Dans le pays s'est créée une nouvelle situation politique. Au cours des événements du 19 au 21 août 1991, le peuple a prouvé son refus de vivre comme par le passé et sa détermination à défendre les organes de pouvoir élus. Néanmoins la crise dans le pays n'en est pas résolue pour autant. Il est indispensable d'assurer une sortie rapide de l'économie hors du chaos, de rétablir des relations économiques normales entre les régions et les entreprises, et de fournir des marchandises en quantité suffi-
Les forces dominantes aujourd'hui dans le pays, quelles que soient les nuances que l'on peut faire, se rejoignent quant au fait que ces problèmes ne peuvent être résolus que par une privatisation très large, un appel massif aux capitaux étrangers, et la défense systématique des entrepreneurs privés et des nouveaux propriétaires issus de la nomenklatura. Cette aspiration à créer un "avenir capitaliste radieux" traduit le rejet de tout ce qui, d'une façon ou d'une autre, peut être associé au socialisme, y compris les garanties sociales élémentaires comme le droit au travail, à la gratuité de l'enseignement
Nous considérons que l'unanimité des vainqueurs est surtout dangereuse par le fait qu'en l'absence d'opposition, de positions alternatives représentées dans les organes du pouvoir, la démocratie ne sera pas la démocratie. Si les partis de la majorité actuellement au pouvoir se fixent comme objectif la défense des entrepreneurs, nous, nous déclarons que notre objectif est avant tout la dé-
Des décennies de régime communiste totalitaire ont jeté le discrédit sur les valeurs socialistes, sur l'idée même de l'émancipation du travail. Mais ces valeurs ne naissent pas de considérations en chambre, elles sont liées à la nécessité d'une défense politique des intérêts des travailleurs. La faillite du PCUS ouvre enfin la possibilité de créer un mouvement de gauche authentique, qui soit
• la démocratie économique, la participation des travailleurs au sein de l'entreprise, à la prise des
• l'indépendance et la garantie des droits des syndicats dans toutes les entreprises, quelle que soient les formes de propriété, ainsi que la ratification par notre pays de la convention internationale de
• le développement des formes collectives et municipales de propriété, la transformation du secteur étatique de l'économie en un secteur social décentralisé moderne et efficace, capable de sortir le
• l'arrêt de la privatisation bureaucratique, "sauvage", échappant à tout contrôle, de l'ancien secteur de "la propriété du peuple tout entier" ; et le refus de la transformation des monopoles privés ;
• la régulation démocratique de l'économie, condition indispensable à l'instauration de formes ci-
• l'intégration dans l'économie mondiale, sous une forme qui garantisse les intérêts des corpora-
• l'autogestion et un pouvoir fort des représentants du peuple, contrepoids à la centralisation du
• un pouvoir honnête, garantissant la séparation de l'activité de l'Etat et de l'activité économique, ainsi qu'une démarcation nette du secteur social et du secteur privé dans le cadre d'une économie
• une égalité réelle des femmes et la possibilité pour elles de participer pleinement à la vie de la
Nous faisons part de notre intention de créer un parti du travail de masse, parti-mouvement, fondé sur l'initiative de la base. Nous rejetons l'idée de parti d'avant-garde. Le Parti du travail doit être le parti du soutien politique des syndicats et du mouvement ouvrier. Seul un tel parti peut devenir partie intégrante du mouvement des forces de gauche à l'échelle internationale. Nous appelons toutes les forces sociales, toutes les organisations syndicales, conscientes de la nécessité d'une défense politique des intérêts des salariés, tous les citoyens sensibles au danger que constitue un système de parti unique sante au marché des biens de consommation.
et de la santé.
fense des travailleurs salariés.
l'expression de ce besoin.
La société a besoin d'un parti de masse, défendant :
• le droit au travail ;
• la réforme du système des garanties sociales ;
décisions concernant leur situation matérielle et leurs conditions de travail ;
l'Organisation internationale du travail ;
pays de la crise ;
• le droit des consommateurs et des entrepreneurs indépendants de l'intérieur ;
vilisées de marché ;
tions internationales ;
pouvoir exécutif ;
mixte ;
société sans que cela se fasse au détriment de leurs droits et obligations de mères ;
• les droits nationaux, culturels et religieux des minorités.
et qui partagent les idées exprimées ici à se joindre à cette initiative. *
Pour un parti du travail
Moscou, 28 août 1991
Nikolai Gontchar — président du soviet de Moscou
Andrei Isaev — rédacteur en chef du Centre d'information sur le mouvement syndical et ouvrier KAS-KOR
Boris Kagarlitski — membre du comité exécutif du Parti socialiste, député du soviet de Moscou
Mikhail Nagaitsev - vice-président de la Fédération des syndicats de Moscou
Vladimir Kondrativ - membre du comité exécutif du Parti socialiste, député du soviet de Moscou
Tatiana Frolava - responsable du secteur de la Fédération des syndicats de la Fédération des syndicats de Moscou pour les relations avec les organisations sociales