La tradition de populisme et d'anarchisme révolutionnaire de la Russie d'avant
1917, incarnée par des penseurs comme Bakounine et Kropotkine, connaît un puissant d'entre eux, la Confédération des anarcho-syndicalistes (KAZ), a des partisans dans de nombreuses villes, a participé activement à la création de la
Confédération du travail en mai 1990, et a aussi pris part, avec diverses forces membre de KAZ, pour discuter de l'histoire récente du mouvement anarchiste
¡ESTUPIDO EL RECY MENE LOKAR 1 ELEGR « Imbécile ! Je l'avais dit d'attendre qu'il vote ! Le peuple a le droit de voter... » (Roger — DR) de internationale puisse parvenir à des projets économiques et sociaux dans les territoires qu'il contrôle, sans devoir passer par le gouvernement.
Par ailleurs, le FMLN reconnaîtrait une police locale à condition qu'elle soit entièrement composée de membres du FMLN. Sous la protection des observateurs de l'ONU, les membres de la commission indépendante des droits de l'homme pourraient se déplacer partout dans le pays pour veiller aux respect des libertés. Sur le plan politique, le FMLN pourrait, sans déposer les armes, s'intégrer à la vie politique civile en restant « un parti des pauvres, mais en refusant d'être un pauvre parti ». Le FMLN veut des garanties de financement, et exige aussi que les organisations populaires aient le contrôle d'une des trois chaînes de télévision, de certaines radios et de différents journaux.
A propos du marxisme
Socialisme sans frontières a demandé à Joaquin Villalobos le sens il fallait donner à ses déclarations fracassantes à plusieurs journaux nord-américains [reproduites dans Inprecor n° 329].
J. Villalobos a répondu en substance que le marxisme constituait une méthode d'analyse et une science qu'il fallait à tout prix éviter de transformer en dogme religieux. Selon lui, les révolutionnaires doivent utiliser la méthode marxiste, pour élaborer une stratégie révolutionnaire adéquate, mais c'est dramatique que, dans certains pays où le marxisme a été transformé en religion, pour se libérer des formes autoritaires du pouvoir les masses en soient à renverser les statues de Lénine et de Marx. C'est pour éviter cela qu'il faut rejeter la version marxiste autoritaire et stalinienne. Comme tout processus révolutionnaire est profondément pluraliste, les forces d'avant-garde qui visent à en prendre la tête le sont donc elles-mêmes, comme c'est le cas du FMLN. D'après Villalobos, il faut rejeter l'expérience du parti unique. *
13 juin 1991
- UNION SOVIETIQUE
Anarchisme en terre soviétique nouveau souffle en Union soviétique depuis la moitié des années 80, avec l'apparition de divers courants anarchistes et anarcho-syndicalistes. Le plus socialistes, au lancement de la "lettre ouverte sur l'autogouvernement" (1).
Inprecor a rencontré Dimitri Kostienko, jeune militant de gauche, ancien en URSS.
INPRECOR : Peux-tu nous résumer le développement des groupes anarchistes avant la fondation de la KAZ en 1989?
Dimitri KOSTIENKO : Au sein de la Fédération des clubs socialistes — apparue en 1987 comme l'une des premières expressions de l'activité politique organisée en opposition à l'appareil du
Parti communiste d'Union soviétique
(PCUS) - il y avait quelques groupes anarchistes. A l'époque, les différenciations politiques n'étaient pas très claires ; la plupart des courants (libéraux, socialistes, anarchistes, etc.) se retrouvaient dans un seul mouvement « pour défendre la perestroïka ».
Différents groupes anarchistes existaient alors dans le pays — à Léningrad, à
Kharkov en Ukraine, à Khabarovsk en Sibérie orientale, etc. Le journal Obshchina
(Commune) servait de point de ralliement aux anarchistes ; d'abord distribué comme un samizdat classique que les gens recopiaient à la main, il est ensuite devenu le journal de la KAZ. En mai 1988, la première manifestation anarchiste a eu lieu à
Moscou, à l'initiative d'Obshchina. Durant cette phase initiale, ce mouvement était surtout constitué par des étudiants et des gens de différents cercles "alternatifs"
issus de la contre-culture — il l'est encore, dans une certaine mesure.
• La KAZ a-t-elle été fondée avec une plate-forme politique précise, ou était-ce un conglomérat vague de courants faisant référence à l'anarchisme?
Dès son congrès de fondation, en mai 1989, la KAZ a essayé de monopoliser l'anarchisme en URSS. Une courte déclaration de principes avait été adoptée, mais en réalité il existait de très nombreux courants différents au sein de la nouvelle organisation — des anarcho-individualistes, des anarcho-communistes et même des anarcho-capitalistes.
Je militais dans la branche de la KAZ de Moscou, qui a gardé un profil indépendant. Nous avons organisé une protestation en face de l'ambassade de Chine après le massacre de juin 1989 ; en mars 1990, avant les élections des soviets des régions et des républiques, nous avons soutenu diverses manifestations démocratiques. Dans certains endroits, les organisations locales sont allées plus loin, présentant des candidats sur les listes de Russie démocratique (regroupement dirigé par les partisans de Boris Eltsine).
Le second congrès de la KAZ, en mars 1990, a avancé dans la clarification de son programme : l'anarcho-syndicalisme y a été adopté comme cadre fondamental. Suite à cela, certains groupes — de Léningrad, Saratov et Kazan — ont rompu avec la KAZ, et une partie d'entre eux a décidé de former une nouvelle organisation. Ainsi, durant l'été 1990, lors d'un camp de protestation écologiste à Balakovo, sur la Volga, l'Association des mouvements anarchistes (ADA) a été fondée sur des bases non syndicalistes (2). La
1) Sur la création de la Confédération du travail, voir Inprecorn° 312 du 29 juin 1990.
La lettre ouverte en faveur d'un "autogouvernement national" a été publiée, sous le titre « Demain, il sera trop tard », dans Inprecorn° 318 du 9 novembre 1990
2) Voir Inprecorn° 321 du 21 décembre 1990.
scission entre la KAZ et ADA ne représentait pas vraiment une division entre la droite et la gauche, car on trouvait des groupes défendant des positions droitières dans les deux camps.
Pendant ce temps, l'aile gauche des anarchistes, le courant anarcho-communiste, connaissait une crise sérieuse. Ce courant était puissant à Moscou, à Léningrad et à Dniepropetrovsk, centre industriel du Donbass, mais il a été sérieusement affaibli par des scissions. Certains de ces dirigeants moscovites l'ont quitté et ont rejoint un parti radical bourgeois, l'Union démocratique, alors que d'autres, à Léningrad, ont adopté des positions trotskystes.
• Que représente la position syndicaliste de KAZ dans la pratique ? A-t-elle une orientation claire envers le mouvement ouvrier?
Au sein de la KAZ, a eu lieu une espèce de chasse aux sorcières, lancée par certains droitiers, contre ceux qu'ils ont baptisés les "anarcho-hippies". A la même période, l'organisation a commencé à soutenir fortement la Confédération du travail (KT), fondée en mai 1990 et différents groupes y ont participé. Mais, dans son ensemble, la KAZ n'est pas une organisation de gauche — elle appuie fondamentalement l'économie de marché dans une perspective libérale. Durant l'été 1990, la KAZ a fondé une agence d'information sur le mouvement ouvrier, KAZKOR ; elle édite un bulletin régulier, qui s'est rapidement transformé en organe de la Confédération du travail. Certains des dirigeants de la KAZ appartiennent maintenant à la direction de la KT ; mais peu d'activités réelles ont lieu dans ce cadre.
Cet engagement dans la KT semble avoir été une solution de dernier recours car, durant l'été 1990, la KAZ avait essayé de monter son propre syndicat, Résistance. Mais cette initiative a rencontré les mêmes difficultés que les autres tentatives visant à créer des syndicats nouveaux et indépendants : il y avait très peu de membres, et les nombreux petits syndicats étaient dominés par des intellectuels. Cela a donc finalement échoué.
• Les groupes anarchistes réussissent à attirer davantage de jeunes militants que les autres composantes de la gauche soviétique. Peux-tu nous présenter certains de ces groupes ?
A Moscou, la KAZ est la force la plus puissante, mais il y a six autres regroupements. Le groupe Jeunesse autonome, par exemple, créé à l'automne 1990, se fon= Inprecor n° 334 du 5 au 18 juillet 1991 dait sur l'anarchisme radical et sur l'idée de l'action directe ; ses membres développaient surtout des activités antimilitaristes, organisant des sit-in devant des installations militaires ou devant le ministère de la Défense. Cependant, ce groupe a pratiquement disparu depuis quelques
On trouve aussi l'Union des chistes, qui appartient à l'ADA, qui développe une ligne très sectaire et dont les membres sont fortement opposés à la KAZ. Politiquement, ils sont proches de l'Union démocratique et ont adopté certaines de ses méthodes : ils se réunissent sur une place ou dans une rue et se mettent à crier « Gorbatchev est un fasciste », au bout de cinq minutes la milice arrive et les embarque ; voilà tout.
Un troisième groupe, les Populistes socialistes, se présente comme l'héritier
OPTAMETAM
AKIY
du Parti social-révolutionnaire d'avant 1917 ; il regroupe des courants très divers, depuis des ultra-droitiers jusqu'à des anarcho-populistes, unis par l'idée que la commune chrétienne est la base de la société
Le groupe dans lequel je travaille — l'Initiative des anarchistes révolutionnaires — a organisé des protestations contre les hausses des prix et des discussions et des cours de formation sur différents sujets, comme la gauche en Occident.
• A ton avis, comment peut évoluer la
KAZ?
Lors de son troisième congrès, en novembre 1990, la KAZ n'a réuni que les groupes de 28 villes, soit la moitié de ses organisations locales. La principale discussion de cette rencontre a porté sur la question des relations entre la KAZ et le mouvement Russie démocratique, qui est dirigé par des partisans d'Eltsine. Cer-
UNION SOVIETIQUE = tains des députés de la KAZ, élus dans des soviets locaux, en général sur les listes de Russie démocratique, ont glissé vers le libéralisme. Lors du congrès, une résolution soutenant la "lettre ouverte sur l'autogouvernement" et rejetant Russie démocratique n'est pas passée.
J'ai participé au quatrième congrès de la KAZ, à Samara, début mai 1991 (3). Cette organisation est actuellement en crise ouverte : seuls 40 délégués, représentant les groupes de 12 villes, étaient présents. La KAZ défend encore la propriété collective de l'économie et avance une perspective de société autogérée — ses membres sont donc critiques envers les différents schémas de privatisation, qui ne profitent qu'à la nomenklatura et à la mafia. Ils proposent une démocratie non-parlementaire, basée sur des soviets, mais nous ne sommes pas d'accord avec leur conception de la libre concurrence entre les entreprises gérées collectivement. Au contraire, nous défendons un système de planification à la base.
• Que penses-tu du processus d'unification de la gauche ? Je soutiens la création d'un large front de recomposition à gauche qui rassemblerait tous les courants non- staliniens. Nous avons tous deux ennemis communs : la vieille nomenklatura et les nouvelles tendances favorables à la bourgeoisie. Dans cette lutte, je pense que nous avons de réelles perspectives, car le PCUS a mené le pays à la crise et les soi-disant démocrates sont confrontés à d'importantes contradictions sociales. Si l'on veut créer une authentique alternative de gauche dans une telle situation, c'est très important d'être lucide face aux tendances "patriotiques" développées par le Front uni des travailleurs (FUT).
Nous voulons un front commun des organisations de gauche mais, pour l'instant, la faiblesse de tous les groupes socialistes constitue un problème important. Pour commencer à dépasser cela, il faut que nous établissions des liens avec les différents mouvements sociaux. Ainsi, nous sommes, par exemple, très actifs dans la préparation d'un camp cet été contre une centrale atomique et d'autres industries polluantes à Zaporojie, en Ukraine.
Propos recueillis par P. F. Larsen Moscou, mai 1991
3) Jusqu'à une date récente, Samara, grand centre indus triel sur la Volga, s'appelait Kouibitchev, du nom du président du Conseil suprême de l'Economie nationale de l'époque de Staline.