AU LENDEMAIN du référendum, le Parti socialiste des travailleurs (PST), section uruguayenne de la IVe Internationale, a donné (au téléphone) l'appréciation suivante sur ces événements : DOCUMENT
B IEN QUE le vote vert l'ait em-
porté à Montevideo, et le vote jaune dans l'intérieur du pays, en réalité, c'est justement à Montevideo que les plus mauvais résultats ont été obtenus. Là on s'attendait à ce que le vote vert déborde, or il ne l'a emporté que d'environ 100 000 voix. De plus, si l'on prend comme référence le nombre de signatures recueillies pour la convocation du référendum, à Montevideo il y a eu 1,15 voix par signature obtenue, alors que dans l'intérieur ce fut presque 1,5 voix par signature recueillie. Le vote vert aurait gagné si le rapport signatures/votes verts avait été au même niveau dans la capitale que dans l'in-
Le résultat fournit une confirmation du type de transition qui s'est produite et renforce le système bipartite traditionnel ; surtout si on tient compte de la scission dont a souffert le Frente Amplio
La campagne pour le vote "vert"
L'espoir d'une victoire du vote "vert" était grand et bien sûr, il existe aujourd'hui une assez importante déception ; il y a même une certaine démoralisation, surtout dans les secteurs indépendants, qui avaient largement partici-
La campagne pour le vote vert a été unitaire, combative et a connu une forte participation, bien que nous pensions que quelques erreurs politiques ont été commises à cette occasion. Par exemple, on a évité de donner un contenu globalisant au vote vert. un contenu de vote de sanction contre le gouvernement, en centrant les explications sur l'aspect immoral de la "Loi de caducité" et sur les raison éthiques d'exiger son abolition Et surtout, l'opposition n'a pas réussi à clarifier, devant l'opinion, ce qui arrive-
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rait au lendemain de la victoire. Tandis que le gouvernement, avec une campagne très puissante, essayait à la fois de brandir la menace d'un possible coup militaire et de souligner l'inutilité du vote vert, affirmant qu'en cas de victoire de ce dernier, les militaires refuseraient de comparaître devant les tribunaux, en revanche, quelques porte-parole notoires de l'opposition avaient donné des explications ambiguës, Ils avaient notamment expliqué, qu'il s'agissait de juger les militaires pour ensuite leur pardonner. Mais en tous cas, il est clair qu'on ne peut attribuer la responsabilité de la défaite à ces erreurs.
Le poids du chantage Le chantage gouvernemental et la peur devant l'incertitude engendrée par une victoire "verte" ont sans aucun doute joué un rôle important dans la vic. toire du vote jaune. Mais nous crovons que la majorité du vote jaune a été un vote en faveur de la stabilité du système actuel, perçu malgré tout comme "démo-
Dans les conditions dans lesquelles la bataille du référendum a eu lieu, il faut accorder toute leur valeur aux plus de 800 000 voix pour le vote vert, même si elles n'ont pas suffi pour obtenir la victoire. Mais situation va être très difficile et les perspectives pour les élections de novembre prochain sont négatives.
1) Le Frente Amplio (FA) est un regroupement d'organisations de gauche qui tente de rompre le bipartisme traditionnel entre les deux partis des classe dominantes, Colorado et Blanco. Il regroupait à lorigine, le Parti communiste, le Parti socialiste, la Démocratie chrétienne, et une série d'organisa-tions de gauche et de syndicalistes indépendants qui se trouvent au sein de la Gauche indépendante. En décembre 1988, le Parti de la démocratie chrétienne (PDC) a quitté le FA, et plus récemment, le Parti pour un gouvernement du peuple (PGP) en a fait de même. En revanche, le MLN-T et le PST, dont l'adhésion avait été refusée jusqu'à lors, seront intégrés dans le FA, mais sous certaines conditions particulières. Inprecor numéro 288 du 15 mai 1989