Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

GOLFE

Réactions internationales

Inprecor n° 324, 15 février 1991 · p. 9 · 1 112 mots

Maghreb Palestine et Israël Syndicalisme

MAROC

«Bush assassin, Mitterrand son chien ». C'est à ses cris que près de 500 000 personnes ont défilé, à Rabat, le 3 février 1991. Depuis le déclenchement de la guerre, le peuple marocain, bravant les interdictions des autorités, manifeste sa solidarité avec le peuple irakien. Cette marche, la plus importante depuis l'indépendance du pays, en 1956, réclamant le retrait des troupes marocaines du Golfe, constitue un véritable défi à la monarchie ; quelques heures avant, le roi avait réaffirmé que toute critique à l'égard des troupes marocaines constituerait une atteinte au moral de l'armée et serait châtiée ; et interdit, quelques jours avant l'ultimatum du 15 janvier 1991, toute manifestation et « troubles à l'ordre public », menaçant d'instaurer l'état d'urgence ; ce qu'il a fait à plusieurs reprises. Deux défis que la population marocaine a

Lors de l'appel à la grève générale, par les syndicats, le 28 janvier 1991, le roi a dû, sous la pression populaire, appeler à une journée de jeûne et de prière pour le peuple irakien. Fortement contesté sur sa politique aux côtés de la coalition impérialiste, le roi

Voici une chronologie, de notre correspondant au Maroc, des différentes manifestations qui ont eu lieu dans tout le pays, jusqu'au 28 janvier 1991.

• Lundi 14 janvier

A Errachidia, au Maroc oriental, des écoliers manifestent contre les intentions agressives de l'im-

ILEMAUKICE

En janvier 1991, un Komité Anti Lager (KAL) a été formé à l'ile Maurice, composé vingtaine d'organisations politiques, sociales, culturelles et syn-

Le KAL a demandé au gouvernement mauricien qu'il prenne, en tant que membre des Nations-Unies, une initiative internationale pour faire cesser la guerre. Il dénonce le fait que la base Garcia, située sur le territoire de l'ile, est utilisée pour des besoins de guerre et demande que l'île Maurice cesse de la ravitailler en nourriture et en main-d'œuvre. = Inprecor n° 324 du 15 au 28 février 1991

REACTIONS GOLFE

• Mardi 15 janvier

A Oujda (toujours au Maroc oriental), des étudiants, bientôt rejoints par la population, organisent une manifestation; vers 17 heures, la foule se dirige vers le consulat de France.

A Rabat, un rassemblement se forme sur le principal boulevard, réclamant le retrait de l'armée marocaine du Golfe, vilipendant l'agression américaine, sans oublier ses alliés impérialistes.

Le soir même, le roi prononce un discours où il menace de proclamer l'état d'urgence au moindre incident (« qui trouble la paix sera jugé par un tribunal mili-

• Mercredi 16 janvier

Des manifestations ont lieu dans les collèges; un communiqué officiel annonce que les écoles sont fermées jusqu'au 21 jan-

Les principaux syndicats marocains publient une déclaration contre l'agression impérialiste et invitent la population à participer aux rassemblements organisés par les partis politiques.

L'état d'urgence est décrété dans tout le pays ; la police et l'armée se déployent partout. Des mesures de sécurité sont prises autour des consulats des Etats-Unis et des pays qui participent à la coalition

Une manifestation a lieu, à Thala, pendant près de trois heures, sans intervention de la police. Le soir, à Oujda, les forces de l'ordre dispersent violemment un rassemblement; de nombreuses personnes sont arrêtées; il y aurait eu plusieurs blessés et plus d'une dizaine de morts.

Le Kal exige la fermeture de Port-Louis et de l'aéroport de Plaisance à tout navire ou avion impliqué dans la guerre.

La manifestation prévue par le Komité Anti Lager, le 26 janvier dans la capitale, Port-Louis, a été interdite par la police sous le

"maintien de l'ordre

• Vendredi 18 janvier

A la sortie de la mosquée, à Oujda, des manifestants arborent le drapeau palestinien. La police intervient et procède à plusieurs

A Fès, des drapeaux cains sont brûlés lors d'une manifestation d'étudiants en solidarité avec le peuple irakien.

• Samedi 19 janvier

A Jerrada (ville ouvrière), des manifestations sont réprimées par la police ; il y a plusieurs blessés.

A Agadir, la police arrête plusieurs étudiants qui défilaient, qui sont torturés avant d'être libérés.

• Dimanche 20 janvier

Nouvelle manifestation, à Jerrada, ; l'état d'urgence est décrété

Au Parlement, le Parti de l'indépendance (Istiqlal), et l'Union socialiste des forces populaires (USFP) font une déclaration où ils condamnent la guerre dévastatrice menée par les Etats-Unis et le sionisme contre l'Irak et déclarent peuple irakien. A Taroudant, le local de l'USFP est encerclé par la police alors que s'y tient une réu-

• Lundi 21 janvier

Un communiqué de la Centrale démocratique du travail (CDT), de l'Union générale des travailleurs marocains (UGTM) et du Syndicat national de l'éducation supérieure (SNE-SUP) appelle à des mobilisations dans tout le pays pour soutenir l'Irak, qui ne sont pas autorisées.

• Mardi 22 janvier

Appel des partis politiques à tous les musulmans du Maghreb

ISRAEL.

Le 6 février 1991, à Jérusalem, lors d'une conférence presse, le professeur Yeshayahu Leibovitz, le général à la retraite Marti Peled et des députés de la Knesset, Hashem Mahameed et Muhammad Miari, ont présenté une pétition contre la guerre, signée par 126 Israéliens.

Leibovtiz a dit qu'Israël avait deux choix à propos de la question palestinienne : « Soit continuer à diriger les territoires occupés par la violence, auquel cas Israël se transformerait en "Etat fasciste" luttant contre les pays arabes du Maroc au Koweit, soit diviser le territoire en deux entités natioarabe ; jeûne dans l'ensemble du

A Rabat, une manifestation a lieu dans la médina; intervention de la police, qui torture des per-

• Mercredi 23 janvier

A El Habj, mobilisation spontanée : les étudiants et la population brûlent le drapeau américain.

• Vendredi 25 janvier

A Oujda, un cortège part de la mosquée après la prière du ven-

A El Youssoufia, manifestation de 3 000 personnes contre les

Un communiqué de tous les syndicats appelle à une grève générale de 24 heures.

350 femmes marocaines organisent un sit-in au siège de l'Istiqlal. La police encercle le bâtiment. Elles envoyent des lettres de protestations aux consuls de France, de Grande-Bretagne et des Etats-

A El Kmiessat, l'intervention de la police contre un rassemblement entraîne les jeunes à riposter avec des pierres.

Les partis politiques annoncent qu'ils organiseront une gran3 février 1991. * ллл/ nales souveraines et indépen-

Mahameed a condamné les attaques des missiles irakiens contre Israël et la conquête du Koweit, mais aussi la guerre elle-même. Il s'est également opposé au couvre-feu imposé dans les territoires occupés (voir Inprecor n° 323 du ler février 1990).

Peled a déclaré, quant à lui, que les Etats-Unis ne pouvait justifier cette guerre en aucune manière, et a souligné que l'embargo l'Irak à se retirer du Koweit. Il a rappelé le lien qui existe entre le conflit actuel et la question palesd'une conférence internationale pour résoudre les problèmes de la

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