Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

YOUGOSLAVIE

Vers la désintégration ?

· Inprecor n° 316, 12 octobre 1990 · p. 10-12 · 2 988 mots

Europe de l'Est Ex-Yougoslavie

L'organisation fédérale de l'Etat yougoslave vit une transition chaotique vers le yougoslaves (LCY) sur la nécessité et les rythmes d'un changement radical s'est transformé en affrontement ouvert entre les différentes structures fédérales, ou plutôt entre la Serbie et toutes les autres. Mais, ce qui est encore plus inquiétant

De violents affrontements ont eu lieu le ler octobre en Croatie entre manifestants de la minorité serbe de cette république et forces de l'ordre croates. Les Serbes accusent le nouveau pouvoir croate (dont la majorité est passée aux mains de la

Vers la désintégration ?

"post-communisme" ; certaines républiques ont déjà organisé des élections pluralistes et d'autres pas. L'avenir du pays est incertain. Durant les trois dernières années, le conflit souterrain au sein de la Ligue des communistes pour l'avenir du pays, c'est la violence qui apparaît dans les villes des régions centrales où se côtoient des ethnies différentes (1).

droite nationaliste) de vouloir ressuciter un Etat indépendant.

Michèle LEE

L'

ARMEE populaire i yougoslave demeure l'acteur le plus imprévisible de la lutte actuelle pour le pouvoir. Issue d'une révolution et d'une guerre de libération nationale anti-fasciste, elle s'est ensuite développée en symbiose avec l'émergence et la consolidation du système communiste. La relative autonomie des forces armées et leur rôle dans la répression de la dissidence interne se sont largement accrus à la suite des purges massives au sein du Parti au début des années 70, au moment même où s'engageait une importante décentralisation du pouvoir d'Etat vers les républiques et les provinces. L'effondrement de la domination de la LCY a laissé les militaires sans direction politique. La présidence de l'Etat yougoslave, son commandement en chef, est aujourd'hui ouvertement divisée. Les représentants des principales républiques

- Slovénie, Croatie et Serbie — sont devenus, chacun à leur manière, les porte- parole d'un nouvel ordre basé sur la négation de la période communiste.

Les effets de ce changement, combinés avec les intérêts corporatistes particuliers des officiers et avec le conservatisme politique et la prépondérance des Serbes dans l'état-major, ont créé une force instable et potentiellement dangereuse. A partir du moment où elle cherche un nouveau rôle, l'armée, ou certains de ses secteurs, peut devenir une menace sérieuse pour le nouveau système de démocratie parlementaire, en prétendant défendre l'intégrité territoriale yougoslave.

Interventions de l'armée

En 1981, on trouvait encore des militaires pour se plaindre de l'incompétence des politiciens qui les avaient obligés à intervenir dans la province du Kosovo, en Serbie. De tels scrupules semblent s'être estompés avec la fin de l'unité de la direction de l'Etat-Parti. En 1988, l'armée avait pris part à la tentative d'empêcher la démocratisation politique en Slovénie. En 1989, elle a participé au démantèlement de l'autonomie politique et culturelle du Kosovo (2) - d'une façon aussi violente qu'illégale. Durant l'été 1990, elle a organisé des manœuvres militaires en Bosnie, au cours desquelles la Slovénie et la Croatie étaient désignées comme l"ennemi".

Quelques semaines plus tard, elle est intervenue dans les affaires internes de la Croatie en envoyant deux de ses MIG pour obliger des hélicoptères de police à faire demi-tour ; ceux-ci avaient été envoyés par les autorités croates pour reprendre la ville de Knin des mains d'un groupe d'insurgés armés serbes qui avaient coupé la route et la voie ferrée reliant Zagreb à Split. Mais, ces actions ne représentent, pour l'instant, que des incidents occasionnels. Il est d'ailleurs difficile d'affirmer qu'elles aient été totalement approuvées par le ministère de la Défense et par l'état major. Si certains généraux nourrissent certainement des ambitions politiques, celles-ci sont bridées, pour l'instant, par le caractère multinational de l'armée de conscription, par la légitimité des nouveaux gouvernements en Slovénie et en Croatie, et surtout par la crainte d'une possible réaction occidentale. Pourtant, on ne peut exclure la possibilité d'un putsch militaire. Le résultat des prochaines élections en Serbie sera déterminant à ce titre.

Elections libres

Get pressions serbes Au printemps 1990, les partis communistes de Slovénie et de Croatie, ne pouvant plus reculer, ont organisé des élections libres et "propres", où ils ont perdu le pouvoir, tout en obtenant environ 20% des suffrages (moins en Slovénie qu'en Croatie). Bien que ces deux PC représentent des oppositions parlementaires respectables (aucun parti n'a remporté de majorité absolue), ils subissent aujourd'hui une perte importante d'adhérents et connaissent une désorientation politique profonde. De plus, la pression constante de la Serbie les a contraints à former des coalitions avec des partis nationaux à leur droite, pour défendre la "souveraineté nationale et républicaine" de l'Etat.

A l'automne 1990, les autres républiques devront tenir des élections où les partis se présentant sur une base ethnique risquent de se tailler la part du lion. Il est peu probable que ces scrutins soient organisés aussi proprement et qu'ils se déroulent aussi pacifiquement qu'en Croatie et en Slovénie. Au Kosovo, il est pratiquement certain que les partis albanais seront interdits. De toutes façons, l'assemblée juillet 1990 par une décision unilatérale de Belgrade. Les députés démis de leurs fonctions, les partis d'opposition du Kosovo et la toute nouvelle Alliance des syndicats indépendants ont signé une déclaration proclamant l'indépendance complète du Kosovo vis-à-vis de la Serbie, en août 1990 ; cela sera sûrement utilisé comme

1) Voir Inprecorn° 307 du 20 avril 1990.

2) Peuplé à 90 % d'Albanais, le Kosovo était une province autonome rattachée à la Serbie jusqu'en mars 1989. Depuis, le pouvoir serbe veut lui ôter toutes ses prérogatives. Le 13 septembre 1990, les anciens députés de souche albanaise ont promulgué la Constitution de la République du Kosovo, autonome de la Serbie et qui aurait vocation à devenir la "septième république yougoslave" ; ils ont fixé des élections législatives au 28 novembre 1990. La Serbie qui avait déjà "dissout" autoritairement le parlement du Kosovo le 3 juillet 1990 et révoqué le gouvernement local a été rejointe dans sa fermeté par le ministre de la Justice yougoslave qui a déclaré anticonstitutionnelle la création d'une République du Kosovo.

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prétexte pour ne pas tenir d'élections dans cette province.

L'avenir de la Yougoslavie se décidera donc en Serbie. Le parti qui dirige la Serbie — qui ressemble de plus en plus à un parti de type fasciste dans son idéologie et sa pratique — a adopté une stratégie dont le but final est de démanteler la Yougoslavie pour la remplacer par la Grande Serbie. La diaspora serbe en Yougoslavie doit servir d'instri-ment principal — mais non unique - de déstabilisation des autres républiques. Durant l'été 1990, après le Kosovo, la Voïvodine et le Monténégro, ce fut au tour de la Croatie de subir les manœuvres du pouvoir serbe ; ce sera bientôt au tour de la Bosnie-Herzégovine, dont les élections sont prévues pour le 18 novembre 1990.

Suseiter la peur...

Les médias de Belgrade ont mené une guerre de propagande malhonnête contre la Croatie, bien avant la mise en place de son nouveau gouvernement; depuis, ils essayent d'effrayer la population serbe de Croatie en prétendant que les nouvelles autorités prévoient de la massacrer en masse. Belgrade a organisé, et même armé, des militants locaux dans l'éventualité d""'une guerre civile ouverte"

Men Croatie - où Belgrade interviendrait comme protectrice des Serbes. Le régime serbe dispose de milliers de "volontaires" prêts à aller se battre n'importe où en Yougoslavie, et la plupart des partis d'opposition l'appuyeraient dans une telle situation.

Une plaisanterie courante — qui n'en est pas une — est que le pouvoir du président serbe Slobodan Milosevic repose sur quatre piliers : le quotidien Politika, l'Armée, l'Eglise orthodoxe serbe et l'Académie serbe des Sciences et des Beaux-Arts. Autrement dit, en Serbie, c'est une organisation qui ressemble à la formation russe d'extrême droite Pamiat qui détient aujourd'hui le pouvoir d'Etat et forme aussi la principale force d'opposition.

L'autre versant de cette politique consiste à gagner les élections, prévues pour le 9 décembre 1990. Il est théoriquement possible que les prochaines élections brisent les reins du parti dirigeant et ouvrent la voie à un nouveau règlement entre nationalités en Yougoslavie.

Mais, les chances qu'une telle situation se produise sont cependant faibles. En effet, durant les trois dernières années, le PC serbe a attisé l'hystérie nationale autour de la question du Kosovo, créant par là même un climat politique et émotionnel de droite dans la république. Dès que son influence a paru décliner — juste après les élections en Slovénie et en Croatie —, le Parti a joué la carte du Kosovo 1990, la décision de dissoudre l'Assemblée du Kosovo et de prendre en main toutes les institutions économiques, politiques et culturelles de cette province a été prise parallèlement à celle de fusionner le PC serbe (qui s'appelle dorénavant Parti socialiste de Serbie, PSS) avec l'Alliance socialiste des travailleurs de Serbie — organisation qui, selon la Constitution actuelle, est chargée d'organiser les élec-

Le parti au pouvoir a ainsi fait d'une pierre deux coups : d'une part, il a pris le contrôle de l'importante infrastructure de cette organisation para-étatique (financée par des prélèvements à la source sur les salaires) et du mécanisme qui régit la procédure électorale ; de l'autre, il a élaboré un nouveau projet de Constitution, à la suite d'un référendum frauduleux impo-

ROUMANIE HERZEGOVIN

ADRIATIOUE

MACEDOINE sant aux formations d'opposition des conditions sévères pour leur légalisation et leur participation aux élections.

Les réactions discrètes et incohérentes de ces partis ont montré leur faiblesse : pas une seule organisation politique de Serbie ne s'est sentie suffisamment forte pour appeler au boycott du référendum, malgré les effets manifestement négatifs que cela aura sur leurs chances électorales. Cela a fortement contrasté avec ce qui s'est passé au Kosovo et en Voïvodine, où le référendum a donné lieu à une résistance bien plus résolue. Ainsi, en Voïvodine, la Ligue social-démocrate, dirigée par Nenad Canak, a été particulière-

Le caractère non démocratique de tout ce processus a conduit l'Académie serbe des Sciences et des Beaux-Arts à déclarer que Slobodan Milosevic était la plus grande personnalité de toute l'histoire de la Serbie ! Mihajlo Markovic, ancien rédacteur en chef de Praxis qui critiqua en son temps le PC yougoslave — du point de vue du marxisme humaniste ! —, siège aujourd'hui au Comité central du PSS, aux cotés de l'écrivain Dobrica Cosic (limogé du comité central du PC serbe en 1968, pour nationalisme) et d'une armée de personnalités insignifiantes et corrompues élevées au pouvoir par Milosevic.

Contrairement à la Croatie et à la Slovénie, où l'opposition a réussi à avoir accès aux médias gérés par l'Etat durant la campagne électorale, en Serbie, les médias restent la propriété exclusive du parti dirigeant. Au Kosovo, la radio et la télévision en albanais ont été fermées, ce qui a conduit un député albanais à déclarer, durant une récente session de l'assemblée fédérale, que le Kosovo se retrouvait rejeté dans le Moyen-Age.

.. et la calomnie De plus, la presse de Belgrade continue sa campagne de calomnies digne des pires torchons de la presse à sensation occidentale. Ainsi, durant les dix-huit derniers mois, Nin, l'hebdomadaire serbe le plus important - autrefois connu pour son orientation politique et culturelle libérale — a publié une interview complaisante du général israélien Ariel Sharon, une description flatteuse de l'Espagne du général Franco, un plaidoyer pour l'ouvrage Déclin de l'Occident d'Oswald Spengler (comme exemple de la "vitalité de la post-modernité") et une appréciation chaleureuse de l'iconoclaste Gabriele d'Annunzio" (sans mentionner le rôle de ce poète fasciste dans l'annexion par l'Italie du port croate et yougoslave de Rijeka à la veille de la prise du pouvoir par Mussolini). Dernière trouvaille de la presse de Belgrade contrôlée par le gouvernement : les communistes yougoslaves seraient parvenus au pouvoir en 1945 à la suite d'une conspiration du Vatican et du Komintern dirigée contre la Serbie...!

Toutes les autres nationalités yougoslaves — Albanais, Croates, Slovènes, Musulmans, Macédoniens et Monténégrins — sont régulièrement décrites comme des ennemis raciaux des Serbes. Dans ces conditions, on peut difficilement décrire la Serbie comme un bastion du communisme conservateur : elle semble plutôt être l'avant-garde d'une contre-révolution fasciste en Yougoslavie.

Les élections de décembre en Serbie seront donc organisées par l'Etat. Con-

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trairement à la Slovénie et à la Croatie, les partis d'opposition ne siègeront pas dans les commissions électorales dont les membres seront désignés par l'Etat. Cependant, l'état lamentable de l'économie serbe et les conditions de vie déplorables de la classe ouvrière serbe rendent le régime nerveux (3). Malgré toutes les précautions prises, le parti dirigeant n'est pas certain de sa victoire. Un sondage public, réalisé en août 1990, en Serbie même (sans la Voïvodine et sans le Kosovo), a indiqué que le PSS obtiendrait un tiers des votes ; le Parti du renouveau national serbe de Vuk Draskovic arrive loin derrière, avec environ 10 % des intentions de vote ; mais les indécis sont les plus nombreux.

Déstabilisation prévisible

Pour les "aider" à choisir, le PSS créera au moment approprié - probablement au Kosovo, mais peut-être aussi ailleurs — une situation de guerre civile afin de se présenter comme la seule force capable de sauver les Serbes de la disparition nationale. L'incident de Knin en Croatie n'est que la répétition générale d'opérations futures en Bosnie-Herzégovine et au Monténégro ; cette tactique a des précédents historiques (le plus sinistre étant la manière dont Hitler a utilisé la question allemande en Tchécoslovaquie et en Pologne, à la veille de la Seconde Guerre mondiale).

L'option la plus tentante pour le régime reste cependant de pousser les Albanais du Kosovo au soulèvement. Belgrade a passé l'été 1990 à relever les Albanais de tous leurs postes de responsabilité au Kosovo pour les remplacer par des Serbes, dont certains sont connus pour leur fanatisme anti-albanais. Les travailleurs du Kosovo, dont la majorité n'a pas été payée depuis avril 1990, sont également licenciés sommairement et remplacés par des Serbes, là où c'est possible. La police serbe soumet la population à un harcèlement systématique et a la gâchette facile. Les hôpitaux et les cliniques sont fermés aux Albanais.

A Belgrade, des responsables du parti dirigeant et de l'opposition discutent ouvertement et tranquillement de la prochaine guerre au Kosovo et de la nécessité de tuer des dizaines de milliers d'Albanais. Le gouvernement serbe espère que les Albanais, une fois "ramenés à la raison", accepteront avec soumission soit un statut de citoyens de seconde zone, soit une partition du Kosovo entre la Serbie et l'Albanie. Dans la partie serbe, où vivent au moins 500 000 Albanais, la population "étrangère" serait alors expulsée ou assimilée par la force.

L'opposition démocratique albanaise est tout à fait au courant de ces scénarios. Sa tactique de résistance civile pacifique à la Gandhi lui a fait gagner un grand respect dans le pays et à l'étranger. En juillet 1990, la Communauté économique européenne (CEE) et la Chambre des représentants des Etats-Unis ont voté des résolutions critiquant sévèrement la conduite des gouvernements serbe et yougoslave au Kosovo. Les parlements croate et, surtout, slovène ont condamné la dissolution de l'Assemblée du Kosovo. Au Kosovo des occupants, leur organisation délibérée de l'effondrement de l'économie et la colère des travailleurs ont poussé l'Alliance

SERBIA

MUGO CRAATIA des syndicats indépendants du Kosovo à appeler à une grève générale le 3 septembre 1990. Bien qu'ils affrontent un Etat bien équipé qui dispose d'armes anti-émeutes sophistiquées, les Albanais du Kosovo semblent avoir relevé le défi ; ils ont accepté de se sacrifier pour leur liberté, en espérant que les pressions à l'intérieur et à l'extérieur seront capables d'empêcher une issue sanglante. Mais ils ne peuvent arrêter avec leurs seules forces la contre-révolution montante en Serbie.

Certes, comme dans le passé, la défense des droits nationaux et de la souveraineté jouera un rôle crucial dans la lutte pour la démocratie en Yougoslavie. Aujourd'hui, les nationalités non serbes érigent un mur défensif autour de Belgrade qui ne pourra être détruit, en dernière instance, que par un putsch militaire ; l'intervention de Belgrade en Croatie a d'ailleurs échoué parce que l'armée a reculé devant la possibilité d'un début de guerre civile. La réponse relativement modérée du gouvernement croate à l'incident de Knin — dictée en partie par la sagesse et en partie par la nécessité — a accru son prestige et celui du nouveau président de la république, Franjo Tudjman, aux yeux de la population croate. L'opposition, auparavant méfiante — en particulier l'intelligentsia de gauche croate — s'est ralliée au gouvernement. Les députés serbes du parlement croate, élus sur les listes du PC, ont également soutenu le gouvernement de Zagreb, ce qui a fait gagner des sympathies à la minorité serbe en Croatie, en empêchant une rupture totale entre

Des réponses de ce type, même si elles sont importantes pour écarter le danger de guerre civile, auront peu d'influence tant que '"homogénéisation nationale" dans les autres partie de la

Yougoslavie l'idée que les Serbes sont une nation assiégée; cela peut les jeter, au contraire, tout droit dans les bras de Milosevic et de sa bande. Seule une rupture en Serbie même peut arrêter la spirale. C'est pourquoi — malgré la machination électorale délibérée organisée par le PSS — les prochaines élections en Serbie seront une date politique cruciale dans l'histoire de la Yougoslavie. SLOVENIA En l'absence d'alternative, la nouvelle Union des forces pour la réforme du Premier ministre yougoslave, Ante Markovic, pourrait représenter le principal défi au PSS de Milosevic si, entre-temps, Belgrade ne déclenche pas une guerre civile au Kosovo ou ailleurs. Les forces qui s'opposent à Milosevic devraient proposer une nouvelle union yougoslave, scrupuleusement respectueuse de l'égalité nationale, avant les élections serbes. Leur capacité à avancer en ce sens sera un test critique pour la nouvelle démocratie yougoslave. Dans le cas contraire, l'avenir risque d'être très noir. *

Septembre 1990

3) La situation économique yougoslave a subi une crise sans précédent en 1989, l'inflation atteignant 2 600 %. Le nouveau Premier ministre yougoslave, Ante Markovic, a proclamé son intention de poursuivre la réforme économique commencée fin 1989 pour enrayer l'inflation. Pour "réparer les erreurs du socialisme", Markovic se propose de réintroduire l'économie mixte, de "reprivatiser le capital social", etc.

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