Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

BULGARIE

Turbulences et tempêtes

· Inprecor n° 320, 7 décembre 1990 · p. 8-10 · 2 915 mots

Europe de l'Est Syndicalisme Grèce et Turquie Écologie

Le 29 novembre 1990, Andrei Loukanov, Premier ministre bulgare, membre démissionner, après quatre jours de grève "générale" (qui aurait touché en fait un salarié sur quatre), lancée par le syndicat indépendant Podkrepa et suivie par la Confédération des syndicats indépendants de Bulgarie (CSIB). Les barricades grands cris la démission du "gouvernement communiste" issu des élections de juin 1990 (voir Inprecor n° 315 du 28 septembre 1990) ont certainement pesé

Turbulences et tempêtes du Parti socialiste bulgare (PSB, ancien Parti communiste rebaptisé), a dû dressées dans le centre de Sofia par des étudiants et des salariés réclamant à sur la décision du PSB.

Le nouveau Premier ministre bulgare sera Guinio Canev, député sans étiquette ; le gouvernement se composera de 1l ministres : 4 du PSB, 4 de l'Union des forces démocratiques (UFD) et 3 du Parti agrarien.

L'article que nous publions a été écrit avant ces événements ; il présente les différentes forces politiques en présence en Bulgarie aujourd'hui.

Kathy LOWE

JUsQu'A une date récente, le Parti communiste bulgare (PCB), probablement le plus fort et le plus populaire d'Europe de l'Est, semblait incarner avec succès la perestroika et les revendications du mouvement démocratique bulgare, tout en gardant intacts son pouvoir importante bureaucratie. En son fait, après sa nouvelle fondation sous l'étiquette de Parti socialiste bulgare

(PSB), il a même réussi à acquérir une certaine légitimité et une image de libéralisation, en remportant la majorité absolue lors des élections libres de juin 1990.

Cependant, les communistes bulgares vivent actuellement des temps difficiles. En août 1990, le siège du PSB au cœur de Sofia, a été incendié par des manifestants, qui protestaient contre la lenteur des réformes ; en septembre, son congrès a réélu à sa tête, Alexandre Lilov, dont les liens avec les conservateurs du

Parti sont notoires. En octobre 1990, les fractions du parti restaient seulement ensemble pour faire barrage à la coalition de l'opposition, l'Union des forces démocratiques (UFD).

La Bulgarie s'enfonce dans une agitation politique et économique permanente tandis que l'UFD a utilisé tout son poids parlementaire pour paralyser le gouvernement dirigé par le PSB, dans le but de précipiter sa chute.

En moins d'un an, le paysage politique bulgare est devenu méconnaissable. En novembre 1989, au milieu des clameurs d'un mouvement démocratique en pleine ascension, un coup de force du comité central, appuyé par Gorbatchev et dirigé par le ministre des Affaires étrangères, Petar Mladenov, mettait fin aux 35 ans de règne du vétéran stalinien, Todor Jivkov.

Pour la première fois, des décennies de corruption et de mauvaise gestion étaient étalées au grand jour, et le pays a entrepris une transition de l'Etat communiste totalitaire au multipartisme; le PCB, devenu PSB, s'est alors battu pour améliorer son image ternie et pour parer aux scissions internes, tout en tentant de mettre en échec l'opposition organisée surtout dans l'UFD.

Dans un pays aux traditions politiques extrêmement faibles, le PSB, encouragé par ses réformateurs, a été capable, de dominer des adversaires inexpérimentés. Lors des élections de juin 1990, le PSB a remporté 211 des 400 sièges du Parlement, sans pouvoir pour autant écarter la paralysie politique. Au bout de quelques semaines, Mladenov a été obligé de démissionner. Dans le but de trouver une certaine stabilité, le PSB a finalement fait une concession et son candidat s'est désisté en faveur du dirigeant de l'UFD, Jeliou Jelev, qui, après son élection comme président en août 1990, a invité l'UFD à participer à un gouvernement de consensus national. Mais l'UFD a refusé, flairant le piège.

Un gouvernement a enfin été formé à la fin septembre par le PSB et quelques indépendants. En réalité, le cabinet avait les mains complètement liées, l'UFD utilisant ses 144 sièges à l'Assemblée pour bloquer les principales décisions — qui, dans le système bulgare, requièrent une majorité des deux tiers.

Le dirigeant de l'UFD, Petar Beron, a accusé le PSB d'être trop timoré vis-à-vis des réformes et a souligné l'incapacité des communistes à démanteler la nomenklatura gigantesque : 216 000 bureaucrates, pour une population de 9 millions d'habitants, dominent toutes les sphères de la vie politique, économique et sociale. Selon Beron : « La première préoccupation du PSB est de conserver tous ces capitalistes rouges qui ont volé de l'argent qu'ils essayent aujourd'hui de réinvestir dans l'entreprise et la propriété privée. »

L'opposition et la crise

L'UFD, encouragée par la défaite de l'aile réformatrice lors du récent congrès du PSB, a voulu laisser à ce parti l'entière responsabilité de la débâcle économique, afin de remporter les prochaines élections locales et d'essayer alors d'imposer de nouvelles élections législatives. Le problème est que l'ensemble hétéroclite des 16 groupes politiques qui forment l'UFD— on y trouve, entre autres, le Parti social-démocrate nouvellement recréé, le Parti vert, le syndicat Podkrepa (1) et le mouvement Ecoglasnost — ne semble uni que par leur haine commune du PSB, n'offrant aucune ré-

La situation politique actuelle est aggravée par les problèmes monumentaux légués par le régime de Jivkov. La disparition du Conseil d'assistance économique mutuelle (CAEM) ainsi que la réduction de l'approvisionnement en pétrole par l'Union soviétique ont frappé la Bulgarie de plein fouet. La crise du Golfe a aussi eu un profond impact : les coûts de l'énergie ont augmenté et, pire encore, le milliard et demi de dollars que l'Irak doit à la Bulgarie est bloqué

En mars 1990, le gouvernement a entrepris une démarche unique dans les pays

1) Podkrepa est sorti de l'UFD, début novembre 1990, car son président, Konstantin Trentchev, avait été jugé comme trop "radical" par la direction de ce front, à la suite de l'incendie du comité central du PSB, le 27 août 1990.

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de l'ancien bloc de l'Est en déclarant un moratoire sur le paiement de la somme principale de sa lourde dette extérieure (12,6 milliards de dollars). Mais la productivité industrielle a continué de chuter, les entreprises manquant de capitaux après l'arrêt de l'aide extérieure et l'énorme déficit du budget.

Le Fonds monétaire international (FMI) vient enfin de donner son feu vert à l'entrée de la Bulgarie en son sein, ouvrant la porte à d'autres institutions occidentales qui proposent des prêts et des investissements

(voir n° 313 du 13 juillet 1990).

Les immenses attentes politiques de la population après le départ de Jivkov ont été récompenpar le chômage, l'inflation galopante et le rationnement de tous les produits alimentaires de base. Les queues devant les magasins d'alimentation de Sofia commencent à ressembler à celles de

Moscou. Des jeunes, des étudiants et des travailleurs donnent de plus en plus libre cours à leur frustration dans les rues.

La lutte pour le pouvoir entre le PSB et l'UFD constitue une fausse alternative politique pour la population. En fait, tous deux envisagent la libre comme la seule solution pour l'économie bulgare délabrée, même si leurs priorités et leur attitude vis-à-vis des avantages sociaux sont diffèrentes. Ces deux forces ont des groupes de droite en leur sein, qui aimeraient profiter du marché libre et qui s'opposent à l'organisation indépendante des travailleurs. Les dirigeants de ces deux formations, de peur de voir leur popularité auprès des nationalistes bulgares diminuer, ont aussi rechigné à soutenir publiquement la minorité turque dans sa lutte pour retrouver les droits qu'elle avait perdu sous Jivkov.

Effervescence du mouvement ouvrier

Alors qu'au niveau parlementaire, les deux blocs politiques sont dans une impasse, des changements rapides et décisifs sont actuellement en cours dans le mouvement ouvrier.

Après la chute de Jivkov et la proposition du Parti communiste bulgare d'abandonner son monopole du pouvoir, une vague de grèves a traversé tout le pays — très souvent spontanées, autour de revendications salariales ou exigeant le départ des fonctionnaires communistes corrompus. On a compté environ 300 grèves en-

= Inprecor n° 320 du 7 au 20 décembre 1990 tre décembre 1989 et mars 1990. L'une d'entre elles, dans l'aciérie Radomir, à une quarantaine de kilomètres de Sofia, entreprise était dirigée par des femmes qui conduisent les grues qui soulèvent les poutrelles d'acier. Elles ne demandaient pas de meilleurs salaires, mais une amélioration de leurs conditions de travail — ainsi que le licenciement du directeur, qui ne s'était jamais occupé de ce problème. indépendante, Podkrepa (Soutien) a appuyé ces mouvements avec succès et recruté nombre de leurs participants. Fondée en février 1989, avant la libéralisation, par un groupe d'intellectuels de Sofia, Podkrepa a connu une croissance fantastique et organise aujourd'hui environ 150 000 travailleurs fondatrices de l'UFD, où ses dirigeants ont la réputation d'être les anti-communistes les plus fervents et les plus favorables au marché de toute la coalition. issus de la base des anciens syndicats officiels en voie de désintégration rapide ont étonné les sceptiques en votant le remplacement de la vieille garde, en rompant tout lien avec le PSB et en refondant, en février 1990, la Confédération des syndicats indépendants de Bulgarie (CSIB). Dirigée par un ancien dissident, professeur de sociologie, Christio Pedkov, la

La nouvelle confédération syndicale

C'est aussi l'une des organisations

Pendant ce temps, les réformateurs

Confédération est la seule en Europe de Est à avoir rompu tout lien avec l'Etat et à avoir démocratisé ses structures, tout en conservant environ 3 millions des 3,5 millions d'adhérents de l'ancien syndicat — soit plus de 80 % des salariés bulgares.

Selon Pedkov : « Nous ne sommes pas des révolutionnaires.

Mais nous croyons que des organisations de type syndical peuvent changer si l'on se débarrasse de la direction centrale, si l'on coupe les liens avec la dictature des communistes et si l'on a le soutien de la base. »

Sous son impulsion, les postes de 50 % des anciens bureaucrates du syndicat ont été supprimés. Les conseils syndicaux municipaux et régionaux contrôlés par le PCB ont également disparu. A la place, des unions de branches locales ont été formées, qui sont davantage structurées sur des bases catégorielles que géographiques, les représentants de la CSIB servant de coordonnateurs entre les différentes branches de chaque région.

Négociations de conventions colleetives

Dans trente villes, la CSIB vient de créer des centres d'aide syndicale. Chacun d'entre eux est dirigé par une petite équipe — un juriste, un sociologue, un économiste, un spécialiste de la santé et de la sécurité — qui conseille les travailleurs inuividuellement et soutient les branches lors de leurs négociations avec les directions de leurs entreprises. Les délégués de la première conférence annuelle des délégués de la Confédération, à la fin

1990, seront directement élus par les branches locales.

L'accord national sur les conventions collectives signé en mars 1990, et suivi par des accords similaires dans 20 % des usines, apparaît comme une victoire concrète de la CSIB. Bien qu'il existe des tensions entre leurs directions, la CSIB et

Podkrepa ont négocié conjointement avec le gouvernement et le Syndicat des gestionnaires de l'économie la hausse des retraites (janvier 1990) et du salaire minimum (avril 1990), ainsi qu'un accord d'indexation sur l'inflation des salaires, des retraites et des allocations de chômage en octobre 1990.

Même si ce texte est appliqué par les différents gouvernements, l'on peut se demander si l'indexation réussira à suivre l'inflation galopante. En tout cas, tous ces accords représentent un acquis pour les

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Un environnement dévasté • L'atmosphère est polluée sur environ un quart du territoire, à des degrés allant de 1,5 à 120 fois plus que les concentrations maximales autorisées

• 71% des principaux fleuves sont durement touchés.

• 44 % des sols sont pollués, ce qui correspond à 69% des terres cultivables et à 96 % des terres actuellement cultivées.

Ces chiffres catastrophiques émanent d'Ecoglasnost, le premier mouvement d'opposition bulgare, constitué en avril 1989, sur la base de la défense de l'environnement.

Ecoglasnost est un front incluant des associations, des partis tels le Parti vert et des individus. Le 3 novembre 1989 (soit une semaine avant la destitution de Jivkov par ses pairs du Parti communiste), une manifestation appelée par ce mouvement avait réuni environ 4 000 personnes qui, outre des revendications écologistes, réclamaient la glasnost et la démocratie. * travailleurs et montrent la force croissante de leurs organisations syndicales indépendantes.

Non au "tout marché"

En juillet 1990, la CSIB a publié son propre programme économique alternatif, qui rejette la « privatisation totale et rapide » au profit d'une transition vers une économie mixte « où un secteur d'Etat minimal coexiste avec d'autres formes de propriété : coopérative, municipale privée ». Ce projet prévoit une agence spéciale, contrôlée par l'Etat, chargée de surveiller la privatisation et la distribution d'actions de certaines entreprises aux travailleurs; il souligne aussi la nécessité d'un plan de création de nouveaux emplois pour les personnes licenciées lors des restructurations économiques et de la fermeture d'industries dangereuses.

Pour Christio Pedkov, les risques immédiats qui menacent la Bulgarie, si elle s'aventure dans le monde de la libre entreprise sont constitués par la nomenklatura et les affairistes du marché noir qui profitent déjà de la privatisation de la propriété d'Etat. Christio Pedkov ajoute : « Nous redoutons la colonisation de notre économie. L'investissement étranger sera le bienvenu, mais si, par exemple, des multinationales et de riches citoyens commencent à tout acheter, cela portera atteinte aux intérêts du pays. »

Pedkov a également déclaré que la CSIB voulait sortir de l'impasse politique actuelle entre le PSB et l'UFD en créant un Parti "travailliste" social-démocrate — peut-être à l'exemple du britannique. Il possède sans aucun doute une autorité politique suffisante dans le pays pour mener à bien ce projet qui, s'il se concrétise, pourrait recueillir un appui populaire important en ce moment.

Bien que des forces socialistes existent tant dans le PSB que dans l'opposition, aucun courant ni organisation capable de diriger la gauche bulgare et de lutter pour une économie socialisée et planifiée centralement, sous le contrôle démocratique des travailleurs eux-mêmes, n'est apparu. Ainsi, la Bulgarie est confrontée à la perspective d'une austérité et d'un chômage draconiens, quel que soit son gouvernement. L'éventualité d'une rébellion sociale suivie d'une intervention militaire ne peut être écartée.

Quoi qu'il arrive, cependant, il semble probable qu'une opposition solide fera son apparition.

Le ras-le-bol des Tures et des écologistes

La minorité turque de Bulgarie, forte d'un million de personnes, a formé son propre parti, le Mouvement pour les droits et la liberté, qui est apparu comme une force significative lors des élections de juin, remportant 23 sièges à l'Assemblée nationale. Ce mouvement ne demande pas l'autonomie des deux régions du nord-est et du sud-est du pays, où vivent la majorité des Turcs, mais s'oppose au nationalisme bulgare et lutte pour la restauration entière de ses droits culturels et religieux.

Jivkov avait d'abord joué la carte nationaliste en persécutant les 200 000 Turcs pratiquant l'Islam (les Pomaks). Ensuite, en 1985, il lança sa campagne de "bulgarisation" (2) contre l'ensemble de la communauté turque. La persécution a été telle qu'en juin 1985, 300 000 Turcs s'enfuirent de Bulgarie pour la Turquie.

Après la libéralisation, les manifestations et les grèves de la faim des militants turcs se sont intensifiées jusqu'en mars 1990, lorsque l'Assemblée nationale a voté une loi permettant à cette minorité de doit encore récupérer d'autres droits qu'elle a perdus — dont ses écoles et une université — et elle est encore sous le choc de la discrimination qu'elle subit.

De nombreux travailleurs turcs sont membres des syndicats bulgares, surtout de Podkrepa qui est très actif dans des régions vivent de nombreux Pomaks. Mais les dirigeants de cette minorité pensent former leur propre syndicat si les intérêts des travailleurs turcs ne sont pas bien représentés.

Un autre groupe d'opposition important bénéficiant d'un appui massif (67% de la population, selon un sondage récent) est le mouvement écologique Ecoglasnost. Avec 10 000 militants actifs rien qu'à Sofia, cette formation a attiré l'attention du monde entier sur la destruction catastrophique de l'environnement et la production industrielle dangereuse qui menacent la société et l'économie bulgares.

Les mines d'uranium ont pollué une partie de l'eau potable ; des usines pétrochimiques géantes ont empoisonné nombre de travailleurs et contaminé les produits agricoles ; environ 24 millions de mètres cubes de forêt ont été abattus ; les autorités n'ont, en outre, rien dit quand les retombées radioactives de la catastrophe de Tchernobyl ont commencé à atteindre la Bulgarie.

L'action directe caractérise Ecoglasnost : chaînes humaines, lobbies parlementaires, rassemblements et manifestations. Depuis les élections, ce mouvement peut s'exprimer à l'Assemblée nationale ; 18 députés de l'opposition au Parlement en sont membres, dont le dirigeant du mouvement, Petar Slabakov, un acteur bulgare connu.

Lors de discussions entre le gouvernement et les syndicats, les partisans d'Ecoglasnost ont demandé que les industries dangereuses soient fermées s'il est impossible de les réformer réellement ; que des plans soient réalisés pour embaucher leurs ouvriers ailleurs ; et que les firmes pétrochimiques d'installer des usines en Bulgarie. Selon Petar Slabakov : « Aujourd'hui, la Bulgarie a ouvert ses frontières et de nombreuses compagnies étrangères vont venir ici. Nous risquons d'être obligés de leur faire des concessions — la Bulgarie peut devenir une vaste usine chimique ! »

La force oppositionnelle la plus importante, les travailleurs bulgares, retrouve sa combativité après des décennies passées sous le joug bureaucratique; ils ont des revendications importantes et sont organisés (pour l'instant) dans des syndicats démocratiques. On peut donc espérer qu'ils seront en bonne position pour se défendre et lutter quand les "capitalistes rouges" locaux et les partisans étrangers du marché libre essayeront d'appliquer la politique du pire.

Octobre 1990

2) Cette campagne visait à effacer toute particularité nationale des Turcs de Bulgarie et passait, notamment, par la "bulgarisation" des noms de famille et prénoms d'origine turque.

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