Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

ETAT ESPAGNOL

Assassinat d'un député basque

Inprecor n° 299, 11 décembre 1989 · p. 22 · 435 mots

Euskadi État espagnol

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BREF...

PAYS BASQUE Assassinat d'un député basque

DEUX DIRIGEANTS du Parti révolutionnaire nationaliste basque Herri Batasuna (HB, le Peuple uni) ont été la cible de tueurs dans l'hôtel Alcala de Madrid, le 20 novembre dernier. Josu Muguraza, a été tué d'une balle en pleine tête, et Iñaki Esnaola, grièvement blessé quatre balles dans les poumons. Tous deux venaient d'être élus députés au parlement de l'Etat espagnol. L'attaque a eu lieu quelques heures avant que le groupe parlementaire d'HB ment et décide pour la première fois de participer à l'organe législatif central.

Dans son édition du 21 novembre, le quotidien madrilène El Pais remarquait que dans l'Etat espagnol, les balles de neuf millimètres employées par les assassins sont exclusivement utilisées par les militaires. L'opération ressemblait à d'autres attaques et assassinats pratiqués par une bande d'assassins, (GAL), dont la justice a démontré qu'il était lié avec les services secrets de la police de l'Etat espagnol. Ce meurtre a causé un très vif un émoi au Pays basque, conduisant à des manifestations de rue et à une grève générale massive bien qu'inégalement suivie, le 22 no-

Les extraits suivants sont tirés de l'éditorial de Zutik, organe de la Ligue communiste basque (LKI, section basque de la IVe Internationale).

« Premièrement, nous sommes de plus en plus convaincus de l'implication de l'appareil d'Etat dans cet attentat. Les discussions entre le ministre de la Police, Corcuera, et les divers partis - sauf celui auquel appartenait Muguraza ! — confirment l'impression qu'ils ont quelque chose à cacher à l'opinion publique.

« La protection politique des auteurs du crime est évidente. Cette sale opération a visé à couper Herri Batasuna de la société. Et tous les partis du système, depuis la "gauche" jusqu'à la "droite", tous les médias, des "officiels" aux "indépendants", sont impliqués.

« L'attaque terroriste contre les élus représentants 200 000 citoyens de ce pays, a créé une fracture dans une bonne partie du discours du prétendu "bloc institutionnel" (voir Inprecor numéro 286 du 17 avril 1989). Malgré la perplexité des premiers instants, son orientation a consisté serrer les rangs, à prévenir l'apparition de voix dissidentes, a essayer de rejeter la responsabilité morale sur HB, et à réduire la protestation de la rue et la grève

« Quant aux réactions des partis et des institutions de l'Etat à l'extérieur d'Euskadi, le bilan est encore pire. La culture de l'"anti-terrorisme" est en train d'imprégner la société, et l'attentat contre des représentants d'une partie du peuple basque, en conflit avec les institutions d'Etat, peut très vite être présenté comme une attaque envers la "démo-

Get retourné contre Herri Batasuna lui-même ».

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