Les dirigeants égyptiens ont déclaré avoir besoin de 9 milliards de dollars, pour la seule année 1990, pour faire face au coût de la crise du Golfe - en comptant les pertes touristiques qu'elle engendre et la diminution très importante des revenus provenant du canal de Suez.
Le coup que cela représente pour lEgypte - petit producteur de pétrole -pourrait être atténué par la hausse des prix du pétrole et par l'annulation d'une partie de sa dette énorme (plus de 40 milliards de dollars pour un pays de 52 millions d'habitants) par Washington. Mais ce soulagement sera mis à mal par le retour des 300 000 immigrés d'Irak qui va signifier la fin de l'envoi d'argent par ces derniers — source très importante de revenus pour l'économie égyptienne.
De plus, le gouvernement du Caire devra prévoir des logements, des emplois et des places dans le système scolaire pour ces travailleurs et leurs familles. Or, selon un coopérant étranger au Caire travaillant dans le secteur du développement, cité par le quotidien britannique The Guardian: « Les autorités n'y parviendront pas, cela va provoquer une crise, au moins dans la capitale. » Les problèmes auxquels est confrontée la population égyptienne, qui souffre déjà du chômage (plus de 3 millions de chômeurs. soit 20% de la population active), vont s'aggraver avec le retour des émigrés. *