L'INTERVENTION des LES REFORMES concédées par le pouvoir n'ont pas réussi lors de sa récente visite masses de RDA sur la scène politique n'a pas ébranlé seulement le de l'Etat-Parti pouvoir pseudo-socialiste en Allemagne de l'Est, mais aussi l'ordre spécifique de l'après-guerre. On ne peut nier la réalité d'une
"question allemande" qui aspire à une solution depuis la division du pays, à la suite de la Seconde
Guerre mondiale, et des accords de
Yalta.
D'après les chiffres donnés par les journaux, il y a trois millions d'Allemands de l'Est qui sont venus à Berlin-Ouest et en RFA, les 11 et 12 novembre, quand le "Mur"
et la frontière entre les deux Allemagnes ont été ouverts.
Le lendemain de l'élection d'Egon
Krentz comme secrétaire général du
SED, et après son premier discours téléannonçant quelques "réformes"
visé d'une manière peu concrète et peu convaincante, il était devenu clair que la dynamique du mouvement de masse démocratique en RDA forcerait le pouvoir bureaucratique à aller beaucoup plus loin afin de canaliser et de sauver l'essentiel de son système de domination.
La direction du SED a dû faire des concessions chaque jour, chaque pas se révélait immédiatement insuffisant. C'est ainsi que - paradoxalement — Bärbel Bohley, porte-parole de la formation oppositionnelle Nouveau Forum, se référant à l'ouverture de la frontière, parle d'une réaction « irrationnelle et irresponsable » du pouvoir et va jusqu'à affirmer que les élections libres promises ne devraient pas se tenir trop tôt, puisque les groupes oppositionnels n'y sont pas encore suffisamment préparés !
L'opposition s'organise aussi, cependant, au sein même du SED
Sous la pression de quelques dizaines de milliers de membres du
Parti, la direction du SED n'a pas seulement éloigné des gens fraichement élus au nouveau Bureau politique, mais a aussi décidé de tenir un congrès spécial du SED les
15 et
17 décembre prochains.
D'après la décision initiale, ce devait être seulement une Conférence à calmer la population est-allemande. Le 13 novembre
1989, de 3 à 400 000 manifestants défilaient, de nouveau, à Leipzig, en réclamant la liberté d'opinion et de presse, la démocratie, des élections libres, et la fin du monopole politique du SED.
contre le chancellier ouest-allemand helmut Kohl et la
Thyssen, qui avait proposé la construction d'usines en
RDA, à capital ouest-allemand, où les ouvriers seraient payés en deutche Mark, a particulièrement été pris à partie. « Cela créerait deux catégories de citoyens, les autres pour le grand capital ouest-allemand », ont déclaré des manifestants, qui ont aussi scandé :
« Nous ne voulons pas devenir une colonie de l'Allemagne de l'Ouest ! ».
Manuel KELLNER du Parti, donc une discussion sans possibilité d'élire une nouvelle direction.
périalisme Ouest-allemand, ont pu se manifester une nouvelle fois ces jours- ci. Mais on en voit aussi les limites, que leur impose la nouvelle situation. Une anecdocte le démontre très clairement :
km
100
MER DU NORD et lambour
Brem
Hanovre
Dusseldorf
. Cologne
O BONN
R. F. A.
Francfort
Mayence
LUX
Sarrebruck
Stuttgart Q
Danube
FRANCE
SUISSE
Des critiques ont été exprimées par les manifestants, bourgeoisie ouest-allemande. Le patron de la firme uns défavorisés, travaillant dans les firmes d'Etat, les
L'agressivité et l'arrogance de l'imtions de la foule.
MER BALTIQUE
& Rostock o Schwenn:
a Magdebourg
R:D.A.
Halle O:
PLeipzig
Dresd
Erfurt
Kart-Mar-Sadt
Zwickau Q
PRAGUE
TCHECO-
SLOVAQUIE
AUTRICHE
Helmut
Pologne, en
Kohl a interrompu le discours de Mark Edelman, dernier survivant des insurgés juifs du ghetto de
Varsovie, pour déclarer, en substance, que le jour de gloire allemand était arrivé, et que c'était bien plus important que le deuil et la réflexion, ou la mémoire des victimes de la barbarie hitlérienne. Kohl est rentré précipitamment dans son pays, après la chute du
"Mur de Berlin", pour dire publiquement aux Allemands que ceux de l'Est pourraient avoir des milliards de deutsche mais à une marks, condition : « S'il y a une véritable réforme, surtout l'abolition du système de planification, qui a fait faillite ». Mais le chancelier s'est fait siffler par les masses de Berlin-
Ouest, tandis que le libéral Genscher et les leaders sociaux-démocrates, à commencer par Willy Brandt (qui sont beaucoup plus prudents) ont reçu les ova-
« Nous ne voulons pas être une colonie de la RFA »
Il est vrai que beaucoup de gens en RDA, même peu politisés, sont instinctivement contre une
"réunification" des deux Allemagnes. Instinctivement encore, ils sont réticents vis-à-vis de l'arrogance du deutsche mark et de la perspective d'une inondation par le capital ouest-allemand. Ils n'aspirent pas à échanger la dictature bureaucratique autoritaire et incompétente contre un statut de semi- colonie, de province "pauvre" de la
RFA. D'ailleurs, le journal conservateur ouest-allemand, Frankfurter
Allgemeine
Zeitung, s'est déjà plaint amèrement du fait que « la majorité des groupements oppositionnels en RDA veulent une RDA meilleure sur une base socialiste », et a souligné que le SDP (de RDA)
reste le principal support des espoirs des partisans de « l'économie de marché ».
Concrètement l'unification des deux Allemagnes, aujourd'hui, ne serait qu'un renforcement terrible de l'impérialisme ouest-allemand.
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PAYS-BAS
La solution de la question allemande implique l'abolition de l'effet diviseur des frontières sur les masses. Mais cette solution, SOUS une forme étatiquenationale, ne serait pas progressiste. Il n'y a pas de peuple allemand nationalement opprimé. Donc la solution de la question allemande ne peut être acquise que par la lutte pour l'émancipation générale, ce qui implique la destruction du pouvoir impérialiste du capital et de l'Etat ouest-allemand
La gauche révolutionnaire en RFA se trouve devant des problèmes politiques sérieux. Elle doit militer pour la reconnaissance de la RDA, pour la renonciation totale au "revanchisme" par l'Etat ouest-allemand. En même temps, cette gauche ne doit pas rester sur la défensive. C'est en RDA que se déroule une discussion sur la possibilité d'un renouvellement dans un cadre non-capitaliste, sur une perspective "vraiment socialiste", à un niveau de masse.
Certes, ce débat a lieu dans des circonstances difficiles : crise de l'éconobureaucratiquement idéologique du "modèle de consommation" ouest-allemand. Mais il faut s'appuyer sur ce débat et y joindre des méfaits du capitalisme réellement existant : chômage, inégalités grotesques, croissance de la pauvreté, relations humaines détériorées par la concurrence sans pitié. Déjà, des fugitits de l'Est commencent à retourner en RDA, sachant qu'il leur serait difficile de trouver un logement et la sécurité en RFA... et surtout, qu'en ce moment, ce sont les masses qui font l'histoire en RDA...
13 novembre 1989