Inprecor 1974–2004

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PEROU

A la veille de la grève des mineurs

· Inprecor n° 34, 21 septembre 1978 · p. 19-22 · 3 011 mots

Syndicalisme Pérou et Bolivie IVe Internationale

Propos recueillis par Fred MURPHY

L'interview suivante d'Hugo Blanco a été obtenue par Fred Murphy à Lima le 29 juillet, le lendemain de l'installation officielle de l'Assemblée constituante péruvienne. Blanco est député à cette assemblée, ayant été élu sur la liste du Front des ouvriers, paysans,étudiants et du peuple (FOCEP). Tu es maintenant de retour au Pérou depuis deux semaines; avant d'être exilé, tu avais été deux mois dans le pays. Quelles sont tes impressions sur les changements dans la situation ici depuis la grève générale de mai et les élections ?

Même avant les récents événements, la conscience des masses croissait, mais maintenant elle croît bien davantage. Il y a aussi une volonté de lutte beaucoup plus grande. C'est le changement le plus important. L'APRA (Alliance populaire révolutionnaire américaine) a obtenu la plupart des sièges à l'Assemblée constituante. Bien que ce soit un parti bourgeois avec un long passé de trahisons, APRA s'est présentée elle-même comme étant la «gauche démocratique» et a même prêté son appui à la grève des instituteurs et à la grève de la faim des mineurs. Quel type de politique penses-tu nécessaire pour gagner les masses qui soutiennent l'APRA ? Ne faut-il pas faire plus que de la simple propagande sur les trahisons passées de l'APRA ?

C'est un problème complexe. L'APRA est née sous l'influence de la Révolution russe. Cette révolution a en général donné le jour à des partis ouvriers, les Partis communistes. Mais en Amérique latine, en raison de l'absence d'une classe ouvrière forte, la Révolution russe a aussi engendré des mouvements petits-bourgeois anti-impérialistes, comme Accion Democratica (Action démocratique) au Vénézuela, le MNR en Bolivie, les partis radicaux en Argentine et au Chili, les Febreristes au Paraguay, etc. Ces courants ont rapidement évolué vers la droite et l'APRA n'a pas été une exception.

Pérou Une Interview de Hugo Blanco

Mais l'APRA a l'avantage de ne jamais avoir été au pouvoir. C'est ainsi qu'en dépit de toutes ses trahisons, le peuple espère encore que l'APRA sera capable de réaliser des changements si jamais elle parvient au gouvernement.

Comme tu as vu, l'APRA utilise des drapeaux rouges, et des drapeaux avec la carte de l'Amérique latine. Un des points de son programme appelle à la fédération des Etats latino-américains -ce qui est un slogan anti-impérialiste. L'APRA apparaît donc comme une sorte de social-démocratie latino-américaine.

Mais en même temps que l'APRA évoluait vers la droite, cet aspect se combinait avec le développement de méthodes fascistes. Certains en tirent une conclusion erronée et disent simplement que l'APRA est fasciste. On ne peut cependant pas définir l'APRA comme fasciste. Elle a certainement des tendances fascistes et pourrait éclater en une aile social-démocrate d'un côté et des bandes fascistes de l'autre. Mais cela n'est pas encore arrivé, et nous devons essayer de nous assurer que la plus grande partie des masses qui suivent l'APRA aille de l'avant.

Nous devons comprendre pourquoi l'APRA a eu des gains variés lors des élections. C'est le plus vieux parti du Pérou et le mieux organisé. Il a la plus longue tradition de lutte et a connu le plus d'assassinats, le plus d'exils, le plus de victimes de la torture. Il a été persécuté par beaucoup de dictatures. Tout cela fait partie de sa tradition.

Maintenant, quelle est la politique du Parti communiste envers lAPRA? Le PC a toujours traite TAPRA de fasciste, a toujours eu une attitude trés sectaire. Mais en plusieurs occasions, il a été en fait plus à droite que l'APRA - durant le premier gouverement de Prado en 1939-45, par exemple.

L'APRA a subi plus de persécutions que le PC. Tout ceci a quelque-chose à voir avec la grande haine du PC envers l'APRA. Le reste de la gauche a hérité des préjugés du PC contre l'APRA, mais cela ne doit pas nous abuser. Lors de la campagne pour les élections, et encore maintenant, l'APRA a repris beaucoup

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dit que l'Assemblée constituante est souveraine, que les partisan de l'APRA nous attaquent, nos

1) Partido Popular Christiano (Parti populaire chrétien), parti bourgeois de droite qui est le deuxième par

2) Partido Socialista Revolucionario (Parti socialiste Révolutionnaire). Le PSR a scissionné début juillet.

La plupart de ses dirigeants syndicaux et paysans forment un groupe, à la tête duquel se trouve l'ancien dirigeant trotskyste péruvien Antonio Aragon. L'autre groupe, dirigé par le général Leonidas Rodriguez, comprend la plupart des officiers nationalistes bourgeois qui avaient formé le parti à l'origine en 1976.

vieille démagogie social-démocrate. Elle reprend beaucoup de slogans de ses premières années anti-impérialistes. Bien sûr tout cela est uniquement verbal, mais il est important de le noter. Dès que l'Assemblée constituante s'est ouverte, lorsque nous avons commencé à soulever les problèmes les plus aigus qui se posent au peuple péruvien - la grève des instituteurs, la lutte des mineurs, etc. - l'APRA a suivi, et nous a même accompagnés pour rendre visite aux mineurs en grève de la faim. Ils se sont solidarisés avec cette lutte, et ont exigé une solution pour la grève des instituteurs.

Voir aussi l'interview de Hugo Blanco dans «Inprecor», numéro 32, du 6 juillet et les interviews de Blanco et Ricardo Napuri dans « Rouge » des ler et 2 septem-

L'APRA ne contrôle pas le gouvernement; celui-ci est entre les mains des militaires. Notre rôle n'est donc pas de chercher une confrontation avec les masses apristes, mais plutôt de démasquer l'hypocrisie de leurs dirigeants. C'est uniquement dans ce but que nous avons présenté une motion à l'Assemblée hier.

Dans son discours d'hier, Haya de la Torre (dirigeant de l'APRA et président de l'Assemblée) a qu'elle ne se soumettra à aucun autre pouvoir, etc... L'argumentation était entièrement tournée contre le gouvernement. Mais en conclusion Haya a dit exactement ce que le président, le général Fransisco Morales Bermudez avait déclaré dans son propre discours plus tôt dans la journée : l'Assemblée va écrire une constitution, il y aura des élections générales, et seulement ensuite un nouveau gouvernement.

Nous avons donc présenté une motion selon laquelle le gouvernement militaire doit s'en aller immédiatement et l'Assemblée assumer dès maintenant les pouvoirs législatif et exécutif. Bien sûr, nous savons que seul un gouvernement ques complètes; réintégration des ouvriers renvoyés; mesures urgentes pour résoudre la crise économique; elles auraient comme axe le reniement de la dette étrangère, une augmentation générale des salaires et des traitements, et l'octroi des terres libres aux paysans». le nombre de sièges à L'Assemblée.

Nous ne nous attendons pas à ce que l'Assemblée adopte cette motion, car elle a une majorité bourgeoise. Nous savons que seul un gouverne ment des ouvriers pourrait le faire. Mais nous avons justement présenté cette motion pour démasquer l'APRA et le PPC (1). Ces hommes ont fait toute leur campagne en disant qu'ils étaient contre la dictature militaire, mais maintenant ils ne veulent rien faire de concret pour y mettre fin.

Telle est donc la politique que nous devons mener. Nous nous adressons à la base de l'APRA, en disant certaines choses, qui sont exactement ce que l'APRA avait déclaré pendant sa campagne électorale. Sa base en viendra à nous considérer comme les combattants les plus fermes en faveur de ce qu'elle aussi demande. En même temps, nous pouvons démasquer les dirigeants de l'APRA comme capitulant face à la dictature militaire.

C'est une question très importante. Hier nous avons vu des confrontations physiques entre l'APRA et la gauche. Si cela continue, étant donné le niveau de la lutte de classes et les contradictions au Pérou, nous pourrions bientôt être confrontés non seulement à l'appareil répressif entier du gouvernement, mais aussi à de larges secteurs des masses apristes transformés en bandes fascistes. C'est pourquoi nous devons mettre en œuvre ce type de politique. Même dans le feu des confrontations physiques, lorscamarades doivent essayer de communiquer avec eux. Nous ne devons pas scander « à bas l'APRA» pendant qu'ils crient «vive l'APRA». Au contraire, nous devons scander « à bas la dictature militaire ». Les partisans de l'APRA devront alors réfléchir à deux fois qui ils sont en train de frapper et se demander qui ils défendent en nous attaquant.

Ceci n'est pas la politique du Parti communiste, ni celle des maoistes de l'UDP (Union démocratique du peuple). C'est la responsabilité des trotskystes de mettre en avant cette politique. Les députés ouvriers ont travaillé ensemble de façon très étroite depuis l'ouverture de l'Assemblée constituante, particulièrement les députés du FOCEP, de l'UDP et du PSR d'Aragon (2). Cela signifie-t-il qu'il existe de bonnes perspectives pour former un nouveau parti ouvrier sur une base de lutte de classe, comme tu le proposais avant de retourner au Pérou ?

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3) Partido Socialista de los Trabajores (Parti socialiste des travailleurs), une organisation péruvienne sympathisante de la IVe Internationale. Le PST participe au FOCEP; Blanco et Enrique Fernandez sont les

4) Partido Obrero Marxista Revolucionario (Parti ouvrier marxiste-révolutionnaire), parti péruvien affilié

CGTP, contrôlée par le Parti communiste, et un certain de syndicats indépendants importants, dirigés par les forces situées à gauche du PC. De plus, les bureaucrates qui sont à la tête de la CGTP ont réalisé une purge des dirigeants secondaires militants, au début de l'année, en mettant encore davantage en danger

Eh bien, pour le moment, il n'est pas possible de parler d'un parti - c'est une chose de faire des déclarations en Europe, et une autre de voir la réalité concrète ici au Pérou. Pour le moment, nous avons un front uni comprenant le FOCEP, l'UDP et le PSR d'Aragon. Parfois, ce front s'étend pour inclure le Parti communiste, et dans certains cas, nous pouvons aussi nous mettre d'accord sur des points concrets avec les partis de la soi-disant « bourgeoisie progressiste».

Il y a un exemple intéressant de la façon dont les relations entre les forces de la gauche ont changé. Pendant la campagne pour les élections, seuls les trotskystes ont pris position pour l'indépendance de la classe ouvrière. Nous étions les seuls à ne pas être d'accord avec une politique de front populaire. C'est-à-dire, nous et des membres indépendants du FOCEP, comme Genaro Ledesma et Juan Cornejo.

Après les élections, le temps est venu d'élire le Conseil exécutif de l'Assemblée constituante. Nous, trotskystes, avons de nouveau déclaré que nous ne soutiendrions pas une liste qui comprendrait des représentants de la « bourgeoisie progressiste ». Il y a eu une journée et demie de discussion et de débat parmi les députés de gauche. Nous avons dit qu'il était contre nos principes de nous joindre à un bloc comprenant des forces bourgeoises. Nous avons donc composé notre propre liste, et au départ il n'y avait que nous deux, députés du PST (3), à la soutenir. Puis les camarades du POMR (4), qui avaient prévu de s'abstenir, ont vu que nous présentions une alternative positive et nous ont rejoint. Alors les membres indépendants du FOCEP ont décidé de soutenir la liste, ainsi que le PSR d'Aragon. Finalement, les députés de l'UDP, qui étaient hésitants, ont dû nous rejoindre aussi.

Nous avons donc présenté ensemble une liste ouvrière et paysanne pour le Conseil exécutif de l'Assemblée. Mais le Parti communiste n'a pas voulu la soutenir. Ils sont sortis, ainsi que les chrétiens-démocrates et que le PSR de Leonidas Rodriguez.

Cela a été un grand succès pour nous. Il n'y avait que deux listes - la liste des partis bourgeois et celle de la lutte de classes. Il n'y a pas eu de liste de front populaire. Le Parti communiste semble avoir été déconcerté par les résultats des élections. Avant, il traitait le FOCEP et l'UDP de « minuscules groupuscules », mais maintenant, il ne semble pas avoir de politique du tout. Que penses-tu qu'ils vont faideux députés qui appartiennent au PST. au Comité d'organisation pour la reconstruction de la IVe Internationale. 5) Le mouvement ouvrier péruvien l'unité du mouvement ouvrier.

Il se peut qu'ils aient à faire beaucoup plus qu'ils n'ont fait au moment d'élire le Conseil exécutif - sortir et rester passifs. Il est difficile de dire ce que sera leur politique. Ils ne sont plus considérés comme la plus grande force de la gauche - nous le sommes. Lorsque nous prenons une position, maintenant cela pose des problèmes au PC. Il doit dire s'il la soutient ou non. Un exemple nous est donné par la question de la liste de front populaire à l'Assemblée. Il ne pouvait pas soutenir notre liste, alors, il a dû rester sans rien faire.

Parfois, il peut arriver à des accords avec les Chrétiens-démocrates et le PSR de Rodriguez. Mais cela signifie qu'il devrait dire à sa base qu'il cherche des alliés bourgeois et ne veut pas se joindre à la gauche. Même à l'Assemblée constituante, ces forces bourgeoises sont beaucoup plus faibles que nous. Le PC cherche l'unité avec deux Chrétiens-démocrates et les trois députés du PSR de Rodriguez - cinq représentants de la «bourgeoisie progressiste» - et non avec les dix-neuf députés du FOCEP et de l'UDP, qui représentent des forces réelles. C'est donc une situation très difficile pour lui. Il semble qu'il y ait encore un grand fossé entre la combativité des masses et le degré d'organisation et de centralisation qui a été atteint au niveau national. Comment penses-tu que cela puisse être surmonté ?

Avant tout, nous allons continuer de lutter pour l'unité organisationnelle du mouvement ouvrier (5). C'est d'abord un problèmes au niveau des organisations syndicales. Mais c'est aussi un problème au niveau des luttes elles-mêmes. Le 2 août la grève nationale des mineurs commencera. Nous allons essayer d'organiser la plus large solidarité possible avec cette grève et d'exercer une pression sur la CGTP pour appeler à une grève générale pour soutenir les mineurs.

Un congrès de la CGTP va aussi bientôt avoir lieu. Nous ferons tout ce que nous pourrons pour être sûrs qu'il y ait un grand nombre de délégués en faveur de l'unification du mouvement ouvrier. Cela posera un problème au Parti communiste, car si une unification réelle est accomplie, il sera minoritaire et les forces de lutte de classes seront en majorité. Pendant les grèves générales, des formes d'organisation se sont développées qui vont plus loin que les syndicats; l'«Assemblée du peuple» à est actuellement divisé entre la principale fédération syndicale, la

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6) Les 140000 instituteurs des écoles publiques du Pérou ont réalisé une grève de 80 jours qui s'est terminée le 27 juillet quand le gouvernement a accordé la plupart de leurs revendications pour la reconnaissance des syndicats, une augmentation des salaires et de meilleures conditions de travail.

DANS NOS

PRECEDENTS NUMEROS no 29 : deux articles-bilan de période 68/78 par Ernest et Daniel

Mandel

Bensaid;

(25 mai).

30 :

entièrement consacré no à l'impérialisme français en no 31 : le débat interne au PCF et une interview de

Devlin (dont l'organisation s'apprête à rejoindre la IVe Internationale); (22 juin)

no 32 : l'appel du fils de Boukharine pour la réhabilitation de son père et une longue interview d'Hugo Blanco après le succès électoral des révolutionnaires au

Pérou. (6 juillet)

no 33 : numéro spécial Dixième

Tchécoslovaquie; (20 juillet)

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Chimbote et les «fronts pour la défense du peuple» à Cuzco et Arequipa, par exemple. Quelle a été l'ampleur de tels développements ?

Malheureusement, des formations de ce genre n'ont surgi que conjoncturellement; elles ne sont pas devenues permanentes. Bien sûr, nous cherchons à étendre ce type d'organisation chaque fois qu'il est possible de le faire. Mais il n'est pas réaliste, par exemple, d'appeler à une telle formation à Lima comme tâche immédiate actuellement. Nous soulevons l'idée en manière de propagande, et nous essayons aussi de veiller à ce que, lorsque ces assemblées surgissent, elles deviennent plus permanentes et ne se dissolvent pas simplement. De toutes façons, je pense que ces formations ont joué un rôle éducatif important. Nous les montrons comme exemple pour expliquer quel genre de gouvernement nous pensons qu'il devrait être édifié.

Une autre chose que nous devons considérer maintenant est l'annonce d'hier que le gouvernement va organiser des élections municipales.

Nous devons réfléchir à la manière de lancer l'idée des «assemblées du peuple» dans ces élections et de présenter un programme similaire au projet de constitution que nous avons mis en avant lors des élections à l'Assemblée constituante. Quelles sont les perspectives pour l'unification des groupes trotskystes au Pérou ?

Le mouvement trotskyste au Pérou fait de grands pas vers l'unification. Nous avons déjà eu plusieurs réunions en commun au niveau des directions, et nous avons prévu de faire une réunion plénière de tous les trotskystes du Pérou. Nous commençons à réaliser des actions en commun.

Nous travaillons aussi avec les camarades du POMR dans le FOCEP. Nous n'avons pas la perspective d'une unification rapide avec eux, car il y a des problèmes, aussi bien au niveau interational qu'ici, au Pérou. Mais nous travaillons de façon plus proche avec eux maintenant. Qu'arrivera-t-il au Pérou dans les prochains mois?

Tout dépend de la situation économique. Pour le moment, il n'y a pas de solution en vue à la crise - à moins qu'on ne découvre demain une mine d'uranium sur la Plaza de Armas.

La crise économique va rendre la lutte de classe et les problèmes des masses plus aigüs. Le gouvernement va devoir licencier d'autres ouvriers et prendre de nouvelles mesures économiques dures. Le gouverement prétend que les choses vont s'améliorer, mais ses déclarations sont basées sur des espoirs et non des faits concrets.

Son prochain gros problème sera la grève des mineurs. Contrairement à la grève des instituteurs, elle aura un impact économique immédiat sur le gouverement. La grève des mineurs affectera une des bases économiques fondamentales du pays.

Nous devrons voir quelle attitude l'APRA et le PC prendront face à tout cela, ce que la gauche est capable d'accomplir, et comment les travailleurs sont capables de s'organiser. Je pense qu'une chose très importante a été la victoire de la grève des instituteurs (6). Cela a énormément accru la confiance des masses dans leurs propres forces, dans leurs propres luttes.

La lutte des classes va décidément s'intensifier.

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