MEXIQUE Nouveau conflit à Ford
Le 10 janvier 1990, l'ouvrier Cleto Benigno Urbina de l'usine Ford de Valle de Mexico a été tué par deux balles tirées par des vigiles aux ordres de Hector Uriarte Martinez, secrétaire général de la Confédération des travailleurs de Mexico (CTM), protégé par les patrons et par la hiérarchie de sa centrale syndicale (sur la situation à l'usine Ford, voir aussi Inprecor numéro 293 du ler octobre 1989).
Huit autres ouvriers ont été blessés par balles, et trois par armes contondantes, lors d'une agression perpétrée le 8 janvier dernier à l'intérieur des installations de l'entreprise. Ce jour-là, près de 100 pistoleros sont entrés dans les installations, en "bleus" de travail et avec des laissez-passer officiels. Ils se sont mis à effrayer les ouvriers, les menaçant avec des armes à feu pour qu'ils retournent "travailler" et qu'ils oublient leurs revendications économiques et leur volonté de démocratiser leur syndicat.
Ces menaces, d'intimider les ouvriers, ont eu l'effet inverse, et la base s'est ment ouvrier international. affrontée à la bande de mercenaires, les a expulsés de l'usine et en a arrêté trois. Maintenant, les travailleurs contrôlent les deux usines de la multinationale à Valle de Mexico et se préparent à résister fermement pour défendre leur outil de travail, leurs revendications économiques et le contrôle de leur organisation syndicale.
Ce conflit a débuté en décembre dernier quand l'entreprise a indûment diminué de presque 70 % la prime de fin d'année des travailleurs et a, en outre, annoncé qu'il y aurait une très faible répartition des dividendes, alors que la Ford de Mexico est la troisième entreprise exportatrice du pays et a un taux élevé d'expansion. La direction de l'entreprise a déclaré que la réduction des primes de fin d'année correspondait aux impôts
En bref...
décomptés auparavant, faisant ainsi retomber sur les travailleurs les erreurs qu'elle a commises. Cela a créé un malaise chez le personnel; malaise qui a augmenté quand leur dirigeant syndical, Uriarte, a justifié les mesures de l'entreprise au lieu de défendre les intérêts des syndiqués.
Hace au manque de combativité de leur dirigeant, les travailleurs ont tenté de le destituer. Mais, dès le début, ils se sont atfrontés à la complicité flagrante entre l'entreprise et Uriarte, qui ont fait leur possible pour faire taire les travailleurs, avec les résultats décrits ci-dessus. Maintenant, la lutte est entrée dans une phase plus critique vu que, jusqu'à présent, ni l'entreprise, ni les autorités ne semblent décidées à établir des négociations et à donner des réponses satisfaisantes aux revendications des travailleurs. Au contraire, dans la matinée du 10 janvier, l'entreprise a annoncé le licenciement de tous les ouvriers. Cette situation nécessite d'urgence une soPELA CDLE lidarité du mouveA cette fin, il est demandé que des manifestations aient lieu face aux entreprises Ford dans tous les pays ; que l'on envoie des télégrammes exigeant le respect des droits des travailleurs mexicains à la Ford Motor Company, Paseo de la Reforma, 333, Mexico DF. Ainsi qu'aux autorités mexicaines : Presidente de la Republica, Carlos Salinas de Gortari, Residencia oficial de los Pinos ; Secretario general del Trabajo, Arsenio Farrell Cubillas, Periférico Sur, 4271, zona postal 20. L'on peut également envoyer des télégrammes d'appui et de solidarité à la lutte des travailleurs de Ford à : Dr Lucio 103, Edificio Orion A 4, despacho 103, Mexico DF ; ou par Téléfax au 286 89 26 ou au 286 89 76, à l'attention de Raul Escobar. *