DOCUMENT De la prise du pouvoir en octobre 1917 jusqu'en 1925, voire même jusqu'en 1929 (élimination de Tomski de la présidence du Conseil central des syndicats), les discussions sur la question syndicale ont été nombreuses en Russie soviétique. Toutes avaient, d'une manière ou d'une autre, pour objet de déterminer la place des syndicats dans la société et dans l'Etat, par rapport à la gestion de l'économie et par rapport au parti. A travers elles, ce sont toujours les rapports des masses à la révolution qui sont en jeu. Ces discussions sont en général mal connues, à l'exception de celle de 1920/21, qui a, en revanche, fait l'objet d'un examen beaucoup plus approfondi, tant de la part des historiens de la révolution russe (Carr, Deutscher...) que de la part de ceux qui se réclament de l'héritage du bolchevisme. Nous croyons que l'explication n'est pas bien difficile à trouver. La discussion de 1920/21, qui avait vu Lénine s'opposer victorieusement à la tendance Trotski-Boukharine et à la tendance dite de "l'opposition ouvrière" (1), permit à l'époque stalinienne d'établir une des images d'Epinal les plus durables qui. soient : celle d'un Trotski voulant "serrer la vis" et étatiser, voire militariser les syndicats; celle d'un Chliapnikov voulant réduire à rien le rôle du Parti, voulant opposer les syndicats à l'Etat soviétique et au Parti; et enfin, face à eux, le sage Lénine, soutenu par Staline, préconisant l'idée du syndicat-école (école de gestion, d'administration, du communisme). C'est cette image que nous dépeint l' "'Histoire du Parti communiste (bolchevik) de l'URSS" (1938) et, à sa suite, toute l'historiographie officielle de l'URSS (2). Mais c'est elle également qui a déteint, au moins en partie, sur toute une série d'ouvrages examinant la discussion syndicale (3). Pourtant, de cette discussion, Lénine ne disait-il pas déjà au Xème congrès du PC(bolchévik) qui la clôtura qu'elle avait été un luxe inutile? Trotski ne disait-il pas plus tard, dans son autobiographie, qu'elle avait non seulement été à côté de la véritable question, mais que, de plus, elle avait perdu "toute signification" au moment du congrès ? En effet, toute la discussion syndicale de 1920/21 se situait encore à l'intérieur de l'horizon politique tracé par le programme adopté au IXème congrès (1919) et par le communisme de guerre, à savoir la problématique de l'étatisation. Toutes les tendances, à commencer par le groupe des "dix" (Lénine et ses partisans, qui s'opposaient à "une étatisation précipi-
Présentation de Guy DESOLRE tée") et en terminant par la pefite "quatrième tendance" dite du "centralisme démocratique" (qui préconisait la fusion des syndicats avec le Commissariat du Peuple au Travail - ce que Staline réalisa 12 ans plus tard en 1933) avaient un horizon politique balisé par cette étatisation : les divergences portaient sur le rythme et les méthodes de cette étatisation, que nul ne remettait en cause dans son principe. Un exemple concret le montrera bien : à l'époque de la discussion de 1920/21, la règle en République socialiste fédérative soviétique de Russie est le syndicalisme obligatoire, système qui s'était progressivement généralisé sous le communisme de guerre. Or, personne, pas même l'opposition ouvrière, ne part en guerre contre ce principe. Au contraire : on peut parfaitement concevoir que le "congrès des producteurs" , représentant les syndicats et devant diriger l'économie selon cette tendance, n'aurait tiré sa représentativité que de l'affiliation obligatoire de tous les producteurs aux syndicats. Par contre, le Xlème congrès du Parti bolchevik (27 mars-2 avril 1922), fut celui de l'abandon du système de l'affiliation obligatoire. Ce fut aussi celui de la reconnaissance du droit de grève. Bien moins spectaculaire que le congrès précédent (il n'y a pas de vives oppositions de tendances) (4), il a aussi beaucoup moins fait l'objet de l'étude des historiens. Afin de "tordre le bâton dans l'autre sens" et de procéder en quelque sorte à une "réhabilitation" du Xlème congrès bolchevik, nous présentons ici la traduction, inédite, du discours que Léon Trotski y prononça à propos de la question syndicale. L'importance des décisions du Xlème congrès du Parti communiste russe ne saurait être sous-estimée : c'est à sa suite que le Vème congrès des syndicats se prononça pour l'autonomie ouvrière dans la negociation collective, tant dans le secteur socialiste que face au capitalisme d'Etat (septembre 1922), que fut adopté le deuxième Code du travail de la RSFSR (novembre 1922) qui consacrait les libertés syndicales, que fut adopté un Code de procédure civile de la RSFSR (1923) qui immunisait les caisses de grèves des syndicats, etc... Certains auteurs estiment que le Xlème congrès consacrait un recul de l'influence des syndicats (5). C'est là une erreur d'optique, qui résulte notamment de la lecture de la résolution sur les tâches des syndicats dans laquelle est décidée l'immixtion directe des syndicats dans la gestion des entreprises. En réali-
té, cette décision, loins d'être l'expression d'un recul de la part des syndicats, exprime l'orientation nouvelle vers une indépendance des syndicats par rapport aux organes de gestion économique : on ne peut à la fois cogérer et se mettre en bonne position pour contester les décisions qui sont prises. C'est cette résolution que Trotski soutient ici, à travers un appui résolu apporté à son ancien compagnon de "Nache Slovo" et de l'organisation interrayons, Losovski (appui par ailleurs quelque peu singulier, étant donné la piètre estime en laquelle Trotski tenait celui-ci). L'intervention de Trotski est en effet axée autour d'un seul problème, à savoir les rapports existants entre la gestion économique d'une part, et le travail syndical, de l'autre. Ce n'est pas sans une certaine ironie que Trotski souligne que c'est surtout de ce point de vue-là que la résolution du Xème congrès, qu'il avait combattue, s'est révélée inadéquate. Ce n'est pas sans ironie non plus qu'il rappelle qu'au début de 1920 il fut le premier à préconiser, au Comité central, des mesures qui anticipaient sur le cours économique entamé avec la NEP. Mais ce qui caractérise surtout le texte de Trotski est "l'angle d'attaque" à partir duquel il aborde la question syndicale. lI s'agit, bien entendu, de lever les ambiguités qui marquaient les positions du Xème congrès. On ne peut continuer à parler de participation des syndicats à l'exercice de fonctions étatiques alors que l'on abolit l'ancienne centralisation de la vie économique. Il faut donc sortir de l'ambiguîté. Comment ? C'est ici que l'argumentation avancée par Trotski révèle une tonalité particulière. Alors qu'il a très bien compris - à l'encontre (voir plus loin) du syndicaliste Riazanov - ce qu'implique le nouveau cours syndical (orienté vers la défense des intérêts des travailleurs) pour une économie basée sur le hozzascét (6) et ce qu'implique d'autre part l'économie basée sur le hozzascet pour les travailleurs, il ne met pas l'accent sur la "fonction de défense" des syndicats, mais sur les nécessités et sur l'efficacité économiques. Le discours de Trotski ne vise pas tant à prouver que dans les conditions nouvelles, l'incorporation des syndicats à l'Etat ne se justifie plus parce qu'ils doivent protéger les ouvriers, qu'à prouver que les syndicats ne doivent pas s'intégrer dans l'économie, si l'on veut enlever son efficacité à la réforme. L'angle d'attaque ainsi choisi donne au discours de Trotski un aspect guindé, voire formellement logique, qui est l'exact contre-pied de ses positions d'un an plus tôt (l'Etat ouvrier, donc les syndicats n'ont plus à défendre les ouvriers...). Cet aspect formellement logique se trouve confirmé par la structure du discours, qui se développe autour de la question "qui a raison, Losovski ou Riazanov, dans l'interprétation qu'ils donnent de la politique syndicale ? ", laissant inabordés les problèmes de fond soulevés par le discours de Tomski (7), que Trotski avoue par ailleurs ne pas avoir entendu (8). Trotski critique en effet de manière très mordante la position de D. Riazanov. (autre ex-compagnon de "Nache Slovo" et de l'Interrayons, autre militant syndical). Riazanov, d'habitude proche des positions du président des syndicats Tomski (ils avaient tous deux fait l'objet d'une sanction disciplinaire en mai 1921) s'était séparé de lui dans ses interventions au congrès. Alors que l'ensemble des dirigeants bolcheviks se pronon aient pour un retour au droit de grève, considéré comme une ultime garantie anti-bureaucratique, Riazanov décida de mener une bataille d'arrière-garde, non pas contre ce droit, mais contre le fait qu'on en parlât. Il insistait sur le fait que ce droit n'avait jamais été légalement supprimé, qu'il s'agissait d'un "droit fondamental de la classe ouvrière" , et que sa position à lui, Riazanov, n'avait jamais varié depuis le jour où, le 26 octobre 1917, il avait fait adopter par le conseil des syndicats de Pétrograd une résolution appelant les travailleurs à ne pas en faire usage contre le nouveau pouvoir ! Dans son intervention, Riazanov s'était également opposé au retour à l'affiliation syndicale volontaire, la qualifiant de principe d'organisation des syndicats "¡aunes". Trotski eut facile de railler les vérités éternelles et peu dialectiques que proclamait Riazanov, accusant ce dernier d'être foncièrement incapable d'appliquer les principes du marxisme, que par ailleurs il connaissait si bien, dans la pratique. On peut s'étonner de la violence des critiques de Trotski contre Riazanov. Il faut se rappeler qu'au Xème congrès, ce dernier avait proposé (en vain) que dorénavant toute élection sur la base de plates-formes soit interdite afin d'éviter que le Comité central ne soit élu sur la base de plates-formes politiques portant sur des questions secondaires (la question syndicale en l'occurence était devenue "'secondaire" à ce moment, et c'est Zinoviev qui avait imposé l'élection du CC sur la base de plates-formes, afin d'évincer quelques adversaires), Trotski fustige en Riazanov le militant bien intentionné qui commet gaffe sur gaffe. C'est là aussi l'explication du passage quelque peu obscur où il est question de la sanction prise contre Riazanov en mai 1921, et dont il faut dire quelques mots, étant donné que les historiens n'ont pas toujours bien interprété les événements (9). Riazanov avait fait adopter, en mai 1921, une résolution par la "fraction" communiste au congrès syndical, par laquelle un certain nombre de principes gouvernant le travail des communistes dans le mouvement syndical étaient affirmés. Il ne s'agissait en réalité que d'un texte reprenant les décisions du Xème congrès du parti, insistant sur la nécessité de rétablir des normes démocratiques dans la vie syndicale et sur le devoir du Comité central du parti de former un noyau syndical dirigeant stable, qui serait capable de diriger les syndicats sans que le Comité central ne soit obligé de se mêler quotidiennement de ces problèmes. Cette résolution, qui avait été adoptée par la fraction, devait être soumise au congrès. C'est là que le Comité central intervint pour faire annuler la résolution par la fraction. Riazanov fut écarté du mouvement syndical et Tomski fut envoyé en mission au Turkestan. L'historien et syndicaliste menchevik S. Schwartz a affirmé à ce propos que le "crime" de Riazanov était d'avoir été "trop cynique" dans sa défense de la soumission des syndicats au parti (10). Cette interprétation est assez peu vraisemblable car elle implique que Riazanov en aurait "rajouté" par rapport aux décisions du Xème congrès. Or, le texte de la résolution (que Riazanov rappela lors de sa défense au Xlème congrès) montre qu'il n'en est rien. La sanction qui frappa Riazanov était motivée par le fait que les directives du Xème congrès étaient des normes élaborées à l'intention du parti et n'avaient pas à être imposées, ni soumises au vote du congrès des syndicats (11).
La place consacrée dans son discours à la critique de Riazanov apparaît comme démesurée par rapport aux positions critiquées Trotski apparaît à travers son discours (malgré le rappel de ses propres positions antérieures) comme s'il ne voulait pas outrepasser une limite qu'il s'était lui-même tracée, à savoir de ne pas faire plus qu'une "défense et illustration" de la politique du Bureau politique. De ce fait, ses positions souffrent des mêmes limites que celles de la majorité du parti : absente y est toute réflexion sur ce qu'il faut faire pour s'assurer que les appareils de gestion de l'économie ne s'éloignent pas toujours plus des travailleurs (en dehors de la présence, derrière ces appareils, d'un "parti ouvrier" faisant toujours plus fonction de deus ex machina) de même que toute réflexion sur l'association des travailleurs à la gestion par d'autres canaux que celui des syndicats. Une telle réflexion, qui était au centre des préoccupations de la tendance Chliapnikov-Kollontaï au congrès précédent (bien que posée en termes simplistes et irréalistes) ne figure pas parmi les préoccupations de la majorité des bolcheviks en 1922. Notons enfin, pour terminer et résumer, que les positions que Trotski prend ici sont en rupture formelle avec celles qu'il avait défendues en 1920/21 à propos des rapports des syndicats avec l'Etat soviétique (syndi cats-"organes économiques" du pouvoir, "caractère obligatoire" du syndicalisme, chargé d'établir la "discipline du travail" et d'exercer la "répression révolutionnaire" et de "discipliner" la classe ouvrière) (12), et qu'il devait, plus tard, décrire comme la mise en place d'un "appareil brutalement centralisé... créé sur la base de l'organisation syndicale" (13). Cette rupture est cependant relative, étant donné que le changement d'orientation est essentiellement justifié à la lumière d'une théorie des stades de la transition (stades séparés par le "tournant" dans la politique économique), théorie que Riazanov ignore quant à lui. Cette justification limite et relativise fortement la portée autocritique de la démarche de Trotski, qui reste - on le verra plus loin -acquis à l'idée de l'étatisation des syndicats, comme perspective à long terme. Ce n'est qu'avec l'élaboration de la critique de la dégénérescence de l'Etat ouvrier qu'il abandonnera cette idée. Mais cela, c'est une autre histoire ! Nota bene : A. Soljenytsine a redonné, dans le premier volume de son "Archipel du Goulag" une certaine actualité au passage du discours de Trotski qui traite du suicide de l'ingénieur en chef du service des eaux de Moscou (14). Il s'agissait d'un ingénieur apolitique, type même du "spécialiste" bourgeois dont l'économie russe avait tant besoin, qui avait été poussé au suicide par les incessantes tracasseries dont il faisait l'objet de la part des communistes de son entreprise. Soljenytsine cite son cas comme un exemple des injustices dont se rendait coupable la révolution, y compris pendant ses premières années. Trotski, au contraire, justifie la sévérité exemplaire dont fit preuve la Cour suprême près le Comité exécutif central de Russie, qui condamna les communistes qui avaient persécuté l'ingénieur Oldenborger. Il la justifie au nom de la nécessité d'éduquer les travailleurs, y compris les communistes, par tous les moyens, même les plus durs, afin d'éviter que leur niveau culturel arriéré ne les entraîne à des comportements catastrophiques. Cette partie de l'intervention de Trotski, explicitement approuvée par le rapporteur Tomski dans ses conclusions, démontre clairement le caractère simpliste de la thèse défendue par Soljenytsine. Mais si la thèse de Soljenytsine est inacceptable, le point de vue de Trotski n'en est pas pour autant inattaquable. On y décèle une tendance à mettre tous les travailleurs du "service des eaux" dans le même sac, négligeant ainsi le fait qu'il y avait parmi eux non seulement des communistes sans culture (les nouveaux arrivants) mais aussi des travailleurs qualifiés occupant leur fonction depuis longtemps (ceux-là même qui avaient élu V.V. Oldenborger au soviet local). NOTES (1) Opposition ouvrière : groupe ou tendance de gauche du Parti bolchévik, constitué fin 1920. Son programme comportait la gestion de l'industrie par les syndicats, l'égalisation des salaires, la distribution par le biais de paiements en nature. Principaux dirigeants : Alexandra Kollontaî et A. Chliapnikov. Battue au Xème congrès du PC(b) en 1921, l'opposition ouvrière garda toutefois un représentant au Comité central, A. Chliapnikov, jusqu'en 1922. (2) Voir A.G. Titov, Bor'ba partii s trockizmom v gody stroitel'stva socializma v SSSR, Moscou, 1975, pages 31 à 37. (3) On en trouvera la critique dans l'étude d'E. Germain "'La discussion sur la question syndicale dans le parti bolchévik (1920/1921)", en Quatrième Internationale, seme annee, vol. 13, nos 1 - 3 (mars 1955), pages 50 à 59. (4) La résolution syndicale, rédigée par Lénine sur la base de rapports rédigés par Andreiev (signataire de la plate-forme de Trotski au Xème congrès) et Rudzutak (signataire de la plateforme des dix), était présentée par un bureau politique unanime et fut adoptée à l'unanimité moins deux abstentions. (5) I. Deutscher, Soviet Trade Unions, London, Royal Institute of International Affairs, 1950, pages 61-62. (6) hozzascet : ce mot, qui est une abbréviation de hozjajstvenii raschet (calcul économique) est malaisé à traduire. !! s'agit du système de la gestion autonome des entreprises, inaugurée sous la NEP. En français, ce terme est souvent traduit par "gestion équilibrée" , mais cette traduction ne restitue q'un seul aspect de la notion de hozzascet. Il avait pour fonction première de veiller à ce que les entreprises d'Etat ne soient pas une charge pour l'Etat. Il fut introduit par la décision du Conseil des commissaires du peuple (sovnarkom), le 9 août 1921. C'est de cette décision que parle Trotski dans son discours, quand il mentionne une décision "publiée le 11 août 1921" (7) Les passages essentiels sont traduits dans Mervyn Matthews, Soviet Government, London 1974, (voir texte en annexe). (8) Les "tâches" qui appelaient Trotski à ce moment-là ne relèvent-elles pas déjà de cet ensemble de curieuses explications circonstancielles évoquées par Trotski pour expliquer ou justifier ses absences lors d'une série de débats de fond (E.H. Carr, The Interregnum 1923/24, New York 1954) en 1923 et 1924?
(9) I. Deutscher, op. cit, pages 62/63 commet une erreur de date doublée d'une erreur d'interprétation en y voyant un conflit à propos de la politique salariale après le Xlème congrès. (10) S.Schwartz, Lénine et les syndicats, Paris, Spartacus 1971, page 71. (11) Larine proposa au Xlème congrès de lever l'interdiction qui était faite à Riazanov de militer dans le mouvement syndical. Cette motion fut rejetée après une intervention très dure de Zinoviev.
Discours de Léon
sur la question sy
(Xlème congrès du PC(b)R - septième séance, 29 mars 192 -)
(12) Trotski, Terrorisme et communisme, Paris UGE 1963, pages 163 à 173 et 216.
(13) Trotski, Thèses sur la situation économique de la Russie soviétique du point de vue de la révolution socialiste" (1922), in : Critique de l'Economie politique n° 7/8, page 107.
(14) A.Soljenitsyne, Archipelag Gulag, I-II, Paris, YMCA-
Press 1973, pages 340 à 345.
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Trotski ndicale