Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

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Violence et communalisme

· Inprecor n° 333, 21 juin 1991 · p. 11-13 · 3 138 mots

Inde et Asie du Sud URSS et Russie Chine Économie mondiale

Le 21 mai 1991, l'attentat mortel contre Rajiv Candhi (I), en pleine campagne électorale pour les législatives (2), a braqué tous les projecteurs sur l'Inde. Lors du scrutin des 15 et 16 juin, le Parti du Congrès a obtenu la majorité relative au

Pour faire le point sur la politique indienne, Inprecor a rencontré Achin Vanaik, après l'indépendance, et dirigeant de l'Inquilabi Communist Sanghatan (ICS, qu'au repli sur soi, sur ses petites affaires. Ou alors, comme avant 1989, à la protection de se intérêts et acquis, ce que le monde ouvrier continue à faire de façon remarquablement efficace, mais toujours sans combat d'ensemble. Le pays est chaque jour moins contrôlable, comme l'attestent les millions de résidents illégaux dans les villes, où l'importante mobilité rurale qui contraste avec le système de fixation des populations en usage à l'époque maoïste. Le monde social bouge et se fragmente, ce qui rend d'autant plus malaisée la tâche de le gouverner, pour ne pas parler de l'enrégimenter, ce qui est devenu tout simplement impensable.

L'angoisse du changement

La Chine d'aujourd'hui s'est profondément modifiée par rapport à la très rigide période maoïste. Mais cette fragmentation rend non moins difficile l'élaboration d'un projet d'opposition capable de rassembler des forces importantes. De ce point de vue, l'avenir est bien incertain. Il n'y a pas que le régime en place qui craint la déstabilisation sociale. C'est une peur partagée par nombre d'opposants. Il n'est guère étonnant, alors, que d'authentiques aspirations démocratiques (et pas seulement des discours de façade) soient en fait aussi rares à rencontrer parmi les officiels que parmi les opposants. Quarante ans après les débuts du pouvoir "communiste", et alors que l'on sent sa fin arriver, la maturation du champs social, l'organisation consciente des classes sociales, et notamment du monde ouvrier, n'en sont qu'à leurs débuts, rendant ainsi peu probable la prochaine émergence d'une opposition cohérente et puissamment enracinée socialement.

Cela découle de facteurs complexes du mouvement d'ensemble plutôt chaotique de la société chinoise au XXe siècle, ou plus exactement des retards dans la constitution du champs social moderne ; retards accentués par la politique du pouvoir "communiste" qui a certes consacré des efforts considérables pour développer le pays, mais tout en niant, et cassant (ou plutôt freinant) l'évolution et la structuration des classes modernes. Face à ce manque, la future crise chinoise risque d'être marquée, une fois de plus, du sceau de l'autoritarisme, de la négation de l'autonomie d'action des classes, et cela quel que soit le vainqueur de cet affrontement plus ou moins marquant. *

12 juin 1991 = Inprecor n° 333 du 21 juin au 4 juillet 1991

Violence

et communalisme

Parlement, devant le Bharatiya Janala Parly (BJP, droite hindouiste fondamentaliste), qui a beaucoup amélioré son score. auteur de La transition difficile, une analyse marxiste de l'évolution de l'Inde section indienne de la IVe Internationale).

INPRECOR : Quand Raju Candhi a été assassiné, les médias ont dit que la démocratie indienne était en danger. Pourquoi les individus sont-ils si importants dans la politique dienne ?

Achin VANAIK : La démocratie bourgeoise indienne a un caractère plébiscitaire. Cela s'applique surtout aux formations centristes, comme le Parti du Congrès ou le Janata Dal (3) ; ce ne sont pas des partis de cadres, contrairement aux organisations qui sont à leur droite ou à leur gauche, tels le BJP ou les deux partis communistes — le Parti communiste indien (PCI) et le Parti communiste marxiste (PCM).

Le Parti du Congrès a disposé d'une structure fermement organisée de 1947 jusqu'à la moitié des années 60, quand la bourgeoisie rurale a commencé à le remettre en cause et à chercher des alternatives pour défendre ses intérêts de classe au sein de partis régionaux. D'autres facteurs ont joué un rôle dans son déclin : la disparition de sa vieille direction, la perte de crédibilité de son idéologie "socialiste" et l'ascension des castes moyennes, qui forment le gros de la population hindou.

Le Parti du Congrès est la seule formation politique indienne vraiment nationale, mais son caractère unifiant s'est de plus en plus basé sur un leader charismatique symbolisant la nation. C'est davantage la faiblesse du Parti du Congrès que la simple ambition dynastique qui a conduit Indira Gandhi à préparer ses fils Sanjay [décédé dans un accident, ndlr] et Rajiv à assumer le pouvoir.

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Le Parti du Congrès a perdu du temps à essayer de convaincre la femme de Rajiv Gandhi à reprendre la direction ; ce n'est que maintenant qu'il recommence à agir. Il a décidé de serrer les rangs et d'établir une direction collégiale.

• Quelles sont les principales différences idéologiques entre les partis ?

La question de la laïcité est déterminante ; il existe aussi d'importantes divergences en matière de politique économique. On trouve des forces socialistes dans le Janata Dal et dans le Parti du Congrès qui, tout comme les partis communistes, sont clairement à gauche de la socialdémocratie européenne; ils croient que l'on peut gérer le capitalisme à travers la propriété publique des moyens de production.

Les autres partis évoluent clairement à droite, s'éloignant du consensus autour de l'Etat qui prévalait du temps de Nehru. Ainsi, la divergence sur la politique économique entre la gauche et le centre est plus prononcée qu'entre le centre et la droite.

1) Dirigeant du Parti du Congrès, Premier ministre de l'Inde de l'assassinat de sa mère Indira Gandhi en 1984, jusqu'à la défaite électorale de décembre 1989.

2) Le gouvernement minoritaire du Janata Dal (S), dirigé par Chandra Shekhar, a démissionné en mars 1991 à la suite de divergences avec le Parti du Congrès, entrainant la convocations d'élections législatives. Voir Inprecor n° 329 du 26 avril 1991.

3) Depuis l'obtention d'une majorité relative lors des élections de décembre 1989, le Janata Dal, en la personne de son dirigeant V. P. Singh, dirigeait le gouvernement indien dans une coalition avec le BJP et les partis communistes. A la suite de divergences avec le BJP, Singh a dû démissionner en octobre 1990 ; à cette occasion, le Janata Dal s'est divisé en deux, Chandra Shekhar formant le Janata Dal Socialisme.

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La question de la sécularisation et du "communalisme" (4) divise la politique indienne actuelle de manière importante. Le Parti du Congrès et le Janata Dal sont fondamentalement laïcs, même s'ils jouent parfois de manière opportuniste la carte religieuse. Cependant, ils ne sont pas autant liés au nationalisme hindou que le BJP.

Qu'en est-il de la politique étrangère indienne, traditionnellement marquée par le non-alignement ?

Le non-alignement indien était avant tout une réponse à la politique des blocs et une tentative de la bourgeoisie et de l'Etat indien pour gagner une marge de manœuvre plus large à l'échelle internationale. En outre, cette attitude mettait fortement l'accent sur l'indépendance nationale ; aspect qui reste très important aujourd'hui. Cependant, depuis l'effondrement de la politique des blocs, le non-alignement est remis en question et certains plaident pour un rapprochement avec les Etats-Unis.

Durant la guerre du Golfe, nous avons pu prendre la mesure des pressions impérialistes. Les Etats-Unis n'avaient pas besoin de bases militaires en Inde car ils en avaient déjà au Pakistan et en Arabie saoudite ; ils ont cependant insisté pour que leurs avions obtiennent le droit de faire le plein de carburant sur l'aéroport de Bombay. Ils essayaient de monter une affaire politique : « C'est le nouvel ordre mondial, et vous devez y prendre votre place. » Quand cette exigence a été connue, les protestations ont fusé de toutes parts : la gauche, le Parti du Congrès et d'autres se sont opposés à ce que Shekhar accepte ce diktat et ont appelé à des mobilisations, obligeant le gouvernement à reculer.

En fait, les Etats-Unis ne savent pas exactement quelles relations établir avec l'Inde; l'Asie du Sud n'est pas leur priorité ; ils s'intéressent bien plus à l'Asie de l'Ouest (le Moyen-Orient) et à l'Europe.

S'ils désirent vraiment améliorer leurs rapports avec l'Inde, ils doivent revoir leurs relations avec le Pakistan. Il y quelques signes de cela : ils ont gardé une certaine neutralité lors de la querelle entre le Pakistan et l'Inde à propos du Cachemire - les demandes de l'organisation d'un plébiscite dans cette zone ont été abandonnées. Dans certains cas, les EtatsUnis se conduisent comme s'ils voulaient que l'Inde devienne le gendarme de la région - donnant le feu vert à son intervention au Sri Lanka, par exemple.

Dans le même temps, même après le retrait soviétique d'Afghanistan, les Etats-Unis ont maintenu leurs relations stratégiques avec le Pakistan, qui est important par rapport au Moyen-Orient, et il existe des liens indirects entre les EtatsUnis et les forces sécessionnistes du Pendjab et du Cachemire, qui sont également soutenues par le Pakistan. Dans ce contexte, le non-alignement indien a encore de beaux jours devant lui. La politique étrangère hésite à suivre le virage opéré dans le domaine économique.

En effet, le secteur privé est en train de devenir le moteur du développement industriel indien — ce qui ne veut pas dire qu'il en soit le secteur dominant. Dans le plan économique appliqué en ce moment, la part du secteur public n'augmente pas, et le secteur privé acquiert le droit d'empiéter sur des domaines qui dépendaient auparavant de l'Etat, tels la fourniture d'énergie et les infrastructures routières.

• L'Inde a aussi dû finir par emprunter de l'argent au Fonds monétaire international (FMI). Qu'est-ce qui différencie la classe dirigeante indienne de la plupart des autres classes dirigeantes du tiers monde?

La bourgeoisie indienne est excep tionnellement autonome et puissante par rapport à celles des autres pays dominés. Même maintenant, il n'y a pas de place pour les représentants du capital étranger dans les coalitions au pouvoir. Il serait faux de qualifier l'Inde de pays semicolonial ; elle possède l'économie la plus autonome de tout le tiers monde, comme on s'en rend aisément compte avec l'exemple de la dette. Au début des années 80, seuls deux ou pays du tiers monde n'avaient aucune dette — l'Inde, la Corée du Sud et, peutêtre, l'Indonésie. Contrairement à la Corée du Sud, qui s'est orientée vers le marché mondial et des exportations massives, l'Inde, piégée par la dette dans les années 60, s'en est sortic en fermant ses portes au marché mondial — sa part d'exportation a alors baissé jusqu'à ce qu'elle n'ait plus de dettes, ce qui indique l'étendue de ses ressources.

A la fin des années 70 et au début des années 80, la bourgeoisie indienne a décidé de réintégrer le marché mondial, en espérant que la libéralisation des importations, surtout en matière de capitaux et d'électroménagers, renforcerait la capacité de son économie à concourir sur le marché mondial. Mais, ce pari n'a pas été payant. Pour la seconde fois, l'Inde est sur le point de tomber dans le piège de la dette, et cette fois-ci il lui sera très difficile d'en sortir.

Un retour sur les sept dernières années montre la gravité de la situation : depuis 1983, la dette extérieure a été multipliée par cinq ou six ; elle atteint actuellement

60 à 65 milliards de dollars. En sept ans, environ 50 milliards de dollars ont été dépensés, auxquels il faut ajouter les milliards envoyés par les Indiens travaillant à l'étranger. La plus grande partie des importations est composée de biens d'investissement, surtout sous la forme de composants assemblés en biens de consommation pour le marché intérieur, créant ainsi une dépendance vis-à-vis du marché mondial.

Aujourd'hui, le FMI va demander au gouvernement indien de pratiquer une politique déflationniste. Pour l'instant, un afflux de capital étranger ne risque pas de faire main basse sur l'industrie indienne, non pas que l'Etat indien ne le voudrait pas — à court terme cela l'aiderait à améliorer la situation de la dette — mais parce que le capital étranger ne veut pas venir; il a d'autres priorités, telles l'Asie du Sud-Est et l'Europe de l'Est. Aujourd'hui, par exemple, l'Inde reçoit seulement un septième du capital étranger investi en Chine.

• L'Inde peut-elle résoudre le problème de sa dette ?

C'est possible. Cela dépend de jusqu'où l'Etat indien est prêt à agir contre les intérêts immédiats de la classe dirigeante et contre de sa base sociale dans les classes moyennes.

des importations d'engrais sont essentielles pour la bourgeoisie agraire et les importations de biens d'investissement permettent à des secteurs substantiels de la bourgeoisie industrielle de vivre; quant à la classe moyenne, elle veut être pouvoir acheter des biens de consommation importés. Pour en finir avec la dette, L'Etat devrait attaquer ces groupes sociaux ; c'est hautement improbable qu'il le fasse.

• Peut-on comparer l'Inde à l'Union soviétique, où se juxtaposent crise économique, ouvertures démocratiques, et explosion des nationalités ?

4) Le terme "communalisme" désigne des formes de regroupement reposant sur des bases religieuses ou ethniques. Il re couvre l'idée selon laquelle des gens qui appartiennent à une même religion ou ethnie constituent un groupe homogène dont la défense des besoins peut nécessité d'imposer sa domination sur les autres communautés, y compris par la force.

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En Inde, la crise économique est réelle - la pauvreté a touché des millions de gens depuis 1947 — mais les droits démocratiques garantis par la Constitution sont plus beaucoup plus importants qu'en URSS.

En Inde, les mouvements nationaux sont quasiment tous confinés à la périphérie, au Nord et au Nord-Est. Les mouvements nationaux du Cachemire et du Pendjab sont plus axés sur l'identité religieuse que linguistique. Une fois que l'on a compris que les groupes religieux sont les plus ardents défenseurs de l'idée de nation, on voit qu'il existe un lien étroit entre le nationalisme et le "communalisme".

Le développement du "communalisme" en Inde est lié à la compétition entre les classes moyennes hindou et musulmane en pleine ascension, et leur volonté de prendre une place dans l'appareil d'Etat. L'accès à une certaine aisance des castes moyennes rurales hindou a joué un rôle crucial, tout comme les réactions contre les effets aliénants de la modernisation capitaliste.

Le problème est d'expliquer comment ces facteurs ont conduit à une identité hindou expansionniste. L'hindouisme ne ressemble pas aux religions sémitiques prophétiques ; il n'y a ni textes, ni fondateurs ni sites sacrés, et donc pas de fondation doctrinaire d'une identité commune unique. La création d'un fondamentalisme hindou n'est donc pas aisée, bien que la simple tentative de le faire, et ses victoires partielles, soient déjà dangereuses.

• Que se passe-t-il au Pendjab ? Quelle est l'attitude de l'ICS envers la lutte d'indépendance des sikhs ?

L'ICS est formellement opposé au mouvement pour un Etat sikh (5) séparé au Pendjab, le Khalistan. Nous ne pensons pas qu'il existe une nationalité khalistani, et encore moins qu'il s'agit d'une nationalité opprimée. Cela ne veut pas dire que les sikhs n'ont pas été victimes d'une répression très sévère et du terrorisme d'Etat. Mais quand on parle de nationalité opprimée, il faut envisager le contexte historique basé sur l'oppression économique, sociale et politique pendant une longue période.

Cela peut changer : ainsi, les Tamouls n'étaient pas opprimés à l'époque de la colonisation britannique, mais, ensuite, ils le sont devenus.

La situation des sikhs est différente ; pour l'instant, la plupart d'entre eux ne sont pas favorables au Khalistan. Cepen= Inprecor n° 333 du 21 juin au 4 juillet 1991 dant, nous affirmons que le terrorisme d'Etat n'est pas une réponse adéquate au terrorisme pro-Khalistan. L'ICS est contre ces deux formes de violence et appelle à la constitution d'un front anti-communaliste qui s'opposera à la fois aux communalismes sikh et hindou, et en même temps au terrorisme de l'Etat et aux partisans du Khalistan.

Que s'est-il passé dans la gauche indienne durant les dernières années ?

La question la plus importante est comment la crise en Europe de l'Est et en Union soviétique a marqué la gauche stalinienne et maoïste. Le PCI a suivi le goradia batchévisme, et ne devrait sans doute plus être qualifié de parti stalinien. Tout le monde s'attend à ce que les deux PC ingardent leur soutien électoral, même s'ils perdent quelques voix à cause du vote utile. Comme il est plus dogmatique, le PCM est plus profondément affecté par les événements du bloc soviétique

La crise du stalinisme n'a pas modifié la politique étrangères des partis communistes. Ils continuent à penser que l'impérialisme américain constitue un facteur essentiel de déstabilisation en Asie du Sud. Alors que le PCI a fait bon accueil à la glasnost et à la perestroika, le PCM les a rejetées. Cependant, le PCI trouve dures à avaler certaines concessions faites par Moscou aux Etats-Unis, et les a refusées.

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En fait, les différences entre ces deux partis ne sont pas très grandes, et rien ne s'oppose véritablement à leur fusion qui constituerait un pas en avant pour la classe ouvrière, surtout en termes de construction d'un front de gauche laïc.

La gauche en général n'a pas réussi à prendre l'initiative en matière d'anticommunalisme et de laïcité, laissant cette question aux partis bourgeois.

• Les partis communistes gouvernent le Bengale occidental et le Kérala.

Que se passe-t-il dans ces régions ?

Les situations de ces deux régions sont différentes. Les musulmans du Bengale occidental ne votent pas pour la Ligue musulmane mais pour le Parti communiste marxiste. Au Kérala, le PCM a eu une politique "communaliste"; il a opposé à une alliance de la Ligue musulmane et du Parti du Congrès du Kérala, une organisation communaliste représentants des chrétiens et d'autres ; c'était une tentative pour attirer le vote des hindous, qui sont majoritaires.

Les groupes maoïstes en Inde organisent environ 35 000 militants, divisés en sept ou huit partis. Certains d'entre eux sont à l'avant-garde des luttes des parias, les personnes les plus opprimées en Inde. Ils rencontrent actuellement de nombreuses difficultés. Le massacre de Tiananmen a causé un grand choc, et a conduit à un réexamen complet de la nature de l'armée chinoIse.

L'impact des mouvements autonomes, surtout celui des femmes, est important. Certains groupes maoïstes veulent gagner de la crédibilité sur ce terrain, et s'y investissent sans réellement respecter le principe d'autonomie. Le mouvement des femmes a eu un impact sur l'extrême gauche et sur les partis communistes. *

28 mai 1991 Propos recueillis par Oliver New

5) Les sikhs appartiennent à une secte religieuse dissidente de l'hindouisme fondée en 1469. Habitants principalement la province du Pendjab, ils s'organisèrent à la fin du XVIle siècle en une sorte de théocratie militaire.

En 1947, lors de la partition de l'empire britannique entre l'Inde et le Pakistan indépendants, les sikhs revendiquèrent leur autonomie. Ils seraient environ 8 millions aujourd'hui.

Les séparatistes sikhs pratiquent le terrorisme pour arriver à leurs fins ; c'est un garde du corps sikh qui a assassiné Indira Gandhi en 1984. Le 15 juin 1991, deux commandos de militants sikhs ont attaqué des trains et assassiné 80 passagers hindous ; par cette politique de violence, ils visent à contraindre les hindous à quitter le Pendjab.

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