le 7 décembre dernier, à La Havane. Ils illustrent parfaitement le contraste entre
Les contradictions de Fidel Castro
Voici quelques extraits significatifs du discours prononcé par Fidel Castro l'anti-impérialisme radical de la direction castriste et ses positions et analyses erronées sur la démocratie et les événements dans les pays de l'Est.
DOCUMENT
LE
CAPITALISME, son économie de marché, ses valeurs, ses catégories et ses méthodes ne pourront jamais être des instruments permettant au socialisme de sortir de ses difficultés actuelles et de rectifier les erreurs qui ont pu être commises. Une bonne part de ces difficultés vient non seulement des erreurs, mais aussi du blocus rigoureux et de l'isolement auxquels les pays socialistes ont été soumis de la part de l'impérialisme et des grandes puissances capitalistes qui monopolisaient presque toutes les richesses, ainsi que les technologies les plus avancées du monde, produit du sac des colonies, de l'exploitation de leur classe ouvrière et du vol massif de cerveaux aux pays en voie de développement.
Des guerres dévastatrices, qui ont coûté des millions de vie et la destruction de la majorité des moyens de production accumulés, ont été menées contre le premier Etat socialiste. Tel le Phénix, il a dû ressurgir plusieurs fois de ses cendres et a rendu d'immenses services à l'humanité, comme le renversement du fascisme et l'impulsion décisive du mouvement de libération d'autres pays encore colonisés. On veut oublier tout cela aujourd'hui.
C'est répugnant de voir qu'actuellement beaucoup de gens, y compris en URSS, dénigrent et détruisent l'exploit historique et les mérites extraordinaires de ce peuple héroïque. Ce n'est pas ainsi qu'on rectifiera et dépassera les erreurs indéniables commises par une révolution née au cœur de l'autoritarisme tsariste, dans un pays immense, attardé et pauvre.
(...) Pour cela, nous n'avons pas hésité à empêcher la circulation de certaines publications soviétiques qui sont pleines de venin contre l'URSS elle-même et contre le socialisme. On perçoit derrière elles la main de l'impérialisme, de la réaction et de la contre-révolution. Certaines de ces publications ont déjà commencé à demander l'arrêt des relations commerciales équitables et justes qui se sont forgées entre l'URSS et Cuba durant le processus révolutionnaire cubain. En bref, que l'URSS commence à pratiquer avec Cuba l'échange inégal, vendant de plus en plus cher et achetant de moins en moins cher nos produits, tout comme font les Etats-Unis avec les pays du Tiers monde.
= AMERIQUE CENTRALE
(...) La destruction systématique des valeurs du socialisme, le travail de sape mené par l'impérialisme, ajoutés aux erreurs, ont accéléré le processus de déstabilisation des pays socialiste en Europe de l'Est. (...) L'impérialisme sances capitalistes ne peuvent dissimuler leur euphorie face à ces événements ; ils sont persuadés, non sans fondement, qu'aujourd'hui, le camp socialiste n'existe virtuellement plus (...), persuadés également que le Pacte de Varsovie n'existe pas davantage et n'est plus qu'une fiction, que des sociétés corrompues et minées de l'intérieur seront incapables de résister.
(...) Il est notoire qu'une grande partie des richesses du monde capitaliste développé provient de l'échange inégal avec les pays du Tiers monde. Durant les siècles de la colonisation, ils les ont mis à sac, ont réduit en esclavage des millions de leurs fils et, souvent, ont épuisé leurs réserves d'or, d'argent et d'autres minéraux, ils les ont exploités avidement et leur ont imposé le sous-développement. Voilà la conséquence la plus directe et patente du colonialisme. Aujourd'hui, ils les saignent à blancs à travers les intérêts d'une dette infinie et impayable; ils leur arrachent leurs produits de base à des prix misérables ; ils vendent leurs produits industriels à des prix toujours plus élevés.
(...) Maintenant, l'impérialisme veut que les pays socialiste d'Europe s'ajoutent à cette colossale mise à sac, ce qui ne semble pas être pour déplaire aux théoriciens des réformes capitalistes. Du coup, dans beaucoup de ces pays, personne ne parle de la tragédie du Tiers monde et les foules mécontentes sont orientées vers le capitalisme et l'anti-communisme et, dans l'un d'entre eux, vers le pangermanisme. (...)
Cela intéresse beaucoup plus les Etats-Unis et les puissances capitalistes d'investir en Europe de l'Est que dans tout autre lieu de la planète. Que peut espérer d'une telle évolution le Tiers monde où vivent des milliards de gens dans des conditions infra-humaines? On nous parle de paix. Mais de quelle paix s'agit-il ? D'une paix entre les grandes puissances, tandis que l'impérialisme se réserve le droit d'intervenir ouvertement et d'agresser les pays du Tiers monde ? Les exemples abondent.
Le gouvernement impérialiste des Etats-Unis exige que personne n'aide les révolutionnaires salvadoriens et tente de faire du chantage à l'URSS en lui demandant rien moins que l'arrêt de toute aide économique et militaire au Nicaragua et à
Cuba. (...) Pour sa part, ce même gouvernement impérialiste aide le gouvernement coupable d'un génocide et envoit des unités spéciales de combat au Salvador, soutient la contre-révolution au Nicaragua, organise des coups d'Etat à Panama et l'assassinat de dirigeants de ce pays, aide militairement l'UNITA en Angola, malgré les accords de paix en Afrique australe (...).
Ce serait magnifique que les armes nucléaires disparaissent. Si ce n'était pas une simple utopie et si cela se réalisait un jour, cela serait un bien inestimable et augmenterait la sécurité, mais seulement pour une partie de l'humanité. Cela ne donnerait ni la paix, ni la sécurité, ni l'espérance aux pays du Tiers monde.
L'impérialisme d'armes nucléaires pour agresser nos peuples. Ses flottes puissantes à travers le monde, ses bases militaires partout et ses armes conventionnelles, toujours plus sophistiquées et mortelles, sont suffisantes pour qu'il joue son rôle de maître et de
(...) Si les événements suivent leur cours actuel, si l'on n'exige pas des EtatsUnis de renoncer à ces conceptions, de quelle "nouvelle pensée" peut-on parler ? En continuant ainsi, le monde bipolaire que nous avons connu après la guerre se transformerait inexorablement en monde unipolaire sous l'hégémonie des Etats-
(...) L'impérialisme yankee pense que Cuba ne pourra pas résister et que la nouvelle situation apparue dans le camp socialiste lui permettra de soumettre inexorablement notre révolution.
Cuba n'est pas un pays où le socialisme est arrivé derrière les divisions victorieuses de l'Armée rouge. A Cuba, le socialisme a été forgé par les Cubains dans une lutte authentique et héroïque. Trente ans de résistance au plus puissant empire de la terre prouvent notre force politique et morale.
Nous qui dirigeons le pays, nous ne sommes pas un groupe de parvenus sans expérience, arrivés récemment à des postes de responsabilité. Nous sortons des rangs des vieux combattants anti-impérialistes de l'école de Mella et de Guiteras, des rangs du Moncada, du Granma, de la Sierra Maestra et de lutte clandestine, de Giron et de la crise d'octobre.
(...) A Cuba, révolution, socialisme et indépendance nationale sont indissolublement liés. (...)
Proceso