ES ELECTIONS européennes de juin 1989 vont, pour l'essentiel, être axées sur le thème du grand marché de 1992 et de l'Acte unique. Après des années de politique d'austérité et d'aggravation du chômage, c'est sur l'unification européenne que l'on reporte tous les espoirs d'une nouvelle croissance et, par conséquent, d'une forte réduction du chômage. Erigée, dans certains pays, en véritable mythe, la promesse du grand marché intérieur de 1992 constitue une importante offensive de la bourgeoisie. Les élections européennes seront ainsi l'occasion de parer cette Europe de vertus miraculeuses, laissant entendre que la crise, insurmontable au plan national, le serait au niveau européen.
Pour les Etats-Unis socialistes d'Europe
1- Nous sommes, de longue date, partisans des Etats-Unis socialistes d'Europe contre toutes les boucheries cocardières et les unions sacrées nationales. Nous sommes pour une Europe sans frontières, qui réaliserait la fraternité entre les travailleurs, abattrait les barrières artificielles entre les peuples, et libérerait les nationalités opprimées du carcan des vieux Etats. Nous voulons une Europe qui ouvrirait de nouveaux et vastes horizons au développement des richesses matérielles, des ressources technologiques, des capacités humaines, aujourd'hui captives d'espaces nationaux étriqués. Nous sommes pour une Europe débarassée de toute inégalité entre hommes et femmes. Nous sommes en faveur d'une Europe qui élèverait les conquêtes sociales (en matière de salaires, d'emploi, de protection sociale) au niveau des acquis les plus avancés et proclamerait des droits égaux à l'emploi, à la santé, à l'éducation, qui sont les premiers des Droits de l'homme. Nous sommes partisans d'une Europe tournée vers l'avenir, capable de surmonter les inégalités régionales, de prévenir les dégâts causés par la course au profit et le pillage effréné de la nature. Nous voulons une Europe de paix et de désarmement, qui consacre à la satisfaction des besoins, à la recherche et à l'environnement, les ressources qu'elle engouffre, aujourd'hui, dans les budgets militaires. Nous sommes partisans, enfin, d'une Europe qui dépasserait, au lieu de l'approfondir et de la consolider, la grande fracture qui la partage depuis près d'un demi-siècle, entre un "Ouest" impérialiste et un "Est" bureaucratique et stalinien.
L'Europe de l'Acte unique tourne le dos à cette Europe-là. La "Communauté" européenne est une Europe de brigandage capitaliste. En fait, elle divise l'Europe !
L'Europe de l'Acte unique est une Europe de la concurrence exacerbée, qui compte déjà un passif de 16 millions de chômeurs et dont les premiers effets seront de nouvelles concentrations, des restructurations, et de démantèlement d'acquis sociaux, donc, de nouveaux chômeurs en plus. Elle est une Europe des inégalités aggravées entre les pays, les régions, et les gens : une Europe de l'exclusion des immigrés et de nouvelles discriminations contre les femmes. Une Europe du surarmement nucléaire et conventionnel, qui prétend sortir de la crise... sur le dos du Tiersmonde. Une Europe ravagée par la compétition accrue entre intérêts privés, où le pillage de la nature va de pair avec l'exploitation illimitée du travail humain. Une Europe qui s'annonce comme un terrain de chasse ouvert à tous les spéculateurs et les prédateurs multinationaux. Une Europe qui, loin de favoriser la création culturelle "européenne", s'oftre a linvasion des productions marchandes débiles. Une Europe qui, loin de les combler, consolide les murs et creuse les fossés qui la mutilent, qui se réduit à l'Europe "occidentale", au moment même où les peuples et la jeunesse d'Europe de l'Est cherchent, eux aussi, l'échange et le dialogue, afin de combattre les crises parallèles du marché sauvage capitaliste et de la planification bureaucratique autoritaire.
Profession de foi libérale 2- Cette Europe-là est une profession de foi libérale. Le grand marché mettra en concurrence les normes et les réglementations nationales, les systèmes fiscaux, les productivités et les conditions de travail. De cette "émulation" devrait prétendument naître une profonde réorganisation de l'industrie européenne et la relance économique. Certains défenseurs du "grand marché" expliquent même que de l'abolition des frontières, de la suppression de toutes les barrières non-tarifaires (2) et de la libre circulation des capitaux devrait surgir un nouvel ordre économique, après que les lois du marché aient finalement purgé le système de tous les protectionnismes et de l'excès d'interventions étatiques.
3- Les partisans de cette Europe veulent obtenir l'assentiment des travailleurs européens, en brandissant la menace de la concurrence des entreprises américaines et japonaises. Le seul moyen de sauver les emplois serait alors d'accélérer l'unification du marché européen... Ils tentent ainsi de fabriquer une sorte de chauvinisme européen, susceptible de justifier toutes les restructurations industrielles, c'est-à-dire avant tout, les licenciements, les augmentations de productivité du travail,
Rien n'indique cependant qu'un "capitalisme européen" soit à l'ordre du jour.
1) Acte unique : signé le 17 février 1986, marque une nouvelle étape de l'intégration européenne avec, entre autre, un projet d'ouverture totale des frontières au sein de la Communauté économique européenne (CEE), pour la libre circulation des marchandises et des capitaux.
2) Barrières non-tarifaires : toutes normes protectionistes à l'importation, hormis les taxes et impôts.
Manifeste E L'APPROCHE DES ELECTIONS EUI l'actualité des débats sur l'intég organisations révolutionnaires d pour le mouvement ouvrier, la mis Procéder à une analyse et à une in l'intégration européenne, du contradictions constituent une prei européennes de la IVe Internatic enjeux à cœur. Les débats se po collaboration entre ces organisa tâches communes. Par ailleurs, u de la IVe Internationale (au Port en Italie, en Grèce) présenteront européennes du 18 juin prochai soit en alliance av Le manifeste que nous publions ‹ dans cette réflexion coll DOCU
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La perspective du "grand marché" est, certes, une des réponses dont ont besoin les plus grandes entreprises d'Europe pour se défendre sur le marché mondial. Mais ce n'est pas la seule Dans certaines filières, pour certains produits, certaines recherches ou certains marchés, elles ont déjà opté, selon les cas, pour des alliances ou des regroupements avec des entreprises américaines ou japonaises. Nous assistons donc, fondamentalement, à une mondialisation accrue de l'économie capitaliste. L'Europe de 1992 n'est qu'un maillon de cette réorganisation du grand capital. Le besoin d'un grand marché, d'une vaste zone de libre échange, ne signifie pas que la patronat européen ait la possibilité ou la volonté d'une politique industrielle commune. Les choix d'alliances intra-européennes, ou au contraire extra-européennes, sont fait, comme toujours, en fonction des intérêts particuliers des détenteurs du capital et non en fonction d'un prétendu choix idéologique en faveur de l'Europe unifiée
Ainsi les tentatives idéologiques de faire naître un "patriotisme européen", en vérité un "euro-chauvinisme", , pour mieux faire passer la pilule amère du coût social des restructurations, doivent être dénoncées au même titre que tous les chauvinismes "nationaux".
4- L'Acte unique est tout entier tourné vers la mise en valeur du capital. Il constitue une réponse aux besoins nouveaux des plus grandes entreprises européennes : faire face à la concurrence, élargir les marchés, dérèglementer, réduire les coûts de production par l'effet des économies d'échelle (3). Mais il n'est en rien un moyen de satisfaire les principaux besoins sociaux, de s'attaquer au chômage et à la misère.
Le coût social
5- Ils veulent faire une Europe "unifiée" avec les mêmes méthodes et les mêmes recettes qu'ils ont appliquées dans chaque pays depuis quinze ans. Les profits "d'aujourd'hui" devaient garantir les emplois de "demain", la restructuration de la sidérurgie européenne, de l'industrie textile ou de la construction navale devait être suivie d'une reprise des embauches, d'une relance de l'activité économique dans les régions concernées... Pourtant, il n'en a rien été. Alors, une nouvelle ritournelle est apparue : si cela n'a pas marché, c'est parce qu'il y aurait eu, jusqu'à présent, trop "d'égoïsmes nationaux"!
6- Mais le coût social de cette Europe-là n'est nullement envisagé. Et au bout du compte, ce sera aux travailleurs d'en payer le prix. L'accélération des restructurations industrielles, ainsi que les fusions, les regroupements, provoqueront de nombreux licenciements. La promesse d'une vertueuse régulation par le marché débouchera, en réalité, sur une aggravation de la monopolisation, sur une remise en cause des statuts dans la fonction publique, et sur une fragmentation des qualifications.
7- Les politiques de privatisations s'inscrivent, dès maintenant, dans ce cadre, favorisant d'autant l'emprise des seules stratégies libérales sur les secteurs concernés, hors de toute prise en considération des besoins sociaux, notamment dans l'éducation, les transports, l'énergie, les communications et les médias. La remise en question des statuts particuliers des personnels de ces services publics ira de pair avec ces projets de restructuration ou de privatisation.
8- Le grand marché n'unifie pas une Europe homogène. Les écarts sont déjà très grands entre pays ou entre régions. La crise économique a aggravé ces inégalités. Le grand marché, malgré les mécanismes compensatoires attribués a posteriori, les aggravera d'avantage. Certaines régions connaîtront une croissance cumulative, alors que d'autres s'enfonceront dans la crise, la désindustrialisation et le chômage. Aux questions nationales non réglées s'ajouteront les effets d'un développement inégal accru. Dans les campagnes, au Sud de l'Europe, des milliers de petits paysans seront poussés hors de leurs terres.
Pressions sur les salaires
9- La mise en concurrence des réglementations et des normes va aggraver les pressions sur les salaires et favoriser la détérioration des conditions de travail. L'actuelle disparité des réglementations sociales dans les divers pays de la Communauté constitue un moyen de pression sur les travailleurs auxquels on explique que le réalisme impose le maintien de la compétitivité des entreprises, afin d'espérer, plus tard, aboutir au plein emploi. En réalité, ce sont les tendances au contrôle strict des salaires et à l'augmentation de la flexibilité du travail qui seront induites par le "grand marché".
10- Aujourd'hui, la CEE possède 44 millions de pauvres dont le revenu est inférieur à la moitié du revenu moyen de leur pays. Il y a plus de 16 millions de chômeurs, dont 40% de jeunes. Rien ne permet de dire que cela va être disparaître, bien au contraire. Au chômage reconnu, l'Acte unique ajoutera une généralisation de la précarité de l'emploi, des travaux à temps partiels ou en intérim, notamment pour les emplois destinés aux femmes et aux jeunes. L'Europe de 1992 sera toujours une Europe du chômage. Si certains secteurs et certaines entreprises pourront bénéficier, à terme, des nouveaux marchés offerts par la levée de toutes les barrières non-tarifaires, cela n'augmentera pas ipso facto les
3) Economie d'échelle : baisse des coûts par la taille d'un établissement occupant une part de marché dans une branche donnée. Rapport entre dimensionnement de l'entreprise et coûts de production.
emplois. Des branches entières vont être touchées par d'importantes restructurations et rationalisations, provoquant autant de choc sur le marché de l'emploi.
11- La mise en concurrence des systèmes fiscaux ; la nécessité de rapprocher les taux de TVA ; et les tentatives de chaque Etat d'éviter les fuites de capitaux vers les pays plus rémunérateurs, entraîneront la mise sur pied de mesures gouvernementales qui, au bout du compte, s'attaqueront plus durement aux revenus des salariés qu'aux revenus des capitalistes, soit par un alourdissement de la fiscalité sur le revenu, soit par des réductions drastiques des budgets sociaux.
Un défi considérable pour le mouvement ouvrier
12- Les grands groupes industriels et financiers croisent de plus en plus leurs intérêts et multiplient les alliances, rendant de plus en plus complexes et difficiles les confrontations entre les travailleurs et leurs patrons. La constitution de filliales entre multinationales européennes place définitivement les centres de décision hors des cadres nationaux, et place les mouvements syndicaux devant de nouveaux enjeux et de nouveaux dangers.
13- La mise en place de l'Acte unique est un défi lancé au mouvement ouvrier européen. D'ores et déjà, le patronat prend le prétexte de la concurrence accrue pour refuser les revendications et attaquer les acquis. Il cherche à instaurer de meilleurs rapports de forces pour segmenter et diviser le mouvement syndical. L'enjeu est donc considérable. !| faut dénoncer sans relâche ces projets capitalistes et cette Europe du grand capital, construite sur le dos des travaileurs. Au cours de ces prochaines élections européennes, beaucoup de bruit sera fait autour du problèmes des institutions européennes, du rapport entre les Etats et les rouages politiques com-
Convaincue de ses besoins au plan économique, la bourgeoisie hésite en ce qui concerne les institutions européennes et leurs rapports aux Etats nationaux. La perspective du grand marché n'ôte pas aux Etats leur fonction de régulation. C'est pourquoi les contradictions s'accumulent entre le projet de l'Europe unie et le rôle toujours irremplaçable de contrôle social des Etats qui la composent. Le débat sur les institutions européennes, sur le rôle du Parlement et de la Commission de Bruxelles (4) recoupe cette question. Il en est de même, maintenant, avec les conclusions du "Comité Delors", sur la perspective d'une union économique et monétaire. Dans certains pays, ce dilemme alimente la crise des partis de droite. Mais les travailleurs n'ont rien à faire de ces arguties et ne doivent pas appuyer un camp bourgeois contre un autre.
PRIMO MAGGIO 1919
14- L'Europe qui se met en place est le fruit des besoins capitalistes. Les élections européennes visent à légitimer cela en accréditant l'idée que L'Europe unie est dorénavant un choix collectif et démocratique. Il suffit pourtant de voir la disparité des systèmes électoraux pour se rendre compte que chaque Etat entend interpréter, à sa guise, la prétention démagogique de faire prétendument participer la grande masse des peuples à la "construction" de l'Europe, par le jeu électoral et l'élection d'un Parlement. Echappant à tout contrôle, la Commission de Bruxelles constitue un nouveau pouvoir bureaucratique et technocratique. Rien de tout cela n'est démocrati-
Pour l'Europe des travailleurs (euses) Expression d'une internationalisation et d'une concentration réelle du capital, l'Europe du Marché commun et de l'Acte unique reste à la croisée des chemins, entre d'une part, la formation d'un véritable capital européen et des avancées sur la voie d'un Etat européen, et d'autre part l'implosion et le repli dans les frontières nationales. Les récessions de 1974 et 1981 n'ont pas tranché ce dilemme. L'Europe industrielle n'a pas véritablement pris le relais de l'Europe commerciale, mais le repli protectionniste n'a pas non plus prévalu. Par delà ses crises chroniques, l'Europe des six, puis des douze, a tenu. Après la secousse de 1974, Giscard d'Estaing et Helmut Schmidt (le Président français et le Chancellier allemand de l'époque, ndlr) prenaient, dès 1977, l'initiative de la relance européenne, avec la mise en place du Système monétaire européen (SME) (5) et l'élection du Parlement de Strasbourg. Après l'élection de 1981, leurs successeurs, François Mitterrand et Helmut Kohl ont, à nouveau, relancé le processus, avec l'élargissement de l'Europe à douze, et enfin, avec l'Acte
La bourgeoisie, en effet, ne croit pas à ses propres discours sur les vertus naturelles du libéralisme. Les patrons savent bien que les relations internationales ne sont pas du marché ou de l'économie pure. Il ne leur suffit pas d'avoir des entreprises compétitives, si elles ne disposent pas d'une monnaie, d'une diplomatie, d'une force armée, d'un Etat. Là réside encore l'avantage relatif des Etats-Unis d'Amérique dans l'arène internationale, malgré leur déclin relatif. Sans de tels instruments, l'Europe ne peut devenir qu'une vaste zone de libre échange, ouverte à tous vents.
C'est à ce problème que la Commission de Bruxelles et certains secteurs des bourgeoisies européennes entendent s'attaquer. Mais ils achoppent sur la crise ou l'absence de véritable direction politique. Au niveau des Etats, ni la France ni l'Allemagne ne sont, pour des raisons différentes, jouer, seules, le rôle de force motrice. Au niveau des forces politiques, la droite, prisonnière de ses traditions atlantistes, est divisée et hésitante.
"L'Euro-gauche" C'est donc la social-démocratie qui se présente avec le plus de cohérence et de détermination comme la championne de l'Europe. Ayant fait l'expérience de l'inefficacité de ses politiques keynésiennes traditionnelles dans le cadre des Etats nationaux, elle prétend faire de l'Europe capitaliste le cadre approprié pour une relance ou une expansion concertée, à condition d'harmoniser une politique industrielle, régionale et sociale ; d'offrir un traitement social du chômage européen ; et de procéder à une redistribution progressive des pouvoirs publics entre le niveau régional, national et européen. Mais sa soumission totale et a priori à la logique capitaliste de l'Acte unique, la mène à accepter et à organiser les attaques sociales qu'implique le projet de 1992. Le manifeste commun des partis social-démocrates d'Europe va même jusqu'à proclamer le bien fondé de l'arme nucléaire dans le système de défense européen.
Face à cette volonté, la politique traditionnelle de partis communistes (PC), tels que le PC français, qui consiste en un repli de plus en plus réactionnaire sur leurs frontières et en une union sacrée nationale, apparait de plus en plus dépassée et inopérante. La trajectoire du PC italien, au nom de l'insertion dans l'Euro-gauche, est significative quant à elle, à la fois de l'attraction exercée par la social-démocratie, porteuse d'un ré formisme plus crédible au niveau européen, et des effets de la politique internationale de Gorbatchev, décidé à coexister, commercer et coopérer avec une Europe occidentale progressivement détachée de ses racines atlan-
4) Commission de Bruxelles : composée de 17 "commissaires" nommés par les gouvernements. Est chargée de la gestion des politiques communautaires.
5) Système monétaire : mécanisme monétaire mis en place en avril 1972, par la Communauté des six à cette époque, et limitant les marges de fluxtuation des changes entre leurs monnaies à 2,25%. (6% pour la Lire italienne).
tistes. Les récents louvoiements du PC français sur l'Europe, mettant l'accent sur les "coopérations internationales" et les nouveaux critères de gestion appliqués à l'Europe, sont également une expression significative de ces dilemmes.
Le développement des partis verts témoigne de la désaffection pour les vieux partis, et de l'inquiétude que manifeste une partie croissante de la population quant aux grands choix de société. Les Verts s'opposent à l'Acte unique en dénonçant les menaces du libéralisme pour l'écologie, et la logique de l'armement européen. Mais pourquoi extraire l'engagement écologique de l'engagement de classe, comme le font une partie des Verts en Europe, alors qu'à la source des effets qu'ils dénoncent, se trouvent la logique du profit et la réduction du travail humain et de la nature à des marchandises ? Ce refus de prendre des positions clairement anti-capitaliste et à se tourner vers le mouvement ouvrier amène progressivement les partis Verts à des positions de conciliations. Il ne suffira pas, à l'avenir, de dénoncer les conséquences dramatiques du libéralisme, il faudra encore proposer un projet de luttes concrètes et un projet de société alternative au capitalisme.
Prendre la mesure du processus
15- Il est important d'engager tous ces débats au sein du mouvement ouvrier. Il faut prendre la juste mesure du processus d'intégration déjà engagé et de ses conséquences pour la classe ouvrière. Il serait faux de penser que tout cela n'est que du bluff : malgré d'évidentes contradictions et divisions au sein de la bourgeoisie, quant au problème de l'intégration économique et de l'unification européenne, il ne faut pas perdre de vue les besoins objectifs du capital et leurs conséquences pour les grandes entreprises, les multinationales et donc pour la Commission de Bruxelles ainsi que les gouvernements européens. Notre problème immédiat n'est pas de spéculer sur la capacité de la bourgeoisie à construire un Etat européen, mais à mesurer les dégâts politiques et sociaux pour le mouvement ouvrier, que cette tentative de poursuivre l'intégration européenne va occasionner.
Mais il ne faut pas non plus, comme le font certains courants euro-communistes, prendre cette Europe comme une fatalité et renoncer ainsi à lutter dans le cadre des Etats existants. S'il faut établir, au plus vite, un rapport de forces favorable aux travailleurs à l'échelle de toute l'Europe, il n'en demeure pas moins que le premier maillon est celui des rapports de forces établis dans le cadre de ces Etats. Nous sommes contre la CEE, et à certains moments décisifs des confrontations de classe dans un pays, ou lorsque se développe un mouvement de masse réel contre les conséquences sociales désastreuses de l'intégration capitaliste européenne, la nécessité de mettre en avant la revendication de rompre avec la Communauté peut être à l'ordre du jour. C'est pourquoi aussi, est-il légitime pour des forces ouvrières et révolutionnaires d'Etats n'ayant pas encore adhéré à la Communauté, de se battre, aujourd'hui, contre l'entrée de leur pays dans la CEE.
Le "volet social"
16- Face à ces attaques et à ces risques, le mouvement ouvrier devrait s'opposer sans hésiter à l'Acte unique A l'Europe des patrons, il faut opposer nos revendications, trouver la voix de la coopération et de l'unité ainsi que d'un nouvel internationalisme à la hauteur
Face aux trusts, il est urgent que le mouvement syndical puisse disposer de moyens de coordination et de centralisation de l'information et des luttes. || faut briser les cloisonnements, les divisions nationales, mettre à mal les préjugés chauvins. Il faut être capable de construire les instruments syndicaux adéquats au sein des grands groupes
17- Face aux politiques d'austérité et aux dangers sociaux de l'Acte unique, il faut répondre par les luttes et non par l'utopie d'un dialogue social "européen" entre patrons et syndicats. Alors que tout a déjà été décidé en ce qui concerne le grand marché, voilà que l'on se préoccupe soudain du "volet social". Il s'agirait, dès lors, de l'envisager comme une sorte d'amendement ou d'additif à l'Acte unique négocié dans les bureaux feutrés de Bruxelles, à l'abri du débat et du contrôle des travailleurs, et de toute manière, à la merci du veto de régimes aussi réactionnaires que celui de Thatcher, puisque le "social" est un domaine où, précisément, la loi de l'unanimité a été
Cet "Acte social unique" ne se discute qu'entre gens déjà convaincus que le "grand marché" est la solution miracle. Dans leurs négociations, les organisations patronales européennes et les directions syndicales regroupées dans la Confédération européenne des syndicats (CES) sont, ensemble, converties aux "bienfaits" du grand marché. Et au nom de la non-réglementation et du libéralisme, le patronat et la Commission de Bruxelles ont dès maintenant annoncé qu'il n'était pas question de réglementer un espace social homogène. Alors qu'ils veulent internationaliser au maximum la mise en valeur des capitaux, ils refusent que les travailleurs puissent bénéficier, partout, des mêmes avantages.
Le mouvement ouvrier n'a rien à ga gner dans une "co-gestion" de la mise en place du grand marché. Il lui faut, tout d'abord, se préoccuper du rapport de forces entre les travailleurs et les patrons. Car c'est d'abord par les luttes qu'il sera possible de faire obstacle aux projets capitalistes et non en acceptant, d'emblée, la logique de l'Acte unique et en lui adjoignant un simple projet d'amendement social.
Avant l'échéance de 1992, l'ensemble des principales revendications sociales devrait être opposé à l'Acte unique et former la base d'une lutte unitaire, indépendante, de toutes les organisations se réclamant des travailleurs. Forts de cette unité, les syndicats pourraient alors exiger, sur la base de mobilisations, la formalisation de nouveaux acquis sociaux qui permette à tous les travailleurs d'en bénéficier.
18- Plusieurs grandes mobilisations ouvrières (la grève des mineurs en Grande Bretagne, la défense de l'échelle mobile en Italie, la lutte pour les 35 heures en Allemagne, la grève générale dans l'Etat espagnol) ont montré qu'il est possible de s'appuyer sur les luttes sociales pour s'opposer aux politiques d'austérité et pour faire obstacle au projet libéral de 1992, au lieu de choisir la voie utopique de la simple pression au sein des institutions européennes.
La grève des infirmières britanniques, puis celle des infirmières françaises, allemandes, hollandaises, belges, ont montré qu'il serait possible de faire converger ces luttes et de leur donner des objectifs communs. Il en avait été de même pour les luttes de la jeunesse contre les politiques d'austérité dans l'éducation ; pour les luttes des cheminots (Italie et France) ; et celles des enseignants (Etat espagnol, France, Italie).
l'uniformisation par le bas
L'un des objectifs doit être de s'opposer aux tendances à l'uniformisation par le bas des salaires, des conditions de travail et des réglementations sociales. Il faut, au contraire, aligner par le haut et faire en sorte que les avantages acquis dans un pays ou dans une branche industrielle puissent être reconnus à tous les travailleurs concernés en Europe. Il faut s'opposer à la mise en concurrence des travailleurs européens par le jeu des inégalités de salaires, de conditions de travail et de protection so-
C'est dans ce cadre que des syndicats pourront exiger que les acquis obtenus dans certains pays soient appliqués dans leur propre pays. Mais là encore, ce sera d'abord par les luttes et par le rapport de forces, non par le consensus social et l'appel incantatoire à une Europe unie et co-gérée, que de tels objectifs pourront être atteints.
19- Certains pays comme le Grèce et le Portugal, voire l'Etat espagnol et l'Irlande connaissent des situations sociales assez différentes de celles des autres Etats de la CEE, en termes de niveau de salaire, de protection sociale, de durée hebdomadaire du travail, ou de conditions de travail, etc. Dans ces pays, les gouvernements et le patronat font miroiter les gains que procurerait le
grand marché, si ces "avantages comparatifs" pour les investisseurs pouvaient y être conservés.
Dans ces pays, le premier objectif du mouvement ouvrier devra être de combattre cette logique et d'imposer, dans un premier temps, un alignement sur les conditions sociales actuelles qui existent dans les autres pays de la CEE comme par exemple la semaine de 40 neures)
Mais il faut, par ailleurs, que tout le mouvement ouvrier européen se donne des objectifs communs, qui marquent une volonté unitaire d'opposer à l'Europe des patrons, un projet social alternatif.
20- Enfin, il y a maintenant un important débat dans les pays européens membres de l'Association européenne du libre échange (AELE) (6), sur l'opportunité de rejoindre la Communauté européenne. Les classes dirigeantes y sont plus ou moins favorables, certaines fractions estimant qu'il vaudrait mieux, plutôt que de s'y intégrer formellement, s'y associer d'une manière ou d'une autre. Là encore, le mouvement ouvrier ne doit pas tomber dans le piège des avantages comparatifs offerts à leur propre bourgeoisie. Ce que les travailleurs et leurs organisations doivent d'abord exiger, c'est que leurs avantages acquis ne soient pas remis en cause, et refuser l'alignement social par le bas, sous le prétexte de s'adapter aux conditions de concurrence de l'intégration européenne. Au contraire, le mouvement ouvrier doit se saisir de ces débats, en toute indépendance vis à vis des arguments échangés au sein de la bourgeoisie, et en partant des reobjectif d'amélioration des acquis. C'est uniquement dans ce contexte qu'il est possible de dire non à l'Europe des patrons.
L'Europe que nous voulons
21- A l'Europe capitaliste, nous opposons un autre projet, une autre Europe. L'Acte unique n'est rien d'autre qu'un projet libéral de mise en valeur du capital. L'alternative à l'économie de marché et à ses conséquences destructrices ne pourra être qu'une Europe socialiste, démocratique, fraternelle, internationaliste, fondée sur des institutions politiques et sociales basées sur des instruments de démocratie et d'autoges-
Cette Europe-là serait à même de s'attaquer à toutes les oppressions :
- celle des femmes, pour lesquelles le Marché commun et l'Acte unique ont été (et seront), malgré les sempiternelles "recommandations" des institutions de Bruxelles, incapables de satisfaire les espoirs : à travail de valeur égale, salaire égal ; droit à l'emploi ; droit à la formation ; arrêt de la précarité des emplois ; avortement et contraception libres et gratuits ; développement des équipements sociaux ; pleine participation à la vie politique et civique.
— celle des immigrés originaires des pays coloniaux et semi-coloniaux, qui subissent le racisme ; les discriminations dans l'emploi, le logement et l'accès aux équipements sociaux, et qui se voient refuser l'égalité des droits politiques.
- celle des nations et nationalités assujetties, au cœur même de l'Europe, en particulier en Irlande du Nord et en Euzkadi et hors de l'Europe dans les colonies, comme en Nouvelle-Calédonie.
Contre les ambitions impérialistes
22- L'Europe que nous voulons n'est pas celle du grand capital, des ambitions impérialistes, du militarisme, de la répression. Car la recherche des plus grands profits ne s'arrête pas à la rationalisation du marché communautaire : elle implique une plus forte cohérence des diverses politiques nationales envers le Tiers-monde, une plus grande agressivité des multinationales européennes et une intégration militaire progressive. C'est ensemble que les pays de la Communauté traitent dorénavant avec les pays du Tiers-monde pour le règlement de la dette. C'est ensemble qu'ils traitent avec les Etats-Unis et le Japon à propos des grands problèmes du marché mondial et des politiques monétaires qui sont ensuite imposées aux pays dépendants. C'est ensemble qu'ils interviennent dans les négociations du GATT ou à la CNUCED (7)
La Convention de Lomé (8), mécanisme régulateur du commerce entre la CEE et 66 pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique, n'a pas réduit l'échange inégal. Sous couvert de protection des exportations de ces pays et de compensation des aléas des marchés, elle a aggravé leur dépendance économique et
6) AELE : association économique de libre échange, composée de la Suisse, de l'Autriche, de la Suède, de la Norvège, de la Finlande et de l'islande.
7) GATT : Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce, traité multi-latéral entré en vigueur en 1948. Principal organisme international, lié à rONU, qui régit le
CNUCED : Conférence des Nations-Unis sur le commerce et le développement, accord prévoyant l'octroi aux "pays en voie de développement", d'avantages tarifaires sur leurs exportations de produits manufacturés et semi-
8) Convention de Lomé : accord économique et compolitique. Elle les a enfermés dans une dépendance commerciale accrue pour l'essentiel des produits de base qu'ils exportent, alors même que se modifie rapidement la division internationale du travail et les besoins en produits primaires de l'industrie des pays impérialistes. Le système Stabbex (9), supposé devoir réguler les recettes à l'exportation de ces pays, est maintenant dépassé par ces évolutions et se garde bien de prendre en compte les termes de l'échange entre prix à l'exportation et prix à l'importation.
23- Les pays de la Communauté dépensent entre 2% et 4% de leur Produit intérieur brut (PIB) pour leurs dispositifs militaires. Leurs budgets militaires ne sont jamais réduits au même titre que le sont leurs budgets sociaux. Une part croissante de la recherche a comme finalité immédiate des applications militaires. La France représente 13% des exportations mondiales d'armement, la Grande Bretagne 6%, l'Allemagne 2,8%, l'Italie 1%, dont une bonne partie va dans le Tiers-monde au profit de régimes réactionnaires et répressifs. Le projet européen de la bourgeoisie implique un renforcement de ces tendances, une plus grande intégration militaire et une centralisation de l'industrie d'armement. La brigade franco-allemande en est l'anaprès la résurrection de l'UEO (10). Il faut s'opposer à cette Eu-
Trope militaire et impérialiste. De tous les pays européens qui font partie de l'OTAN et de l'AIliance Atlantique, nous exigeons qu'ils les quittent. L'OTAN a quelques difficultés à développer une nouvelle stratégie unifiée, dans un contexte où le mouvement pacifiste dispose d'un important soutien populaire et où Gorbatchev série d'initiatives pour réduire l'armement nucléaire et les dépenses militaires en général. Dans cette situation, des secteurs de la bourgeoisie et les socio-démocrates cherchent à renforcer l'intégration militaire européenne, allant jusqu'à donner des responsabilités militaires à des organes communautaires. Tout ceci doit être également dénoncé et combattu. De même, les mouvements ouvriers français et britannique devraient exiger la destruction unilatérale de l'armement nucléaire dans leur pays respectifs.
24- L'Europe que nous voulons, c'est une restructuration complète de mercial entre 66 pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifi que, contenant notamment des conventions sur l'accès à la Communauté des produits primaires exportés par les pays associés, sur la base de franchises tarifaires.
9) Stabbex : procédure de compensation de la CEE au profit des 66 pays associés dans la Convention de Lomé, pour garantir la stabilité des recettes à l'exportation pour douze produits primaires, et en dépit des fluctuations des cours ou des mauvaises années de production.
10) UEO : Union de l'Europe occidentale, crée en 1954. Conférences de délégués parlementaires pour une concertation sur les questions militaires. A l'origine, devait traiter du problème du réarmement allemand.
l'économie, qui tienne compte du besoin urgent de mettre fin à la détérioration dramatique de l'environnement, et qui résolve radicalement le problème des sources énergétiques. Il faut opposer aux menaces écologiques, aux méfaits des multinationales, au développement régional inégal, la nécessité d'une socialisation des grandes entreprises et des moyens de communication, d'une planification démocratique européenne sur les grands choix énergétiques et industriels, ainsi que sur l'aménagement de l'espace.
25- Nous opposons à l'Europe capitaliste, la perspective d'une fédération socialiste européenne. Cette Europe naîtra de la jonction des luttes anticapitalistes à l'Ouest et des luttes antibureaucratiques à l'Est.
Perestroïka et Glasnost ne seront pas les solutions miracles, rétablissant la démocratie socialiste et libérant progressivement les travailleurs de l'Europe de l'Est du carcan bureaucratique, répressif et gaspilleur. Le Comecon n'est pas plus que la CEE, la voie de l'internationalisme et de la fraternité entre les peuples : l'unification bureaucratique, tout comme l'unification marchande, est source d'inégalités et d'oppressions.
Mais ce qui se passe "à l'Est", aujourd'hui, permet déja d'améliorer les liens avec les mouvements sociaux indépendants de ces pays. Il faut, sans plus attendre, organiser la jonction des luttes entre le mouvement ouvrier en Europe occidentale, et les organisations indépendantes en Europe orientale.
Unité d'action contre l'Europe des patrons Alors ? Réussiront-ils, ces patrons de multinationales et ces politiciens, à construire l'Europe unie dont ils rêvent ? Réussiront-ils à régler leurs différents, à unifier leurs intérêts, à dépasser leurs concurrence ? Pourront-ils nous l'impo-
Ils ne le pourront que si le mouvement ouvrier se montre incapable de relever ce défi et d'opposer à la bourgeoisie et à ses serviteurs les plus divers, son propre projet révolutionnaire et internationaliste.
Voilà pourquoi notre défi européen à nous, réside dès aujourd'hui, dans la capacité de lutter ensemble, frontières abolies, pour les mêmes objectifs.
Les élections européennes qui viennent sont l'occasion de défendre cette autre conception de l'Europe. Le seul moyen de s'opposer durablement à la politique libérale de l'Acte unique, est de partir des aspirations populaires, des besoins les plus pressants. Ces premières exigences sont :
— contre toutes les politiques d'austérité, celles menées par les partis de droite, comme celles des partis de gauche. Pour l'unité ouvrière, contre toute collaboration de classe. Pour la défense intransigeante de la sécurité sociale.
Maintien du pouvoir d'achat par l'échelle mobile des salaires. Pour des campagnes communes sur l'indexation salariale. Contre le démantèlement des services publics. Droit aux études, enseignement public et gratuit !
— contre le chômage, réduction du temps de travail sans perte de salaire, et avec embauche compensatoire. 35 heures de travail hebdomadaire !
- contre les restructurations industrielles qui se font au détriment de l'emploi et de la satisfaction des besoins sociaux. Refus des licenciements : les travailleurs doivent conserver leur emploi, à la qualification égale et à salaire égal, dans la région où ils vivent. Contrôle des travailleurs et de leurs organisations sur l'application de technologies nouvelles et sur la formation professionnelle.
- contre la concurrence entre les travailleurs européens : que les conditions de travail, d'hygiène et de sécurité, de congés payés, de retraite soient identiques dans la Communauté et alignées sur les niveaux les plus favorables. Pour une interdiction générale du travail de nuit et un strict contrôle des
- contre toutes les discriminations sexistes : pour le droit à l'avortement et à la contraception libres et gratuits. Pour le droit au travail des femmes et contre les discriminations salariales. Pour des mesures adéquates de protection des enfants. Pour des mesures positives afin de promouvoir la participation des femmes à la vie politique.
— contre le racisme et toutes les oppressions : égalité des droits politiques et sociaux (dont le droit de vote et d'éligibilité) pour tous les immigrés. Pour une véritable citoyenneté européenne, non limitée aux européens de première catégorie, mais ouverte à tous ceux et celles qui y vivent et y travaillent. Pour une libre circulation "Est-Ouest". Contre les visas imposés aux non-ressortissants de la Communauté, contre le filtrage de race et de classe prévu dans les accords sur le contrôle des frontières extérieures. Contre les restrictions anti-démocratiques sur le droit d'asile, contre une Europe qui renvoie les réfugiés à leurs bourreaux... ou qui leur limite le droit d'expression même dans les pays "d'accueil". Contre l'Europe des Polices et l'Europe "sécuritaire". Pour la libération des prisonniers politiques.
- contre l'impérialisme : annulation de la dette des pays du Tiers-monde. Grande Bretagne hors de l'Irlande ! Indépendance de la Nouvelle-Calédonie !
- contre le militarisme : non à la modernisation de l'arsenal nucléaire. Désarmement nucléaire total immédiat et unilatéral. Retrait des armées américaines. Reconversion des industries d'armement, au profit de productions socialement utiles.
- contre la destruction de l'environnement. Arrêt des centrales nucléaires et de Super-Phonix (11). Les questions écologiques ne sont jamais cantonnées aux frontières nationales : des popula-
*Оло осе Приторуися боксутраюс тад ПЕО tions de plusieurs pays peuvent être concernées par des problèmes d'aménagement ou de nuisances : elles doivent avoir, ensemble, un droit de veto !
Qui décide ?
Tout cela pose la guestion de la démocratie. Qui décide ? Ils prétendent que l'Europe est décisive, mais tout se fait en catimini, dans les coulisses. Et les élections pour le Parlement européen ne constituent nullement un mécad'intervenir sur les grands choix déjà établis, de l'Europe bourgeoise et libé-
Voilà toutes les raisons qui fondent notre opposition à la Communauté économique européenne et à l'Acte unique.
Pour les révolutionnaires, rien n'est plus urgent en Europe que de partir des revendications et des besoins sociaux pour bâtir un nouvel internationalisme, pour prendre des initiatives qui permettront aux luttes de converger, de se féconder mutuellement, et de battre les projets capitalistes.
1er mal 1989
Sozialistische Alternative, SOAL
(Autriche)
Parti ouvrier soclaliste, POS/SAP
(Belgique)
Sociallstisk Arbe|derparti, SAP
(Danemark)
Liga comunista revolucionario, LCR
(Etat espagnol)
Ligue communiste révolutionnalre, LCR
(France)
British section of the FI
(Grande Bretagne)
Organosis Kommounistike Diethnistike tes Elladas, OKDE-Spartakos
(Grèce)
People's Democracy, PD
(Irlande)
Lega comunista rivoluzionaria, LCR
(Italle)
Revolutionär sozialistische partel, RSP
(Luxemburg)
Soclalistiese Arbeiderspati] SAP
(Pays-Bas)
Partido soclalista revolucionario, PSR
(Portugal)
Comité directeur des membres de la Qi dans le VSP
(République fédérale d'Allemagne)
Socialistiska Partiet, SP
(Suède)
Parti soclaliste ouvrler, PSO/SAP/PSL
(Sulsse)
11) Super-Phonix : surgénérateur nucléaire implanté en France, dans la région de Grenoble.