Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

SALVADOR

« La révolution est nécessaire... »

· Inprecor n° 317, 26 octobre 1990 · p. 22 · 630 mots

El Salvador

Le 24 septembre 1990, le FMLN a rendu publique une déclaration où il expose son programme. Tout en réafirmant le caractère antiimpérialiste de son combat, le FMLN revient sur les transformations à faire dans une phase de transition.

• La misère s'est aggravée, l'oppression est plus forte, la révolution est nécessaire

La nécessité d'une révolution démocratique nationale n'a jamais été aussi évidente ; elle est indispensable pour mettre fin à ce pouvoir politique et économique sous l'hégémonie des militaires et de l'oligarchie, rétablir la souveraineté nationale et obtenir une paix durable. • La lutte est nationale et le FMLN salvadorien

La lutte du peuple salvadorien et du FMLN ne dépend de personne, ce n'est pas l'extension de la lutte entre les blocs idéologiques capitaliste et

[Ses origines] résident dans la lutte même entre le Nord et le Sud, entre le développement et le sous-développement, entre le capitalisme riche impérialiste et le tiers monde dépendant et pauvre. • La révolution est démocratique et nationale

Le FMLN n'utilise pas ses armes pour s'imposer, mais pour en finir avec le militarisme et le pouvoir des armes ; pour pouvoir réaliser, avec d'autres forces, des changements profonds du système économique et politique, tout en garantissant la défense des intérêts des secteurs les plus pauvres de la société, et en mettant fin à l'injustice sociale.

"La révolution est nécessaire...

Voici les principaux points de ce texte.

• Fin du militarisme

La démilitarisation totale de la société est la garantie principale de la vraie démocratie.

L'armée a été et reste répressive, elle a provoqué la guerre, la corruption, elle est improductive ; c'est une composante économique et sociale obsolète et inutile.

Elle a préservé un secteur minoritaire de la société, tout en menaçant la majorité. [Dans la nouvelle société] il ne doit pas exister d'armée. Il faut donc : abolir l'armée ; créer de nouvelles forces de sécurité (à caractère civil et nommées au Parlement sur proposition du gouvernement élu) ; juger les responsables des crimes, des assassinats, des disparitions, des tortures et mettre fin aux persécutions politiques. • Pour un nouvel ordre économique et social

Il est fondamental pour mettre fin à l'hégémonie économique de l'oligarchie. Il faut : une réforme agraire profonde et véritablement pay-

; un pôle économique populaire (une partie importante de l'économie doit passer aux mains des travailleurs de la ville et des campagnes) ; une réforme urbaine ; un Etat économiquement fort, capable de résoudre les problèmes d'alimentation, de santé, d'analphabétisme, d'éducation, de logement, de culture et de loisir (il faut nationaliser la banque et le commerce extérieur et appliquer une politique fiscale juste, tout en combattant la fuite des capitaux) ; une concertation nationale permanente pour fixer les salaires, les prix, l'emploi et les crédits ; arrêter la pollution, la déforestation et le chaos écologique ; en finir avec les inégalités qui frappent les femmes. • Pour la démocratisation

Il faut élargir le pouvoir législatif et démocratiser le pouvoir municipal (pour préserver un système représentatif, de participation et pluraliste); le pouvoir judiciaire doit être indépendant et impartial. Il faut : une législation qui protège les droits de l'homme ; la liberté d'expression et des médias pour tous les secteurs ; la liberté d'organisation, de manifestation et de protestation ; un nouveau système électoral et des élections libres ; une nouvelle Constitution (élaborée par une assemblée constituante élue). • Souveraineté et politique extérieure indépendante

Des rapports de respect mutuel avec les Etats-Unis ; des relations extérieures basées sur l'intégration centraméricaine et latino-américaine ; une politique indépendante et de neutralité qui rompe avec tous les pactes militaires.

Nous ne renoncerons jamais à ces objectifs. C'est ce que nous défendons à la table de négociations, et aussi les armes à la main. *

Commandement général du FMLN El Salvador, 24 septembre 1990

Une erreur sur cette page ?