Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

UNION SOVIETIQUE

Vers l'éclatement du PCUS ?

· Inprecor n° 307, 20 avril 1990 · p. 9-11 · 3 025 mots

Salah Jaber était le pseudonyme de Gilbert Achcar, dirigeant de la section libanaise et, à partir de 1983, membre du Bureau de la IVe Internationale ; plus tard professeur à la SOAS (université de Londres).

URSS et Russie Syndicalisme

A l'occasion de son passage à Paris pour le meeting international sur l'Est du 31 mars, organisé par la Ligue communiste révolutionnaire (LCR, section française professeur à l'Ecole centrale du Parti communiste d'Union soviétique (PCUS) à

Moscou et membre du comité de coordination de la Plate-forme démocratique dans le PCUS, auquel il a adhéré en 1987. Il joue également un rôle important

Vers l'éclatement

du PCUS ?

de la IVe Internationale) Inprecor s'est entretenu avec MikhailMalioutine, dans les comités préparatoires pour un nouveau Parti socialiste.

INPRECOR : Peux-tu nous parler des origines de votre organisation ?

Mikhail MALIOUTINE : Nos groupes ont commencé à agir de manière légale en 1987. Les groupes de la gauche soviétique se sont d'abord appelés la Fédération des clubs socialistes. Il s'agissait de petits groupes, dont l'un des principaux était la Confédération des anarcho-syndicalistes qui regroupait une trentaine de personnes à Moscou et entre 300 et 400 à travers toute l'Union soviétique. L'Initiative socialiste, un autre groupe dirigé par Boris Kagarlitsky (1), Vitali Ponomarev, spécialiste des Républiques asiatiques, Yefim Ostrovsky, un des dirigeants de notre travail dans les Komsomols (Jeunesses communistes), et moi-même, est devenu, après son congrès tenu le 25 mars dernier, le Comité de Moscou des nouveaux socialistes. Ce n'est pas non plus une grande organisation — 40 membres environ à Moscou.

D'autres organisations appuient notre lutte pour un nouveau Parti socialiste. C'est le cas de l'aile gauche des Komsomols à Moscou et ailleurs, et de quelques comités provinciaux, qui s'appelle la Fédération de la jeunesse socialiste (FJS). De même que l'aile gauche du syndicat indépendant (Sotsprof), dont l'un des dirigeants, Lev Volovik, est membre du comité préparatoire du nouveau Parti socialiste. Il y a des groupes de travailleurs membres de Sotsprof qui ont une position socialiste, à Prokopevsk dans le Kouzbass, à Vorkouta, dans le Donbass, à Narva et à Moscou. Sont également impliqués des membres de la Plate-forme démocratique dans le PCUS, ainsi que des populistes de gauche à Moscou, Irkoutsz,

Kazan, Koubychev, etc. Une réunion du comité préparatoire s'est aussi tenue le 25 mars à Irkoutsz.

Il existe plusieurs organisations diffé rentes qui se disent social-démocrates. La plus sérieuse d'entre elles est dirigée par Oleg Roumantsiev et Leonid Volkov qui sont maintenant députés au parlement russe. C'est un parti de jeunes intellectuels, plus proche d'un parti électoral que d'un parti de masse. Ils se définissent eux-mêmes comme un parti de la classe moyenne. Notre objectif est de construire un parti de masse enraciné dans la classe ouvrière. Telle est la différence entre socialistes et SOcIaux-démocrates en Union soviétique. On trouve quelques autres groupes de gauche, mais ce ne sont pas des forces politiques réelles. Les médias soviétiques ont un peu parlé de nous, mais ils n'aiment pas la gauche socialiste. Les Nouvelles de Moscou ont écrit divers articles sur les sociaux-démocrates, mais rien sur les socialistes. Il existe un réel black-out de l'information envers notre organisation.

• Quels sont les rapports entre le mouvement pour un Parti socialiste et les Komsomols ?

Les Komsomols ont explosé. Leur aile gauche, la FJS, n'était pas une organisation de masse. C'était un secteur de l'appareil qui s'est retournée contre l'appareil dans son ensemble. La jeunesse soviétique n'est pas très intéressée par la politique, et c'est un vrai problème. Les dirigeants de la FJS sont aujourd'hui membres du Parti socialiste. Nous avons essayé de publier notre matériel en utilisant cette base logistique.

Les Clubs qui existaient en 1987-88 ont disparu : leurs membres participent aujourd'hui aux Fronts populaires et aux gouvernements locaux à différents niveaux. Nous avons trois députés dans le Soviet de Moscou : Boris Kagarlitsky, Vladimir Kondratiev et Serguei Baranov. Nous avons un député dans le parlement de Russie, Vladimir Makhanov, un des dirigeants des mineurs de Prokopevsk. Mais il y a environ trente autres membres du Soviet de Moscou qui appuient notre programme d'auto-gouvernement.

• Comment l'idée du Parti socialiste se développe-t-elle ?

C'est une vieille idée. Au départ, il s'agissait de petits groupes d'intellectuels de gauche à Moscou, Léningrad et dans d'autres villes. Après 1988, les choses sont devenues plus sérieuses. Des Fronts populaires ont été fondés dans toute l'Union soviétique — par de jeunes intellectuels également. Ce n'est qu'après la grève des mineurs de 1989 (2) que nous avons mis en place un vrai parti.

• Avez-vous vos propres publications?

C'était l'un des principaux problèmes. Nous devons faire photocopier nos publications dans les Républiques baltes, principalement en Lituanie. Notre revue s'appelle Levy Povorot (Tournant à gauche) ; nous en imprimons entre 300 et 500 exemplaires, de 100 à 200 pages chacun. Plus de vingt numéros sont parus. Les comités de grève de Prokopevsk et du Donbass publient également nos articles.

• Peux-tu nous parler davantage de vos liens avec ces comités de grève ?

Nous n'avions pas de contacts avec les mineurs avant la grève. Au départ, les mineurs n'avaient pas une idée claire de pourquoi ils se battaient. Nous avons été la seule organisation qui les a appuyés et a essayé de relier les différentes régions. Les libéraux radicaux pro- occidentaux de l'Union démocratique et les nationalistes radicaux de Pamiat ne voulaient rien savoir des grèves. Nous avons commencé à établir des liens en juillet et août 1989. Maintenant, nous sommes surtout influents à Prokopevsk où Makhanov était l'un des dirigeants du comité régional de grève.

Nous avons également le soutien de comités régionaux de Sotsprof, dans le Donbass, à Moscou, à Vorkouta, dans le

1) Voir Inprecor numéro 304 du 9 mars 1990.

2) Voir Inprecor numéro 293, du 18 septembre 1989.

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Karaganda et à Narva. Les travailleurs sont minoritaires dans Sotsprof qui est principalement composé d'intellectuels et d'adeptes des coopératives. Ce ne sont pas des sociaux-démocrates, mais des partisans d'un "capitalisme populaire".

De nouvelles grèves sont en préparation. Les représentants des mineurs disent que le gouvernement n'a rempli aucune de ses promesses. Ils tissent des liens avec les cheminots et les travailleurs de la construction.

Je ne connais pas encore les résultats du congrès du syndicat officiel des mineurs qui est sous l'influence des comités de grève.

• Tu as dit qu'il existait différentes forces dans ces comités de grève.

S'agit-il de forces organisées ou de courants d'opinion?

Il y avait différentes forces depuis le début de la grève. Certaines voulaient résoudre leurs problèmes avec le gouvernement et non contre lui. Les mineurs n'aimaient pas les réactions de la nomenklatura locale, mais ne connaissaient pas la position de la nomenklatura centrale. Il existe maintenant toutes sortes de groupes politiques dans les comités de grève — des membres de la Plate-forme démocratique du PCUS, des sociaux-démocrates, des socialistes, des adeptes du "capitalisme populaire", des partisans de syndicats indépendants sur le modèle de Solidarité, etc. Mais il est difficile de savoir ce que pensent les mineurs dans leur ensemble.

• A quel point le Parti socialiste est-il homogène du point de vue idéologique et politique?

Les idées qui nous unissent sont l'auto-gouvernement et l'autogestion. L'autogestion pour les travailleurs, l'auto-gouvernement dans les municipalités, etc. Les anarchistes sont pour l'autocroyons que le nouveau gouvernement aura un rôle important durant la période de transition, dans le cadre de la propriété d'Etat. Pour l'instant, les travailleurs ne veulent pas transférer la propriété d'Etat à des collectifs de travailleurs.

Je ne connais qu'une seule exception à cela, la mine de Vorgachorskaya à Vorkouta. Les mineurs sont dans une situation très difficile, car ils ne sont pas desservis par train. Ils produisent du charbon qui n'est envoyé nulle part. Ils essayaient d'établir un îlot libéré du totalitarisme en Union soviétique, mais ce n'est pas possible. Solidarité avait une idée similaire, croyant que l'on pouvait gagner des marges de manœuvre, mais ça ne marche pas.

Nos idées viennent de plusieurs sources : l'une est le marxisme révolutionnaire, la IVe Internationale ; le courant de la "nouvelle gauche" ; puis l'écologie socialiste ; et enfin, la social-démocratie de gauche. Nous sommes aussi très influenmouvement prendra une forme identique en Russie. Dans les autres pays dits socialistes, il n'existe pas de mouvement ouvrier de masse indépendant ayant une force décisive, mais nous pensons que c'est le cas en Russie.

• Concevez-vous le Parti socialiste comme un parti pour toute l'Union soviétique ?

C'est très difficile à expliquer. Certaines régions — la Baltique, l'Asie centrale et le Caucase vont bientôt se séparer de l'Union. Nous n'essayons pas d'y construire quelque chose. Nous travaillons parmi les populations russophones d'Union soviétique — mais pas uniquement parmi les Russes. Ce sont des populations de culture soviétique, pas seulement de culture russe. Officiellement, par exemple, le Donbass fait partie de l'Ukraine, et le Karaganda du Kazakhstan, mais ils appartiennent au même mouvement des ouvriers soviétiques.

Il n'existe pas grand-chose à gauche dans les Républiques plus petites, comme celles des Pays baltes. Même les partis sociaux-démocrates — sauf en Lituanie sont de petits groupes d'intellectuels. Il n'existe un mouvement ouvrier internationaliste qu'à Riga. Partout ailleurs, le mouvement ouvrier est complètement divisé par nationalités et fait bloc avec sa nomenklatura nationale. Le processus sera le même dans les autres Républiques, comme la Moldavie par exemple.

• Avez-vous choisi de ne pas travailler dans les Républiques périphériques ou essayez-vous de le faire ?

Nos forces sont trop petites pour que nous puissions faire quelque chose là où un appui potentiel n'existe pas. Sans un mouvement de masse en Russie, nous ne pouvons rien faire de concret dans les Républiques plus petites. Nous soutenons l'Arménie, l'Azerbaïdjan, les Républiques baltes, etc., et nous nous opposons à l'intervention militaire du gouvernement soviétique, mais nous ne pouvons le faire que dans des meetings à Moscou. Quand un mouvement de masse existera, il pourra prendre de réelles décisions à propos des Républiques plus petites.

La majorité des travailleurs russes en Russie même est favorable à l'indépendance de ces Républiques, mais avec des garanties pour les minorités russophones. Le problème est que les directions actuelles dans les Pays baltes parlent de telles garanties, mais ne font rien de concret. Ils disent « Russes, go home ! ».

Notre position est que plus tôt ces Républiques quitteront l'Union, mieux cela sera. Le problème est de minimiser les souffrances des populations russes. Ces minorités veulent aussi l'autodétermination et le droit à la sécession. Les mouvements nationalistes acceptent l'autodétermination pour eux-mêmes, mais pas pour les autres. Notre position quant à cela est assez nettement définie. Si, par exemple, la minorité russe vivant dans le nord-est de l'Estonie voulait se séparer de l'Estonie — ce qu'elle n'envisage pas pour l'instant - elle en aurait entièrement le droit. Cela laisserait l'Estonie sans électricité Pour l'instant, ils demandent l'autonomie et non la sécession. Nous sommes favorables à une solution de compromis, mais la réalité est qu'il existe un affrontement très vif. En l'absence d'un mouvement de masse en Russie, la variante la plus vraisemblable dans l'ouest de l'Union soviétique est une latino-américanisation — l'apparition de "républiques bananières" —, une "libanisation" dans le Caucase et une "afghanisation" en Asie centrale. Nous devons tout faire pour que ces problèmes soient résolus le plus pacifiquement possible. Nous pensons donc que les sécessions devraient se faire au plus vite. Sinon, nous assisterons à une extension de l'expé rience afghane. Nous aboutirions alors à une Union militaire des Républiques soviétiques !

• Les courants nationalistes ont-ils des représentants à Moscou?

Il existe de très petits groupes, qui sont en quelque sorte des représentations diplomatiques de leurs différentes Républiques. Ils sont liés aux mouvements de masse. Ils organisent souvent des meetings de solidarité avec les Républiques, auxquels nos camarades participent souvent, tout particulièrement par rapport au Caucase et à l'Asie centrale.

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• Quelle est votre attitude envers le

Front populaire de Moscou ?

Il continue à exister et entend se maintenir. Pour les élections, un Bloc pour une Russie démocratique qui regroupait libéraux, socialistes, sociaux-démocrates et populistes, s'est formé. Le comité du parti a été écarté du pouvoir à Moscou, et nous attendons de voir ce qui le remplacera. Le Front a des organisations de base dans dix arrondissements de Moscou, et ces groupes locaux ne peuvent fonctionner sans une sorte de front.

Le Front s'est divisé en trois partis séparés : les socialistes, les sociaux-démocrates et les constitutionnels-démocrates. Nous ne savons pas encore clairement si nous devons essayer de maintenir le Front en tant qu'organisation unie.

• Que penses-tu de Boris Eltsine ?

Il change selon l'humeur des masses. Il existe un Eltsine pour les caméras de télévision et un autre pour les meetings de masse. Je n'y croyais pas au départ, mais c'est apparu très clairement. C'est très difficile de le définir politiquement. Quand il existe un mouvement de masse, il gonfle comme un ballon de baudruche, mais quand le mouvement décline, il se dégonfle. Il n'a aucune présence propre.

En 1989, il a commis deux erreurs politiques importantes. La première était de ne s'être pas porté candidat à la présidence, comme le demandait l'opinion publique. La seconde était de ne s'être pas rendu dans les mines durant les grèves. Il a même signé une déclaration disant que les mineurs devaient retourner au travail.

Aujourd'hui, il veut être président de la Russie. Mais la situation dans le Soviet suprême de Russie est difficile pour lui. Il y a peut-être 300 libéraux de gauche et 500 députés de droite, les autres, soit environ 200, forment le "marais", les indépendants. Pour gagner, Eltsine doit convaincre les indépendants. Il doit compter sur sa popularité personnelle.

De plus, il doit réunir une majorité des deux tiers pour devenir président. Il est dans la même situation que Gorbatchev (3) : il pourra peut-être gagner le premier scrutin. Non pas qu'il soit très populaire, mais les autres sont encore bien pire. S'il ne devient pas président de Russie, il aura perdu sa dernière chance.

• Eltsine a joué un rôle positif durant toute une période. Tu dis que ce n'est plus le cas.

Eltsine est un membre de la nomenklatura qui s'est rebellé contre elle. La population aime voir un bureaucrate se rebeller contre la bureaucratie, mais elle ne l'a pas perçu comme un dirigeant indépendant. Il est habile pour critiquer, mais n'a aucun programme constructif.

• Peut-on dire de la Plate-forme démocratique la même chose que du

Front populaire?

La Plate-forme démocratique n'est pas un mouvement de masse. Elle est divisée en trois tendances. Les sociaux-démocrates constituent la tendance la plus agressive, autour de Youri Afanassiev. Ils sont prêts à scissionner le plus vite possible et à créer leur propre parti. Mais la majorité des membres de la Plateforme démocratique n'y sont pas démocrates parce qu'ils ne savent pas ce que c'est. Ils ne voient pas la nécessité d'une rupture avec le PCUS. Il est impossible de définir ce groupe — ils ne sont ni sociaux-démocrates ni communistes.

Il existe un groupe de gauche dans la Plate-forme démocratique, pas seulement les socialistes, qui veut fonder un nouveau parti marxiste d'avant-garde. Ils veulent réaliser une fusion entre le socialisme et le mouvement ouvrier. La coexistence de ces trois groupes est temporaire. Dans le plus pur style russe, ils sont d'accord pour lutter contre leurs ennemis communs : Gorbatchev et l'aile droite stalinienne et nationaliste.

Le PC russe est dominé par cette aile droite, qui est liée avec le Front uni des travailleurs (FUT) (4). Il va bientôt éclater. Le 22 avril, à l'occasion de l'anniverpresse n'en parle pas. En mai, ceux de la Plate-forme tiendront un congrès et s'uniront avec d'autres groupes sociaux-démocrates. Ils ne quitteront pas le PCUS avant son congrès mais certains pourraient rejoindre le Parti socialiste. En juin, enfin, Gorbatchev formera son propre Parti communiste russe.

Il y aura trois Partis communistes russes, le PC stalinien des durs, le PC de Gorbatchev et un PC indépendant avec les sociaux-démocrates. Le Parti socialiste ne peut s'aligner sur aucune de ces trois forces. Nous ne pouvons pas construire un parti ouvrier marxiste, ce à quoi nous aspirons, avec des gens de cette sorte. Mais il y a des possibilités. Dans les années 20, la majeure partie des socialistes indépendants allemands a rejoint l'Internationale communiste, entraînant des dizaines de milliers de gens et des organisations ayant des ressources matérielles. C'est notre perspective optimale. Au pire, nous voulons gagner quelques milliers de personnes. Nous ne pouvons pas espérer conquérir le PC de l'intérieur et nous ne nous voulons pas former notre propre Parti communiste russe.

• Quel est le rapport de forces entre les staliniens et Gorbatchev ?

A mon avis, Gorbatchev veut liquider le PC, mais de manière contrôlée, par étapes. Il serait très dangereux pour lui que le PC se scinde en quelques grandes organisations, dont l'une pourrait être un concurrent sérieux. En fait, tous les néo-staliniens n'entreront pas dans le nouveau PC russe. Ce dernier sera le parti des ultras comme Nina Andreeva ; Ligatchev restera avec Gorbatchev. Le parti de Gorbatchev aura un programme eurocommuniste, mais un personnel stalinien. Gorbatchev et le Comité central veulent expulser ceux qui ne sont pas d'accord avec eux, mais pas tous à la fois. Ils seront sans pitié. Il est probable que Gorbatchev veuille garder un parti à lui. Il existe des solutions médianes entre la liquidation du vieux parti et la formation d'un nouveau — mais j'ai du mal à me mettre dans la peau de Gorbatchev!

• Ainsi la majorité des forces de la gauche soviétique viendra du

PCUS...

Oui. Durant l'année à venir, la gauche quittera le PC, comme en Pologne en 1981, mais ses membres n'ont nulle part où aller. Il n'existe rien de similaire à Solidarité et nous ne voulons pas répéter certaines des erreurs des camarades polonais. Nous pensons qu'ils ont fait deux erreurs principales. Premièrement, ils n'ont pas créé un parti d'avant-garde avant le surgissement du mouvement de masse, et deuxièmement il y avait des batailles sans fin entre les membres de la gauche. Nous voulons vaincre l'anticommunisme primaire, et essayer de construire l'embryon d'un parti révolutionnaire de masse. Mais, bien sûr, nous en sommes à la crétion des pré-conditions ; nous n'avons aucune garantie de succès.

Propos recueillis par Salah Jaber et Gerry Foley 5 avril 1990

3) Voir Inprecor numéro 306 du 6 avril 1990

4) Voir Inprecor numéro 304 du 9 mars 1990.

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