Le 22 décembre 1990, 1 566 détenus politiques devaient être jugés au Rwanda, dans des conditions qui relèvent de la mascarade judiciaire. Suite aux protestations exprimées par l'opinion internationale, le procès fut reporté au 9 janvier 1991. Mais, le 3 janvier 1991, la radio rwandaise annonçait que 13 détenus avaient déjà été jugés.
Ces 13 détenus, jugés devant la cour de sûreté de l'Etat, sans aucune assistance juridique et en l'absence de tout observateur indépendant, sont de jeunes paysans du Nord-Est du pays. Pour 12 d'entre eux, le ministère public a requis la peine de mort ; et 20 ans de prison ferme, pour le dernier.
Ce procès annonce ce qui attend les milliers d'hommes, de femmes et d'enfants arrêtés lors de rafles massives visant les sympathisants présumés du Front patriotique rwandais-inkotanyi en lutte contre la dictature présidentielle, depuis octobre 1990 (voir Inprecor n° 317 du 26 octobre 1990).
Les 1 566 détenus politiques, ainsi que des milliers d'autres (9 256 à la fin d'octobre 1990), sont accusés indistinctement : d'avoir exprimé une opinion contraire à la ligne officielle du parti unique ; d'avoir effectué un séjour récent en Ouganda ; de suivre un entraînement aux sports de combat.
Le déroulement de ces procès politiques est une violation flagrante des principes et des règles du droit, tandis que se multiplient rafles, procès politiques expéditifs et massacres dans la population civile, et notamment dans les milieux paysans, soupçonnés de sympathie pour l'opposition. *
IN preCOR