Voici des extraits du manifeste du groupe des Féministes hongroises, créé en septembre 1989 par des étudiantes et des enseignantes du supérieur.
Les femmes sont pratiquement absentes du changement politique dans la société hongroise actuelle. Il y en a très peu dans les groupes d'opposition de gauche ; parallèlement, leurs problèmes spécifiques ne sont repris par aucun programme politique de mouvement ou de parti.
En Hongrie, la discrimination en matière d'emploi est très nette ; les femmes ont peu de possibilités de suivre des carrières non traditionnelles; les emplois les moins payés leur sont réservés (institutrices, infirmières, vendeuses, coiffeuses, secrétaires, femmes de ménage, etc.). Paradoxalement, le salaire d'un pompiste, emploi qui ne requiert aucune qualification spéciale, est plusieurs fois plus élevé que celui d'une enseignante ou d'une infirmière...
Avec l'aggravation actuelle de la situation économique le fardeau qui pèse sur les femmes est de plus en plus lourd; c'est à elles de jongler pour nourrir leur famille, alors que les revenus diminuent sans cesse. De plus, les tâches ménagères requièrent davantage de temps qu'en Occident car l'industrie et les services sont beaucoup moins dévelop-
En Hongrie, la contraception est quasiment inexistante ; plus de 4 millions d'avortements ont été pratiqués durant les 25 dernières années.
Les médias hongrois renvoient une image du corps de la femme comme objet commercial. On assiste à une intrusion de la pornographie partout dans la vie publique et privée ; ce qui est synonyme d"ouverture et de progrès" aux yeux de beaucoup de nos compatriotes.
Les violences vis-à-vis des femmes sont monnaie cou/tante (agressions verbales ou physiques, harcèlement sexuel au travail, etc.) mais restent cachées; ainsi, il n'existe pas de mot en hongrois pour "femmes battues". *