Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

JORDANIE

Au bon plaisir du roi Hussein

· Inprecor n° 318, 9 novembre 1990 · p. 24-26 · 2 934 mots

Palestine et Israël Golfe et Irak Économie mondiale Grande-Bretagne

Le bon plaisir du roi Hussein

BIEN que la partie arabe du Jourdain (Transjordanie) n'ait jamais représenté pour l'impérialisme une source de richesses naturelles, le colonialisme britannique y finança et encadra, entre 1921 et 1957, la mise en place d'un gouvernement central (2). Londres fut remplacé, de 1958 à 1967, par l'impérialisme nord-américain, relayé à son tour, au lendemain de la défaite de juin 1967, par la manne des Etats pétroliers du Golfe. Entre 1971 et 1974, l'isolement régional de la monarchie jordanienne à la suite de l'écrasement du mouvement palestinien sur son territoire en 1970-1971 entraîna une aug mentation de l'aide des Etats-Unis. Cette "capacité" du régime à changer de bailleurs de fonds au gré des circonstances ne peut cacher son intégration fondamentale aux politiques impérialistes, quelle que soit la marge de manœuvre dont il dispose. Cette dépendance influe sur la formation sociale jordanienne: l'assistance rieure et les subventions financent le déficit chronique du budget et de la balance commerciale et permettent une hypertrophie de la bureaucratie d'Etat par rapport aux secteurs productifs.

Prestataire de services

Ainsi, un tiers des emplois provient des appareils militaires et administratifs de l'Etat. L'industrie n'en fournit que 8 % ; la majorité des travailleurs et des techniciens émigrent en Arabie saoudite et dans le Golfe et le chômage touchait 15 % de la population active en 1979.

L'aide financière de l'impérialisme et la réaction arabe : la Jordanie a joué un rôle important de "producteur" et d'exportateur" de services politico-militaires pour le compte de ses bailleurs de fonds.

La spécificité du mode d'intégration de la Jordanie aux politiques impérialistes repose sur la nécessité de produire de tels services pour s'assurer du financement extérieur des appareils d'Etat dont la taille augmente aux dépens des investisse-

Lorsque l'Irak a envahi le Koweit, le régime jordanien, en proie à une crise politique et économique aiguë, accentuée par l'Intifada, s'employait à réorganiser la vie politique dans le royaume. Par le biais d'un pacte national, il cherchait à s'assurer la collaboration de l'opposition, pour faire payer la crise aux masses. Les événements du Golfe ont offert au roi Hussein de Jordanie l'occasion de redorer son blason, mettant à profit ses rapports privilégiés avec Saddam

Ilussein. Il s'est constitué en "médiateur" entre l'Irak et les puissances impérialistes, et plaide vigoureusement pour un règlement du contentieux irako-koweitien dans un cadre arabe (I).

Luiza MARIA * ments dans les secteurs productifs ; l'absence de production de biens entraîne, à son tour, une crise économique chronique, le déficit étant comblé par l'aide ex-

SYRIE

TIBERIADE

1735 exté-

•Diersech

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• ZARQA

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/AKABA D Rawa

KAIA térieure. La récession qui prévaut depuis

1982 est liée à la diminution de l'aide en ticle en arabe d'Omar Salem destiné au prochain numéro de la revue Al-Mitraga.

télévisions britanniques et américaines, publiées par la presse jordanienne, les 5 et 6 août 1990.

get de l'Etat en 1922 et a atteint 73 % en 1946.

3) Les résolutions du sommet de Bagdad, en 1987, incluaient une aide au régime jordanien d'un montant de 1,2 milliards de dollars annuels pour une durée de 10 ans. Depuis

1982, le régime en a perçu moins de la moitié.

DE SERT

SYRIE

1988 (6).

A RABIE

SEOU DITE

100

* L'article qui suit a été rédigé par Luiza Maria, d'après un ar-

1) Voir les deux interviews du roi Hussein réalisées par les industriel et

1987.

2) L'aide britannique à la Jordanie représentait 33 % du budniens de 1984 à 1987.

provenance des pays pétroliers réactionnaires (3). Le régime aurait pu l'éviter s'il avait réussi à remplacer le Liban dévasté dans son rôle d'intermédiaire commercial et technique entre pays impérialistes et pays pétroliers arabes (4). En rapport avec la baisse des revenus pétroliers, la diminution des transferts de fonds par les travailleurs jordaniens émigrés dans les Etats du Golfe dans la seconde moitié des années 80 a entraîné la diminution des ressources de l'Etat en devises (5), indispensables pour ses importations et pour combler le déficit de la balance commerciale. Celui-ci atteint plus de la moitié du Produit national brut (PNB), tandis que le secteur des services (y compris l'appareil gouvernemental) en accapare les deux tiers, contre 24% pour l'industrie et 2% pour l'agriculture. L'endettement extérieur a atteint 11,5 milliards de dollars et le service de la dette a dépassé un tiers du budget annuel de l'Etat, en

Crise et corruption La crise, conjuguée avec la rupture des liens de la Jordanie avec la Cisjordanie, a entraîné la baisse du dinar jordanien, l'inflation et la hausse des prix. La bourgeoisie affairiste, peu confiante, a alors échangé ses dinars contre des devises (surtout des dollars). Les travailleurs émigrés ont arrêté leurs envois de dollars et de rials saoudiens et des personnalités connues du régime se sont lancées dans la spéculation sur les devises au marché noir. L'arrêt des financements impérialistes a mis fin aux projets en cours,

4) Cela explique la concentration des investissements capitalistes dans les secteurs des équipements et des services ; elle atteint près de trois quarts de l'ensemble des sommes investies, alors que l'investissement est de 13 % dans le secteur de 1% dans le secteur agricole pour 1986 et

5) Les transferts des travailleurs émigrés ont représenté successivement 475, 400, 400 et 317 millions de dinars jorda-

6) Le paiement du service de la dette a diminué après le rééchelonnement de 1989, décidé en accord avec le FMI. En 1992, lorsque reprendra le paiement, le service de la dette atteindra plus de la moitié du Produit national brut.

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suite à la cessation de paiement de la dette. Les réserves de devises se sont épuisées au point que le gouvernement dirigé par Rifaï a été obligé de vendre le tiers des avoirs en or du pays.

Les Jordaniens, conscients du lien entre la crise et les pratiques des hauts dignitaires du régime, se sont mis à se moquer du roi et de ses courtisans, à commencer par le Premier ministre, Rifaï, et ont adopté une attitude de défiance vis-àvis de l'ensemble du sommet de l'appareil d'Etat (7).

Le 17 avril 1989, la presse fit état d'un programme de réformes structurelles de l'économie, décidé conjointement par le gouvernement et le Fonds monétaire inter-

(FMI), et d'une national augmentation de 30% du prix des hydrocarbures. Le roi et Rifaï, en escale à

Londres avant de se rendre à Washington, annoncèrent la tenue d'élections législatives. Un heurt entre des camionneurs et la police dans le sud du pays donna le signal d'une explosion de colère de la population ; des affrontements armés eurent lieu, tandis que le soulèvement gagnait le centre et le nord du pays.

L'armée arrêta des dizaines de manifestants à

Irbid,

Amman,

~ Zarqa, etc. La répression fit quatorze morts parmi les manifestants, mais le soulèvement obligea le roi à rentrer précipitamment des Etatsrépondre aux

Unis pour foules qui réclamaient la chute du gouvernement Rifai. Ce dernier fut limogé. Conscient de l'effritement de sa base sociale, le régime s'est attelé à l'organisation de la Jordanie. Un gouvernement de transition fut formé par Zeid Ben Chaker, avec pour tâche de préparer les élections législatives de novembre 1989 ; c'est lui qui a lancé l'idée, encore confuse, du "pacte natio-

Les Frères musulmans en campagne

Le Code électoral réactionnaire, en vigueur jusqu'aux années 80, distribuait les sièges sur la base d'une répartition régionale clanique ou tribale. En outre, l'Article 18 empêchait les candidatures de militants de partis non reconnu ; or, seule l'organisation intégriste des Frères musulmans l'était par le régime. Le gouvernement de Zeid Ben Chaker a amendé le

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Code, à la veille des élections législatives de l'automne 1989 : le nombre de sièges a été porté de 60 à 80 et les circonscriptions ont été redécoupées de façon à favoriser les régions rurales et peuplées de Jordaniens de souche, aux dépens des zones urbaines et à forte concentration palestinienne. grande liberté d'organisation et d'action en Jordanie depuis quarante ans. Cette attitude, choisie au départ par le régime pour contrecarrer le communisme et le nationalisme arabe, a connu son apogée en 1980, lorsque le gouvernement de Moudar Badrane (chef du cabinet actuel) avait failli s'affronter Manifestation de soutien à Saddam Hussein et à Yasser Arafat, en Jordanie (DR) rien. Malgré quelques frictions avec la monarchie, les Frères musulmans continuent à utiliser les mosquées comme tribunes et leur presse est légale. candidats, ils ont remporté 22 sièges et ont contribué au succès de leurs alliés appartenant à d'autres courants religieux. Leur campagne électorale incluait des mots d'ordre nationalistes du « Libération de la Palestine, de la mer jusqu'au fleuve » opposés à un règlement pacifique avec Israël ; quant à leurs revengnaient celles des autres partis : révision de la Constitution, abolition des lois d'exception et de la loi martiale, etc. (27,5 %) et des autres courants religieux (12,5 %) résulte aussi de considérations régionales présentes dans le choix de leurs candidats. Tous les députés palesti-

Les Frères musulmans jouissent d'une au régime sy-

Engagés dans la compétition avec 35 type démocratiques, elles des Frères musulmans niens élus, sauf un seul, sont issus des rangs intégristes. En tout, cette mouvance islamique a emporté 32 sièges — 22 pour les Frères musulmans, 8 pour des indépendants et 2 pour le mouvement Maison du Coran. Les islamistes indépendants ont obtenu quatre fauteuils ministériels dans le nouveau gouvernement Badrane.

La gauche va au Palais

Les partis de gauche — Parti communiste jordanien (PCJ), Parti démocratique du peuple (PDP, lié au Front démocratique de libération de la Palestine — FDLP de Nayef Hawatmeh), le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) de

Georges Habache — et les fractions nationalistes dont celles du Baas (trois obédiences : irakienne, syrienne et Baas de gauche) n'ont pas dépassé les revendications immédiates de la population; leurs mots d'ordre se sont très souvent confondus intégrisdes avec ceux tes. Incapables de s'allier autour d'un programme minimum, ils ont fait les frais du nouveau découpage électoral, de la courte durée de la campagne, et de l'absence d'intérêt de la population pour les élections. Chacun des trois principaux partis de gauche obtint un siège, les candidats de gauche indépendante trois sièges et, enfin, le mouvement nationaliste, cinq.

Le

"bloc national", constitué de candidats favorables au régime, gagna la majorité au Parlement.

C'est le succès des Frères musulmans qui a entraîné la nomination de Moudar

Badrane, leur allié dans l'affrontement avec le régime syrien en 1980, comme chef du gouvernement. Ce recours à cet ancien dirigeant des renseignements généraux en 1969-1970, ancien chef du gouvernement de 1976 à 1984, connu comme champion de la répression, était censé inaugurer une phase de changement dé-

Dès sa prise de fonctions, le nouveau gouvernement a soumis au Parlement une série de mesures élargissant les libertés générales : "gel" de la loi martiale, en

7) La rue s'était saisie du scandale des pots-de-vin touchés par le roi et le chef de l'Armée lors de transactions d'armes avec la France et la Grande-Bretagne ; de la participation du monarque et de son directeur de cabinet, également directeur de la compagnie Royal Air Jordanie, au pillage de celle-ci et des "cadeaux" reçus par le prince héritier, directeur de banque.

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= vue de son abolition (la Constitution ne connaît pas ce terme de "gel") ; libération de centaines de prisonniers politiques ; restitution de quelques milliers de passeports confisqués pendant la période du précédent gouvernement Badrane et abolition des décrets militaires du gouvernement Rifai limitant les libertés syndicales et de la presse. Ainsi, prenant de court la gauche parlementaire, qui s'est abstenue lors du vote, Badrane a obtenu la majorité des voix des députés et s'est attelé à la mise en place du "pacte national".

Le roi tire les ficelles

Les partis de gauche n'ont pas exigé longtemps la révision de la Constitution. Complaisants envers la monarchie, ils ont accepté de participer à la commission royale d'élaboration du "pacte", constituée en avril 1990. Issa Madanat (député et membre du bureau politique du PCJ) et Dhib Mourji (député et membre du FP) ont justifié leur participation en expliquant que le pacte « évacuera les obstacles qui ont entravé l'action politique des masses » et « fera oublier les aspects négatifs des politiques antérieures du régime » (8). Quant à Tayssir Zibri, secrétaire général du PDP ct membre de la commission royale, il a déclaré que, s'il devait y avoir litige, celui-ci porterait « non sur le principe du pacte, mais sur sa forme » (9), qu'il y avait « accord sur l'ouverture du dialogue, sur le plan d'une démarche sérieuse et positive (...) pour sortir de la crise politique et économique » (10).

Le secrétaire général du PDP s'est déclaré prêt à abandonner une partie de son programme, s'il le fallait, pour rechercher un "dénominateur commun". Cette politique de compromission avec la monarchie est devenue le dénominateur commun de tous les partis de gauche !

Les manifestations contre le massacre de Palestiniens à Rishon-le-Zion, en mai 1990, n'ont été soutenues que par quelques individus de gauche, à titre personnel. Le PC, quant à lui, est allé jusqu'à organiser des comités pour "calmer les masses" , comme à Zarqa. L'opposition a eu droit à des félicitations gouvernementales là où elle a su canaliser les mouvements ; elle a présenté ses excuses lorsqu'elle n'y est pas parvenue.

Enfin, dernier épisode de ce feuilleton honteux : le PCJ, le FPLP et le PDP ont envoyé un télégramme aux chefs d'Etat arabes réunis à Bagdad, en mai 1990, les implorant d'aider financièrement le régime jordanien « pour faire face à Israël et soutenir l'Intifada » (11).

La erise du Golfe et la médiation jordanienne

Dans ces circonstances, la crise du Golfe a permis au roi de tenter de jouer un rôle sur la scène internationale sans ternir sa nouvelle réputation de "démocrate" et le blason "nationaliste" qu'il venait de redorer. Il s'est posé en médiateur pour régler le conflit irako-koweitien dans un cadre arabe. La "solution arabe" tout en préservant l'hégémonie de l'impérialisme dans la région, rejette le recours aux opérations armées. Surtout, elle prône le maintien de certains acquis partiels, mais essentiels pour l'Irak : son accès aux eaux du Golfe par des concessions territoriales et le versement de compensaLe roi Hussein de Jordanie tions à Bagdad pour ses pertes pétrolières occasionnées par les émirats du Golfe. Elle reprend aussi l'initiative de Yasser Arafat et du roi Hussein, la proposition d'une conférence internationale pour régler le problème palestinien.

La "solution arabe", version Hussein, propose également la mise sur pied d'un fonds arabe d'investissement visant à promouvoir le développement de la région, et en garantissant la stabilité.

La politique et les procédés du régime jordanien s'expliquent par la crainte des bouleversements qu'occasionnerait inévitablement un affrontement armé entre les Etats-Unis et l'Irak. Son opposition à la solution militaire et son recours à la gauche réformiste et au mouvement intégriste créent des illusions parmi la population. Car, contrairement à ce que beaucoup imaginent en Jordanie, le roi Hussein n'a pas rompu avec l'impérialisme : il a adhéré à toutes les résolutions du Conseil de sécurité des Nations-Unies relatives à l'Irak ; il a approuvé le droit des Saoudiens à faire appel aux forces américaines pour se protéger de l'Irak . Lorsque le roi s'est abstenu de condamner l'invasion du Koweit, la presse, la gauche et les intégristes en ont déduit qu'il soutenait l'Irak.

Lorsque le monarque a proposé 1'"option arabe" ", arguant des dangers qu'entraînerait l'option militaire dans la région, ses courtisans l'ont présenté comme un "anti-impérialiste". Et lorsqu'il a adhéré aux résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU, les mêmes ont justifié choix : respecter le droit international sur cette question - disent-ils — impliquera une attitude semblable en ce qui concerne la question palestinienne.

Face à certaines velléités d'autoarmement de secteurs populaires, le roi a pris les devants en faisant appel à l'armée populaire" (c'est-à-dire à l'encadrement des civils par l'armée royale). En revanche, l'augmentation des prix des denrées alimentaires de base a pu passer au nom de la bataille, avec l'appui des courtisans de gauche.

Les pressions impérialistes pour que le roi prenne parti clairement contre Bagdad se sont accentuées, accompagnées de promesses de dédommagement des préjudices occasionnés par l'interruption des exportations vers l'Irak.

Le roi a remporté de réelles victoires sur le plan interne : il a pu mystifier le mouvement de masse, comme en témoigne l'apparition de son portrait arboré en même temps que celui de Saddam Hussein lors des manifestations qui ont eu lieu en Jordanie, mais aussi en Cisjordanie. C'est un nouveau couronnement pour le souverain, mais il est, cette fois-ci, déguisé en "monarque de la gauche", réconcilié depuis septembre 1990 avec George Habache et Nayef Hawatmeh, à l'occasion du Congrès des forces populaires arabes à Amman (12).

25 octobre 1990

8) Discours d'Issa Madanat devant la commission royale d'élaboration du Pacte, retranscrit dans le journal jordanien Ach-Chaab du 20 mai 1990.

9) Ach-Chaab du 3 juin 1990.

10) Ach-Chaab du 31 mars 1990.

11) L'accord conclu entre l'opposition de gauche jordano-palestinienne et le gouvernement stipulait que la frontière jordanienne ne serait pas traversée pour des opérations de commando dans les Territoires occupés. Abou Ali Mustafa, membre de la direction du FPLP, a nié ces informations, tout en reconnaissant l'existence d'un accord entre le gouvernement jordanien et l'OLP engageant son organisation. 12) Voir Inprecorn° 317 du 26 octobre 1990.

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