Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

AFRIQUE NOIRE

La colère noire

· Inprecor n° 304, 9 mars 1990 · p. 28-30 · 2 958 mots

Claude Gabriel était le pseudonyme de Claude Jacquin, membre de la direction internationale du milieu des années 1980 au milieu des années 1990, très actif dans sa Commission Afrique.

Afrique France Économie mondiale Afrique australe

Le continent africain est actuellement touché par une vague de troubles sociaux qui en dit long sur l'état de délabrement économique et politique de ces pays. Au moment où se fête, paraît-il, la victoiredu capitalisme sur le socialisme, il est important de revenir sur les dégâts, et plus simplement les crimes, commis par la domination impérialiste en Afrique noire. Claude GABRIEL

EN QUELQUES semaines, le Niger a été touché par une vague de grèves étudiantes durement réprimée et le Bénin a connu une profonde instabilité politique après des vagues de grèves étudiantes et ouvrières. Après le Sénégal, théâtre depuis plusieurs années d'une crise sociale et politique rythmée par des grèves étudiantes et lycéennes, c'est maintenant au Gabon et à la Côte d'Ivoire, deux pays parmi les plus "stables", de connaître à leur tour des troubles politiques et des émeutes. Enfin, le Kenya et le Mozambique font face eux-aussi à des problèmes du même ordre.

Sur ces six pays actuellement touchés par la contestation, quatre appartiennent à la zone de domination française. Quatre, le Sénégal, le Gabon, la Côte d'Ivoire et le Kenya ont des régimes ouvertement pro-occidentaux. Le Mozambique du Front de libération du Mozambique (FRELIMO) se réclamait voilà encore peu du camp socialiste et du marxisme (1). Quant au Bénin, membre de la zone franc et petite néo-colonie française, son régime a opté pour le "marxisme léninisme", mimétisme dérisoire du modèle stalinien par une équipe militaire populiste. Ainsi, malgré leurs différences, tous ces pays connaissent de graves conflits sociaux.

AFRIQUE NOIRE

Les étudiants et les lycéens ont été le plus souvent au cœur de ces mobilisations mais, selon les pays, on retrouve aussi des enseignants, des fonctionnaires, ainsi que des secteurs ouvriers des services publics. Au moins dans le cas du Sénégal, du

Gabon et de la Côte d'Ivoire, il y a eu des La ne r, paul ces

formes d'explosion populaire avec occupation de la rue (2). Dans ces trois pays ainsi qu'au Bénin, les mouvements ont pris pour cible le chef de l'Etat, ont exigé sa démission, s'en sont pris à la corruption du pouvoir et se sont élevés contre une série de mesures d'austérité (3).

On peut tirer quelques leçons générales de ces mouvements de contestation. Premièrement, dans aucun de ces pays, il n'existe de véritable force politique organisant ces mobilisations et ce, qu'il existe ou non une opposition structurée aux régimes en place. Des groupes politiques ou des personnalités peuvent avoir une influence importante sur les manifestations mais il faut garder à l'esprit qu'il s'agit de pays où le mouvement ouvrier est d'une extrême faiblesse et n'a souvent aucune indépendance organique par rapport au pouvoir. La conscience anti-impérialiste, pour ne pas parler de la conscience de classe, y est encore très faible.

"Implosion" des Etats

Deuxièmement, Il faut souligner la facilité avec laquelle ces mouvements sociaux se transforment rapidement en émeutes avec pillages, mobilisant la jeunesse des quartiers pauvres. On ne peut donc conclure simplement à une nouvelle montée de radicalisation politique et sociale dans ces pays. Le processus est plus complexe et plus ambivalent dans la mesure où, en l'absence d'alternative aux pouvoirs en place, ces mouvements exprisition sociale. Aujourd'hui, il existe un véritable risque d'assister à ce qu'il est maintenant convenu d'appeler une "implosion" des Etats sans qu'il existe en face de force sociale capable d'exprimer une véritable alternative.

L'effet destructeur de la crise capitaliste sur ces sociétés est l'une des principales causes de ces événements. La déstabilisation et la décomposition de ces sociétés sous l'effet de facteurs exogènes va aujourd'hui bien plus vite que leurs capacités propres à engendrer des forces politiques et sociales capables de représenter un projet alternatif à la gabegie néo-coloniale. Le sort actuel de l'Afrique noire doit être au centre de l'acte d'accusation contre l'impérialisme.

En effet, l'anarchie capitaliste a produit les pires dégâts, occasionnant de e très rapides et brutales mutations sociales :

1) La dette à long terme de l'Afrique noire a été multipliée par 19 depuis

1970. Elle égale maintenant son Produit national brut (à titre comparatif, la dette latino-américaine représente 60% du PNB).

Malgré

- la négociation d'une centaine de rééchelonnements au cours de cette période, les arriérés continuent de s'accumuler (4).

2) Deux tiers de la population rurale et un tiers de la population urbaine vivent en dessous du seuil de pauvreté. Le taux de mortalité infantile était de 104 pour mille en 1985, contre 71 pour mille dans l'ensemble du tiers-monde. La année, « seuls 65 % de la population urbaine et 26 % de la population rurale avait accès à de l'eau saine, contre 75 % et 42 % pour l'ensemble des économies en développement. L'espérance de vie à la naissance était de 49 ans pour les hommes et de 53 ans pour les femmes, contre respectivement 60 et 62 pour l'ensemble des pays en développement » (5) .

3) A la misère s'ajoute une terrible oppression des femmes, un très faible

1) Le Mozambique connaît par ailleurs une situation de guerre civile face à la Résistance nationale du Mozambique

(RENAMO), longtemps soutenue par l'Afrique du Sud. Guerre dévastatrice qui a mis le pays à genoux.

2) Au Sénégal la crise avec la Mauritanie voisine a permis au pouvoir de bénéficier pendant un temps de l'exutoire social et raciale qu'a constitué le déchaînement contre la communauté maure. En Côte d'lvoire, la presse a signalé des pillages contre les commerces libanais.

3) Le Sénégal est le seul de ces pays où il existe une véritable opposition politique structurée, sans que pourtant cela donne une direction et des perspectives au mouvement de masse. C'est encore au Sénégal, mais aussi au Bénin, que des syndicats ont joué un róle plus ou moins significatif dans les événements récents.

4) Voir De la crise à une croissance durable, publication de la Banque mondiale. Washington 1989.

5) Ismail Serageldin Pauvreté, ajustement et croissance en

Afrique, publication de la Banque mondiale. Washington 1989.

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usage de la contraception, un taux d'analphabétisme massif chez les femmes.

Fait unique, le taux de croissance démographique a augmenté régulièrement au cours de la dernière période pour atteindre 3,2 % par an, chiffre le plus élevé du monde. Si ces tendances se maintiennent, la population de l'Afrique noire sera de plus d'un milliard en

2010 (6).

4) Du fait de cet accroissement démographique et dans une situation de très grande pénurie, les problèmes prennent un tour dramatique. L'usage du bois de chauffe comme moyen populaire pour cuisiner a abouti à une vitesse de déboisement 29 fois supérieur à la vitesse de reboisement. C'est l'Afrique sahélienne qui est la plus touchée, avec un abattage

; de 4 % par an. En même i temps, 55 millions d'Africains sont confrontés à une pénurie de bois. On assiste par ailleurs à une érosion et à un épuisement chronique des terres cultivées entraînant dans beaucoup d'endroits une baisse de la productivité agricole, et donc un déficit colossal de la production vivrière.

5) En 1987, pour 450 millions d'habitants, le Produit intérieur brut (PIB) de l'Afrique noire était de 150 milliards de dollars, soit à peine plus que celui de la

Belgique. Dans certains pays, la baisse du revenu par habitant a atteint 25 %. Au cours des dix dernières années, compte tenu de la baisse des profits escomptables,

Nouakchott:

MALI

Bamako HTE VOLTA

Banjul y

Bissau 9e

Ouagagoudou :

GUINÉE-BISSAUGUINÉE

-Conakry-

COTE:

Freetown.

SIERRA LEONE

MIVOIR

'LIBERIR on a assisté, dans de nombreux pays africains, à une baisse des investissements et à une désindustrialisation. de production et des besoins en matières premières dans les pays développés a déstabilisé ces économies. La modification des habitudes alimentaires dans les pays consommateurs et l'utilisation croissante de produits de substitution modifient la division internationale du travail issue de la colonisation (7). Le résultat, est que les pays d'Afrique connaissent une surproduction de café, de cacao, d'arachide, de cuivre, etc. qui entraîne une baisse des cours sur le marché mondial. Ainsi, la part de l'Afrique dans le commerce mondial tend à reculer, aggravant d'autant écologiques plus les moyens de règlement de la dette.

Corruption et répression seul pratiquent une corruption vertigineuse, principal source de leur enrichissement. La crise n'a rien empêché, contraire mais, en revanche, elle a limité les retombées de cette manne vers les couches populaires. L'impérialisme a entretenu et reproduit cette situation comme instrument de contrôle et de reproduction des couches dirigeantes. Il s'agit, ni plus ni moins, d'une gestion privée des biens "publics" des "aides". noire, sans exception, est constitué par des dictatures ou des pouvoirs hautement répressifs. Sous une forme ou sous une autre, l'Etat se confond au parti dominant (souvent parti unique), et le mouvement syndical lui est majoritairement inféodé. gères ont représenté des moyens supplémentaire de reproduire la dépendance. Loin de permettre à ces pays de "décolNIGER TCHAD Niamey

N"Djamena

NIGERIA

Lagos CENTRAFRIOUE

CAMEROUN Bangui TYaoundé Malabo ps GUINEE EQUAT E3 PIS Abrevin S SAO TOME SGABONI It PRINCIPE Brazzav

Kinshas ZAIRE CABINDA

6) La rapide évolution des techniques

7) Les Etats et les cliques dirigeantes drent bien au mondiale.

et d'un détournement massif

8) L'ensemble des régimes d'Afrique

9) Les "aides et coopérations" étran-

Khartoume

:SOUDAN

OUGANDA

Kampalae

Kigali

RWANDA

Bujumbi

TANT

AFRIQUE NOIRE ler", elles ont facilité la présence massive de fonctionnaires et entrepreneurs européens. Dans de nombreux pays, ils sont bien plus nombreux qu'au moment de l'indépendance. La domination culturelle et linguistique a enfermé ces pays dans une totale aliénation.

En conclusion, on peut dire que les vingt dernières années ont coûté plus cher aux Africains que la traite des esclaves à l'origine de la colonisation. A une époque où l'on juge les "réussites" du capitalisme à la seule mesure du PIB allemand ou japonais, il n'est pas inutile de rappeler que l'économie capitaliste mondiale forme un ensemble. La manière dont les pays impérialistes ont pu limiter chez eux les effets de la longue dépression ouverte au début des années 70 n'est pas étrangère au sort des pays du tiers monde. Une partie du coût de la crise a ainsi été déplacée vers ces économies. Le sort actuel de l'Afrique noire n'est pas un phénomène marginal. Les facteurs récurrents de la crise engenmaintenant des phénomènes de recul absolu et de chaos. Il y a un seul accusé à ce procès : l'économie capitaliste

La jeunesse descend dans la rue

C'est dans ce contexte général qu'il faut comprendre les explosions sociales récentes. La jeunesse qui descend dans les rues constitue en quelque sorte la génération des "ajustements structurels". Dans les mouvements de protestation, on retrouve les étudiants, par exemple, qui savent que malgré le déficit de techniciens et de professeurs, ils seront au chômage en sortant de l'université pour cause d'austérité budgétaire. On retrouve aussi ceux qui subissent directement une baisse de leur niveau de vie quand le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale imposent la "vérité des prix" pour les biens de consommation courante ou la réduction des dépenses publiques.

Le problème n'est pas de nier l'hypertrophie des effectifs de certains secteurs de la fonction publique, mais il faut comprendre que celle-ci a servi la stabilité sociale des régimes néo-coloniaux pendant trente ans. On demande aujourd'hui aux salariés d'en payer les frais sans aucune politique de rechange, au moment même où les investissements industriels étrangers diminuent. Et, dans la mesure où la

6) Ces chilfres impliquent un taux de fécondité de 6,5 enfants par femme. 5% des couples utilise la contraception contre 30% en Inde et 70% en Chine. Les femmes africaines cultivent environ 80 % des denrées alimentaires, mais ne gagnent que 10% du revenu monétaire et ne possèdent qu'environ 1% des biens.

7) Voir Inprecor numéro 262 du 28 mars 1988.

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AFRIQUE NOIRE corruption des couches dirigeantes ne se réduit pas, les coupes budgétaires touchent en premier lieu les services sociaux, pourtant déjà dérisoires.

Au Zaïre, par exemple, 20 % des instituteurs ont été renvoyés entre 1983 et 1984, alors que l'Afrique connaît un taux d'analphabétisme de 54% chez les plus de 15 ans (contre 36 % en Asie et 17 % en Amérique latine) (8).

Echee de la Convention de Lomé

Il faut tout le cynisme des fonctionnaires de la Banque mondiale pour défendre les grandes mesures d'austérité, en ajoutant cependandant qu'il « faut reconnaître néanmoins que des changements de cette importance se traduisent par de graves perturbations des conditions d'existence de nombreux secteurs de la population » (9). Or, précisément, dans un pays comme la Côte d'Ivoire, les secteurs touchés par une baisse de 25 % des revenus entre 1980 et 1985 ne se trouvent pas parmi les couches dirigeantes et la famille du président Houphouët Boigny. Le revenu moyen annuel par habitant qui était, selon la Banque mondiale, de 1 150 dollars en 1980 est passé à 650 dollars en 1985. En même temps, Houphouët Boigny faisait construire une cathédrale pharaonique pour signifier la grandeur de son règne (10).

Deux autres leçons méritent d'être tirées de la situation que traversent les pays d'Afrique noire. Tout d'abord, illustre l'échec de la Convention de Lomé liant, entre autres, la plupart des pays africains à la Communauté européenne (CEE). La Convention est censée remédier aux effets de l'échange inégal, notamment grâce à des mécanismes compensatoires (Stabex et Sysmin) pour les manques à gagner à l'exportation des économies africaines. Dans la mesure où il ne s'agit que d'une rectification a posteriori des effets du marché, ces mécanismes ont été incapables de remédier à la détérioration cumulative des termes de l'échange (11). Au moment où la CEE cherche les fonds nécessaires à son intervention en Europe de l'Est, on ne peut être que dubitatif sur les moyens dont pourrait disposer, à l'avenir, la

Convention de Lomé.

La seconde constatation à faire est que la zone franc, supposée protéger les Etats au moyen d'une membres monnaie ayant un taux de change absolument fixe par rapport au franc français, ne fait plus la différence avec les autres économies africaines

(12). Des six pays touchés actuellement par une crise politique ouverte, quatre sont membres de la zone franc et traditionnellement sous l'emprise des intérêts français. Or, il est tout à fait affligeant de constater l'ampleur du consensus national en France sur ses rapport avec l'Afrique noire. Le non-dit fait le plus souvent office de ligne politique pour toutes les grandes forces parlementaires et pour les grands médias.

elle

Toutes sortes d'excuses et d'explications sont ainsi données pour justifier l'existence des dictatures africaines. N'a-t-on pas entendu souvent l'explication qu'en Afrique, il y avait une tradition du "chef" et l'un des principaux dirigeants de la droite française, Jacques Chirac a pu sans gêne expliquer que « pour les pays en voie de développement, le multipartisme est une erreur politique et un luxe ».

reste. Les gouvernements socialistes français, en place entre 1981 et 1986 et depuis

1988, n'ont rien modifié aux rapports de soumission entre ces pays et la France. Il y a toujours 2 200 militaires français au

Sénégal, 3 900 à Djibouti, 500 en Côte d'Ivoire, 400 au Gabon, etc. Tout l'arsenal politique et idéologique mis en place par le gaullisme pour maintenir le stricte contrôle de ces pays a été maintenu. Le régime sénégalais de Abdou Diouf n'est- il pas l'une des figures de pointe de l'Internationale socialiste ?

pleine crise gabonnaise, le gouvernement français ait décidé d'extrader, le 28 février dernier, l'un des principaux oppo-

La social-démocratie n'est pas en

Cen'est pas non plus par hasard qu'en sants au régime d'Omar

Bongo, par une procédure d'urgence. L'Afrique francophone continue d'être la scène de nombreux scandales et affaires louches où trempent immanquablement tous ceux qui passent par le pouvoir.

Tout cela n'est pas sans conséquence sur le comportement du mouvement ouvrier à cause du rôle corrupteur de la prétendue mission française en Afrique. Alors qu'il faudrait que la gauche française se range totalement aux côtés des populations africaines et dévoile les objectifs économiques, politiques et militaires auxquels les peuples africains devraient s'attaquer, on assiste au triste spectacle d'un Parti socialiste français qui se veut le meilleur gestionnaire possible des "intérêts" français.

La conséquence de cette politique est, qu'en l'absence d'un soutien important du mouvement ouvrier dans les pays tutélaires, les forces de contestation, aujourd'hui au

Sénégal ou en Côte d'Ivoire, demain au Nigéria ou au

Kenya, auront de graves difficultés à établir un rapport de forces qui leur soit favorable. Avant de se demander ce que les peuples africains pourraient bien faire du renversement des régimes en place, le mouvement ouvrier européen devrait plutôt se demander ce qu'il doit faire pour changer un monde qui condamne aujourd'hui 450 millions d'êtres humains au chaos et à la mort lente.

*

7 mars 1990

8) Voir Le Monde du 6 mars 1989.

9) Ismail Serageldin, directeur du Département de l'Afrique occidentale et centrale à la Banque mondiale. op. cité.

10) En 1988-89, le régime ivoirien a tenté une opération de rétention de son cacao afin de faire pression sur les cours mondiaux. L'opération s'est soldé par un fiasco total et la Côte d'Ivoire a dû plier devant les règles du marché. Mais ce type de mesures politiques pris par des régimes affaiblis montre bine bien que l'irrationnel et le désordre ont pénétré dans les rapports entre ces Etats et l'impérialisme.

11) Voir Inprecornuméro 171 du 16 avril 1984.

12) Quatorze pays africains sont membres de la Zone franc.

Depuis 1948, le franc CFA est égal à 0,02 franc français. L'un des principaux mécanismes de protection des membres tenait au fait qu'il y avait une gestion communautaire de leurs avoirs extérieurs centralisés, à concurrence d'au moins 65 %, sur des comptes d'opérations couvert par le Trésor français. Ainsi, les finances françaises étaient supposées garantir sans limite et, a priori, les découverts en devises des pays africains associés.

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