Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

ETATS-UNIS

Bush joue au Golfe

· Inprecor n° 314, 14 septembre 1990 · p. 13 · 591 mots

États-Unis

s'organiser à la base. région rend tout compromis de plus en plus difficile. serves l'intervention au Moyen-Orient. Comme il l'a lui-même déclaré, Saddam Hussein a envahi le Koweit à cause du prix relativement bas du pétrole brut. Un secteur capitaliste significatif des Etats-Unis — les magnats du pétrole, mais aussi les banquiers dont les revenus dépendent des profits des compagnies pétrolières — s'accordait aussi à trouver le prix de l'or noir trop bas. Ce pétrole bon marché était la cause directe de la récession économique que connaît le Sud-Ouest américain, qui à son tour a été un facteur menter le prix du baril au-delà de 25 dollars blie depuis la chute du Shah d'Iran, en 1979. San Francisco, le 28 août 1990. protestation, pour le 20 octobre 1990.

ETATS-UNIS

Bush joue au Golfe Le spectacle du président des Etats-Unis en train de jouer au golf à Keenbunkport dans l'Etat du Maine, alors qu'il était en train de déployer la plus importante des forces militaires depuis la guerre du Viêt-nam, a commencé à semer une certaine mé fiance dans l'opinion publique américaine. Ville après ville, des militants qui s'opposent à la guerre commencent à

Plusieurs facteurs complexes et contradictoires semblent aujourd'hui jouer contre Bush à cause de son incapacité à résoudre la crise rapidement. Trop sûr de lui, après son intervention facile de Panama, Bush a choisi la stratégie de la confrontation militaire plutôt que le compromis. Au tout début de la crise, Saddam Hussein désirait peut-être parvenir à un accord avec les Etats-Unis, mais l'acharnement de Bush à asseoir l'autorité nord-américaine dans la

Au début de la crise, un large éventail politique a apporté son soutien à Bush, mais aujourd'hui ce consensus commence à se fissurer, de manière parfois inattendue. Ainsi, Patrick Buchanan, ancien conseiller de Richard Nixon et porte-parole des secteurs les plus réactionnaires de la classe dirigeante, a exprimé son désaccord avec la politique de Bush alors que, pour sa part, Jesse Jackson, ancien candidat à l'investiture démocrate, continue à appuyer sans ré-

On assiste à un débat au sein de la bourgeoisie américaine directement lié au retombées économiques de la crise du pétrole. déterminant de la débâcle des caisses d'épargne. Ces milieux financiers approuvaient donc Saddam Hussein quand il voulait faire aug

Bush, ancien président des pétroles Zapata, comprend tout à fait de tels soucis et, bien qu'un autre secteur de la classe dirigeante américaine souhaiterait voir le prix du pétrole baisser, ce n'est pas ce facteur qui a motivé son intervention au Moyen-Orient. La préoccupation première du président des Etats-Unis est de réaffirmer la domination nord-américaine dans la région, sérieusement affai-

Mais, aux Etats-Unis mêmes, plus la crise durera et plus le mouvement anti-interventionniste aura des chances de se développer. Dans de nombreuses villes, on assiste déjà à des rassemblements hebdomadaires devant les bâtiments de l'administration fédérale et les bureaux des compagnies pétrolières. A New-York, entre 100 et 150 personnes se rassemblent chaque semaine devant différents lieux symboliques. Des protestations similaires ont lieu à Minneapolis, Cleveland, Philadelphie, Kansas City, etc. Pour l'instant, la manifestation la plus importante a réuni 1 000 personnes à

Le mouvement anti-guerre, auquel participent de nombreux vétérans du Viêt-nam, prépare un important meeting de protestation à New-York, le 13 septembre 1990, avec la présence de l'ancien Procureur général Ramsey Clark — ainsi qu'une marche de

Etant donnée la nature de la dictature irakienne et l'importante campagne de soutien à l'intervention impérialiste, les militants anti-guerre sont confrontés à une tâche difficile. Ils exigent avant tout le retrait des troupes nord-américaines du Moyen-Orient. *

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