Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

POLOGNE

Plus dure sera la chute

· Inprecor n° 338, 11 octobre 1991 · p. 17-19 · 3 127 mots

Cyril Smuga était le pseudonyme de Jan Malewski, coéditeur de l'Inprekor polonais (1981-1990) et directeur d'Inprecor à partir de 1998.

Pologne Syndicalisme Économie mondiale

Le 27 octobre 1991, le Parlement polonais sera élu pour la première fois au cours d'élections libres. Deux ans après qu'une majorité issue de la direction de Solidarité ait pris le gouvernement en main, et un an et demi après le début des réformes économiques pro-capitalistes, le climat polonais est loin d'être euphorique. D'ores et déjà, on sait que le taux de participation aux élections sera très bas : les sondages effectués fin septembre, au début de la campagne électorale, estimaient que moins de 10 % de la population s'y intéressait. Pourtant pas moins de 65 listes se battent pour capter ses suffrages.

Cyril SMUGA

LES RESULTATS de deux ans de politique monétariste, menée d'une main de fer sous la houlette du Fonds monétaire international (FMI) par

Leszek Balcerowicz, le vice-Premier ministre et ministre des Finances des deux gouvernements qui se sont succédés, sont désastreux.

Entre août 1989 et août 1991, la production industrielle a baissé de 33,7 %

(1) ; les investissements ont diminué de

24% ; et la productivité de l'industrie de

20 % (2). Le chômage dépassera les 2 millions de personnes (soit 10,5 % de la main-d'œuvre) (3) à la fin de l'année

1991, alors que le salaire réel moyen a baissé de 37 % en deux ans (4). Quelle que soit la fiabilité de ces chiffres, nul ne conteste le fait que l'économie polonaise connaît la plus grave crise de son histoire.

Les observateurs avaient l'habitude de noter le succès remporté par Leszek

Balcerowicz sur le terrain de la lutte contre l'inflation, qui a été ramenée d'un niveau dépassant 1 000 % par an, à la fin

1989, à 80 % en 1991 (5). Cependant, après une accalmie à la mi-1990, l'inflation a repris et il est à craindre que les pronostics les plus pessimistes soient dépassés pour 1992.

En septembre, la Diète a dû voter d'urgence un correctif budgétaire autorisant un déficit de 26 milliards de zloty pour 1991 (6).

Les exportations polonaises n'ont

= Inprecor n° 338 du 11 au 24 octobre 1991 augmenté que modérément, alors que les importations connaissent un véritable "boom", et ce malgré une dévaluation du zloty début 1991 (7). Le déficit du commerce extérieur croît et le FMI vient de suspendre les versements au fonds de garantie du zloty (8).

Plus grave, les entreprises publiques — qui continuent à représenter 80 % de la production industrielle et qui, en 1990, ont fourni plus de 81 % des recettes fiscales — connaissent de très graves difficultés financières : « Pour la première fois dans l'histoire, le solde des pertes et profits était négatif à l'échelle du secteur public dans son ensemble » (9) à l'issue du premier semestre 1991. L'effondrement du marché soviétique, après le passage aux transactions en devises occidentales et l'interdiction des accords de troc (sous pression du FMI), en est partiellement responsable.

Secteur privé

Get investissements

Mais surtout, les entreprises publiques plient sous le poids des impôts alors que le secteur privé en est en grande partie exonéré. Tout se passe comme si le gouvernement avait décidé de démontrer que le secteur public ne peut qu'être non-compétitif en le menant à la ruine (10).

Plusieurs centaines d'entreprises publiques sont aujourd'hui à la veille du dépôt de bilan. Leur liquidation, qui risque d'être décidée après les élections, témoignera du degré de soumission de la société polonaise aux lois du capital. Si cette borne est franchie, on atteindra un point de non retour.

La crise du secteur public n'a pas pu

JE SERAI LE PRÉSiDENT DE TOUS LES CATHOLIQUES EUH...DE TOUS LES BONS POLONAIS! être contrebalancée par le développement du secteur privé, qui jouit, cependant, d'une position privilégiée et se voit particulièrement protégé par le gouvernement.

Les chiffres montrent que ce secteur reste secondaire dans l'économie. Au premier semestre 1991, il représentait 19,4 % de la valeur de la production industrielle, 43 % de celle du bâtiment et des travaux publics, 16,4 % des services de transport, 14,4 % des exportations et 42,2 % des importations. Enfin, près de 80 % du commerce était dans les mains du privé. Les entreprises privées s'intéressent en premier lieu aux secteurs d'activité qui ne nécessitent pas l'immobilisation de capitaux importants et où l'activité permet de réaliser des profits rapides et peu sujets au contrôle public.

Malgré les efforts du gouvernement dans ce domaine, le capital étranger a peu investi en Pologne.

Les quelques joint-ventures ou rachats d'entreprises réalisés jusque là avaient pour premier but d'éliminer des

1) Zycie Gospodarcze n° 38, 22 septembre 1991. L'hebdomadaire Nie annonce pour sa part une baisse de 40 % de septembre 1989 à septembre 1991.

2) Nie n° 39, 26 septembre 1991. Cette baisse de productivité est essentiellement due au sous-emploi de l'appareil productif.

3) Selon les prévisions de l'Office central de planification (CUP), citées par Polityka, n° 35, 31 août 1991.

4) Nie, op. cit.

5) Prévision du CUP, rapportée par Polityka n° 35.

6) Soit environ 2,26 milliards de dollars ou 13,56 milliards de francs français. Ce déficit dépasse 10 % du budget prévisionnel.

7) Alors que le maintien d'un taux fixe de convertibilité zlotydollar était une des pierres de touche du "plan Balcerowicz".

8) Gazeta Wyborcza, 27 septembre 1991.

9) Jerzy Kleer, dans Polityka n° 35, 31 août 1991.

10) Jeffrey Sachs, le principal conseiller étranger du gouvernement polonais, aurait affirmé dans une interview à Gazeta Bankowa : « Mon but était de mener les grandes entreprises nationales à la faillite », selon Tygodnik Solidarnosc n° 39, 28 septembre 1991.

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concurrents gênants du marché mondial. Ainsi, le consortium international de mécanique électrique ABB a racheté "pour une bouchée de pain" plusieurs entreprises polonaises construisant des turbines électriques, capables, dans le passé, de concurrencer sa propre production dans certains pays; ces sociétés connaissent aujourd'hui de grandes difficultés car elles ont été réduites à la sous-traitance et la maison mère s'est assurée les contrats qu'elles pouvaient obtenir.

Les conditions du FMI et la spéculation

Les règles du jeu économique fixées par le gouvernement à la demande du FMI favorisaient la spéculation. « Aucun entrepreneur occidental sérieux n'a investi en Pologne. Ils préférent prendre un crédit dans une banque occidentale, par exemple pour 30 millions de dollars à 15 %, puis acheter des téléviseurs à Singapour, les vendre en Pologne en-deçà de leur coût de production — en tuant par là-même l'industrie polonaise — puis placer les zloty ainsi obtenus dans une banque polonaise à 80 %, pour retirer, six mois après, l'équivalent de 50 millions de dollars. Ne nous étonnons pas que seul le capital spéculatif afflue chez nous », écrit un expert économique du syndicat Solidarité (11). Il est vrai que de telles conditions ont également permis un début d'accumulation primitive de capital entre les mains de quelques spéculateurs polonais. Un début seulement, car ces derniers ne peuvent pas obtenir de crédit de 30 millions de dollars dans les banques occidentales...

La quasi-absence du capital polonais, le manque d'intérêt du capital étranger (sauf des cas exceptionnels, permettant de racheter des concurrents potentiellement dangereux ou, pour un prix dérisoire, des

« Bien sûr qu'il est possible de gagner de l'argent honnêtement. Mais pour démarrer, il vaudrait mieux avoir un petit pécule mahonnête... » (V. Jiranek, Lidove Noviny).

locaux industriels utilisables comme magasins de marchandises importées) ont réduit à néant les rêves de privatisation rapide de l'économie polonaise. En juin 1991, le gouvernement, cherchant à contourner l'obstacle, a présenté un plan de privatisation générale, touchant 400 entreprises d'un seul coup (12) ; 70 % du capital de ces entreprises devait être distribué sous forme d'actions gratuites à l'ensemble de la population.

Trois mois après le vote de la Diète, cette loi est au point mort et il est de plus en plus question de la mettre aux oubliettes. Dans les entreprises, ce projet se heurte à la résistance des travailleurs : ils n'ont aucune envie de voir disparaître leurs droits syndicaux et autogestionnaires en échange du contrôle d'un paquet de 10% d'actions (13). Et surtout une telle perspective ne permet nullement de dégager les fonds nécessaires à la modernisation et à la remise en marche des industries ruinées.

Affaires et corruption

Mais l'orientation pro-capitaliste a aussi eu des effets dans un autre domaine : la vie publique est aujourd'hui largement corrompue.

On ne compte plus les "affaires" qui éclaboussent les nouveaux dignitaires. Les administrateurs du Fonds pour la gestion de la dette extérieure sont en prison, accusés d'avoir profité de leur position pour se constituer un pécule à l'étranger tout en gaspillant largement les biens de ce fonds.

Le système bancaire a été secoué par la révélation d'une combine des nouveaux bourgeois propriétaires de l'entreprise ART B : ils ont profité du sous-développement du système bancaire et de son extrême lenteur pour placer plusieurs fois la même somme d'argent et toucher

1! -

ainsi des intérêts multiples. Cette affaire a coûté sa place au président de la Banque nationale et a provoqué une mini-crise gouvernementale.

Depuis, plusieurs ministres du gouvernement ont été accusés d'avoir utilisé leurs fonctions pour faire financer des entreprises dont ils étaient actionnaires par les banques publiques. La situation est telle qu'un des grands hebdomadaires polonais peut se permettre de publier en "une" des photos du président Lech Walesa avec les escrocs d'ART B et de poser la question : « Combien ces derniers ont ils versé et sous quelle forme ? » (14)... tout cela sans être poursuivis.

Les "affaires" sont loin d'être l'apanage des élites nationales. Dans chaque région, voire dans chaque entreprise, le reporter de ce magazine a découvert les petites magouilles qui permettent à certains de rejoindre les rangs de la "classe moyenne" sensée constituer, selon l'idéologie officielle, le fondement d'une démocratie moderne.

Que dire en voyant un ancien président régional de Solidarité, devenu représentant des intérêts de Ford, propriétaire d'un salon automobile tout neuf? Que dire lorsqu'unancien vice-président régional de Solidarité parade comme chef du syndicat des entrepreneurs ? Que dire, enfin, lorsque le dirigeant de Solidarité d'une entreprise récemment privatisée (vendue pour trois fois rien à son concurrent direct sur le marché mondial), apparaît comme un des dirigeants de la nouvelle filiale, alors que ses camarades de la clandestinité grossissent les rangs des demandeurs d'emploi ?

Tous les décideurs, qu'ils soient liés à l'ancien régime (à condition d'avoir retourné leur veste assez vite) ou au nouveau, qu'ils soient préfets, élus du peuple, syndicalistes ou prêtres peuvent profiter de la manne. Au pire, ils gagnent une mauvaise réputation (15) ; mais ils doivent rarement rendre gorge.

Il n'est pas surprenant qu'un désintérêt croissant pour la vie politique se développe au sein de la population, que les partis politiques polonais aient du mal à exister, que croissent les aspirations à un

11) Tygodnik Solidarnosc n° 39, 27 septembre 1991.

12) Voir inprecorn° 334 du 18 juillet 1991.

13) Une entreprise privatisée est considérée comme une nouvelle entité juridique : les accords passés avec l'ancienne direction ne s'appliquent plus et les syndicats eux-mêmes doivent être reconstruits. Par ailleurs, les conseils de travailleurs disparaissent. Seul avantage : les salaires sont débloqués, mais l'expérience montre que ce que les travailleurs gagnent par l'augmentation du salaire direct, ils le perdent par la disparition du salaire social.

14) Nie n° 39, 26 septembre 1991.

15) Le président de Solidarité de la région de Bialystok a ainsi perdu sa place (mais non son capital) après avoir joué un rôle trouble dans la privatisation à son profit et à celui de ses proches d'une des rares entreprises rentables de la région. Cité par Glob 24, 27 septembre 1991.

Inprecor n° 338 du 11 au 24 octobre 1991 =

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"pouvoir fort et juste", et que les discours autoritaires de Lech Walesa (16) ou de certains de ses opposants — tel Stanislaw Tyminski, le challenger de Walesa lors de l'élection présidentielle et aujourd'hui animateur du Parti X (17) — trouvent des oreilles attentives.

La passivité et la démoralisation gagnent la population. Gouvernée depuis huit mois par une coalition de partis qui ont certes choisi le bon camp lors de l'élection présidentielle mais qui apparaissent dénués de tout soutien populaire réel (18), soumise à une formidable propagande qui encense le capitalisme et exclue toute autre voie de développement, subissant les frais de la "construction du capitalisme", , elle se réfugie dans l'abstention. Les organisations syndicales en subissent les conséquences, en se vidant de ses militants et en perdant les positions acquises.

Atomisation sociale

Get nouvelles fractures

Les enquêtes sociologiques enregistrent un inquiétant phénomène de coupure entre les "élites" — animateurs des syndicats et des partis, nouvelles classes moyennes et dirigeants de l'administration et de l'Etat — et le reste de la société (19). Peu à peu, la division traditionnelle en Pologne, entre partisans de l'ancien régime et anciens opposants, s'estompe devant une nouvelle division entre les profiteurs et tous les autres, qui traverse tous les anciens camps.

La faillite annoncée des entreprises provoque de nombreuses grèves. En septembre 1991, les ouvriers de la fabrique de camions Star ont empêché, après six semaines d'occupation, la liquidation immédiate de leur entreprise. Les 50 000 travailleurs de l'industrie aéronautique viétique et des commandes gouvernementales, sont au bord de la faillite depuis le début de l'année. Les cheminots ont repris des grèves de la faim, comme les paysans. Mais il est rare que ces mouvements se terminent par une victoire des grévistes.

Le plus souvent, lorsque la situation est explosive, les autorités font un geste, puis tout recommence quelques semaines plus tard. Plus grave encore, le ler septembre, la police a évacué et battu les chauffeurs de bus de Bialystok, qui occupaient le dépôt pour protester contre la liquidation de leur entreprise et la mise des transports sous la coupe des sociétés privées. Un précédent a ainsi été créé sans qu'une vague de solidarité ne submerge les matraqueurs — les membres du conseil municipal qui ont appelé la police se — Inprecor n° 338 du 11 au 24 octobre 1991 trouvaient être des actionnaires de nouvelles entreprises de transport privé.

Pourtant, si les grèves, dirigées de fait contre la politique du nouveau gouvernement, se multiplient et se durcissent, le ressentiment des travailleurs ne trouve pas d'expression politique. La quasitotalité des organisations issues de la lutte de Solidarité est, en effet, sous la coupe partisans de l'orientation capitaliste. Le syndicat Solidarité lui-même semble divisé entre son appareil, dont la grande majorité est encore acquis au régime de Lech Walesa, et sa base, inactive et atomisée.

Pas d'alternative

Une telle situation permet aux organisations issues de l'ancien régime, paradoxalement épurées par le processus de transition au capitalisme d'une bonne partie des arrivistes, à apparaître comme un recours potentiel. Dans les entreprises, les deux principaux syndicats — ceux liés à la centrale OPZZ, constituée à l'abri de l'état de guerre, et ceux de Solidarité, la clandestinité - font aujourd'hui jeu égal aux yeux des travailleurs. Et il est de plus en plus fréquent qu'ils se retrouvent côte-à-côte (mais pas

- encore ? - bras dessous-bras dessus !) dans les luttes.

Au sein de la Diète, des députés issus de Solidarité et penchant à gauche votent parfois avec ceux de la Social-Démocratie (20). Au point que cette dernière — issue d'une tradition qui excluait à priori l'existence d'une gauche qui ne lui soit pas soumise — parle aujourd'hui de la nécessaire coopération entre « la gauche post-POUP [le Parti ouvrier unifié polonais, ex-PC] » et «la gauche post-Solidarité ».

Dans les élections à venir, il est malde vue organisationnel, se fasse entendre dans le concert des dizaines de groupusle financement de la nouvelle clientèle

16) Ce dernier a envoyé en juin un de ses proches à Washington pour s'enquérir des réactions américaines s'il décidait de recourir aux lois d'exception.

17) Ce parti, qui emploie les classiques recettes populistes réactionnaires, vient de se faire interdire de fait la participation aux élections, car, dans une majorité de régions, les signatures qu'il prétendait avoir recueilli ont été considérés comme

Les mauvaises langues disent que la commission électorale ne s'est pas donnée la peine de vérifier aussi bien d'autres listes. Le parti X apparait ainsi comme le seul exclu de la joute électorale ce qu'il ne manquera pas de mettre en valeur dans

18) Le Congrès libéral-démocrate du Premier ministre Jan Krzysztof Bielecki comptait environ 300 membres lorsque son chef a pris les rênes du gouvernement. — il prétend aujourd'hui en compter 2 000.

bourgeoise. Pourtant, les sondages (21) laissent entendre que les organisations de gauche issues de Solidarité — Solidarité du travail (SP) dirigée par Karol Modzelewski (22) et, dans une moindre mesure, le Mouvement démocrate-social (RDS) de l'ex-dirigeant de Solidarité Zbigniew Bujak — peuvent espérer rencontrer un petit écho.

Les listes présentées par les deux syndicats issus de la tradition du syndicalisme clandestin — celle de Solidarité et celle de Solidarité 80 — peuvent, à certains endroits, refléter une volonté de prise de distance des travailleurs vis-à-vis de la politique menée jusqu'à présent. Ces deux regroupements sont cependant très hétérogènes et, dans certaines régions, ils ont formé des blocs électoraux avec des organisations réactionnaires (23).

En l'absence d'une alternative crédible, le combat pour le futur gouvernement se déroulera sans doute entre l'Union démocratique, dirigée par l'ex-Premier ministre Tadeusz Mazowiecki, et les forces regroupées autour du président Lech Walesa (Congrès libéral-démocrate, Action électorale catholique et Union du centre). Ces deux conglomérats ont en commun de partager l'essentiel de la politique économique menée depuis deux ans. Les deux portent la responsabilité principale de la crise actuelle.

Faut-il, dans ces conditions, s'étonner du manque d'intérêt de la population pour les joutes électorales à venir ?

Le début de la transition au capitalisme a provoqué une crise intense, à la fois économique, sociale et morale. Mais, faute d'alternative actuellement crédible, le retour au capitalisme se poursuit. La campagne électorale en cours ne semble pas devoir en modifier les données.

9 octobre 1991

19) Voir Inprecorn° 334 du 18 juillet 1991.

20) SDRP (Social-démocratie de la République polonaise) a été fondé par les anciens du Parti ouvrier unifié polonais (le parti stalinien au pouvoir durant les quatre décennies précédentes) au début 1990. Le dirigeant de la Social-démocratie, Aleksander Kwasniewski, a déclaré à l'hebdomadaire Polityka (nº40 du 5 octobre 1991) que son parti considérerait comme un succes obtention de 10% de suffrages exprimés.

21) Dont il faut dénoncer le manque de fiabilité.

22) Les listes de Solidarité du travail regroupent également des militants du Parti socialiste polonais (PPS) et, à Wroclaw, ceux du MKK — tendance de gauche de Solidarité au niveau de la ville — et du Centre politique socialiste (SOP) qui s'identifient à la IVe Internationale.

23) Ainsi, à Wroclaw, la liste de Solidarité a passé un accord de partage des restes avec l'Action électorale catholique et l'Union du centre.

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