COREE DU SUD Répression accrue
Le mur de Berlin est tombé, mais celui qui sépare les deux Corée demeure solide et infranchissable. Le 5 février dernier, deux s'étaient rendus illégalement Pyongyang ont été condamnés à de lourdes peines de détention.
Les autorités de Séoul ont infligé à Im-Suk-Yong, une jeune étudiante de littérature française, une condamnation à dix ans de prison pour avoir participé, l'été dernier, au Festival international de la jeunesse en Corée du Nord. Pour sa part, le prêtre catholique Moon-Kyu-Hyun, qui avait réussi à la rejoindre à Pyongyang, a été condamné à huit ans de prison. Pour montrer qu'ils n'étaient pas manipulés par le régime de Kimavaient décidé de rentrer à Séoul, conscients des conséquences que leur acte pouvait entraîner.
La condamnation d'Im-SukYong est aussi la réun peu réduite après la Jeux olympiques de pus universitaires) et la radicalisation de leurs mots d'ordre conti-
La mort de six policiers lors d'une manifestation à l'université de Pusan (deuxième pays), le 4 mai dernier, a entraîné une spirale de "militarisation" des luttes estudiantines et de répression policière. Dix jours plus tard, un étudiant de Kwanjiu — ville qui fut le théâtre en 1980 d'un véritable massacre par les forces armées de Chung-Doo-Wan et qui demeure un des bastions du mouvement - est mort sous la torture, ce qui a exacerbé encore plus les conflits. Le dernier épisode de cette escalade d'affrontements a été l'occupation de la résidence de l'ambassadeur des Etats-Unis à Séoul par un commando d'étudiants, le 13 octobre 1989.
Parallèlement aux mobilisations estudiantines, la Corée du Sud est traversée depuis trois ans par de nombreux mouvements de Corée reste divisée.
grève dans tous les principaux centres industriels. La classe ouvrière, qui a été pendant trente ans la victime du surprenant "miracle économique" sud-coréen, a décidé de demander son dû aux patrons et, après avoir obtenu des augmentations salariales considérables, lutte pour la légalisation de ses syndicats (voir Inprecor numéro 281 du 6 février 1989).
A la tête des grèves ouvrières on trouve souvent d'anciens militants d'organisations et de groupes radicaux qui sont devenus ouvriers (il n'y a pas de chômage en Corée du Sud) après avoir été expulsés des universités dans les dernières années (avant la libéralisation de 1987). Par conséquent, un lien existe entre les grèves ouvrières et les luttes des étudiants, mais cela ne c'est pas encore traduit par la naissance d'un mouvement social d'opposition unifié.
Le décalage reste considérable entre les revendications politiques des étudiants (réunification nationale, expulsion des troupes américaines, démocratisation effective du pays, condamnation des militaires impliqués dans le massacre de Kwanjiu) et celles essentiellement économiques des ouvriers (reconnaissance des droits syndicaux). C'est justement cette conjonction entre étudiants et ouvriers que le régime actuel veut à tout prix empêcher.
Pour le gouvernement sud-coréen, les événements révolutionnaires secouant l'Europe de l'Est signifient uniquement l'ouverture de nouveaux marchés pour une économie encore largement fondée sur l'exportation (c'est le sens de la normalisation des relations diplomatiques avec la Hong-
Get, prochainement, - avec l'URSS). En revanche, pour les étudiants, les séismes de l'Est européen montrent surtout que la réunification du pays doit être conquise par la lutte et doit passer par le retrait des 40 000 soldats américains stationnant dans leur pays. On n'oubliera pas la photo de deux étudiantes coréennes qui, au sommet de la porte de Brandenburg, le jour de la chute du mur de Berlin, nous rappelaient que la