Etats-Unis, Colin Powel, a déclaré que son pays soutenait les négociations entre le gouvernement du Salvador et la guérilla ; mais il n'a pas écarté l'eventualité d'une intervention militaire « si c'est nécessaire pour défendre la liberté ». Le I1 avril, le
Front Farabundo Marti de libération nationale (FMLN) a rejeté ces menaces et
Nous reproduisons les principaux extraits de l'interview du commandant Joaquin
Villalobos, membre de l'Armée révolutionnaire du peuple (ERP) (1) et de la direction du FMLN, parue dans le New-York Times, en mars 1991. Cet article contient des commentaires anticommunistes du journaliste chargé de l'entretien ;
mais le dirigeant salvadorien n'a, à aucun moment, contredit les propos que lui altribue cet article, qui n'est pas intégralement constitué de citations littérales.
Couper quels
"extrêmes" ?
Le 9 avril 1991, le chef de l'état-major conjoint des forces armées des leurs prétendus effets « de chantage ou de pression ». DOCUMENT
LORs de ses premières déclarations publiques après l'effondrement du bloc soviétique, le commandant Joaquin Villalobos a dit que sa coalition n'atteindrait pas ses objectifs par la révolution armée, mais en participant, en tant que mouvement politique non armé, à une démocratie pluraliste.
En parlant de ce qu'il a qualifié d'importante transformation de la pensée des rebelles après les nouveaux événements internationaux, M. Villalobos a dit que la coalition de la guérilla a dépassé le marxisme, qu'il a traité de « théorie politique de plus, semblable à n'importe quelle autre ». Il a affirmé que les objectifs militaires [du FMLN, ndlr] avaient changé, son but n'étant plus d'imposer une défaite ou une réforme à l'armée salvadorienne, mais de chercher, au contraire, à obtenir le désarmement permanent des deux parties, sous la supervision des Nations-Unies.
Tout en présentant le communisme orthodoxe comme une position extrémiste, comparable à celle de la droite salvadorienne, M. Villalobos a dit que le FMLN pense aujourd'hui que l'avenir du Salvador doit se baser sur le modèle de pays capitalistes importants comme l'Allemagne, le Japon ou le Costa-Rica — ce dernier n'ayant pas d'armée et entretenant des rapports étroits avec l'économie des
Etats-Unis. « Au Salvador, il faut isoler ou couper les extrêmes » a déclaré M. Villalobos. « En ce qui nous concerne, il s'agit du stalinisme dogmatique et du communisme traditionnel classique. A l'autre extrême, il s'agit de la droite orthodoxe qui, au Salvador, est digne de l'Age de Pierre.»
Les commentaires livrés par M. Villalobos ces derniers jours [aux Etats-Unis, ndlr] lors d'une série insolite d'interviews, arrivaient en même temps que des informations sur les attaques acharnées de la guérilla et les affrontements militaires au Salvador, à l'approche des élections législatives et municipales. (...)
« La nouvelle réalité politique »
Le contenu des déclarations [de J. Villalobos] et la période où elles ont été faites ont pu laisser penser qu'elles avaient pour but de calmer les critiques internationales faites à la guérilla et d'en présenter une image modérée à la veille des élections, que les rebelles ont promis de ne pas perturber. Cependant, ces propos étonnent car ils sont très éloignés des
* Les intertitres sont de la rédaction.
1) En 1972, a été formé le Parti de la révolution socialiste (PRS) et sa branche armée, T'ERP, au sein des milieux chrétiens radicalisés. En 1974, TERP a connu une scission d'ou est issue la Résistance nationale (RN) et son bras armé, les Forces armées de libération nationale (FARC), dirigées, entre autre, par le poète Roque Dalton — celui-ci a été assassiné à l'occasion de luttes intestines entre les FARC et l'ERP.
L'ERP et les FARC ont intégré, dés sa création, en octobre 1980, le front des organisations politico-militaires du Salvador, le FMLN.
L'ERP s'est toujours réclamée du marxisme-léninisme et des révolutions vietnamienne et cubaine.