Du ter au 4 juin 1990, le Parti des travailleurs (PT) a tenu sa Vile Rencontre nationale, avec 600 délégués qui représentaient plus de 600 000 affiliés de tout le Brésil. Cette réunion a lancé la discussion sur la tactique et la stratégie que le Parti devra adopter lors de la tenue de son premier congrès (prévu pour le deuxième semestre de 1991). Si cette rencontre a fait des pas essentiels dans le sens de la définition du programme du PT, comme par exemple la réaffirmation de son projet socialiste - le texte que nous reproduisons ci-contre en apporte la preuve -, de ses pratiques démocratiques internes et de la réorganisation de sa direction nationale, on ne peut pas en dire autant des orientations tactiques et stratégiques, fondamentales dans le contexte de crise économique et face à l'offensive du président Collor (voir Inprecor n° 307 du 20 mars 1990).
La réflexion qui a commencé est d'une grande importance; le PT doit étre en mesure de proposer une issue démocratique et radicale — adaptée au degré de cons cience et d'organisation populaire du pays —, car en dix années d'existence il est devenu un pôle de référence incontournable pour tous les mouvements révolutionnaires d'Améri-que latine et d'ailleurs. Il faut rappeler que c'est a son initiative que s'est tenue, en juillet 1990, la réunion de Sao Paulo qui a réuni la majorité des organisations de gauche du continent (voir Inprecor n° 314 du 14 septembre 1990).
Par ailleurs, des élections législatives se sont déroulées au Brésil, le 3 octobre 1990 ; 2 144 postes de députés fédéraux et de sénateurs étaient à pourvoir. Ce scrutin a surtout été marqué par un taux d'abstention élevé pour le pays (15% des électeurs ne se sont pas déplacés) ; un quart des votants a déposé des bulletins nuls ou blancs
S'il serait abusif de comparer ces élections avec les présidentielles de 1989, un sentiment de frustration semble toucher des secteurs importants de la population. Celleci risque ainsi de prendre ses distances par rapport à la participation politique, en l'absence d'une riposte sociale unitaire et efficace capable de contrer les mesures économiques prises par le gouvernement.
Selon les informations disponibles, le PT aurait obtenu 10 % des voix (aux dernières élections de gouverneurs d'Etats, en 1986, le PT avait recueilli 6,5 % des suffrages).
Le PT disposera de 35 députés fédéraux (il en avait 17), 80 députés nationaux et, si le deuxième tour du 25 novembre 1990 confirme cette tendance, 2 gouverneurs. *
19 octobre 1990 Alfonso Moro