Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

RDA

Vers un nouveau syndicalisme ?

Inprecor n° 308, 4 mai 1990 · p. 20 · 583 mots

Allemagne Europe de l'Est Syndicalisme

Le congrès syndical extraordinaire de la Confédération allemande libre des syndicats (FDBG) a eu lieu les 31 janvier et 1er février 1990, à Berlin-Est, avec 2 600 délégués qui représentaient 8,5 millions de membres (voir Inprecor n° 300 du 12 janvier 1990).

Ce congrès a été préparé par un comité provisoire (Harry Tisch, président de la FGDB depuis 1975 avait démissionné avant d'être exclu ; il se trouve actuellement en prison accusé de détournement de fonds syndicaux et de corruption), qui a surtout essayé d'enrayer le discrédit du syndicalisme en RDA (démission de 10 % des ses adhérents ces derniers mois, refus de payer les cotisations et destitutions de nombreux responsables).

Après une ouverture agitée (les participants refusaient le droit de vote aux anciens permanents de la FGDB), le congrès s'est attaqué à une réforme orga nisationnelle profonde et à la discussion des fonctions syndicales nouvelles (négo ciations, grèves, etc). Pour survivre, la FGDB doit être capable d'assumer un rôle totalement différent, alors que des associations patronales se créent déjà en RDA avec le soutien du patronat ouest-

Le congrès de la FGDB a élaboré de nouveaux statuts. Elle devient ainsi une véritable confédération syndicale où les branches retrouvent leur place et jouissent d'une autonomie importante. Les syndicats se définissent comme pluralistes, et s'opposent « à la discrimination raciale, au nationalisme, au néo-fascisme et à toute forme de dictature ».

Les délégués ont adopté des orientations pour l'unité syndicale, la démocratie interne, la compétence des représentants syndicaux et le rôle du syndicat dans les entreprises. Un projet de loi sur les syndicats a été soumis au parlement est-allemand, qui réaffirmait l'indépendance syndicale, leur droit à s'exprimer politiquement et y compris à faire des propositions législatives, ainsi qu'à négocier des conventions collectives en toute indépendance de l'Etat. Cette loi prévoit aussi la

Vers un nouveau syndicalisme?

mise en place du principe de la cogestion dans les entreprises (acces aux intormations, necessite pour les patrons de compter avec l'accord du svndicat pour les projets de restructuration, de licenciements, etc.), ainsi que les fonctions des délégués syndicaux (garde-fou légal contre le développement des conseils d'entreprise que la FGDB craint). Les délégués ont menacé de lancer une grève générale si cette loi n'était pas rapide-

Le 6 mars dernier, le parlement votait ce texte, tout en limitant les droits des syndicats dans la cogestion et notamment leur droit de veto sur les questions concernant le personnel.

Enfin, le congrès a adopté un programme d'action en plusieurs points :

— mise en place de la cogestion dans toutes les entreprises (privées ou natio-

- soutien à la réforme économique à condition qu'elle ne porte pas atteinte aux acquis sociaux des salariés et qu'elle s'accompagne de nouveaux droits (allocations chômage, aides à la reconversion, conditions de travail, intéressement des salariés suivant le "principe de

- réforme de la politique (pour sauvegarder le principe "à travail égal, salaire égal") :

- défense des garanties sociales ; - protection de l'environnement. Enfin, le congrès de la FGDB s'est prononcé pour le désarmement et "l'instauration d'un système de sécurité européen".

Par ailleurs, les échanges avec la centrale syndicale ouest-allemande, la Confédération allemande des syndicats (DGB), ont déjà commencé ; ces deux confédérations créeront des commissions de travail pour échanger leurs expériences et leurs syndicats de branche auront des liens directs (des jumelages sont prévus et les deux fédérations de la métallurgie ont déjà signé un accord de coopération ; celle de l'Est compte 1,8 millions d'adhérents et celle de l'Ouest 2,6). *

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