Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

UNION SOVIETIQUE

Un tournant mineur ?

· Inprecor n° 292, 4 septembre 1989 · p. 10-12 · 3 086 mots

Syndicalisme URSS et Russie Stalinisme

la date du 10 juillet 1989 s'inscrira en lettres majuscules dans de Mediouretchensk, en Sibérie occidentale, entrent en grève.

soviétique de Gorbatchev. Durant le premier semestre 1989, un mouvement qui allait entraîner, vagues après vagues, durant plus de deux semaines, des centaines de milliers de mineurs

Kouzbass, Donbass, bassin de Karaganda (Nord du Kazakhstan),

UNION SOVIETIQUE

Un tournant mineur ?

AU RISQUE — limité — de simplifier, on peut affirmer que le calendrier de la perestroika. Ce jour-la, les mineurs

En soi, une grève, n'a plus rien d'extraordinaire dans l'Union la presse soviétique n'annonce-t-elle pas deux millions de journées de travail "perdues" pour fait de grève ; ce qui - pour illustrer - donnerait une moyenne statistique de 15 000 grévistes par jour. Mais le 10 juillet se déclenchait dans les principaux bassins houillers de tout le pays:

bassin de Petchora (Vorkouta)...

Charles-André UDRY

A REPRISE DU TRAVAIL s'étalera du 19 juillet jusqu'au 24 juillet. Managers des mines, autorités locales, représentants des syndicats, y compris le ministre de l'industrie charbonnière,

Chtchadov, sont soit écartés d'entrée, soit placés sur la touche, après une première entrevue.

Les mineurs et leurs délégués ne négocient qu'avec l'envoyé de Gorbatchev et

Rykov : Slunkov. C'est sans médiation

— "patronale" ou "syndicale" — que les travailleurs auto-organisés d'une des branches économiques stratégiques de l'économie entrent en conflit-négociation avec le pouvoir politique central. Il y a là l'expression, à la fois, de la place particulière de la classe ouvrière dans ce régime et de la crise extrêmement profonde qui ravage le système de domination bureaucratique.

Ceux qui ne scrutent que les conflits entre les diverses ailes du parti ou au sein des institutions nouvellement élues, ceux qui se limitent à analyser les coul'intelligentsia rants dans ou encore s'évertuent à expliquer une alliance plus ou moins tacite entre les ouvriers et l'aile la plus conservatrice de la bureaucratie doivent déchanter. Le correspondant du

Monde, avec un accent de sincérité et d'étonnement, constate donc : "|/ (le conflit des mineurs) marque l'entrée en scène de la classe ouvrière, et ce prolétariat dont on avait tant décrit l'abêtissement, l'alcoolisme et la passivité semble parfaitement bien savoir ce qu'il a à faire" (19 juillet 1989).

A l'opposé, il serait niais de ne pas saisir l'importance des conflits politiques et idéologiques en cours dans le parti, dans les institutions élues, le rôle du mouvement informel multiforme, la place des courants nationalistes et des affrontements inter-ethniques. Il serait de même dangereusement simplificateur de voir dans cet élan gréviste la naissance d'un mouvement linéaire et spontané des travailleurs soviétiques qui renouerait "naturellement", après nies d'une histoire accablante, avec l'autogestion et une "planification centrale et démocratique"... qui reste d'ailleurs "inventer", si l'on ne se contente pas de quelques formules quasi magiques !

La classe ouvrière à l'œuvre

Si le 10 juillet possède une importance cardinale, c'est plus simplement parce que, depuis cette date et pour la première fois depuis le début des années vingt se sont affirmés aux yeux de l'ensemble de la classe ouvrière de 'URSS : la force sociale et politique d'un mouvement propre de lutte, la possibilité et la nécessité de l'organisation démoun cahier de doléances, le début d'une réflexion revendicative allant au-delà des requêtes matérielles les plus immédiates et la "mise sous surveillance" des autorités. Dès lors, dans les immenses soubresauts qui attendent une Union soviétique frappée de plein fouet par une crise sociale gigantesque, l'activité directe des travailleurs, le sens de leurs revendications-projets, la forme de leur organisation independante seront un des facteurs décisifs qui déterminera les contours d'une conjoncture historique qui ne se laisse pas saisir par quelques analogies fallacieuses avec l'époque de Khroutchev ou le Printemps de Prague.

Le cahier de doléances

Mais revenons au 10 juillet. Le mouvement qui éclate comme un coup de tonnerre avait mûri durant quelques mois. Teimuraz Avaliani, président du comité de grève de Kemerovo (Sibérie occidentale) indique que, déjà le 28 décembre 1988, une liste de revendications des mineurs avait été envoyée au Comité central du syndicat (Nouvelles de Moscou, 6 août 1989). Une lettre de mise en garde des mineurs Mejdouretchnesk fut publiée, le 26 janvier, dans le journal des syndicats, Trud, qui tire à 19 millions d'exemplaires. Mais rien ne fut entrepris, comme à l'habitude. Le mécontentement explicite couvait donc depuis des mois. Dès lors, le refus de tout contact avec les autorités locales, régionales et avec les syndicats, dès le début de la grève, traduit la distance séparant l'appareil des travailleurs et le goût amer de la récente expérience.

En autre, la réforme politique gorbatchévienne disqualifie "officiellement" une fraction significative de l'appareil du Parti-Syndicat-Etat, que ce soit localement ou à l'échelle d'une branche industrielle. La perception des lieux de décision est ainsi brouillée. Les grévistes sont donc conduits à interpeller directement le "sommet". Il y a là l'indice caractéristique d'un système de domination commotionné.

Enfin, le climat d'ouverture politique créé par les élections au Congrès des députés du peuple en mars, les débats publics qui marquèrent la réunion de cette nouvelle instance législative en mai et juin, comme les polémiques qui traver: sent la presse, le sentiment quelque peu déstabilisé, tout cela a facilité l'effondrement de la crainte d'organiser une grève, de la proclamer sur la place publique, malgré la mémoire encore vive des brutales répressions passées. La dégradation des conditions de travail et de vie, alors que l'attente des fruits... et du saucisson de la perestroïka dure depuis quatre ans, déclenchera depuis lors la plus vaste mobilisation ouvrière antibureaucratique de l'histoire de l'URSS stalinisée.

Les cahiers de revendications présentés par les différents comités de grève révèlent tout d'abord l'abyssale pénurie de biens de consommation : sucre, beurre, viande, café, savon de ménage, savon de toilette, machines à laver, vêtements matelassés pour l'hiver... Si les revendications salariales existent - pour le travail de nuit et les heures supplémentaires - les grévistes réclament avant tout que l'argent gagné

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puisse servir à quelque chose : à acheter ces produits... disponibles. Pour le savon, les 400 grammes alloués par mois correspondent à la norme fixée en 1923 ! Ils en réclament aujourd'hui 800. La grève s'élève donc contre un fléau qui frappe une part toujours croissante de la population : la pénurie de biens de première nécessité. Les causes de cette pénurie sont multiples. Elles ne peuvent se réduire aux sabotages des crates anti-réformistes". Elle résulte bien plus de l'addition des impasses de la planification "passée" et du chaos d'une réforme économique qui est, pour l'heure, tout simplement manquée, repoussée sur l'essentiel.

La seconde catégorie de revendications porte sur les dépenses sociales : logements, infrastructures hospitalières,

Derrière ces exigences est posé un problème inhérent à la dite planification centralisée : les investissements sociaux sont les derniers sur la liste des priorités des instances qui "plaque le charbon. La planification — plus exactement la concentration de ressources (bien de production et force de travail plus ou moins contrainte) sur quelques cibles prioritaires avant tout sur le volume de l'appareil de production de l'industrie lourde, avec des gaspillages énormes qui rendent encore plus résiduelles les ressources disponibles pour les "fonds sociaux". Mais pour la bureaucratie, ce type de planification permet un contrôle relatif du reste de l'économie par le biais de l'allocation de produits de base (charbon, acier, ciment...).

L'autonomie financière

En ce sens, il n'est pas étonnant que l'industrie lourde représente la colonne vertébrale socio-économique d'une fraction décisive de la nomenklatura. Ce qui explique aussi sa résistance à diverses réformes. Dès lors, les desiderata des grévistes concernant les dépenses sociales s'affrontent directement au système "d'économie de commandement central". C'est une des raisons pour lesquelles ils réciament une autonomie financière face au ministère, au pouvoir central. Cette vrait permettre aux mineurs de décider eux-mêmes des priorid'investissements, autre au plan social. Cette revendication d'autonomie financière exprime plus une volonté d'indépendance face à la bureaucratie centrale que l'adhésion des grévistes à une forme ou à une autre de gestion d'ensemble de l'économie. Sur ce terrain, les discussions embryonnaires et surtout l'expérience pratique des réformes n'est pas encore faite. Ce n'est que progressivement que des options d'ensemble, un peu élaborées, vont devenir l'enjeu de batailles entre diverses forces sociales.

La troisième facette des exigences ouvrières à trait à l'environnement. Cette grève marque une jonction, de fait, entre les multiples mobilisations écologistes (entre autre sur le nucléaire, Tchernobil n'est pas qu'un vague souvenir Ukraine...) et une action revendicative plus strictement ouvrière. Un délégué des mineurs de Sibérie résumait bien la situation par cette formule : "la chaîne homme-charbon a été brisée, il ne reste plus ici que le charbon" (La Repubblica, 19 juillet 1989). Ainsi, se retrouvent dans les longs énoncés des revendications, les thèmes de l'approvisionnement et de la qualité de l'eau, celle de la mise en place de stations d'épuration des eaux, celle de l'aménagement de l'espace ur-

L'ampleur, la forme et la dynamique du mouvement gréviste devait déboucher sur des revendications explicites d'ordre politique. Par exemple, à Chervonohrad, en Ukraine, les mineurs ont appelé à l'élection immédiate du conseil local (soviet local), au renvoi des responsables de la police et du KGB (police politique), de l'éditeur du journal local et de trois juges. La revendication d'une nouvelle Constitution, avec élection du président au suffrage universel et suppression de l'article 6 — qui attribue au Parti communiste d'Union soviétique (PCUS) le rôle dirigeant dans la société -a été avancée à Vorkouta et répercutée d'ailleurs au Soviet suprême par un député de la région. La dénonciation des magasins spéciaux réservés à la nomenklatura incarne de même le ressentiment anti-bureaucratique de la population. Lorsque les responsables locaux soulignent le coût de la grève, la réponse des grévistes, rapportée par les Izvestia, est nette : "Pour économiser, réduisez les effectifs pléthoriques de l'administration". La politisation des revendications est aussi liée à la volonté de contrôler l'aboutissement des accords. C'est une première politisation, mais elle dévoile la dynamique inévitable de ce type de conflit.

Le processus d'extension et d'orga-

JE REGRETTE LE BON VIEUX OÙ ON SE CONTENTAIT DE SALAYE F TOUT CA

BM SSRA

nisation du mouvement le rend très

"classiques" de grèves générales. Les comités de grève ont fort souvent pris la dimension de comités ouvriers qui organisaient non seulement la lutte, les négociations, mais la vie de la ville autour de la grève. D'autant plus que d'autres secteurs ouvriers se sont immédiatement ralliés aux mineurs : 160 entreprises l'ont fait dans les Koutzbass, selon Trud. La Coordination s'est effectuée au niveau régional. Il en fut ainsi entre les villes du Koutzbass : Kemerovo, Prokopevsk, Belov, Kisse-

De l'auto-organisation au syndicat indépendant...

L'extension du mouvement n'a pas été purement spontanée : "Les mineurs du Donbass sont entrés en contact téléphonique avec leurs camarades Koutzbass, qui, dès la semaine dernière, leur avait envoyé une délégation, et ils ont élaboré une liste de 33 revendications" (Le Monde, 19 juillet 1989). Plus tard, les autorités couperont les communications téléphoniques inter-urbaines ; la presse, la radio, la télévision resteront des instrument d'information. Des milices ouvrières se sont mises en place pour assurer l'ordre et prendre des mesures contre la consommation d'alcool pendant la grève. L'expérience des provocations policières stimule chez les mineurs l'organisation indépendante de la "sécurité". Les syndicats officiels, comme les décrit un journaliste du quotidien italien La Repubblica, se virent attribués "la tâche de préparer les repas et d'apporter le thé aux grévistes".

Comme dans tout mouvement de masse de ce type, un débat permanent s'établit entre les comités de délégués et les grévistes. Il est significatif que les propositions de reprise du travail furent initialement rejetées, parce que les assude la réalisation des accords n'étaient pas suffisantes ou parce que Gorbatchev et Rykov n'avaient pas encore paraphé l'accord signé. D'ailleurs, dès l'interruption de la grève, les comités de grève ont pris le statut de comités de surveillance de l'application des accords. L'ampleur de l'auto-organisation est donnée par ces constats de la F revue Literaturnaïa Gazeta, du * 2 août 1989. Elle parle, après la fin de la grève, de situation de "dualité de pouvoir" dans la ville de Prokopiesk, dans le Koutzbass. Elle indique que le comité de grève "s'est arrogé le controle des stocks alimentaires et leur distribution". Dans la cité voisine de Kemerovo, "les doléances des habitants sont recueillies et examinées par le comité de grève, en lieu et place du Parti et de l'administration locale". Dans la foulée de cette mo-

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renversement par un bloc conservateur | certes voulu par la réforme politique, bilisation éclate au grand jour la question des syndicats alternatifs, indépendants. débat est largement ouvert. Diverses initiatives, encore limitées et fragmentées, prennent leur essor. Au mois de juin déjà, Les Nouvelles de Moscou annonçaient le déroulement, à Moscou, d'une réunion de 30 délégués de "collectifs de travailleurs" de 10 villes, qui devait discuter la création d'un syndicat indépendant. Un des délégués expliquait ainsi la subordination du syndicat officiel Parti-Etat : "Regardez les syndicats actuels. De qui un président de syndicat obtiendra-t-il un emploi après l'élection d'une autre personne à sa place ? Du directeur (de l'entreprise), c'est-à-dire de celui qui devait contrôler le travail ? Qui propose la candidature du leader syndical ? Généralement, le secrétaire du Parti. Qui consulte le président du conseil régional des syndicats sur les questions les plus importantes ? Le comité régional Parti" (18 juin 1989). Il est instructif de lire l'analyse faite par un responsable du comité de grève des mineurs de Kemerovo sur le même thème après la grève : "Le conseil central des syndicats fait partie du système de pouvoir chez nous... Par conséquent, pour nous les mineurs, le Conseil central des syndicats est un échelon supérieur de plus du pouvoir d'où l'on nous commande. C'est pour cette raison que nous n'avons pas invité camarade Chalaev (président Conseil central des syndicats ques) à nos côtés, mais lui avons avancé des exigences comme aux autres représentants du pouvoir... Un ravalement de façade ne suffit pas. Il faut créer des syndicats foncièrement nouveaux. Sur le principe alternatif, peut-être". (Les Nouvelles de Moscou, 6 août 1989).

Gorbatchev : le pape et Luther

Men même temps ?

Il y a dans ces déclarations d'un délégué "non-extrémiste" des mineurs le signe du commencement d'une nouvelle étape. L'emprise du PCUS se délite visiblement et la question d'un mouvement social indépendant des travailleurs est posée. Plus généralement, une nouvelle attitude socio-politique s'exprime dans la population : pour faire leurs revendications, après les premières années de perestroïka, divers groupes sociaux ne voient d'autre voie que celle d'un certain degré d'affrontement avec le pouvoir et les autorités. Gorbatchev l'a fort bien compris. Ses déclarations, où la carotte et le bâton étaient utilisées tour à tour, indiquent sur le fond bien plus sa hantise d'une perte de contrôle croissante sur le déroulement de sa réforme par le haut que sa capacité de récupération de la grève qui fait couler beaucoup d'encre dans la presse occidentale. Cette érosion du contrôle de la direction Gorbatchev n'équivaut pas à sa chute, ou à son

Moscou

BASSIN DE LA PET CHORA

EPF

BOMBASS ABKHAZIE qui est aux abois, qui sabote mais peut difficilement offrir une alternative. Les ballottements du pouvoir central, la polarisation entre les diverses ailes du parti, démontrent tout simplement, comme le synthétisait un historien russe, qu'il est très difficile pour Gorbatchev d'être à la

Une tension extrême s'exerce sur le parti et en son sein dans ce contexte de crise économique accentuée, où s'entremêlent les revendications des nationalités brimées et les conflits inter-ethniques, les mobilisations de divers groupes sociaux, la menace de nouvelles grèves (par exemple, celle des 3,7 millions de travailleurs des chemins de fer), les manœuvres diverses de la bureaucratie pour manipuler certains des mouvements polarisation commence à déboucher sur la question : quel "parti" du Parti adopte cette décision, au nom de quel parti tel dirigeant prend la parole ? Or, le PCUS est l'instrument décisif de la réforme gorbatchevienne. Pour cette raison, il est lui-même l'enjeu des batailles entre les multiples fractions de la bureaucratie, qui non seulement recouvrent toute une palette entre réformateurs radicaux conservateurs, mais qui disposent de "camps retranchés" allant des républiques, aux ministères aux secteurs de l'armée. D'où l'anxiété manifestée par Gorbatchev dans son intervention à la télévision et devant le Soviet suprême, alors que la grève des mineurs touchait à sa fin, de "renouveler les cadres du parti", de placer le parti sous la pression de la société civile.

Les élections locales de 1990 pourront peut-être servir à une opération de renouvellement-épuration du parti, mais en même temps elles ouvriront la porte à une remise en cause non seulement des cadres "non renouvelables", mais du rôle du parti unique en tant que tel. D'autant plus que ces récentes institutions centrales et locales s'affirment comme des nouveaux centres de décision, en compétition avec le parti. Ce qui est

Mena KOUZBASd mais le déroulement de cette redistribution de pouvoir est très difficile à contrôler. Ainsi, face au "pouvoir" des comités de grève, il y eut le gouvernement et le Soviet suprême, mais beaucoup moins le parti. Cependant, pour sauver la situation, Gorbatchev doit faire appel aux cadres "renouvelés" du parti !

Un multipartisme de fait

De plus, les institutions élues deviennent le creuset d'un multipartisme de fait. L'exemple est donné par la création récente du Groupe inter-régional des députés au Congrès du peuple, à la tête du quel se trouvent Boris Eltsin, Afanasiev (l'historien), Sakharov et Popov (l'économiste), et qui réunit quelques 400 membres sur 2250 députés. Il disposera d'un journal intitulé Narodny Deputat (Le député du peuple). Dans sa plate-forme, outre les thèmes de la démocratisation, de la crise économique et sociale, il y a une remise en question de l'article 6 de la Constitution sur le rôle du parti uni-

Cependant, il ne faudrait pas en déduire que l'avenir de la perestroïka-glasnost se réduira à un affrontement "pur" entre travailleurs et pouvoir bureaucratique. Le parcours sinueux et les tribulations de la perestroïka — qui apparaît en état d'urgence, comme le sont déjà cinq régions du pays — seront japar un ensemble complexe de facteurs à l'œuvre dans le rapide dégel de ce géant multinational, sans même prendre en compte la dimension spécifique de la crise ébranlant les pays du COMECON.

1) La grève des ouvriers russophones en Estonie, début août 1989, contre les décisions prises par l'Assemblée législative de la République balte, peut certes être mise à profit par des forces conservatrices à Moscou, mais en même temps, elle met en avant des intérêts effectifs des travailleurs russes, comme travailleurs, dans cette République.

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lenissei

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