Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

QUEBEC

La question nationale

· Inprecor n° 32, 6 juillet 1978 · p. 20-23 · 3 332 mots

Syndicalisme Brésil Femmes

Trois numéro consécutifs (en avril et mai 1978) de

Lutte ouvrière, le bi-mensuel de la LOR (Ligue ouvrière révolutionnaire) traitent sous forme de dossier le problème de l'articulation entre lutte pour l'indépendance et lutte pour le socialisme au Québec. C'est que, pour la première fois, ce débat qui était resté celui des seuls révolutionnaires des années durant, a pénétré en profondeur le mouvement ouvrier. Pas un congrès syndical de quelque importance qui ait lieu ou qui soit annoncé pour la période à venir qui ne

Le mouvement ouvrier québécois a pris un retard dangereux dans la clarification de ses positions sur la question nationale. Ce n'est que maintenant, après un an et demi de gouvernement du Parti québécois et en pleine offensive de droits l'Etat fédéral contre les nationaux des Québécois, que certaines composantes du mouvement syndical ont compris que la politique de l'autruche des directions - en officieuse d'appui au PQ - peut coûter extrê mement cher aux travailleurs et aux travailleuses.

Le Bureau national de la CEQ vient de produire un document qui conclut que «l'indépendance est indissociable de la lutte pour une société que les travailleurs ont à définir et à articuler aux plans économique, social, culturel et politique en fonction de leurs intérêts».

Au sein du Conseil central des syndicats nationaux de Montréal, le débat sur la question nationale doit également commencer lors du XXe

Québec

Une lutte de libération nationale véritable ne peut être qu'une lutte pour le socialisme plus flou. congrès qui commence à Montréal le 19 avril. Ce dossier constitue une contribution de l'équipe de rédaction de Lutte ouvrière au débat qui s'amorce, et qui doit aboutir vite si la classe ouvrière veut être autre chose qu'un otage et une victime des gouvernements et des partis bourgeois lors du référendum. L'OFFENSIVE IMPERIALISTE

La bourgeoisie impérialiste et l'Etat fédéral mènent depuis le 15 novembre 1976 une offensive économique, politique et judiciaire contre la nation québécoise et ses droits nationaux. De la grande campagne sur «l'unité nationale» menée avec beaucoup de battage publicitaire style Pépin-Robarts jusqu'au chantage économique, style Sun Life, en passant par les menaces de Trudeau et le sabotage des travaux de la commission Keable, c'est une politique d'intimidation qui se mène.

Mais la riposte du Québec crie par son absence. Le gouvernement du PQ, face à ces attaques, n'a fait

La question nationale prenne position sur le problème ou qui ne prévoit de lancer le débat de fond dans ses rangs. Le fait est d'autant plus important qu'il survient 18 mois après la victoire électorale du PQ (Parti québécois) - voir

Inprecor, no 64, ancienne série, 9 décembre 1976 et no 13, nouvelle série, 29 septembre 1977 -, lequel, après avoir profité des espérances nationalistes des masses québécoises, trahit cet espoir en reléguant les échéances indépendantistes dans un avenir de plus en que reculer sur tous les fronts. La

Sun Life n'a pas été nationalisée.

Les sièges sociaux sont libres de fonctionner en anglais. La RCMP opère toujours en toute liberté sur le territoire québécois (comme tout le monde, elle se prépare pour le référendum...). Le gouvernement

Lévesque accepte sans fléchir l'arrêt des travaux de la commission Keable, attendant patiemment une décision finale de la Cour suprême impérialiste.

LES RECULS DU PQ

Non seulement le PQ recule sur les questions de l'heure; ainsi, parti qui parlait il y a quelques années de la « déclaration unilatérale de l'indépendance» après la victoire électorale, dilue de plus en plus son objectif initial. Lévesque déclare à

Toronto que le PQ n'a aucunement l'intention de briser le Canada.

Claude Morin affirme que la « souveraineté-association » du PQ appartient à la même «famille de solutions » que la « troisième voie» proposée par Claude Ryan. La question

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qui sera posée au référendum est toujours inconnue; aurons-nous à choisir entre deux « troisièmes voies» ?

Ces reculs du PQ ne sont pas le fruit du hasard. Ils sont l'expression pratique de la nature nationalistebourgeoise de ce parti.

Acceptant les règles du jeu du capitalisme, le PQ aimerait aménager une meilleure place pour la petite-bourgeoisie québécoise face à l'impérialisme en se servant du «seul capitaliste québécois, l'Etat», comme dit Camille Laurin. La création par le PQ d'un « capitalisme national québécois» s'appuyant sur un Etat formellement indépendant ne remettrait pas en question la domination impérialiste. En ce sens, le 7 mars dernier, Claude Morin, ministre des Affaires inter-gouvernementales a déclaré qu'un Québec «souverain » participerait aux alliances militaires impérialistes de l'OTAN et de NORAD.

Même dans sa phase la plus «radicale », le PQ n'a jamais remis en cause la présence des multinationales étrangères, tout au plus s'agissait-il de les «civiliser». Dans ces conditions, l'indépendance péquiste n'aurait été qu'une caricature de libération nationale dont les travailleurs et les travailleuses n'auraient aucunement profité. L'ENJEU DE LA LUTTE NATIONALE

Il est impossible de mettre fin à loppression nationale sans la rupture complète avec l'impérialisme, sans l'expropriation sans indemnité de tous les intérêts impérialistes et l'instauration d'une planification de l'économie sous le contrôle des travailleurs. Pour le PQ bien sûr, il n'en est pas question.

Ce parti veut perpétuer l'exploitation dans un futur Québec « souverain ». De ce côté-là, le bilan du PQ est déjà lourd : deux budgets d'austérité pour les travailleurs, rentabilisation Lazure parfaitement dans la lignée de la rentabilisation libérale de Forget dans les hôpitaux, la contre-réforme et les mises à pied dans l'enseignement, un «nouveau régime » anti-syndical dans le secteur public, et comme cerise sur la sundae une « loi antiscab» qui, justement, permet aux employeurs d'utiliser des scabs (jaunes) pour « protéger» leur proprié-

Bref, le gouvernement péquiste participe avec un zèle intempestif à l'offensive anti-ouvrière menée par la bourgeoisie canadienne depuis 1975.

Mais si le PQ accepte sans hésiter les règles du jeu du capitalisme, en revanche la bourgeoisie canadienne s'oppose farouchement à ses projets. L'Etat fédéral constitue la pièce maîtresse de son pouvoir politique, économique et militaire. La bourgeoisie impérialiste canadienne ne va jamais renoncer à son autorité directe sur le Québec, quelle que soit la «modération» ou la « bonne volonté» du PQ. Car le Québec est beaucoup plus important pour elle que ne l'étaient les anciennes colonies pour les puissances européennes. Il représente un quart de son marché national et un réservoir d'épargne et de main-d'œuvre à bon marché.

Au niveau politique, même la souveraineté-association en cause l'emprise de la bourgeoisie canadienne sur le Québec. De plus, elle aurait des effets désastreux sur le fragile équilibre régional du Canada. Les provinces développeraient davantage leurs tendances centrifuges propres, à l'encontre de la volonté centralisatrice de la grande bourgeoisie canadienne. Cette dernière serait affaiblie non seulement face à ses concurrents, mais aussi face à sa propre classe ouvrière. Mais ce qui effraie le plus l'impérialisme, c'est la possibilité d'une nouvelle explosion des luttes ouvrières et nationales au Québec advenant d'une victoire lors du référendum, luttes qui risquent de rapidement déborder le cadre établi par le PQ. Dans le contexte de la crise du capitalisme, n'importe quelle victoire partielle sur la question nationale, une quelconque « souveraineté» du Québec serait une catastrophe historique pour la bourgeoisie cana-

D'où les menaces à peine voilées d'intervention militaire multipliées par les politiciens fédéraux. La bourgeoisie ne reculera devant aucun moyen pour empêcher même un semblant « d'indépendance» du

Québec. Elle ne sacrifiera pas ses intérêts sur l'autel d'un référendum éventuel, quand elle dispose de bien des atouts économiques, politiques et militaires pour les défen dre. Les quelque vingt interventions militaires fédérales au Québec depuis la Confédération devraient nous faire réfléchir.

Comment le PQ répond-il à l'intransigeance fédérale ? La réponse est simple : le recul sur toute la ligne. Le PQ pense peut-être désamorcer l'opposition fédérale en rendant son projet plus acceptable pour la bourgeoisie canadienne, en diluant de plus en plus sa « souveraineté» pour souligner toujours davantage l'association. En mettant de l'eau dans son vin, il espère sans doute augmenter son appui populaire lors du référendum. Mais c'est un faux calcul. Les reculs du PQ désorientent ses propres partisans sans aucunement diminuer l'opposition de la bourgeoisie canadienne, qui y voit au contraire une manifestation de faiblesse. L'INDEPENDANCE EXIGE LA MOBILISATION DES MASSES OUVRIERES

Le gouvernement du PQ est incapable de résister à l'offensive fédérale parce que le seul moyen de construire un rapport de force avec l'appareil politique et militaire centralisé de la bourgeoisie canadienne, c'est la mobilisation des masses laborieuses. Parti bourgeois, parti voué au maintien du système capitaliste, le PQ ne peut agir ainsi. S'il se mettait à mobiliser la population dans une véritable lutte contre l'oppression nationale, il perdrait tout. Non seulement les impérialistes réagiraient-ils brutalement en retirant des capitaux, mais le PQ lui-même serait menacé par la mobilisation des masses populaires qui ne se contenteraient pas d'un simple « préjugé favorable », mais lutteraient pour la réalisation entière de leurs aspirations sociales et nationales, ce les mettrait en contradiction avec le gouvernement péquiste lui-

Ce parti qui refuse de mettre en branle le potentiel de lutte des masses laborieuses, mais qui fait tout pour entraver la mobilisation des travailleurs et des travailleuses ne

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pourra jamais mener la lutte de libération nationale à la victoire contre l'impérialisme canadien.

Comme le disait le Bureau national de la CEQ, il est impossible de séparer la lutte pour l'émancipation des travailleurs et des travailleuses. L'oppression nationale et l'exploitation capitaliste sont deux aspects d'une même réalité, la domination du Capital impérialiste canadien et américain sur le Québec. Le seul moyen de réaliser une véritable libération nationale consiste à chasser ces intérêts impérialites et seule la classe ouvrière est assez forte pour en venir à bout.

Au contraire, les compromis péquistes ne font qu'encourager la bourgeoisie canadienne a poursul vre son offensive anti-québécoise dans le but d'infliger une défaite cuisante au mouvement de libération nationale. Les élections fédérales, le projet de référendum fédéral s'inscrivent dans cette campagne de même que la nomination de Ryan comme chef des libéraux du Québec.

En effet, l'enjeu est de taille. Si la bourgeoisie canadienne réussit à résoudre à son avantage la crise politique actuelle, à remettre le Qué. bec à sa piace et à réaffirmer l'autorité suprême de l'Etat fédéral, elle sera dans une position très forte pour continuer l'offensive contre le mouvement ouvrier québécois et aussi contre le mouvement ouvrier canadien-anglais. Au contraire, la défaite de la bourgeoisie canadienne sur une question aussi vitale que la structure même de l'Etat ouvrirait une situation très favorable pour les travailleurs des deux nations. Rappelons-nous les déclarations de l'ex-ministre libéral Guy Saint-Pierre qui disait craindre non pas l'indépendance en tant que telle, mais le danger d'une situation « portugaise» - le danger, de son point de vue, que les masses laborieuses ne tirent profit du grand chambardement des institutions bourgeoises. geoisie impérialiste canadienne a une conscience de classe très développée, elle sait reconnaître ses intérêts et les défendre.

Devant l'importance de l'enjeu, devant les reculs du PQ, la classe ouvrière organisée ne peut rester passive. La LOR lutte pour que le

- RESOLUTION DU CCSNM

Le conseil syndical recommande de réitérer sa position du congrès de 1972 :

* que le CCSNM se prononce catégoriquement en faveur de l'indépendance nationale au Quebec, entend agir énergiquement en faveur de cette cause, estimant que cette dernière coincide avec les intérêts économiques, sociaux et culturels des travailleurs québé-

* que le CCSNM demande à chacun de ses membres de s'engager dans cette lutte en la reliant toule syndicat, dans le avail, dans dans le quartier, a toutes les luttes qu'il mène contre l'exploitation et la domina* Il faut lutter contre l'oppression nationale du peuple québécois et affirmer le droit du Québec à l'autodétermination.

* Le mouvement ouvrier doit s'engager dans la lutte pour la libération nationale du peuple québécois. Cette lutte ne s'exerce pas contre le peuple canadien mais contre la bourgeoisie canadienne et l'Etat, son principal instrument.

* La lutte pour la libération du

Québec doit aussi prendre la forme d'une lutte anti-impérialiste. * Une lutte de libération nationale véritable ne peut être qu'une lutte pour le socialisme. mouvement ouvrier reprenne à son compte une lutte massive pour l'indépendance du Québec en lui socialiste. Nous voulons qu'elle s'engage directement dans l'action politique pour arracher au PQ la direction du mouvement de libération nationale et pour le mener jusqu'au bout, l'expulsion de l'impérialisme et une indépendance au service des travailleurs et des travailleuses. Cette lutte peut se concrétiser aujourd'hui

Run appui réel à l'opération liberté contre la police fédérale -la GRC; à la campagne pour l'abrogation des lois fédérales niant aux femmes l'avortement libre et gratuit; pour la libération des prisonniers politiques qui pourrissent dans les prisons fédérales au Québec. LES MAOISTES

Les divers groupes maoïstes et staliniens s'opposent unanimement à l'indépendance, la «séparation»,

* Parce que le PQ ne répond pas aux revendications des travaillleurs pour un Québec indépendant et socialiste, jamais le mouvement syndical ne pourra s'appuyer sur le PQ pour atteindre ses objectifs. * Nous dénonçons la stratégie de concensus national par la colla boration de classe du PO. C'es par la lutte pour l'autonomie du mouvement pourrons prendre en charge la question nationale dans le sens de nos propres interets. * Pour une véritable libération du Québec, faite en fonction de nos intérêts, il est nécessaire et les travailleurs Québec se dotent d'une organisation politique autonome. Recommandations: * Que le congrès demande à tous les syndicats d'organiser de discussions et des débats dan leur syndicat en assemblée générale sur la question nationale, à la lumière du document du Comité et de la position adoptée par le présent congrès. * Que le congrès mandate le conseil syndical pour que le conseil syndical convoque un congrés spécial du Conseil central a l'automne pour prendre position sur cette question. disent-ils. Ils ne semblent pas du tout percevoir l'enjeu de la confrontation actuelle entre l'Etat fédéral et le mouvement québécois de libé-

Leur argumentation centrale est assez simple, voire simpliste. La seule façon de mettre fin à l'oppression nationale consiste à renverser le capitalisme et donc l'Etat bourgeois. Les travailleurs des deux nations doivent s'unir dans cette

Par conséquent, disent les maoïstes, la « séparation» du Québec serait une fausse solution qui détournerait les travailleurs de la lutte pour le socialisme. La libération nationale du Québec se trouve ainsi renvoyée après une éventuelle et hypothétique révolution socialiste pancanadienne.

Mais les choses ne se passeront pas ainsi. L'Etat canadien est une prison des peuples. La crise du capitalisme provoque un aiguisement de Toppression nationale et s'accompagne en retour d'une montée des

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mouvements de libération nationale non seulement au Québec, mais aussi en Acadie, parmi les peuples indigènes, etc.

Alors, on ne peut pas tout résouidentifiant l'ennemi commun, l'Etat capitaliste fédéral et ses palliers provinciaux. La question est comment mobiliser les masses, y compris des nations opprimées, contre cet Etat. Et comment utiliser cette mobilisation pour ébranler et pour remettre en question l'existence même de l'Etat fédéral. En s'opposant à l'indépendance, maoistes proposent en fait de laisser le terrain concret de la question nationale aux nationalistes bourgeois qui pourront continuer à dévier les énergies et la volonté de libération nationale du prolétariat. POUR UN PARTI DES TRAVAILLEURS BASE SUR LES SYNDICATS

La politique du PQ n'est pas seulement anti-ouvrière et anti-populaire sur le plan social et économique : elle mène aussi la lutte nationale à l'impasse si ce n'est à l'abattoir. La classe ouvrière et les masses populaires ne peuvent se fier à ce parti bourgeois pour défendre leurs intérêts.

Ils ont besoin de leur propre parti politique, un parti qui s'appuiera sur des mobilisations de masse pour arracher des victoires réelles et qui visera la rupture complète de la domination impérialiste sur le Québec. Un tel parti doit être un parti ouvrier de masse, indépendant de tout parti bourgeois et muni d'un programme visant la satisfaction totale des revendications de la classe ouvrière et de l'ensemble des secexploités et opprimés de la population: femmes, immigrants, peuples indigènes, gai(e)s, etc.

A l'heure actuelle, il n'y a pas de tel parti au Québec. Les seules organisations de masse sont les syndicats. Les travailleurs et les travailleuses du Québec ont manifesté une grande combativité au cours des dernières années. Mais les directions syndicales ont tout fait pour canaliser ces mobilisations et cette radicalisation vers un appui officieux au PQ et pour bloquer l'action politique autonome travailleurs.

Maintenant que ce parti est au pouvoir, nous en payons le prix. L'offensive anti-ouvrière du PQ peut se déployer dans toute sa grandeur sans rencontrer de résistance organisée et unitaire du mouvement ouvrier. Au contraire celuici offre le triste spectacle de la division syndicale, de la course aux faveurs du PQ, du maraudage et des jambettes aux autres centrales.

La manifestation divisée du ler mai forme l'exemple le plus frappant de cette politique traitre des bureaucraties syndicales.

On ne peut pas séparer les luttes écnomiques des luttes politiques. On ne peut pas soutenir officieusement le PQ sur le plan politique tout en maintenant sur le plan économique une combativité sans faille contre le même gouvernement. On ne peut organiser une riposte efficace à l'offensive capitaliste contre les salaires réels, contre l'emploi, contre les femmes, les étudiants, les immigrants, etc., sans tirer au grand jour la responsabilité du gouvernement péquiste qui participe activement à l'offensive anti-ouvrière de la bourgeoisie canadienne. La collaboration avec le PQ mène à la paralysie du mouvement ouvrier au moment même où nous devons rassembler toutes nos énergies pour défendre nos acquis.

Alors, la rupture avec le PQ se pose comme une nécessité immédiate. Il faut partir de la réalité concrète pour poser au sein des organisations de masse de la classe ouvrière, les syndicats, la nécessité de construire un parti des travailleurs. Et il faut poser la nécessité pour les syndicats de participer activement à la construction de ce parti, sans quoi il ne sera qu'une chapelle coupée des masses travailleuses.

Ce parti devrait lutter pour l'indépendance, pour la satisfaction de l'ensemble des revendications de la classe ouvrière et des couches opprimées de la population. Un tel parti devrait être construit à partir des luttes de l'heure. Ce ne sera pas une bébelle bureaucratique et réformiste. La bureaucratie syndicale s'oppose à cette perspective. Ca va prendre une lutte réelle, y compris dans les congrès syndicaux et en opposition à la ligne de collaboration de classe de la bureaucratie.

Il faut mettre en avant cette perspective partout où se mène le débat sur les tâches du mouvement ouvrier, sur la libération nationale, sur l'action politique. Pour les mêmes raisons il faut appuyer la conférence du RMS sur le parti des travailleurs, prévue pour le 13 mai. POUR LA REPUBLIQUE DES TRAVAILLEURS DU QUEBEC

Nous n'avons pas d'illusions à nous faire. La véritable libération nationale au Québec, l'émancipa tion définitive des travailleurs et des travailleuses passent par une lutte à mort contre l'impérialisme américain et canadien. Mais les exploiteurs ne sont pas invincibles. Le peuple vietnamien a triomphé de la machine de guerre du Pentagone. A 90 milles des côtes américaines, la révolution cubaine a vaincu.

Pourquoi ? Parce que les révolutionnaires de ces pays sont allés jusqu'au bout, jusqu'à la révolution socialiste, et parce qu'ils se sont sur la mobilisation des masses laborieuses. Aussi qu'ils ont compris que leur lutte n'était pas une lutte nationale séparée du reste du monde, mais qu'il fallait la mener dans une perspective intemationaliste, construisant activement les liens avec les luttes révolutionnaires ailleurs dans le

Ce sont là des leçons précieuses pour nous dans notre lutte pour l'émancipation sociale et la libération nationale. C'est pourquoi la Ligue ouvrière révolutionnaire adhère à la Quatrième Internationale, parti mondial de la révolution socialiste, qui centralise des forces militantes dans plus de 50 pays sur les cing continents. Et pour la LOR, la lutte pour le parti des travailleurs fondé sur le mouvement syndical s'inscrit dans la lutte pour construire le parti révolutionnaire de masse, seul instrument de notre victoire définitive sur l'impérialisme mondial.

Pour l'indépendance

Get le socialisme Pour la République des travailleurs - du Québec

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