Inprecor 1974–2004

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ITALIE

[Réactions internationales : Italie]

Inprecor n° 314, 14 septembre 1990 · p. 14 · 518 mots

Ce texte n'a pas de titre dans la revue ; le titre entre crochets est le nôtre.

Italie

En Italie, la crise du Golfe arabo-persique, suivie par l'envoi de plusieurs navires de guerre pour rejoindre la flotte des Etats-Unis, n'a pas encore provoqué de réactions massives de protestation au sein du mouvement ouvrier.

Gianni De Michelis, dirigeant socialiste et ministre des Affaires étrangères, s'est prononcé dès le début pour une intervention militaire pour défendre les intérêts impérialistes dans la région, alors que les forces pacifistes, prises au dépourvu, se montraient incapables de mobiliser.

Cependant, les événements du Golfe ont agi comme catalyseur dans la crise du Parti communiste italien (PCI), où les clivages latents depuis le congrès dernier (voir Inprecor n° 306 du 6 avril 1990) sont apparus au grand jour. Le PCI est désormais divisé en trois courants principaux. La droite, ouvertement social-démocrate, représentée par Giorgio Napolitano, vise à la liquidation des traditions du Parti et à une intégration plus profonde dans la "gauche européenne". Le centre, représenté par le secrétaire Achille Occhetto et la direction actuelle, semble suivre la droite de manière plus modérée, afin d'éviter une crise majeure chez les militants, mais il manque de perspectives. Enfin, on trouve une gauche assez disparate qui regroupe un dirigeant historique, Pietro Ingrao, d'anciens dirigeants du Parti d'unité prolétarienne (PdUP, extrême gauche) tels Lucio Magri et Luciana Castellina, et le porte-parole traditionnel de l'orthodoxie pro-Moscou, Armando Cossutta.

Lors du débat au Parlement à propos de la crise du Golfe, après la décision du gouvernement d'envoyer sa flotte, les députés communistes n'ont pas été unanimes. Au moment du vote, la direction du PCI a décidé de s'abstenir sur la politique du gouvernement, jugeant très positif le fait que la résolution approuvée fasse référence au rôle décisif de l'ONU dans le dénouement du conflit et une très vague allusion à la nécessité d'une solution globale de la crise du monde arabe, incluant la reconnaissance des droits du peuple palestinien.

En réalité, le gouvernement avait décidé l'envoi de la flotte avant de réunir le Parlement et bien avant toute prise de position officielle de l'ONU. L'abstention du PCI a tout simplement supposé une preuve de solidarité avec les intérêts des grandes puissances (nécessaire à sa légitimation au sein du système capitaliste et du "monde occidental") et un refus d'organiser la lutte contre l'intervention militaire de l'impérialisme dans le Golfe.

Le courant de gauche du PCI s'est dissocié publiquement l'orientation majoritaire de la direction, par une intervention d'Ingrao lors du débat parlementaire. Après avoir dénoncé l'annexion irakienne du Koweit et pris ses distances par rapport à la dictature de Saddam Hussein, Ingrao a exprimé son opposition à une intervention militaire dont le seul but est de défendre les intérêts stratégiques de l'Occident et d'imposer l'ordre impérialiste dans le monde arabe. Cependant, au lieu d'exprimer leur opposition par un vote contraire à la politique du gouvernement, et pour ne pas aiguiser le conflit avec la direction du Parti, les députés de la gauche du PCI ont quitté la salle sans participer

Les seuls votes contre le gouvernement ont été ceux de Democrazia Proletaria (DP), de quelques représentants de la Gauche indépendante (liée au PCI) et des Verts Arc-en-Ciel. *

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