Septembre 1972 : Troubles sérieux dans la région de Jiu, causés par le rationnement, la crise du logement et l'accroissement unilatéral des normes de production.
Août 1977 : 35 000 mineurs de la vallée de Jiu se mettent en grève "sur le tas" et exigent de négocier directement avec Ceausescu. La révolte est avant tout dirigée contre une nouvelle loi sur les pensions mais les revendications portent également sur la journée de six heures pour les mineurs de fond, des vêtements de travail gratuits, le remplacement des directeurs en place, l'abolition du travail forcé, et le refus du rationnement de certains produits alimentaires faisant partie du salaire en nature.
Après des négociations et des promesses de réforme, une répression sévère s'abattit sur les mineurs.
Février 1979 : Création du Syndicat libre du peuple travailleur de Roumanie (SLOMR), à partir d'un petit noyau à Bucarest et dans la ville industrielle de Turnu Severin. Par suite de la répression, cette organisation ne semble pas avoir pu obtenir une adhésion importante, sauf dans la région habitée par la minorité hongroise, où 2 500 travailleurs y ont adhéré.
Eté 1980 : Des grèves éclatent dans diverses parties du pays (bassins miniers de Jiu et de Rovinari, usines sidérurgiques de Galati et Tirgoviste, usines de construction mécanique de Bucarest) pour protester contre les mauvaises conditions de travail et d'approvisionnement et l'accélération des cadences. Comme en 1977, les syndicats "officiels" sont récusés par les travailleurs et des comités de grève élus. Les grévistes occupent pendant quatre jours l'usine "23-Août" de Bucarest et Ceausescu doit s'y rendre personnellement et donner satisfaction à toutes les revendications ouvrières.
Novembre 1987 : A Brasov, deuxième ville du pays, plusieurs milliers d'ouvriers (au moins 15 000) des usines de tracteurs et de camions, descendent dans la rue manifester contre les coupes sombres opérées dans leurs salaires, contre les pénuries alimentaires de plus en plus drastiques et les restrictions d'électricité. Rejoints par la population, ils mettent à sac le siège du Parti et la mairie. Mais, en quelques heures, l'émeute populaire est noyée dans le sang par la milice.
A la différence des troubles de 1977, la nouvelle est rapidement connue à l'intérieur et à l'extérieur du pays ; même la presse officielle doit en parler. Ces événements ont un tel retentissement que l'on peut parler d'un "effet Brasov". Ainsi, le mouvement d'opposition clandestin "L'action démocratique roumaine" signale son existence en appelant, par voie de tracts, la population à manifester son mécontentement et sa sympathie aux manifestants de Brasov. Un comité de soutien aux personnes arrêtées et à leurs familles est constitué. *