusement qu'en

Argentine et en Uruguay.

Daniel BENSAID

ES DIFFERENCES sont cepen-

L dant tout aussi notoires. D'une part, le Brésil est le pays dépendant d'Amérique latine dont le développement industriel propre est, sans commune mesure, le plus avancé. La bourgeoisie y est socialement beaucoup plus consistante que dans les pays andins et politiquement plus agile qu'au

Mexique. Enfin, résultat de la forte expansion des années 70, un mouvement social et ouvrier indépendant s'est constitué et consolidé au cours de la transition

"démocratique", concrétisé par la formation de la Centrale unique des travailleurs (CUT) et du Parti des travailleurs (PT).

Face à l'usure accélérée des deux grands partis bourgeois majoritaires et de leur personnel après une législature à la tête des municipalités et des gouvernements locaux, le PT a connu aux élections municipales de novembre 88 un succès spectaculaire, atteignant des scores supérieurs à 30% dans certaines

Au milieu, Lula, candidat du PT à l'élection présidentielle (DR) grandes villes et remportant des mairies comme celles de São Paulo, Porto Alegre, Vitoria, et des banlieues ouvrières de São Paulo (voir Inprecor, numéros 280 et 285 des 23 janvier et 3 avril 1989).

Sur sa lancée, le PT a décidé de présenter Luis Inacio da Silva, appelé Lula, comme candidat aux prochaines élections présidentielles. Les sondages le créditent aujourd'hui de scores oscillant entre 20 et 30%, ce qui le placerait en seconde, voire en première position d'un scrutin à deux tours, comparable au système français.

La droite désemparée

La droite n'a plus que six mois pour trouver un candidat crédible et d'envergure nationale. Pour l'heure, Lionel Brizola, ancien gouverneur de Rio et chef de file du Parti démocrate travailliste (PDT), héritier du populisme brésilien traditionnel et affilié à l'Internationale social-démocrate, apparaît comme le seul candidat charismatique face à Lula.

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