De tous les pays d'Europe orientale, la Tchécoslovaquie semblait le plus à même observaleurs. Sa structure économique est plus forte que d'autres et elle n'est pas grevée par une dette importante. Mais, même la Tchécoslovaquie est confrontée extérieures et des politiques du gouvernement. Les résultats du premier semestre
Les réformes ne
sont pas de velours
de réussir la transition vers une économie de marché, selon de nombreux à d'importants problèmes économiques qui résultent à la fois de pressions 1991 sont révélateurs. Peter ANEAR
UN RAPPORT sur le développement économi-
ODNALCiN que et social, publié par
KRAST!
l'Institut des statistiques
1L/oct- 200m gouvernementales, explique que la transition tchécoslovaque vers l'économie de marché a été séricusement affectée par l'effondrement des marchés d'Union soviétiques et de l'ancien bloc de l'Est. Cela est vrai, mais n'explique pas tout. Les capacités de l'économie se sont aussi sérieusement contractées. Selon ce rapport, en comparaison avec le premier semestre 1990, le revenu national réel a chuté de 13,8 % et lc Produit national brut (PNB) de 9,2 % ; la banque d'Etat s'attend à ce que leur baisse globale soit respectivement de 18 et 16% pour 1991.
Dans ce déclin général, il est possible d'identifier certaines tendances principales. Les prix ont énormément augmenté à la suite de l'instauration de la convertibilité de la monnaie en janvier 1991, c'est-à-dire le commerce direct entre les entreprises au lieu des allocations des ministères, et la fin des subventions à ces premières. Cela a eu pour conséquence une chute des revenus réels et une contraction de la demande, surtout de celle des produits alimentaires. Tout cela a provoqué de très importants surplus agricoles, surtout de produits laitiers, d'œufs, de viande de bœuf, entraînant des pertes importantes pour certains collectifs agricoles.
La crise de l'agriculture a été à l'origine du mécontentement des paysans et des collectifs qui ne peuvent pas trouver un marché pour leur production. En réponse, le gouvernement a temporairement reculé sur ces plans de réforme du secteur agricole et établi un "fonds de régulation du marché" pour subventionner les exportations et acheter des surplus. Généralement, toute l'agriculture est collectivisée ou nationalisée ; elle est raisonnablement efficace. La législation visant à réintroduire la propriété privée de la terre n'est pas passée au Parlement, malgré plusieurs tentatives. En provoquant une crise agricole, la politique du gouvernement aide sans doute la campagne qui est faite contre les coopératives.
Les prix flambent
Ces problèmes économiques ont été aggravés par la politique fiscale et moné taire drastique du gouvernement. Les gouvernements fédéraux, tchèque et slovaque réunis disposent actuellement d'un excédent de budget d'environ millions de dollars, et les taux d'intérêts restent élevés. Cela est dû au fait que la stabilité de la monnaie, l'efficacité indusla Communauté économique européenne (CEE).
L'Institut des statistiques révèle que la période initiale de transformation de l'économie (après les réformes de janvier 1991) a eu un impact social "négatif". Les prix à la consommation ont augmenté de 49,2 %, entre décembre 1990 et juin 1991, et le revenu réel a chuté de 28,2 % par rapport au premier semestre 1990.
Un rapport préliminaire du Bureau fédéral des statistiques montre que les prix des produits alimentaires ont augmenté de 27,7 %, et ceux de tous les autres produits de 67,4 % en moyenne, durant les six derniers mois ; mais ce rapport prévoyait que l'augmentation rapide des prix à la consommation s'arrêterait totalement en juillet. Alors que la valeur totale des ventes de détail, de janvier à fin juillet 1991, a augmenté de 3 % par rapport à la même période de l'an dernier, son volume a diminué de 45 %. Les gens ont continué à dépenser leur revenu disponible, mais l'importante hausse des prix a rendu la consommation moins aisée. De plus, la dépréciation de la monnaie a signifié que des années d'épargnes ont souvent fondu d'une semaine à l'autre.
Le niveau de vie a chuté. Selon le Bureau des statistiques, le chômage touchait 4,6 % de la population active en juillet, cela représente 363 700 chômeurs au niveau fédéral — 165 000 dans la République tchèque (sur 10,3 millions d'habitants) et 197 000 dans la République slovaque (sur 5,3 millions d'habitants). Fin juillet 1991, il y avait 44 800 emplois vacants, surtout dans le secteur industriel.
La privatisation ne résoudra pas tous ces problèmes. Le projet de privatisation le plus significatif du gouvernement est la vente de l'entreprise automobile Skoda à la firme allemande Volskwagen, qui s'était engagée à augmenter la production à 400 000 unités par an. Le 30 août 1991, le vice-président de Skoda-Volskwagen, Volkhard Koehler, a annoncé que la compagnie baisserait immédiatement sa production de 930 à 670 voitures par jour avec, comme conséquence, la réduction de la semaine de travail de cinq à quatre jours, à partir de septembre.
Kochler a déclaré que ces réductions étaient motivées par la faiblesse des ventes du principal modèle, la Favorite ; il a annoncé qu'à la fin août, les ventes en Tchécoslovaquie même n'avaient été que de 30 000, contre 123 000 pour 1990, et il a prévu que les mêmes taux de ventes peu élevés continueraient durant tout 1992, bien que les exportations aient été bonnes. Même si Volskwagen assure le contraire, des rumeurs circulent selon lesquelles cette compagnie utiliserait l'usine de Mlada Boleslav en Tchécoslovaquie pour produire des composants moins cher pour ses industries allemandes, en profitant du coût peu élevé de la main-d'œuvre.
Selon la Banque d'Etat tchécoslovaque, le flux de capital étranger pourrait atteindre 600 millions de dollars en 1991, soit 50 % de moins que les prévisions. La majeure partie des 400 millions investis pour l'instant cette année provient de Volskwagen.
Pendant ce temps, le programme de privatisations du gouvernement avance à pas lents. Le 20 août 1991, le ministre
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tchèque de la privatisation, Tomas Jezek, a annoncé que la plus grande difficulté réside dans la coordination de la privatisation des entreprises d'Etat, à partir de la vente de coupons, en termes de calendrier et de logistique, avec l'approche plus classique des ventes aux enchères ou directes. Le ministre fédéral des Finances, Vaclav Klaus, a attaqué le ministre tchèque pour "sabotage" du programme.
Petites et grandes privatisations
La valeur totale des entreprises d'Etat à privatiser, en utilisant la méthode des coupons au sein du programme gouvernemental de "grande privatisation" (où chaque individu recevra des coupons, ou des parts d'une valeur de 2 000 couronnes), s'élèvera à 4 667 millions de dollars dans la République tchèque et à 2 333 millions de dollars en Slovaquie.
Vers la fin août 1991, le ministère tchèque de la privatisation a sélectionné toutes les entreprises à privatiser de cette manière dans la République tchèque ; le ler novembre 1991, elles doivent soumettre des plans pour leur propre privatisation. Dans cette première phase, le ministre tchèque évaluera les plans de chacune des 2 490 entreprises.
Le 15 août, 7 058 magasins de détail de la République tchèque ont été vendus aux enchères, pour un montant total de 190 millions dans le processus de la "petite privatisation", et 8 723 unités sélectionnées n'ont pas été vendues. Le ministère tchèque a reçu 50 000 réclamations d'individus qui veulent récupérer leurs propriétés privées, nationalisées après 1948.
Le problème sous-jacent de l'économie tchécoslovaque est le déclin de la production, qui a frappé tous les secteurs de production durant le premier semestre.
La production industrielle a chuté de 14,3 % — les baisses les plus notables ont eu lieu dans l'industrie textile (- 33 %), l'énergie électrique (- 29,9 %) et la métallurgie non ferreuse (- 29,5 %). La production de l'industrie de la construction a chuté de 25,5 % ; on a commencé à construire 7755 appartements cette année, soit 82,6 % de moins qu'en 1990 à la même époque. Le transport ferroviaire a diminué de 22,1 % durant la même période, et le transport fluvial de 22 %.
Reflétant le marasme agricole, les achats de bétail ont chuté de 19,9 %, ceux de lait de 12,8 % et ceux des œufs de 6,8 %. Le ministre de l'Agriculture slovaque, Jozef Krsek, a annoncé en août que les problèmes persistants de l'agriculture de sa République venaient du fait que la libéralisation des prix n'avait pas pris en = Inprecor n° 338 du 11 au 24 octobre 1991
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« T'en fais pas vieux, on peut toujours espérer qu'il finira en enfer...» compte les surplus de 1990. Krsek a dit que, durant la première moitié de 1991, la consommation de bœuf en Slovaquie avait chuté de 27 %, celle de lait de 30 %, et celle de farine de blé de 460 000 tonnes.
Mettant l'accent sur l'importance croissante de la non-solvabilité des entreprises agricoles, Krsek a annoncé que 163 des 907 coopératives agricoles de Slovaquie ont été déficitaires en 1990. La Slovaquie va faire face à ce problème en accordant des subventions aux producteurs de viande de bœuf, en subventionnant les exportations de produits laitiers, en proté geant le marché local et en révisant les taux de crédit et la politique des prix. Or, tout cela va à l'encontre de la politique économique de la CEE.
Le quotidien économique et politique Hospodarske Noviny (Les Nouvelles Economiques) a attiré l'attention sur le problème croissant de la banqueroute des entreprises industrielles, accélérée par-dessus tout par l'incapacité de ces sociétés à régler mutuelles auparavant le ministère soldait les comptes à la fin de la période fiscale et attribuait des subventions, mais ce n'est plus le cas. Selon le ministre tchèque de l'Industrie, alors que la valeur totale de la dette de la République, en janvier 1991, était de 1 067 millions de dollars, elle a atteint presque 2 600 millions de dollars à la fin juin.
Il est de plus en plus clair que la construction d'une nouvelle économie passera par la destruction de l'ancienne. L'industrie tchécoslovaque est tout simplement cassée ; les investissements dans l'économie nationale ont baissé de 28,3 % durant le premier semestre 1991. Cela a eu comme conséquence une chute de 14,3 % de la productivité du travail dans les entreprises de plus de 100 employés, par rapport au premier semestre 1990.
Une efficacité et une compétitivité plus grandes seront cependant les clés de la réorientation du commerce de l'Est vers l'Ouest, et le but principal des politique gouvernementales. Actuellement, les fournisseurs tchécoslovaques gagnent de nouveaux marchés à l'Ouest uniquement parce que leurs coûts sont moins élevés. Ainsi, les salaires de la plus grande usine de production d'acier du pays sont six fois moins élevés que ceux d'Europe occidentale. Mais que se passera-t-il quand les salaires augmenteront ?
Comment devenir "oceidental''?
Le déficit du commerce extérieur au premier semestre 1991 a été plus bas que prévu (330 millions de dollars). Un surplus de 210 millions de dollars a été enregistré dans le commerce avec les "pays avancés", contre un déficit de 630 millions de dollars avec les anciens pays de l'Est. Cela pourrait signifier que la Tchécoslovaquie exporte des produits finis vers l'Ouest à des prix relativement élevés, tout en troquant ou en important des matières premières depuis l'Est à des prix relativement bas. Mais combien de temps cela pourra-t-il durer ?
Le plus grand fournisseur de la Tchécoslovaquie reste l'Union soviétique (35 % de toutes les importations), surtout en pétrole, suivie par l'Allemagne, avec 18 %. A contrario, les exportations se dirigent maintenant en premier lieu vers l'Allemagne (24,6 %) puis vers l'URSS (19,3 %).
Au vu des données économiques disponibles aujourd'hui en Tchécoslovaquie et dans d'autres pays de l'Est, on peut tirer quelques premières conclusions sur la nature et le cours probable des réformes économiques dans la région. Tout d'abord, en termes de macro-économie,
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