Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

DOSSIER INDE

La grève du barrage de Narmada

· Inprecor n° 289, 29 mai 1989 · p. 16-18 · 3 117 mots

Syndicalisme Inde et Asie du Sud Femmes

entreprise participant à la construction du barrage de Sardar

Thakorebhai Shah, membre de la section indienne de la IVe

DOSSIER INDE

La grève du barrage de Narmada

PLUS DE 2 000 travailleurs se sont mis en grève illimitée le 30 janvier 1989, contre la firme J.P. Associés, principale

Sarovar. Ce barrage est construit sur la rivière Narmada à Kevadia Colony, dans le district de Bharuch de l'Etat du Goudjerat. Le principal organisateur de la grève, le secrétaire général du syndicat Vadodara Kamdar (VKU),

Internationale, a été blessé dans un attentat. Une grève de la faim illimitée a été entreprise le 4 avril 1989, au 65e jour de la grève, en face de la Narmada Nigam à Baroda,

Amar JESANI

E PROJET de développement de la Vallée de la Narmada est aujourd'hui, en Inde, le plus grand projet concernant une rivière. Ce plan comprend la construction de 30 ou-

Vrages d'irrigation majeurs, de 135 ouvrages moyens et de 3 000 ouvrages mineurs le long de la rivière Narmada et de 41 de ses affluents. L'un des plus grands barrages, le Sardar Sarovar, va submerger 19 villages du Goudjerat, 33 dans le Maharashtra et 182 dans le

Mahya Pradesh.

Déportation des

"intouchables"

Des dizaines de milliers de personnes qui vivent dans ces villages seront déportées pour faire de la place pour le barrage. On a choisi pour cet exode les couches les plus faibles et les plus déshéritées de la population, dont la pludes tribus et des part proviennent castes d'"'intouchables".

Il est bien connu, à présent, que le gouvernement n'a ni les ressources ni la volonté d'assurer une réinsertion rapide et juste de ceux qui seront ainsi chassés. De plus, la réinstallation des tribus conduira à une importante rupture sociale et culturelle dans leur vie. Ces dernières années, ceux dont le déplacement était prévu se sont graduellement organisés et font de l'agitation pour obtenir une politique globale de repeuplement.

Le gouvernement a répondu à cette agitation en imposant la loi coloniale du

"secret officiel" (Official Secrets Act) sur le lieu du barrage et dans les régions environnantes. Cette loi interdit à tout

"étranger" d'entrer dans la zone interdite, empêchant ainsi les travailleurs du du principal bureau Goudjerat. barrage et les milliers de déplacés de mobiliser leurs militants.

Le 30 janvier, jour où les travailleurs du barrage ont entrepris leur lutte, des centaines d'habitants de la région ont manifesté contre cette loi. 80 militants ont été arrêtés sous l'accusation d'espionnage et de conspiration avec les travailleurs du barrage, en vue de dynamiter les portions déjà achevées de la construction. Le Syndicat Vadodara Kamdar, qui organise les travailleurs du barrage, a participé, le 30 janvier, à une manifestation contre la ioi, initiant des liens étroits entre les travailleurs du barrage et les populations déplacées.

La principale question soulevée par la grève des ouvriers du barrage est la violation de leurs droits civiques fondamentaux. Ils ne luttent pas pour de meilleurs salaires, ni pour arrêter définitivement la construction du barrage. Pourtant, les écologistes avaient présenté un dossier convaincant contre celui-ci, sur la base du désastre écologique qu'il est susceptible d'engendrer.

Des patrons très particuliers

Les travailleurs de la construction de toute l'Inde sont traités de la façon la plus inhumaine. Pour eux, terminer un projet de construction signifie la dispersion, la mutation ou le renvoi brutal, car ils n'ont aucune sécurité de l'emploi et aucune sécurité sociale. Ils font partie d'un secteur inorganisé de la force de travail. Leurs patrons, les entrepreneurs et les constructeurs, ont de solides relations souterraines (mafia) et politiques. Les transactions monétaires au marché noir sont courantes dans le secteur de la construction. Ces entrepreneurs appliquent leur propre loi ; c'est à peine s'ils daignent reconnaître le code du Travail du pays.

L'identité du véritable employeur, le gouvernement ou une société privée, n'est pas clairement établie. Lors de la construction des stades et des villages destinés à accueillir les Jeux asiatiques, les Asiades, le gouvernement a passé outre toutes les lois fondamentales régissant le travail, y compris celle qui concerne le salaire minimum. Les groupes de défense des Droits de l'homme ont dû porter la question devant les tribunaux, qui ont tranché en faveur des ouvriers. Mais le gouvernement a encore refusé de s'incliner devant le jugement de la Cour suprême et les travailleurs n'avaient pas d'organisation capable de poursuivre ce combat.

De même, dans le cas des travailleurs du barrage de Narmada, en dernier ressort, l'employeur est bien le gouvernement et c'est lui qui a formé la société Narmada Nigam. Ici aussi, les droits civiques fondamentaux des ouvriers sont honteusement bafoués par les entrepreneurs désignés par le gouvernement. Cependant, la situation est radicalement différente, car les travailleurs se sont organisés et mis en grève pour obtenir l'application des lois du travail.

Conditions inhumaines

Plusieurs organisations indépendantes, des personnalités et des journalistes ont fait connaître la lutte de ces travailleurs et leurs rapports ont donné une crédibilité, bien utile, aux revendications des grévistes. Une commission d'enquête nommée par le Syndicat des journalistes de Bombay, le Comité pour la protection des droits démocratiques et l'Union populaire pour les libertés civiques ont décrit en détails les conditions inhumaines des travailleurs et l'intensité de leur exploitation.

Un journaliste du Indian Post, Nicheta Desai, a réussi à tromper la vigilance de la police et des hommes de main du patronat, pour visiter le camp de travail de Kavadia Colony. Il ressort de son reportage, publié en première page du journal, que les travailleurs sont obligés de faire 12 à 16 heures par jour, et ne sont payés que pour 8 heures. On ne leur donne pas de carte d'identité. Quand les salaires sont payés, il n'y a pas de feuille de paye et aucun registre de présence n'est tenu. Ainsi, chaque fois que des travailleurs isolés élèvent la voix, ils sont purement et simplement renvoyés et par la suite, ils n'ont pratiquement rien pour prouver qu'ils ont jamais travaillé à cet endroit.

Cette pratique est rendue possible car les principaux entrepreneurs sous-traitent des parties des travaux. Ce faisant, l'entrepreneur transfère des ouvriers d'un sous-traitant à l'autre, ce qui rend difficile de prouver qui est le principal employeur. De tels transferts entrainent une discontinuité dans les services chargés d'octroyer aux travailleurs les diverses primes auxquelles ils ont droit, telles que les indemnités de licenciement (au bout de cinq ans, les ouvriers

Page 17

ont droit à 15 jours de salaire par année travaillée, à la fin de leur contrat).

De plus, en violation des droits fondamentaux garantis par la Constitution, les femmes travailleuses ne reçoivent pas un salaire égal pour un travail égal. Les ouvriers n'ont ni indemnités de maladie, ni assistance médicale. La nature du travail est telle que beaucoup d'entre eux sont blessés pendant leur service. Au lieu de leur fournir des soins médicaux et des indemnités compensatrices, on congédie les travailleurs blessés.

Mais le problème le plus litigieux est celui du droit des travailleurs à s'organiser. Tout comme lors de la grève historique du textile à Bombay, en 1982-83 (voir Inprecor numéro 141, du 17 janvier 1983), les ouvriers exigent la reconnaissance de leur syndicat et c'est leur revendication principale. Le droit des ouvriers à s'organiser est l'un des droits fondamentaux inscrits dans la Constitution, mais il n'y a pas de clause stipulant que les patrons doivent automatiquement reconnaître l'organisation ouvrière.

Pour la reconnaissance du VKU C'est le Syndicat Girni Kamdar du Maharashtra, dirigé par Datta Samant, qui avait appelé à la grève de 1982 et cette lutte avait reçu un soutien massif des ouvriers, dont environ 90% avaient suivi le mot d'ordre. Mais le gouvernement et les patrons s'entêtèrent à refuser de reconnaître le syndicat, et prirent des mesures brutales pour écraser le mouvement.

La situation des travailleurs de Narmada est similaire. Après le début de la grève, les hommes de paille des entrepreneurs formèrent leur propre syndicat. Au lieu de négocier avec les ouvriers en lutte, la firme tint des négociations secrètes avec le syndicat-maison. C'est à travers ce dernier que la société a annoncé qu'elle acceptait deux revendications : la suppression des loyers pour les logements où résident les travailleurs des chantiers, et la réduction du prix des repas, qui avaient augmenté de 100% quelques jours avant la grève. Cependant, elle n'est pas prète à reconnaître le VKU, seul véritable syndicat des travailleurs.

Ces derniers savent très bien que la reconnaissance de leur syndicat est essentielle à la survie de leur organisation. En fait, le camp du chantier, y compris le sol sur lequel il est construit, appartient à l'entrepreneur. Même avant l'introduction de la loi sur les secrets officiels, les agents de sécurité de

T l'entrepreneur refusaient de laisser les militants syndicaux rencontrer les ouvriers dans l'enceinte du chantier. Or, pour accomplir les tâches syndicales quotidiennes, l'accès au chantier est primordial. Le droit de s'organiser perd donc son sens, si les conditions nécessaires à l'accom-plissement des tâches syndicales ne sont pas remplies.

Beaucoup de travailleurs ont fait des sacrifices héroïques pour essayer de construire leur syndicat au cours des 18 derniers mois. La première tentative date de septembre 1987. Six travailleurs qui avaient contacté le Syndicat Vadodara Kamdar dans son local de Baroda, avaient été sommairement exclus dès le lendemain et forcés de quitter Kevadia Colony sans pouvoir ramasser leurs affaires.

Le 15 mars 1988, des travailleurs décidèrent de participer à la Bharat Bandh (grève indienne) organisée par les syndicats et les partis d'opposition. Trois de leurs dirigeants furent immédiatement entourés et détenus au secret dans leur chambre. Dans la soirée, ils furent convoqués ensemble. En présence du magistrat de la subdivision et des représentants de la compagnie, un sous-inspecteur de police les obligea, sous la menace de son révolver, à contresigner des ordres de mutation anti-datés. Ils furent alors promptement jetés hors du camp.

Soutien des campagnes

Une autre ressemblance entre la grève des ouvriers du barrage de Narmada et celle du textile, c'est la collaboration des ouvriers et des paysans pour soutenir les grévistes. Il est bien connu que pendant la grève des 250 000 ouvriers du textile de Bombay, les grévistes revinrent à leur village et mobilisèrent un immense soutien matériel et politique parmi les paysans. Etant donné la localisation du site du barrage et la solidarité des ouvriers qui y travaillent avec les paysans déplacés, une alliance ouvriers-paysans s'est développée presque spontanément. Une alliance s'est développée entre les ouvriers du chantier et les paysans des villages voisins (DR)

Avec la continuation de la grève, le principal souci des ouvriers non-payés, est devenu d'éviter la famine. La direction du syndicat Vadodara Kamdar recherche sans relâche à mobiliser le soutien d'autres syndicats, des groupes pour les Droits de l'homme, des organisations de femmes et d'autres individus ou groupes qui peuvent être concernés.

Tentative de diversion sur fond de régionalisme

Un problème majeur est constitué par la propagande du gouvernement et des constructeurs au sujet du barrage. Elle est destinée à diviser les ouvriers et paysans de l'Etat du Goudjerat des travailleurs non Goudjerati. La plupart des ouvriers du barrage non Goudjerati vivent dans le camp du chantier, alors que ceux du Goudjerat viennent des villages environnants. Mais, c'est l'instinct de classe qui prévaut en dernière instance sur le régionalisme, et les paysans des Villages voisins ont déclaré leur soutien aux grévistes.

Un prospectus imprimé par plusieurs dirigeants de village a émoussé les tentatives du gouvernement de peindre la grève comme l'ouvrage de non-Goudjerati essayant de priver le Goudjerat de ce barrage tout à fait nécessaire et bien mérité.

Les paysans apportent également leur contribution. Des céréales ont été récoltées pour les ouvriers en grève, ce qui vient compléter les efforts du VKU pour continuer à fournir une ration minimum aux grévistes. Quelques organisations de populations déplacées sont aussi apparues à cette occasion. Elles ont récolté des céréales, non seulement auprès des villages du Goudjerat, mais aussi dans le Maharashtra. Il ne fait aucun doute que sans une telle solidarité des gens des villages, les grévistes n'auraient pas pu tenir.

Le camp des travailleurs du barrage a été transformé en un véritable camp de concentration. L'armée privée de grosbras, appointée et choyée par les constructeurs, est honteusement aidée par la police pour briser le moral La clause 114, qui in-terdit tout rassemblement de plus de 4 personnes, été imposée sur toute la région et plus jamais levée. Même des manifestations pacifiques ont été attaquées par la police et des bandits stipendiés En février, 58 travailleurs ont été arrêtés pour avoir entrepris une marche pacifique. Ils ont été gardés en prison pendant plus de dix jours. Le juge xer une caution. Finalesollicitée pour les relâcher.

Page 18

Une campagne systématique pour terroriser les ouvriers est menée par les hommes de main des entrepreneurs. Des travailleurs sont enlevés, sous les yeux de la police, battus et torturés. Jusqu'à présent, 17 ouvriers, y compris des femmes, ont été torturés sans pitié. Beaucoup ont eu les bras et les jambes cassés, et une personne est devenue sourde.

Un car d'assaut

Le 8 mars de cette année, les travailleurs qui étaient sortis du camp ont été assaillis par le directeur de la compagnie d'entrepreneurs, en présence du sous-inspecteur de la police. Quand environ 520 personnes se sont précipitées à l'aide de ces ouvriers, la police a tiré en l'air pour les disperser. Pour protester contre une telle attitude de la part de la police, les travailleurs ont convoqué, le 11 mars, une manifestation pacifique rassemblée en un sit-in devant les grilles de la compagnie.

En présence de la police, des représentants de la compagnie accompagnés de leurs gangsters appointés, en vinrent à jeter des pierres et essayèrent d'écraser les ouvriers avec un car. Beaucoup de travailleurs, dont deux femmes, furent sérieusement blessés. Mais par-dessus tout, la police, agissant comme exécuteur zélé des constructeurs, a arrêté 436 ouvriers et les a accusés de plusieurs délits, y compris de tentative de

Le chauffeur du car qui avait essayé d'écraser les ouvriers a porté plainte auprès de la police et accusé les travailleurs d'avoir essayé de le tuer. Il est ridicule de croire que plus de 500 ouvriers qui auraient essayé de tuer une personne, n'ont même pas réussi à la blesser ! On a refusé de fixer une caution pour ceux qui avaient été arrêtés et ils ont été envoyés en prison à Ahmedabad, Baroda, Bharadi, Rajpipla, Godhra et Chhota Udaipur. Ils n'ont été relâchés que lorsque la Haute cour a été saisie de l'affaire.

Les incidents des 8 et 11 mars, cependant, ont constitué un camouflet pour le gouvernement, qui avait jusque là constamment maintenu la fiction qu'il n'y avait pas de grève au barrage de Narmada. Après l'arrestation des 58 ouvriers, en février, il a modifié sa version, racontant que seuls 150 ouvriers faisaient la grève, mais que cela n'affectait pas les travaux de construction.

Après l'incident du 11 mars, le gouvernement a été obligé de rendre publique une déclaration selon laquelle il y avait 500 grévistes. La façon dont le gouvernement changeait sans cesse son histoire a poussé les gens ordinai-

La manifestation pacifique des grévistes de Narmada a été attaquée par les sbires du patronat (DR) res, qui ne se rendaient pas compte de ce qui se passait au barrage, à poser au gouvernement des questions qui l'ont mis mal à l'aise.

A ce moment-là, le syndicat Vadodara Kamdar a annoncé, le 27 mars, son intention d'étendre sa campagne à la capitale de l'Etat, Gandhinagar. Le lendemain, des ouvriers de Baroda tinrent un rassemblement devant le bureau du vice-commissaire au travail, pour dénoncer son échec à s'interposer et à amener les entrepreneurs à la table des négociations. Tous ces événements ont énervé la compagnie et elle a dépêché un tueur à gages pour éliminer le dirigeant central de la grève, Thakhoreghai Shah.

Le 25 mars, après le rassemblement devant le bureau du vice-commissaire, Thakhoreghai Shah devait revenir au local syndical pour avoir une discussion avec les dirigeants ouvriers. Il rencontra également ses camarades du Inquilabi Communist Sangathana (Ligue communiste révolutionnaire, section indienne de la IVe Internationale), dont il est également un des principaux dirigeants.

le dirigeant syndical

Après ces diverses rencontres, alors qu'il sortait dans la rue et allait reprendre son scooter, il fut attaqué par derrière. Il faisait très sombre, et heureusement son agresseur manqua sa cible. Au lieu de le frapper dans les reins, le couteau lui entailla la fesse. Un camarade qui l'accompagnait poursuivit l'assaillant, qui réussit à s'enfuir grâce à l'obscurité. Thakorebhai fut d'urgence à l'hôpital. On découvrit que son agresseur lui avait infligé une blessure longue de 12 cm, nécessitant la pose de 14 agrafes.

Aussitôt, les dirigeants ouvriers, les organisations pour les Droits de l'homme et toutes les personnes concernées ont condamné cette tentative d'assassinat. En avril, des centaines de travailleurs de

Baroda ont manifesté ensemble notamment devant les bureaux du commissaire de police, pour protester contre cette agression. La pression de l'opinion publique et les reportages de la presse critiquant la gouvernement atteignirent l'Assemblée de l'Etat du Goudjerat, obligeant le Premier ministre à abroger la Loi sur les secrets officiels. Comme déjà annoncé, afin de porter l'agitation jusque dans la capitale de l'Etat, une grève de la faim de travailleurs devait commencer le 3 avril, devant l'Assemblée d'Etat qui siégeait alors en session. Mais, le 31 mars, l'Assemblée fut brusquement ajournée. Les travailleurs décidèrent alors de changer le lieu du rendez-vous, pour se diriger vers les bureaux de la compagnie Narmada Nigam à Baroda. C'est devant ces bureaux que, le 4 avril, après 65 jours de grève, 65 ouvriers commencèrent leur jeûne illimité.

Un exemple de combativité

Tous les signes montrent que l'Etat a mis tout son poids du côté de la compagnie et que, comme lors de la grève du textile, il prend très au sérieux l'action des travailleurs du barrage et reste bien déterminé à l'écraser. Dans ce cadre, la Narmada Nigam et son président, Sanat Mehta, ancien socialiste et dirigeant ouvrier, sont de connivence avec les patrons.

Il est clair que le gouvernement est conscient que si les travailleurs du bâtiment sont capables d'organiser et de vaincre quelque part, les ouvriers inorganisés de nombreux chantiers de construction importants se trouveraient encouragés à lancer la lutte contre leur exploitation inhumaine. Il cherche donc à étouffer dans l'œuf les aspirations démocratiques des travailleurs inorganisés.

Cependant, les ouvriers du barrage de Narmada ont déjà contrarié les tentatives du gouvernement pendant un temps suffisamment long pour pouvoir répandre leur message en direction de milliers de travailleurs dans tout le pays. Ils sont bien déterminés à obtenir satisfaction sur leurs revendications. Mais, même s'ils perdent, leur mouvement a déjà donné un exemple qui inspirera de plus en plus de travailleurs à se lever pour obtenir leurs droits démocratiques fondamentaux.

Avrll 1989

Une erreur sur cette page ?