SELON Les Nouvelles de Moscou du 4 juin 1989, l'industrie pharmaceutique d'URSS satisfait moins de 50% des besoins en médicaments. 30% des médicaments distribués sont importés. Les besoins de personnes souffrant de diabète, de tuberculose, d'asthme, de maladies cardio-vasculaires, ne sont pourvus en médicaments qu'à 75-80%.
Ces conditions de pénurie, l'inégalité sociale aidant, aboutissent de plus en plus à un double régime de soins de santé : l'un pour la masse du peuple, de plus en plus coupée de l'accès aux médicaments, l'autre pour les bureaucrates et les "nouveaux riches", qui peuvent se procurer tous les médicaments qu'ils désirent, soit par "connexions" et "échange de services mutuels" (marché "gris"), soit simplement contre payement de prix
Pour sortir de cette situation insupportable, la création d'un réseau privé de production, d'importation et de commercialisation de médicaments n'est cependant qu'une solution de facilité qui ne fait que légaliser le marché "gris" et noir, et étendre l'inégalité et l'injustice sociales.
Une véritable solution, serait une modification de la politique d'investissement, c'est-à-dire une dotation plus élevée en devises étrangères pour l'importation de médicaments, et une augmentation des fonds pour développer la recherche scientifique et la production de
Or, il s'agit de sommes très réduites dans l'ensemble des ressources en devises et des investissements productifs de l'URSS. Le besoin en devises supplémentaires est estimé, par l'article des Nouvelles de Moscou, à 100 millions de roubles. Pas une seule entreprise nouvelle de cette branche industrielle n'a été construite au cours des 15 dernières années. Sa modernisation exigerait un milliard de roubles.
Quand on sait que 30 milliards sont prévus pour le seul complexe pétrogazier gigantesque de Tioumen — dont les économistes et les écologistes pensent qu'il serait ruineux pour le pays — on voit bien qu'il s'agit de choix prioritaires d'emploi des ressources disponibles, et non pas de manque de ressources que "l'économie de marché" aiderait à réduire. Qu'on laisse donc le peuple voter sur la question : qu'est-ce qui est plus important ? Des médicaments gratuits, efficaces et suffisants pour tous, ou des projets issus d'une gigantomanie irresponsable, comme celle de Toumen ? •