Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

DOSSIER ECONOMIE

A Houston des requins tirent sur une ambulance

· Inprecor n° 313, 13 juillet 1990 · p. 17 · 576 mots

URSS et Russie

A Houston des requins tirent sur une ambulance Début juillet 1990, se sont tenus le 28e Congrès du Parti communiste d'Union soviétique (PCUS) à Moscou et le sommet du Groupe des Sept à

Le congrès du PCUS a montré que l'URSS n'a aucune chance de démanteler le système stalinien tant que le Parti lui-même est incapable de proposer une orientation stable au peuple soviétique, que ce soit vers le capitalisme ou vers le socialisme. L'élite du PCUS a été minée par la politique de Gorbatchev et, en même temps, elle a bloqué ses efforts pour avancer vers une sorte de "socialisme de marché".

Le sommet de Houston, quant à lui, a révélé à la fois la dépendance dramatique de l'URSS vis-à-vis de l'économie capitaliste et le fait que, loin de chercher à aider les réformes de la direction Gorbatchev durant les cinq dernières années, l'Ouest a systématiquement essayé d'y faire obstacle.

L'équipe Gorbatchev voulait tique à l'Ouest et l'utiliser comme un levier pour que les Etats capitalistes fassent des concessions, lui permettant de restructurer et de préserver un Etat non capitaliste.

La stratégie de la nouvelle direction soviétique a semé le trouble et la confusion parmi les dirigeants occidentaux pendant un temps mais, lors du Sommet du Groupe des Sept à Venise, en 1987, la contre-offensive occidentale a été définie et elle a fonctionné. L'Ouest s'engageait dans une débauche d'appui rhétorique à Gorbatchev tout en maintenant un blocus ininterrompu et la guerre économique contre l'URSS.

Le capitalisme maintenait les principales barrières contre l'insertion soviétique dans l'économie mondiale, tout en connaissant pertinemment les difficultés majeures que rencontre Gorbatchev dans le domaine économique.

La politique actuelle du gouvernement des Etats-Unis a été résumée par Peter Ridell dans le Financial Times du 19 mars 1990 : « L'on croit très fermement à Washington - tant au Congrès qu'au sein de l'Administration qu'aider l'URSS reviendrait à consolider la structure économique existante et donc à gaspiller de l'argent et que les Etats-Unis doivent attendre des avancées claires [de ce pays] vers un système de marché libre. »

La liste des interdits du COCOM contre les exportations vers l'URSS est maintenue ; les mesures de l'OCDE pour l'Europe de l'Est excluent spécitiquement l'URSS ; le document de fondation de la BERD interdit spécifiquement à l'URSS d'emprunter des sommes importantes pendant les trois ans

Mais l'Administration nord-américaine subit la pression de certains secteurs du capital, intéressés par le marché soviétique, qui ont très peur de perdre la bataille face aux hommes d'affaires ouest-allemands. Lors de la rencontre de Malte, en décembre 1989, Bush a déclaré que l'URSS bénéficierait probablement de la clause de la "nation la plus favorisée" lors du sommet de juin, et pourrait aussi obtenir un statut d'observateur au GATT. Mais les Etats-Unis sont revenus sur leurs promesses et le Pacte commercial qui a été signé à Houston ne présente que peu d'intérêt pour l'URSS. Les barrières douanières sont toujours en place et un tarif supplémentaire de 45 % sur les exportations en provenance d'URSS est introduit.

Le pacte commercial sert, par contre, à donner les mêmes droits en URSS que dans les autres pays occidentaux aux firmes des Etats-Unis : de propriété, d'accréditations plus rapides, d'accéder aux médias pour faire de la publicité, de mener des enquêtes de etc. Seule contrepartie : un système d'échange d'informations agricoles est mis en place.

Le sommet de Houston a surtout mis en évidence les divergences tactiques croissantes de l'Ouest par rapport à Gorbatchev.

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