Si les victoires démocratiques actuelles du mouvement de masse en Europe de l'Est ne sont pas détruites, les marxistes révolutionnaires devront avancer un programme de et rejeté par la majorité. révolution politique qui aille au-delà des tentatives pour "réformer" le système. Il est nécessaire de s'organiser indépendamment de la bureaucratie dans le but de détruire son pouvoir et de se battre pour des institutions alternatives de pouvoir et de gouvernement basées sur l'auto-organisation des masses.
Le droit à l'auto-détermination et à l'unification pour les deux parties du peuple allemand doit être appuyé inconditionnellement. Ce n'est ni à Helmut Kohl ni à Hans Modrow de poser des conditions. Si telle est la volonté des masses est-allemandes — et à l'évidence ça l'est -- l'unification aura lieu. Des élections d'Assemblées constituantes doivent se tenir afin de décider librement et démocratiquement de l'organisation sociale et des institutions de l'Etat. Pour notre part, nous nous battrons pour que la nouvelle Allemagne unifiée soit socialiste, pour que des droits sociaux et démocratiques soient instaurés aux plus hauts niveaux, etc.
Les revendications clés de la révolution politique dans la situation immédiate sont :
• des élections immédiates et libres pour une Assemblée constituante ;
• la liberté des médias, avec un libre accès de toutes les organisations démocratiques ;
• le droit de réunion et de manifestation, et le droit de grève ;
Projet de résolution présenté par des • la dissolution de la police secrète et de toutes les institutions répressives ; membres du Secrétariat unifié
• l'ouverture de tous les dossiers secrets; • le procès public de tous ceux qui ont participé à la corruption bureaucratique et aux crimes contre le peuple;
Dans la phase particulière qui s'ouvre maintenant, les revendications suivantes sont extrêmement importantes :
• des syndicats nouveaux et indépendants; • des comités démocratiques sur les lieux de travail et dans les forces armées ; • le contrôle ouvrier dans les bureaux et les usines - ouvrez les livres. Le contrôle des étudiants sur leurs lieux d'études ;
• un plan de production démocratique et l'autogestion ouvrière.
Un tel programme d'action, qui combine des revendications minimales démocratiques et des revendications transitoires doit être réadapté à la situation de chaque pays. Cependant, un tel programme est essentiel pour la classe ouvrière afin qu'elle soit capable de défendre ses acquis sociaux contre la privatisation et les tentatives de la bourgeoisie de restaurer le capitalisme.
Une propagande sur la réorganisation de l'armée avec des comités de soldats du rang doit être nécessairement ajoutée à ce programme d'action. Il faut mener une bataille idéologique pour expliquer ce qu'est réellement une économie démocratiquement planifiée,
= RDA faire une critique marxiste des économies de marché capitalistes et expliquer le rôle d'un système de démocratie socialiste et d'autogestion avec des conseils ouvriers. Ces arguments sont tout particulièrement pertinents pour la lutte contre la crise écologique en Europe de l'Est.
Des revendications doivent aussi être avancées par rapport à la double oppression des femmes. La question allemande
La question allemande est décisive pour les luttes futures de l'ensemble de l'Europe. L'Allemagne de l'Est est le pays à économie de commande d"Europe de l'Est à avoir le mieux réussi et qui est le plus industrialisé, et donc le plus prolétarisé. Il était inévitable que la révolution politique, depuis le tout premier jour, soit étroitement liée à la question nationale — l'unification de l'Allemagne.
Bien que nous soyons pour l'auto-détermination du peuple de RDA, y compris le droit à l'unification avec la RFA, il faut présenter une perspective marxiste révolutionnaire à l'unification. Cela signifie le rejet clair du plan en dix points de Kohl qui cherche une avancée par étapes vers une solution capitaliste fédérale, ou d'autres projets pro-capitalistes similaires qui conduiraient à l'incorporation de la RDA dans la RFA. Nous sommes pour l'unification, mais nous nous battrons afin qu'elle se réalise sur une base socialiste. Nous détourner de l'unification, parce que le plan Kohl domine actuellement le terrain politique, ne conduirait qu'à la marginalisation complète de la gauche marxiste.
On peut pas arrêter la revendication démocratique croissante pour l'unification allemande. La question politique clé est quelle classe va la réaliser — la bourgeoisie ou le prolétariat ? Pour l'instant, c'est la bourgeoisie qui a toutes les cartes en main.
Mais le choix stratégique que la classe ouvrière doit effectuer ne se situe pas entre une réunification capitaliste, une restauration comme le propose Kohl, et une économie planifiée démocratique mais autarcique dans les frontières actuelles de la RDA (comme le proposent certaines forces de gauche en Allemagne de l'Est). Non seulement ce dernier choix a très peu d'appui parmi les masses aujourd'hui, mais il n'inspirera pas les travailleurs demain, ni ne construira l'unité de la classe ouvrière de l'Allemagne toute entière. Nous devons partir des intérêts objectifs de la classe tout entière — c'est-à-dire l'unification de l'Allemagne et celle de la classe ouvrière allemande - non comme un "moindre mal" pour combler une brèche.
De manière évidente, la question de l'unification doit être posée dans une perspective socialiste. Notre position programmatique est favorable à une Allemagne unie socialiste comme un pas vers une unité socialiste pan-européenne.
Qu'est-ce que cela signifie concrètement aujourd'hui ? Cela signifie avancer des revendications qui permettent à la classe ouvrière d'être à l'offensive sur cette question, et de ne pas laisser ce terrain politique à l'impérialisme - ou à des secteurs de la bureaucratie, qui conduiraient la classe à la défaite et au désastre. Cela signifie avancer des revendications qui puissent être reprises par les travailleurs tant à l'Ouest qu'à l'Est, d'impulser la construction d'un front uni de la classe ouvrière dans les deux Allemagne. La revendication d'une Allemagne unie neutre, hors de l'OTAN comme du Pacte de Varsovie, peut être le point de départ d'un programme anti-impérialiste.
Le capital ouest-allemand n'acceptera la réunification qu'en ces termes : défaite et atomisation des travailleurs est-allemands et fin de leurs mobilisations ; création d'un vaste volant de main-d'œuvre bon marché ; destruction du système d'aide sociale développé ; destruction et cannibalisation de secteurs entiers de l'industrie de RDA ; et, finalement, maintien de la future Allemagne unifiée dans l'alliance impérialiste de l'OTAN. Cependant, la pénétration capitaliste se réalise également sans l'unification - être contre l'unification n'est pas en soi une garantie quelconque de protection des acquis sociaux des travailleurs est-allemands. Craignant les conséquences d'une crise prolongée en RDA et l'émergence d'une solution authentique de la classe ouvrière, le gouvernement Kohl s'est embarqué dans une politique de déstabilisation et d'intégration rapide. La vitesse de ce processus, avec des proposition pour une seule monnaie cette année, cause des frictions dans la classe dominante et dans l'Alliance atlantique.
Diverses formules seront proposées pour la négociation. Dans cette situation, notre mouvement doit proposer des revendications qui, si elles sont reprises par le Nouveau Forum ou par la Gauche unie et autres, commenceront à mettre l'impérialisme sur la défensive sur la question nationale. Elles créeront aussi les conditions permettant aux travailleurs de RDA de défendre et d'étendre leurs acquis sociaux de manière unifiée, et en même temps de construire un front uni avec la classe ouvrière de RFA.
Ainsi, en plus du programme d'action présenté ci-dessus, en
• le retrait de toutes les troupes étrangères des deux Allemagne, y compris Berlin, comme avancée vers une Europe démilitarisée et dé-
• le retrait d'Allemagne de toutes les alliances militaires ;
• l'harmonisation des salaires jusqu'au niveaux ouest-allemands, et l'harmonisation des droits sociaux aux niveaux les plus avancés des deux Etats ;
• l'harmonisation des droits à l'avortement, pour la maternité et le soin des enfants ;
• la semaine de 35 heures sans perte de salaire à l'Est comme à l'Ouest;
• pas de licenciements. Pour l'expropriation de tous les firmes capitalistes qui licencient ;
• la généralisation de formes de démocratie sociale et populaire -pour des comités sur les lieux de travail et un système de conseils ouvriers.
• pour une Allemagne unie socialiste en tant que partie de l'Europe des travailleurs, à l'Est et à l'Ouest.
Un tel programme, même si les marxistes ne sont pas capables de réussir à faire accepter toutes ces demandes tout de suite, correspond aux intérêts des travailleurs allemands à l'Est comme à l'Ouest. La gauche socialiste doit prendre la direction de la lutte pour la réunification de l'Allemagne — elle doit déjouer les manœuvres de Kohl et de Modrow. Le programme présenté ci-dessus serait totalement inacceptable pour l'impérialisme — même la neutralité est blasphématoire pour lui — ou pour la bureaucratie elle-même. Mais ces revendications sembleront raisonnables à une couche toujours croissante de travailleurs militants, en premier lieu à l'Est mais également à l'Ouest. Les travailleurs est-allemands devraient interpeller les travailleurs de RFA, construire des liens, des campagnes communes et une solidarité. En d'autres termes, essayer de construire une réelle unité d'action — un front uni des travailleurs de l'Est et de l'Ouest !
Ce qui est en jeu — pas simplement théoriquement mais concrètement — c'est la possibilité d'une classe ouvrière et d'une coopération socialiste à l'échelle de toute l'Europe. Malgré des discussions dans la Communauté européenne sur la construction de liens politiques et économiques avec l'Europe de l'Est, son cadre institutionnel — bien qu'il ait été négocié prudemment durant de nombreuses années en prenant en compte tous les intérêts nationaux différents — est incapable de fournir une structure pour la coopération pan-européenne. Au contraire, les initiatives du gouvernement Kohl par rapport à la réunification allemande provoquent des tensions significatives avec les clubs capitalistes existants.
A travers l'Europe, la gauche doit mettre en place un cadre politique et économique alternatif pour l'intégration du continent qui respecte les droits des peuples à l'auto-détermination et au contrôle démocratique de leurs vies politiques et sociales. Nos sections ne doivent pas seulement aider à construire des sections de la IVe Internationale à l'Est, mais aussi intervenir en direction des mouvements ouvriers existant à l'Ouest, en proposant des initiatives à l'échelle eu-
June perspective