Jean-Bertrand Aristide s'explique sur deux questions essentielles (l'épuration de /'armée et les liens avec la démacoutisation partirait avec les macoutes. Nous le savons, nous le disons, car c'est une exigence, nous y tenons fermement pour rester fidèle au peuple. La réforme, certes, ne se limite pas à ce changement car il
Donc il faut, certes, une nouvelle structure, il faut aussi inévitablement de nouveaux hommes, de nouvelles politique, celle de l'autre mais pas la nôtre. La nôtre se fait et doit se faire à l'intérieur d'un rapport de forces.
La force démocratique face à la force dictatoriale marche pour progressivement rythmer le temps mais sans perdre de temps. Leur politique, c'est précisément la politique de l'usure, nous faire perdre du temps. Il en est ainsi quand, par exemple, ils veulent nous bercer d'illusions avec de belles promesses fallacieuses qu'ils vont aider, qu'ils vont investir, mais que ça prend du temps, il y a encore la peur, donc Il faut que la sérénité soit revenue avant de pouvoir créer le climat propice à l'investissement... Tout ceci pour nous s'inscrit dans un contexte de perte de temps. Donc nous disons : oui, il faut du temps, mais il ne faut pas perdre de temps.
crate qui gagne du temps et en tait perdre, vont se rendre compte que le temps va finalement jouer contre elles. Et ceci parce qu'après trois mois — certes nous n'avions pas le projet de tout transformer en ce laps de temps -- nous croyons avoir donné suffisamment de temps comme preuve tangible d'une volonté démocbourgeoisie) dans le journal Haiti Progrès. • Sur la "démacoutisation". faut aller en profondeur pour attaquer la structure et la remplacer par une autre. Mais s'il n'y a pas des hommes qui y parviennent, eh bien on se retrouvera à l'intérieur de cette même structure de macoutes. femmes, nous y tenons.» • Sur l'attitude de la bourgeoisie C'est pourquoi le Premier mai, nous avons assumé notre responsabilité de parler le langage qui tenait compte du temps et des variables politiques dans le cadre précisément de ces rapports de force. ratique d'instaurer cette société de droit sans brüler les étapes, sans perdre de temps. » *
Comment s'y prendre?
- (...) Il faut à tout prix que tous les ministères soient démacoutisés. Quiconque s'opposerait à cette
« Aucune politique ne peut se faire en dehors d'un rapport de forces à moins qu'il s'agisse d'une autre
• Nous pensons que les forces qui s'opposent à ce changement en se faisant un maquillage de démo-
Haiti Progrès, 15 mai 1991