Le gouvernement polonais a rendu public, e 27 Juin 1991, un nouveau plan de privatisa tion accélérée de l'économie. Il s'agit de transformer d'un seul coup 400 entreprises, qui produisent 25% du Produit industriel brut (PIB) et emploient 12 % de la main-d'œuvre. C'est un premier pas dans la voie de la privatisation de la moitié de l'économie du pays planifiée pour les trois prochaines années.
Le projet, élaboré avec le soutien de la banque commerciale britannique S.G. Warburg & Co. (qui touchera 1 million de livres sterling pour ce travail), prévoit que 60 % du capital de ces entreprises sera transféré à plusieurs fonds de gestion de la richesse nationale (FGRS) : 30 % restera dans les mains de /'Etat el 10% sera distribué aux travailleurs Les fonds en question seront administrés par des citoyens polonais, mais leur gestion quotidienne sera confiée aux banques ou sociétés financières
Ce nouveau plan, qui consiste à brader T'industrie polonaise au capital étranger, a été élaboré à la suite du demi-échec des mesures de privatisation entreprises jusque-là. En effet, la mise en vente des actions de six sociétés, choisies parmi les plus rentables, en décembre 1990, a montré que les Polonais ne se précipitaient pas pour acheter les actions. Plusieurs de ces entreprises n'ont linalement pu étre privatisées que grâce à l'achat, in extremis, de paquets d'actions considérables par les banques d'Etat Qui plus est, depuis, certaines de ces vitrines de la privatisation sont au bord de la faillite.
En annonçant le nouveau plan, le gouvernement constitué de Lech Walesa prend de gros risques. On voil apparaitre, ces derniers mois, une défiance croissante envers le choix de la restauration capitaliste au sein de l'opinion ouvrière, qui se manifeste tant par le développement des mouvements grévistes que dans les enquêtes d'opinion. *
J. M.