SUR LA REPRESSION EN IRLANDE Certains développements se sont produits dans le cours de la résistance en Irlande du Nord depuis l'interview de communiqué de presse de People's Democracy et du MSR : « Il y a 18 mois, le premier républicain à être jugé en vertu des nouvelles lois (c'est-à-dire sans bénéficier du statut politique), Kieran Nugent, a refusé de porter l'uniforme pénitentiaire et d'accomplir le travail infligé aux prisonniers. Depuis, lui, et à présent 300 de ses camarades revêtus d'une couverture, ont été enfermés nus dans une cellule, 24 heures sur 24. La vie dans de telles conditions a toujours été infernale. Elle est à présent indescriptible. L'administration pénitentiaire et le gouvernement britannique ont, sans répit, accru les pressions, les punitions et les humiliations mesquines visant les prisonniers au-delà des limites de l'endurance et par conséquent, les prisonniers ont cessés toute coopération et refusent de se laver et d'évacuer urine et excréments. Aux effets psychologiques de la vie et du sommeil dans ces conditions, il faut ajouter le danger sérieux d'épidémie et de décès en cas de légères coupures et de par la nourriture prise en cellule...» Le rapport d'Amnesty International
Entre le 28 novembre et le 6 décembre
4 enquêteurs d'Amnesty International - deux médecins danois, un avocat et un chercheur - ont procédé à une enquête minutieuse sur 78 cas connus de mauvais traitements exercés sur des prisonniers par des membres du RUC. L'enquête s'est achevée en mars, cette année, et a été soumise à la réflexion du gouver-
Le rapport a été rendu public le 13 juin. Il accuse le gouvernemenr britannique de maltraiter systématiquement les prisonniers et confirme les accusations lancées par les milirépublicains et d'autres détenus. Rappelons que 80% des prisonniers répucondamnés sur la base
Le gouvernement britannique est préoccupé par l'impact probable du rapport d'Amnesty, à cause de la réputation internationale de cette organisation titulaire d'un prix Nobel de la paix. Malgré cela, il continue de refuser toute enquête publique sur les accusations lancées par Amnesty, n'envisageant que la perspective d'une enquête privée. D'autres propositions en trompe l'œil suggèrent que les interrogatoires soient télévisés et enregistrés !
La résistance
L'aggravation et l'élargissement de la répression ont provoqué une riposte vigoureuse. Dans les heures qui ont suivi la nouvelle de la mort de Brian Maguire, 3000 personnes ont manifesté sur la route d'Anderstown et sur Falls Roads. Cette manifestation solennelle a été rejointe par le cortège des travailleurs de l'entreprise de la répression et Bernadette Deulin.
Pat JORDAN où Maguire avait été employé et fut suivie d'incendies de véhicules et de bûchers de symboles de la domination britannique. Le lendemain, d'autres manifestations virent défiler des ouvriers de plusieurs usines et du bâtiment, des boulangers et des chauffeurs de taxis. Les jours suivants, la circulation dans les principales artères de Belfast fut perturbée par d'autres incendies, par des routes bloquées, par des alertes à la bombe, ete.
Des événements similaires survinrent à Derry, là aussi avec le soutien résolu d'ouvriers, d'employés, de dockers, de travailleurs du bâtiment. Samedi 29 avril, 6000 personnes manifestèrent dans Belfast en solidarité avec les prisonniers républicains du bloc H. L'une des plus importantes manifestations de ce type depuis un certain temps. Sans doute possible, la publication du rapport d'Amnesty International stimulera considérablement à la fois la résistance et la campagne de solidarité, particulièrement en Grande-Bretagne. Le refus du Gouvernement britannique de procéder à une enquête publique sur le traitement des prisonniers par le RUC renforce et confirme la nécessité pour le tribunal d'informer sur la présence britannique en Irlande (Voir «Inprecor» No 24). Problèmes tactiques
Les problèmes soulevés par le sectarisme des Provisoires dans la campagne anti-répression se posent toujours. C'est pour cette raison qu'il a été extrêmement difficile de consolider les progrès réalisés à la conférence de Coalisland. Les documents présentés comme preuve lors du procès de Seamus Twomey à Dublin, s'ils sont authentiques, indiquent qu'il y a un fort courant au sein de la direction provisoire qui est complètement opposé à l'activité politique et de masse dans les 6 Comtés. Mais il y a en revanche un courant qui entend se tourner vers l'activité de masse et dans la rue. Ceci fut bien dé montré dans le «Republican News» du 20 mai (le premier numéro à paraitre normalement après les récentes tracasseries) puisqu'on y lisait : « Nous avons encore besoin de quelque chose de plus que la guérilla victorieuse de l'IRA, que la résistance héroique des prisonniers «à la couverture», et que l'excellent mouve ment de protestation animé par Sinn Fein et par le Comité d'action des parents. L'année 1978 est celle où les masses doivent retourner dans la rue. C'est non seulement dans les 6 Comtés, mais à travers tout le pays que nous devons mobiliser contre les Britanniques et leurs collaborateurs.»