Solidarité traverse une fonde crise. Le congrès qui vient de se dérouler en Basse-Silésie, second bastion de Solidarité par sa taille, en témoigne.
Il s'agissait de remplacer Wladyslaw Frasyniuk, dirigeant historique du syndicat dans la région, contraint de démissionner après avoir pris la tête du Mouvement civique-Action démocratique (ROAD), parti fondé en juillet 1990 par les partisans de Tadeusz Mazowiecki.
Trois tendances se sont affrontées pour le remplacement de Frasyniuk. Celle de Tomasz Wojcik, proche de la ligne de Lech Walesa, leader de la minorité de la direction régionale et candidat malheureux à la présidence du syndicat lors du congrès de février 1990 (il obtient alors, contre Frasyniuk, 20% des mandats). Celle de Bogdan Karauda, Vice-président sortant, qui jouissait du soutien de Frasyniuk. Enfin, une tendance apparue à la base, le Comité de coordination inter-entre-prises (MKK), regroupant les commissions syndicales de dix-sept, parmi les plus importantes, entreprises de Wroclaw, qui présentait Zbigniew Sliwinski, dirigeant de Solidarité de l'usine métallurgique Hydral, soutenue par Jozef Pinior, autre dirigeant historique de Solidarité dans la région. Au premier tour, Wojcik obtint 44 % des mandats, Karauda 38% et Sliwinski 18 %. Au second tour, Wojcik remporta le scrutin avec 57 % des mandats contre Karauda. Plusieurs militants du MKK furent, ailleurs, élus aux postes laissés vacants au sein de la direction régionale par les amis de Frasyniuk, démissionnaires.
Ces résultats indiquent la perte d'influence du courant pro-gouvernemental dans une région qui fut, jusqu'ici, un fief du ROAD et qui vit la montée en puissance des partisans de Lech Walesa. Cependant l'apparition, au travers du MKK, d'un courant d'indépendance de classe constitue un fait nouveau au sein de Solidarité. Il est trop tôt pour juger s'il s'agit d'une spécificité régionale, ou bien du premier signe d'une recomposition syndicale d'ensemble. *
Cyril SMUGA
POLOGNE pro-