CHINE Réactions internationales
ALORS que Gorbatchev choisissait la "neutralité" face au massacre de Tiananmen et la répression qui l'a suivi, Boris Eltsine, lui, déclarait : "Ce qui se passe en chine est un acte criminel contre le peuple, (...) c'est un crime contre ses propres citoyens, exactement comme à Tbilissi [en Géorgie, où la milice a tiré sur la foule]". L'ancien dirigeant du Parti communiste de Moscou, en compagnie de plusieurs personnalités de l'opposition, a également appelé à une manifestation qui a réuni plus de 15 000 personnes dans les rues de Moscou, le 9 juin.
De son côté, le Président du Nicaragua, Daniel Ortega, a condamné fermement le bain de sang de Pékin : "On ne peut pas appliquer de double morale dans ces cas de violence. Il faut les condamner, indépendamment du régime politique ou du pays affecté. Nous ne pouvons pas applaudir la violence en Chine, de même que nous ne pouvons pas applaudir la violence au Venezuela", a-t-il
Fidel Castro, en revanche, dans une déclaration publiée dans les journaux mexicains, estime que cet événement est certes regrettable, mais que les informations font défaut pour pouvoir exprimer un jugement complet et qu'il s'agit de toute façon d'une "affaire interne" de la Chine. Cette déclaration de Castro a été sévèrement critiquée par l'ensemble de la gauche mexicaine, qui a condamné la répression et appuyé les étudiants.
Au Pérou, le Parti d'unité mariatéguiste (PUM) a également condamné le massacre et annoncé son soutien aux étudiants chinois. Au Brésil, le Parti des travailleurs (PT) a condamné la répression comme étant contraire au socialisme. Il a rompu tout lien avec le PC chinois, dirigé une manifestation contre la répression en Chine, et dédié son congrès du 16 juin aux étudiants chinois.
Des manifestations de protestation ont également rassemblé plusieurs milliers de personnes en Pologne et en Hongrie, ainsi que dans différentes capitales européennes. En Allemagne de l'Est, un rassemblement en faveur des étudiants chinois a été dispersé.
En Norvège, l'un des deux derniers partis maoïstes d'Europe, l'AKP (m-l), a rompu avec Pékin, en dénonçant la "terreur fasciste" ; en revanche, le Parti du travail de Belgique (PTB) a décidé de soutenir le PC chinois contre la "montée de la contre-révolution", même s'il rejette "les méthodes militaires disproportionnées" qui ont été utilisées par leurs "camarades" chinois...