Treize mois après l'invasion militaire de Panama par les Etats-Unis (qui, sous ses dehors de
"frappe chirurgicale", s'est soldée par la mort de plus de 4 000 civils panaméens), sous le prétexte de chasser le général Noriega, accusé de trafic de drogue (voir Inprecor n° 300 du 12 janvier 1990), la grogne populaire face à la dégradation économique va grandissant. Des barricades ont refait leur apparition dans la capitale, lors de la grève du 5 décembre
1990, malgré une féroce répression policière.
Le chômage touche actuellement 25 % de la population, et le gouvernement fantoche de Roberto
Endara, président arrivé dans les bagages des marines américains, a annoncé une nouvelle vague de licenciements dans l'administration, qui devrait concerner 500 personnes, accusées d'avoir participé aux débrayages ; 40 % des Panaméens vivent en dessous du seuil de pauvreté.
L'ambassade des Etats-Unis, qui fait la loi, a déclaré que les programmes sociaux du pays devraient être drastiquement réduits. La croissance économique n'a pas dépassé 6 %, selon des sources officielles, alors que les dépôts dans les banques ont augmenté de 26 %.
Le mécontentement social s'est cristallisé lors des élections législatives partielles du 27 janvier 1991. A cette occasion, la coalition qui soutenait le président Endara a éclaté. Le Mouvement libéral républicain nationaliste (MOLINERA), le Parti libéral authentique (PLA) et le Parti
Arnulfista (PA), qui accusaient le président de n'être qu'une marionnette des Etats-Unis, se sont alliés avec l'ancienne formation de Noriega, le Parti révolutionnaire démocratique (PRD, fondé par le général
Omar Torrijos) et ont raflé 40 % des voix, devançant la coalition au pouvoir, l'Alliance démocrate-chrétienne (ADOC) d'Endara, dans six des neuf provinces du pays. *
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